Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Brice, Ségolène et le point Godwin

Influence du dernier Tarantino? Hortefeux et Ségolène se sont croisés la même semaine sur une parodie de La Chute. On se souvient que le premier s'était soulagé d'une vanne 100% pur porc, enregistrée par les caméras de Public Sénat. La seconde a étrenné la nouvelle version de Désirs d'avenir – réalisation sur laquelle Benoît Thieulin a refusé de se prononcer (impossible, de toute façon, vu ses crampes abdominales et zygomatiques). Comme de juste, ces deux dérapages ont trouvé leur punition sur le web, à travers moult réactions, détournements et remix, dont deux versions faussement sous-titrées de la même scène du film de Oliver Hirschbiegel ("La chute d'hortefeux" 13/09; "Royal Führer", 15/09; voir également sur Internet & Opinion(s)).

Côté Hortefeux, on a assisté à un creuser de piscine assez extraordinaire. Voir ministres et syndicats policiers entonner comme un seul homme l'air du "WTF" (en français: quoi, quesskya, si on peut plus déconner), avec une décontraction toute lepéniste, faisait encore plus froid dans le dos que la saillie initiale. Ce n'était là qu'amuseries, et l'on a vite atteint un degré d'hystérie rare avec la diversion anti-web, inaugurée par l'inévitable Jean-François Copé. Jadis victime de l'effet Dailymotion, c'est Alain Duhamel qui a fermé le ban de ce grand défoulement dans Libération, en nous assurant du «despotisme de la transparence».

Sous le gouvernement le plus à droite de la Ve République, avec des contre-pouvoirs réduits comme peau de chagrin, un parlement au pas cadencé, une opposition évaporée, un syndicalisme en phase terminale, des médias aux ordres, le despotisme, c'est internet. La fin de la démocratie, c'est le web. Le danger totalitaire, c'est la vidéo amateur. On connait la loi de Godwin, selon laquelle, plus une discussion en ligne s'allonge, plus on a de chance de voir surgir la comparaison avec le nazisme ou la reductio ad hitlerum. Je propose de la compléter par la loi de Duhamel, qui veut que plus le sujet de la controverse est grave, plus grandes sont les chances d'en incriminer le web.

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Les vidéos de l'INA deviennent citables

Pendant que l'Assemblée nationale se prépare à confirmer la loi Hadopi, fermement soutenue par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand, le site de vidéos de l'INA intègre enfin le système de lecture exportable popularisé par YouTube, qui permet de citer les contenus sur un blog en recopiant un code html.

L'annonce officielle précise que «L'Institut National de l'Audiovisuel donne dorénavant la possibilité à toute personne, bloggeurs ou sites web d'utiliser librement les vidéos présentes sur son site», ce qui exclut toute limitation de rediffusion au nom du copyright. Conforme à l'usage en ligne (mais non aux dispositions légales), le recours à la lecture exportable que propose l'INA correspond bien à une extension du droit de citation, qui constitue formellement une entorse aux us de la propriété intellectuelle. Cette innovation témoigne d'une adaptation bienvenue aux nouvelles pratiques du web, et confirme que la véritable valeur d’une image est désormais d’être partageable.

Toutefois, cette application reste "à la française": plutôt que de fournir librement le code, comme sur YouTube, son obtention est subordonnée à un enregistrement en bonne et due forme – avec déclaration des centres d'intérêt et inscription optionnelle à la newsletter de l'institut. La taille de la fenêtre, quant à elle, n'est pas modifiable directement, mais seulement par l'intermédiaire d'un bouton à deux positions (320x240 ou 512x384 px). Encore un petit effort, et l'on pourra enfin citer les précieuses ressources de l'INA comme toutes les vidéos disponibles en ligne.

Extrait: "A quoi rêve von Braun", Cinq colonnes à la une, 03/08/1959 (10:00).

Dernières acquisitions de la vidéothèque de l'EHESS

  • "Valse avec Bachir" d'Ari Folman, 2008, 86 mn. N’ayant aucun souvenir de son expérience lors de la 1e guerre du Liban, au début des années 1980, Ari Folman décide de partir à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Au fur et à mesure de ses rencontres, Ari plonge dans le mystère et sa mémoire commence à être parasité par des images de plus en plus surréalistes…
  • "Cocorico! Monsieur Poulet" de Jean Rouch, 1974, 93 mn. Dans une 2 CV bringuebalante, Lam, surnommé M. Poulet, s’en va en brousse chercher les poulets qu’il vendra à Niamey. Assisté de Tallou et Damouré, il espère faire des affaires juteuses. Mais les imprévus s’accumulent, les poulets sont introuvables, le fleuve Niger difficile à traverser. Et une diablesse ne cesse de jeter des sorts.
  • "Bataille sur le grand fleuve" de Jean Rouch, 1950, 33 mn. Epopée fluviale au cours de laquelle les pêcheurs Sorko chassent au harpon les hippopotames du fleuve Niger. Une compétition magique entre l’animal et l’homme.
  • "Cimetières dans la falaise" de Jean Rouch, 1951, 18 mn. Document ethnologique et bouleversant témoignage sur les funérailles d’un jeune noyé en pays Dogon, falaise de Bandiagara au Mali.

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"Pratiques des images dans la société de l'information", 4e Ecole doctorale d'été

L’EHESS et TELECOM et Management SudParis (ex-INT) organisent en partenariat leur quatrième Ecole doctorale d’été à Porquerolles (Var), du 7 au 11 septembre 2009, sur le thème "Pratiques des images dans la société de l'information et de la connaissance". Destinée pour parts égales aux doctorants inscrits dans l'un des deux établissements, cette session de réflexion et de formation spécialisée peut accueillir éventuellement de jeunes chercheurs et des étudiants en master (si leur profil le justifie) dans la limite des places disponibles.

L'EHESS, à travers sa collaboration avec Telecom et Management SudParis, a voulu proposer chaque année, depuis 2006, à tous ses doctorants une école d'été sur "La société de l’information et de la connaissance". Cette école d'été est ouverte à dix étudiants de l'EHESS sélectionnés par un jury composé d'enseignants de l'EHESS et présidé par le responsable de la Direction de l'Informatique. Toutes les candidatures sont les bienvenues émanant des doctorants de l'Ecole sans discrimination.

Le dossier doit comporter un curriculum vitæ, une lettre de motivation, un résumé du sujet de recherche et une lettre de recommandation du directeur de recherches ou du tuteur du candidat. Il doit être adressé avant le lundi 22 juin 2009 à Francis Zimmermann.

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Vie et mort du buzz

Après le tsunami "Susan Boyle", le clip dénudé de Make The Girl Dance a relancé la question du buzz. Que désigne-t-il exactement? Est-il ou non spécifique à internet? Peut-on parler de vrai ou de faux buzz? Que signifie le recours à ce terme dans les médias?

Si l'on s'en tient à l'étymologie, façon Wikipedia, la question est vite réglée: issu du monde du marketing, le mot "buzz" (bourdonnement) désigne la propagation rapide d'un signalement par des moyens non institutionnels - typiquement: le bouche à oreille. Selon cette origine, le buzz est donc forcément plurimédia et ne concerne pas exclusivement internet, qui n'est qu'un canal de diffusion parmi d'autres.

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Make the Video Buzz

Encore une arnaque au buzz. Qu'il serait plus juste d'appeler une campagne de promo bien huilée. Le groupe "Make The Girl Dance" lance son premier single, "Baby Baby Baby" le 1er juin prochain. Plutôt que de s'en remettre à la SACEM ou tout autre adversaire hadopiste du "free lunch", le groupe a diffusé gratuitement sur Dailymotion et YouTube un clip de la chanson, long plan séquence de la descente de la rue Montorgueil par trois jeunes filles nues (mais néanmoins dotées de caches-sexes électroniques, sous la forme de bandeaux où s'inscrivent les paroles de la chanson). Classique et efficace. Le dernier happening du genre était celui du perchiste Romain Mesnil, à la recherche d'un sponsor (vidéo diffusée le 27 mars 2009).

Comme on peut le constater en ouvrant "Le Parisien", le groupe a pris soin de communiquer aussi en direction de la presse... non sur le lancement du single, mais sur la promesse du buzz vidéo. Contrat rempli: le quotidien peut titrer sur un nouveau "phénomène internet: Le clip qui électrise la toile". Mise en ligne mardi, la vidéo a déjà dépassé le million de clics ce matin sur Dailymotion (mais n'atteint que 14.000 vues sur YouTube). Sur la promo, rien à dire, c'est carré. Mais pour ce qui est du "phénomène internet", révisons notre Susan Boyle: rien ne vaut quelques bons prescripteurs, de préférence chez les vieux médias, qui n'aiment rien tant que d'affubler une info people/trash du label "vu sur le web". L'article est écrit d'avance - et la prophétie auto-réalisatrice assurée.

"Susan Boyle", ce n'est que de la télé

image Avant de se demander de quoi "Susan Boyle" est le nom (j'ai failli choisir ce titre, mais j'ai reculé devant la perspective d'une attaque en piqué de trolls badiouphiles et/ou badiouphobes), il convient d'établir s'il s'agit ou non d'un symptôme. Il y a plusieurs méthodes pour vérifier ce point. L'une est de balancer un billet sans attendre, en comptant sur les commentaires pour construire un état des lieux. Une autre est au contraire de laisser refroidir, pour voir si ça remue encore quelques jours plus tard. Bien des tentations n'ont pas survécu à ce traitement sans pitié. "Susan Boyle" (pour être clair: j'appelle "Susan Boyle" non la dame écossaise âgée de 47 ans, douée d'un physique ingrat mais d'un beau brin de voix, remarquée le 11 avril dernier lors de son passage à l'émission "Britain's got talent", mais la séquence issue de cette prestation, disponible notamment sur Youtube, qui a enregistré une fréquentation sans précédent), elle, résiste et gratte, bien après la date de péremption. Assez pour aller y regarder de plus près.

"Susan Boyle" est la première vidéo virale que je ne suis pas allé voir sur internet (jusqu'à aujourd'hui, du moins: c'est l'écriture de ce billet qui a suscité ma première consultation). Pourquoi faire, puisque j'en avais vu l'essentiel, réduit à quelques extraits, à la télévision? Soit un cheminement inverse de celui habituellement dessiné à partir du signalement d'un média en ligne, un réseau social ou un e-mail. Ce qui changeait d'emblée le rapport à l'objet. Au lieu d'une énigme qui sollicite notre participation, comme le rébus d'une chasse au trésor, ce cadeau déjà déballé décourageait plutôt la curiosité.

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Vieux, décrépis, grippe-sous, les médias français ne méritent pas l’internet

L’omerta est la règle suivie par tous les médias français d’avant la révolution du réseau, avec toujours comme ultime justification la survie des formats anciens, seuls capables d’être réellement rémunérateurs, au détriment de tout ce qui a fait que l’internet est une respiration, mieux un nouvel ordre. Aujourd’hui, la situation est incroyablement dangereuse sur la toile française. La survie est devenue la règle pour les médias "Pure Players" francophones. Quelques exemples: Deezer, Dailymotion sont étranglés par les revendications des ayants droit, d’un côté, et un sous financement de l’autre. Leur existence même est engagée. Sur le front de l’information, Bakchich, Rue89, etc., voient leurs revenus publicitaires largement menacés par les effets de la crise. Sans parler des radios en ligne, qui lèvent des fonds dans une unique perspective: décrocher une hypothétique licence de radio numérique terrestre.

Par Emmanuel Torregano, Electron libre, 24/04/2009 (via Jean-Baptiste Soufron/FB).
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Qu'est-ce qui buzze chez les enseignants-chercheurs?

image Dix jours après sa mise en ligne, l'intérêt suscité par la vidéo "Du processus de Bologne à la L.R.U, une catastrophe annoncée" ne se dément pas. Avec plus de 12.000 vues, elle talonne le clip "Nanterre en tables", lui aussi mis en ligne le 26 mars, en tête des vidéos issues du mouvement des enseignants-chercheurs avec 14.000 vues. Apparemment modestes, si on les compare aux audiences des hits de Youtube ou Dailymotion, ces scores sont à rapporter à la pratique encore embryonnaire des outils du web 2.0 par la communauté universitaire française. Si l'on considère qu'il s'applique, non à un clip musical de quelques minutes, mais à une très sérieuse conférence de plus d'une heure, ce chiffre est tout à fait remarquable.

Filmée le 23 mars, la passionnante communication de Geneviève Azam à l'université de Toulouse-Le Mirail pose de la façon la plus claire l'antagonisme entre la rationalité néolibérale et l'héritage émancipateur issu des Lumières. Cet antagonisme est bien la clé pour comprendre la vigueur et la durée du mouvement universitaire, fondé, non sur une grogne passagère ou sur de simples revendications corporatistes, mais sur une perception rationnelle des limites de l'application du dogme du marché aux domaines du service public, de l'éducation ou de la recherche. Ce sont les échecs du modèle concurrentiel, mais aussi la fuite en avant forcenée de ses partisans, incapables de produire une analyse ou une critique de ses dysfonctionnements, qui permettent de décrire cette position comme une croyance ou, comme l'explique Geneviève Azam, «un nouvel obscurantisme».

L'économiste dévoile l'ampleur du projet mis en place avec les processus de Bologne et de Lisbonne, qui font de l'éducation un «investissement stratégique». Théorisée par un puissant lobby patronal dès 1991, la "formation tout au long de la vie", préconisée par de nombreux partis politiques, n'a rien d'un programme philanthropique, mais est au contraire définie comme le socle d'une nouvelle industrie, conditionnée par la libéralisation des services que promeut l'Union européenne.

Journée d'études "La matérialité des images"

image Journée d'études du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), sous la direction de Gaby David, André Gunthert et Audrey Leblanc.
Vendredi 13 février 2009, salle Vasari, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris (entrée libre).

Programme

1. L'impulsion des sources (modération: André Gunthert)

  • 9h15. Ouverture.
  • 9h30. Cécile Nédélec, "André Jammes, collectionneur et historien de la photographie".
  • 10h. Fanny Lautissier, "Les archives photographiques face aux enjeux de la transition numérique".
  • 10h30. Estelle Blaschke, "Roger-Viollet/La Parisienne de photographie: la dimension économique du patrimoine visuel".
  • 11h. Marc Lenot, "Miroslav Tichy, le retrait de l'artiste".
  • 11h30. Amélie Segonds, "Recherche d'images et indexation visuelle: enjeux et problèmes".
  • 12h. Discussion.

2. Les supports de l'imaginaire (modération: Christian Delage)

  • 14h. Marie-Eve Bouillon, "Figures du tourisme. L'agence Neurdein et le Mont Saint-Michel".
  • 14h30. Audrey Leblanc, "Usages du document dans le photojournalisme. La construction de l'image de mai 1968".
  • 15h. Rémy Besson, "Le thème du train dans Shoah, entre agent de l'histoire et acteur du récit".
  • 15h30. Discussion et pause.
  • 16h30. Sarah Bertrand, "La viralité des vidéos en ligne. Etude de cas".
  • 17h. Gaby David, "Le camphone et la construction de l'automédialité".
  • 17h30. Fatima Aziz, "Partager l'identité. Usages du portrait sur Facebook".
  • 18h. Discussion.

Les vidéos qui terrorisent Frédéric Lefebvre

Frédéric Lefebvre est ce porte-parole de l'UMP, qui, pour garantir un futur maroquin, a décidé de faire passer Nadine Morano pour la fée Clochette. Dans une charge qui pousse à son terme le délire gouvernemental à propos du web, le démagogue décrit internet comme un «refuge» de «trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés», un «nid» pour les «proxénètes (...), les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs.»

En attendant le Frédéric Remix, qui ne saurait tarder (Edit: ne pas manquer: "Le best of de Frédéric Lefebvre"), dédions au député quelques vidéos musicales pour alimenter les cauchemars de sa résistible ascension.

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Quand YouTube remplacera Google

La facilité d’accès aux vidéos en ligne, incarnée par la plateforme de partage de vidéo YouTube, change profondément la société, concluaient les intervenants du Web 2.0 Summit à San Francisco qui discutaient sur le sujet du web et de la politique (vidéo, transcription en français des meilleurs moments). YouTube est récemment devenu le second moteur de recherche du monde selon Comscore (passant devant Yahoo!), avec 344 millions de visiteurs uniques (voir les chiffres d’audience mis en avant par Didier Durand). En juillet 2008, 75 % des internautes américains ont visionné 5 milliards de vidéos en ligne, soit plus de 54 vidéos en moyenne par personne et par mois, estime Comscore. Non seulement presque tout le monde regarde des vidéos en ligne, mais toute conversation, significative comme insignifiante, est désormais filmée - et tous ces films sont accessibles sur YouTube.

Par Hubert Guillaud, InternetActu, 11/12/2008.
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Extension du domaine de la recherche vidéo...

...ou l'avènement de la voie remontante

D’après un rapport de ComScore, YouTube était dès le mois d’août 2008 devenu le deuxième plus important site générateur de trafic de recherche du net grillant la politesse à Yahoo! et se positionnant dans la roue de son grand frère Google.

Mais voilà, au cours de la nuit du 4 au 5 décembre 2008, YouTube a enclenché le turbo-boost et a déployé ce qui s’avère être le plus important portail de recherche vidéo au monde voire le plus important portail de recherche tout court en termes de reach (l’estimation de cette assertion reste à faire).

Pas de révolution majeure dans l’ergonomie du site pour arriver à ce résultat. YouTube a simplement incorporé dans l’ensemble des lecteurs exportables de sa plateforme un champ de recherche vidéo.

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Du cinéma dans le camphone (dialogue)

André. — Gaby, je crois que j'ai compris de quoi on parlait hier. Je relevais la notion de "supense" que tu évoques dans ton dernier billet à propos de Qik, la plate-forme de vidéos de camphones. Puis on a parlé de l'absence de commentaires et de tags, que j'ai comparé à la césure du muet et du parlant. En fait, on parlait de cinéma. Dans l'univers du web, qui est encore structuré comme un livre, Qik renvoie à autre chose. Quelque chose du cinéma. Le cinéma, ce n'est pas le montage, ce n'est pas le récit. Le cinéma, c'est d'abord ce qui fait rêver. Et Qik est terriblement romanesque. L'absence de texte y est pour beaucoup.

Gaby. — Oui, c'est exactement ça... Qik est un peu le super 8, le home video, mais du web... Le suspense est d'abord dû au live stream – on ne sait pas quand ça va s'arrêter. Ensuite la durée des vidéos, qui ressemblent à une bande annonce. Il y a aussi le côté "j'essaie de deviner la fin", le côté caméra subjective. Souvent, les dialogues n'existent pas, parce qu'il s'agit d'un essai de l'outil. Ca devient comme une sorte de conversation intérieure, et comme toute conversation personnelle et intime elle a du mystère et du suspense.

L'absence de commentaires? Il n'y a rien à commenter. La légitimation de l'image vient de l'image elle-même. Ici, nous ne sommes ni autour ni sur, ni avec les images. ici on est plein dedans – ou DANS, ou DANSE ;)

To be continued...

Small is beautiful (9): la page web qui secoue

image Un signalement bienvenu m'est communiqué par un de mes prescripteurs favoris: mon fils Louis, 10 ans (c'est l'occasion de faire un peu de pub pour son site: internetkids.fr, qu'il anime avec deux autres garnements de ma connaissance). La pratique active du web aiguise la curiosité et le plaisir de partager ses trouvailles. Louis, à qui il m'arrive de signaler telle ou telle ressource en ligne, est tout heureux lorsqu'il peut me rendre la politesse.

C'est l'oeil pétillant qu'il m'a fait part de sa dernière découverte: la page Allociné de la bande-annonce pour le dessin animé Madagascar 2 (Dreamworks, 2008). Application de la figure classique de la sortie d'écran à l'espace de la page web, l'animation flash contamine toute la colonne, qu'elle secoue et disloque au rythme du "I like to move it!" Un petit pas pour la publicité, mais un saut non négligeable pour la perception de la mise en page web, qui se prend elle-même pour sujet. Un coup de dés jamais n'abolira Madagascar.