Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Compte rendu du "Vocabulaire technique de la photographie"

image Anne Cartier-Bresson (dir.), Le Vocabulaire technique de la photographie, Paris, Marval/Paris Musées, 2008, 24 x 28 cm, 496 p., ill. coul., bibl. ind., 110€.

Pour ceux qui s’intéressent aux techniques photographiques, il y avait le "Nadeau", c’est-à-dire The Encyclopedia of Printing, Photographic and Photomechanical Processes, publié en 1989, qui, tel un dictionnaire non illustré, recensait et définissait les différentes techniques liées à la photographie. L’année dernière, Bertrand Lavédrine publiait un ouvrage illustré et pratique pour (re)connaître et conserver les photographies anciennes. Désormais, les restaurateurs, les conservateurs, les historiens et les étudiants disposent de ce que l’on appelle déjà dans les cercles d’initiés le «VTP», à savoir Le Vocabulaire technique de la photographie. Publié sous la direction d’Anne Cartier-Bresson après plusieurs années de travail et d’aléas éditoriaux, cet ouvrage est une somme de presque 500 pages, imprimées en quadrichromie, qui regroupe des notices historico-techniques sur les procédés qui touchent de près ou de loin à la photographie.

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Archéologie de la photo numérique: le Konica Q-M80

image Trouvé hier dans un Cash Converters un Konica Q-M80 à 12 euros – un prix prohibitif pour un modeste 0.80 mégapixels (1024 x 768 px), côté à 1 euro sur Ebay. Mais il était dans sa boîte d'origine avec son mode d'emploi, et un modèle aussi ancien (alentours 1998) n'est pas très courant.

Le contact avec une machine qui a à peine une dizaine d'années est toujours intéressant. L'épaisseur inhabituelle, le plastique toc, l'ergonomie balbutiante, la disposition des organes sont caractéristiques d'une époque qui est celle du premier boom des APN. Ma théorie est que les appareils numériques ne deviendront séduisants pour le grand public qu'au moment où ils reprendront les principes qui avaient fait le succès des compacts bijoux de la génération APS (dont le plus bel exemple est le Canon Ixus de 1996): des appareils suffisamment étroits pour être glissés dans une poche et dont la carosserie chic transmet une impression de qualité suffisante pour justifier un prix élevé. Le Konica témoigne de la période précédente: celle où le design – et donc le marketing – de cette catégorie de matériel n'est pas encore fixé et hésite entre plusieurs directions. La disposition des organes en façade haute avec l'objectif déporté vers le haut, imitée du Canon PowerShot 350 et qui sera notamment reprise par Fuji, porte encore la marque visible de l'ancêtre vidéo.

Par rapport aux habitudes d'aujourd'hui, le Konica est trop gros, comme empoté. La mauvaise qualité de ses plastiques et une finition hésitante donne l'impression d'un gadget. Mais il a déjà tout ce qui fait un APN, de la carte compact flash jusqu'à la connexion USB – et il marche. Lentement, certes, avec une mise en route d'une seconde, une prise de vue décalée et une image qui s'affiche en se déroulant par le haut. Toutes les opérations photographiques qui sont à nouveau redevenues invisibles sur nos appareils contemporains, dissimulées par l'instantanéité, sont ici curieusement soulignées par une temporalité de l'attente.

Grâce à son alimentation à piles, pas de problèmes de chargement ou de batterie usée: on peut procéder à un test immédiat. Malheureusement, aucune de mes cartes flash n'est compatible avec le système d'exploitation de l'appareil, qui ne les identifie que jusqu'à 48 mégaoctets. Comme la prise USB n'est pas standard, impossible d'exporter les images et de les lire sur écran. J'ignore si je pourrai trouver des cartes lisibles par le système, quand au bon modèle de prise, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. On voit par quelles failles pêche le dispositif. L'appareil disposant d'une mémoire interne, les photos sont bel et bien enregistrées, et il serait possible de les lire sur l'écran d'un téléviseur. Mais à partir du moment où elles sont inexportables sur l'ordinateur, c'est comme si l'appareil ne marchait pas. Je serais en droit de le rapporter au magasin et d'en réclamer la reprise sur ce seul critère. Je pense à Jean-Marc Yersin et aux historiens de la photographie du futur qui s'arracheront les cheveux devant les défauts de standardisation des APN. Quant aux problèmes que posera la consultation de nos albums de famille, c'est une autre histoire...

Ecole doctorale d’été "La société de l’information et de la connaissance"

& Manageimage La société de l’information et de la connaissance. Histoire, enjeux et perspectives critiques
IIIème école doctorale d’été
École des hautes études en sciences sociales/Telecom & Management Sud Paris
8-12 septembre 2008

La IIIe école doctorale d’été organisée conjointement par la Division de l’informatique, des systèmes d’information et de la communication de l’École des hautes études en sciences sociales et Telecom & Management Sud Paris (ex-Institut national des télécommunications) se tiendra du 8 au 12 septembre 2008 sur l’île de Porquerolles.

Ce partenariat entre les deux institutions vise notamment à favoriser le dialogue entre sciences humaines et sociales d’un côté et technologies de l’information et de la communication de l’autre.

De tels stages intensifs hors les murs entendent valoriser la spécificité de l’enseignement à l’EHESS en participant à la philosophie pédagogique de l’établissement: la promotion d’une formation personnalisée à la recherche qui met l’accent tant sur sa dimension pratique que théorique. Ces sessions de réflexion et de formation spécialisée sont destinées aux doctorants et post-doctorants des deux établissements, et peuvent éventuellement accueillir des étudiants en Master.

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L'oeil de Google regardait Caïn

image Elle est passée par ici, elle repassera par là... Après qu'on l'ait vue à Paris, puis à Rennes, j'ai à mon tour pu apercevoir hier la Google Car (sur l'A6, à la hauteur d'Evry). Impossible de la photographier, j'étais en moto (image reprise chez Miskin, merci à lui). Mais j'ai pu observer d'assez près le très impressionnant dispositif de prise de vues à 360° géolocalisé, à côté duquel l'explorateur visuel de Blade Runner (Ridley Scott, 1982) fait un peu tapette à rats préhistorique.

Après les rues de New York ou de San Francisco, ce sont donc les avenues françaises qui vont progressivement être intégrées au programme de Google Street View. Avec mon enthousiasme techno habituel, je ne peux m'empêcher de trouver plutôt décoiffantes la perspective de ces nouvelles promenades. Il y a quelque chose de rigoureusement vertigineux dans cette entreprise d'archivage panoptique, non moins que dans la chimère étrange qu'elle produit, conjonction entre réel et virtuel, enregistrement photographique et simulation logicielle d'un espace 3D intégral. Il y a aussi, naturellement, quelque chose de terrifiant dans l'impression de toute-puissance communiquée par cet oeil mécanique, promené par une société dont l'emprise sur le monde ne semble plus connaître aucune limite.

Bièvres, le plus beau musée de la photo

image Chaque année, le premier week-end du mois de juin, Bièvres accueille la plus grande foire du monde d'appareils et de photos anciens. Une immense brocante qui réunit vendeurs et collectionneurs de tous les pays. Quand la météo est de la partie, prendre une place dans ce carrousel du temps passé est un pur délice. Mieux qu'au musée, on touche, on soupèse, on retourne, on renifle, on photographie. Mieux qu'au musée, on aperçoit mille variantes, formes inconnues, objets étranges, déchets, rebuts. Mieux qu'au musée, on peut s'offrir un morceau d'histoire, trouver la bonne occase, ou se faire des cadeaux. Cette année, j'ai enfin trouvé le Traité pratique d'Albert Londe, la 2e édition de 1896 de La Photographie moderne, à un prix prohibitif, qui a rejoint ma collection des ouvrages du maître. J'ai aussi craqué pour un JVC GF-S1000H, une antiquité de 1987, caméra vidéo VHS à CCD, complet avec sa valise et en parfait état de marche, à un prix ridicule. De la génération des machines qui ont préparé le chemin à la photo numérique grand public, ce modèle servira dès mon prochain cours. Plein les mirettes et des questions qui tourbillonnent: vive l'histoire concrète!

Conférence "Histoire du Technicolor trichrome de 1932 à nos jours"

Dans le cadre des conférences du Conservatoire des techniques cinématographiques, Jean-Pierre Verscheure, professeur à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) de Bruxelles, présentera vendredi 4 avril une intervention intitulée "Histoire du Technicolor trichrome de 1932 à nos jours".

Vendredi 4 avril, 14h30, salle HL, Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris (plein tarif: 4 euros, tarif réduit: 3 euros).

Les prémices de l’histoire du Technicolor débutent en 1912 lorsque le Dr Herbert T. Kalmus et ses associés furent contactés afin de mettre au point un système permettant d’améliorer la projection cinématographique. Les recherches n’aboutirent pas, mais le Dr Kalmus avait découvert le monde du cinéma alors en plein essor et tentera dès lors d’introduire la couleur dans cet univers d’images en noir et blanc.

De nombreux problèmes techniques rendront les débuts difficiles. Le nom du procédé en sera dérivé puisqu’il est la contraction de « technique » et de « couleur ». La marque sera déposée dès 1915.

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Camcorder Brings Zen to the Shoot

Well, this is a little embarrassing. One of the most significant electronics products of the year slipped into the market, became a mega-hit, changed its industry -- and I haven't reviewed it yet. Lately, my guilt has deepened every time someone whips this thing out to show off. "Look what my first grader did with it all by herself," one guy told me. "We're using them in schools to teach narrative structure," said a teacher at a conference. "I bought two of 'em: one for my 80-year-old grandmother," said a neighbor, "and one for my 5-year-old.

Par David Pogue, New York Times, 20/03/2008 (thanks to Gaby David).
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Polaroid, fin de l'image-objet

image Créée en 1937, la firme Polaroid a annoncé en fin de semaine dernière sa décision de mettre un terme définitif à sa production de films instantanés.

Les commentaires ont souligné la fin du "miracle de l'instantané": “on ne pourra plus donner des "polas" en remerciement immédiat des photos glanées en voyage”. Or, cette possibilité est préservée en photographie numérique avec le développement de mini-imprimantes portables (comme l’illustre ce portrait réalisé par Philippe Tarbouriech au confins du Tibet et présenté sur son compte Flickr).

Une caractéristique essentielle de ces films n’apparaît pas dans les commentaires: Polaroid était le dernier procédé photographique populaire à image unique. La fin d’un type d’images qui s’était maintenu dans toute l’histoire de la photographie depuis le daguerréotype puis l’ambrotype, le ferrotype ou les divers procédés instantanés (Fujifilm produit encore des films instantanés, incompatibles avec la quasi-totalité des appareils Polaroid).

Un polaroid était l’exemple même de la photographie que l’on conserve comme objet, de la photo privée que l’on partage peu. A l’opposé des réseaux sociaux dématérialisés qui se sont imposés si rapidement que l’unicité du polaroid n’est même plus évoquée.

Journée d'études "Du film au numérique. Vies et mort de la pellicule?"

image Lundi 21 janvier 2008, Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.
Entrée libre sur réservation préalable à l’adresse: conservatoire(à)cinematheque.fr

Comment le support pelliculaire est-il apparu en cinématographie? Quels ont été les différents formats? Quelle industrie a engendré la pellicule? Quel est l’avenir du film par rapport au tout numérique? Existe-t-il un "style" engendré par la prise de vues en numérique?

Matinée (10h-12h30)

  • Serge Toubiana et Laurent Mannoni: présentation du Conservatoire
  • Thierry Lefebvre: La pellicule: mais d'où vient ce support ?
  • Philippe Loranchet: Les premières années du numérique
  • Laurent Mannoni: Pellicules, formats, matériaux

Après-midi (14h-17h30)

  • François Ede: Pour une petite histoire des laboratoires
  • Béatrice de Pastre: La conservation des films, premières prises de conscience
  • Jean-Pierre Neyrac: Restauration numérique et conservation des données
  • Jean-Pierre Beauviala: Mon invention de la caméra hybride (film/numérique)
  • Table ronde: "Tournages, post production et diffusion numérique", avec Céline Bozon (sous réserve), Pierre-William Glenn, Philippe Grandrieux, Pierre Lhomme, Marc Nicolas.

Time machine: une archive qui donne le vertige

image Aujourd'hui, jour de sortie de Leopard, nouvel OS d'Apple, avec le très attendu Time machine. Time machine ! La machine à remonter le temps. Nul doute que, dans un univers parallèle franco- français, l'outil équivalent, passé au tamis d'une commission de terminologie, se serait appelé: "Système d'Archivage Assisté" (SAA) ou "Recherche Rétrospective Contextuelle" (RRC). Le pragmatisme anglo-saxon laisse finalement plus de place à la poésie. De l'ouvrage inaugural de Herbert George Wells à la trilogie de Robert Zemeckis, l'intitulé du dispositif de backup d'Apple promène l'esprit dans des paysages de science-fiction, judicieusement rehaussés par des fonds d'écran tout ce qu'il y a de cosmique.

En matière de voyage dans le temps, Time machine ne peut pourtant se déplacer que dans un seul sens: du présent vers le passé. Quelle interface a-t-on choisi pour visualiser ce retour en arrière? Sans surprise, c'est la plongée en perspective qui matérialise l'organisation de l'archive. Située à l'origine de l'histoire de l'art, cette figure sert depuis le XIVe siècle à provoquer l'illusion de la troisième dimension dans l'espace plat de l'iconographie. Son application à la quatrième dimension, celle du déplacement temporel, ne peut manquer de rappeler des souvenirs émus à ceux qui ont connu les débuts de la télévision en couleur. A l'époque du Petit Rapporteur, la série Au coeur du temps (The Time Tunnel, créée par Irwin Allen en 1966) apportait au coeur des foyers le tourbillon du chronogyre. Prisonniers de cette machine vertigineuse, les chercheurs Tony Newman (James Darren) et Doug Phillips (Robert Colbert) dégringolaient de Titanic en Fort Alamo, du siège de Troie en Pearl Harbor. L'élégance plastique et l'efficacité intellectuelle de cette figure ont inspiré depuis d'autres dispositifs de gestion des données, comme l'application ImageBrowser de Canon.

L'iPhone fait (aussi) des photos

image Une bonne partie de la blogosphère est occupée par les réactions à la commercialisation du nouvel iPhone d'Apple. A la recherche des premières images réalisées avec ce portable, on doit se contenter pour l'instant d'un bilan maigrichon. Alors que Flickr n'a pas encore ajouté l'appareil à sa base de données technique, seuls les groupes d'usagers permettent de se faire une idée de ses capacités iconographiques. On y voit plus de photos de l'outil – ou des queues pour l'acquérir – que des résultats qu'il produit. Le groupe dédié iPhone Camera Shots ne compte pour le moment que 70 images publiques. Quelques témoignages en disent un peu plus: voir notamment le remarquable compte rendu de Kenny Irwin, très éclairant.

PS. Sans images pour l'instant (et pour cause), mais à ne pas manquer: le récit des déboires de Thomas Hawk pour obtenir sa connexion au service par l'intermédiaire d'AT&T, qui fait froid dans le dos.

Illustration: "My first iPhone photo", 30/06/2007, photo numérique diffusée sur Flickr, © et courtesy Kenny Irwin.

Fuji Finepix F31fd: le bloc-notes idéal (atelier 4)

image De la reproduction d'archives à la documentation d'entretiens en passant par la capture d'images en séminaire: les services que peut rendre un bon appareil photo numérique à un chercheur en sciences sociales sont nombreux. Pour les études visuelles, c'est un outil indispensable. Problème: il est difficile de trouver le bon compromis entre un reflex, qui permet de réaliser d'excellentes photographies, mais reste encombrant et trop visible, et un compact, discret et léger, mais dont les images laissent souvent à désirer. Pour ma part, muni d'un Canon 400D qui me donne toute satisfaction, cela faisait longtemps que je cherchais cet autre compagnon: le petit point & shoot qui se glisse dans la poche. J'ai examiné de près de nombreux candidats, comme le Ricoh GRD, trop cher, le Lumix DMC-LX2 ou le Canon G7, trop bruités en basse lumière. Jusqu'à ce que je tombe sur le compte rendu par Simon Joinson du Fujifilm Finepix F31fd – l'un des rares compacts à se voir décerner le label "Highly Recommended" sur DP Review.

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Découverte du plus vieux laboratoire photo au monde

image Un tour de clé et une porte s'est ouverte sur un passé vieux de 152 ans. Un laboratoire de l'un des tout premiers photographes au monde vient d'être redécouvert. Intact. C'est en 1840 que Joseph Fortuné Petiot-Groffier ouvre son laboratoire. Il s'en servira jusqu'en 1855 et décèdera mystérieusement, probablement à cause des chimies photographiques. Prudemment, les héritiers fermèrent la porte. De génération en génération, la demeure des environs de Chalon est restée occupée mais cette pièce restait close sans pourtant être totalement oubliée. Car la famille a toujours eu conscience de conserver ainsi un trésor mais qui restait soigneusement bouclé à double tour derrière sa porte en bois, au deuxième étage - désormais inoccupé - de l'habitation. Il y a deux ans, le dernier membre de la famille hérite à son tour de la demeure et c'est là qu'il découvre le trésor. Mais il lui faudra deux ans pour déterminer à qui il choisira de la confier, soucieux de le préserver complet, de ne pas le disperser. C'est ainsi qu'en début d'année, il décide de contacter Pierre-Yves Mahé, l'initiateur de la Maison Nicéphore Niépce, à Saint-Loup de Varennes. «J'ai quelque chose à vous montrer», glisse-t-il.

Par C. Saulnier, Le Journal de Saône et Loire, 29/05/2007.
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Les ressources numériques pour les nuls (atelier 1)

image Le 4 janvier dernier s'est tenu la première séance de l'atelier "Pratiques des sources numériques en histoire visuelle" à la bibliothèque du CEHTA. Le projet de cette formule est né de deux constats. 1) De l'ordinateur au web 2.0 en passant par les revues électroniques ou les logiciels de bibliographie, la communauté académique dispose d'un bouquet d'outils informatiques chaque année plus vaste et plus puissant. 2) Alors que la formation à la recherche intégrait autrefois une initiation à des méthodologies beaucoup plus élémentaires, l'apprentissage de cet ensemble complexe de technologies se borne aujourd'hui à peu près exclusivement à l'horizon de l'auto-formation.

Si les hauts responsables ont souvent pris conscience de ce hiatus, ils ne disposent pas des moyens d'y remédier avec la célérité souhaitable. Un premier obstacle est évidemment d'ordre budgétaire. L'exemple de certaines écoles professionnelles, comme les Arts déco, qui disposent de tous les matériels nécessaires, semble hors de portée des financements habituels des universités. Un second écueil paraît appartenir en propre au domaine des sciences humaines et sociales, qui a pris l'habitude de déléguer à des spécialistes la gestion des questions techniques en général et de l'équipement informatique en particulier. Au moment ou la pratique des outils du web 2.0 impose de développer une culture de l'appropriation, le modèle de la délégation s'avère non seulement un handicap mais un noeud de résistance.

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RIP 72 PPI

Est-ce le début de la fin du format 72 ppi? (ppi = pixels per inch; parfois incorrectement appelé "dpi", pour dots per inch, qui mesure une résolution d'impression; en français: "ppp" = points par pouce.) La fin du standard de résolution des écrans d'ordinateur depuis le lancement en 1987 par IMB du VGA, celui qui vous permet d'afficher et de lire ce texte? Un article du New York Times par David Pogue, qui décrit soigneusement le nouvel iPhone d'Apple, annonce que son interface principale, soit un écran tactile de 320 x 480 pixels (3,5"), adopte une résolution plus de deux fois plus fine, de 160 ppp. Ce choix original qui améliore considérablement la vision des films et autres contenus graphiques sur un écran de poche est à mettre en relation avec une prise de brevet qui avait attiré l'attention des spécialistes. Le futur MacOSX ("Leopard") devrait en effet intégrer la possibilité de piloter un écran indépendamment de sa résolution graphique réelle. Selon MacsimumNews, qui reprend un commentaire du site des développeurs d'Apple: The old assumption that displays are 72 ppi has been rendered obsolete by advances in display technology. Macs now ship with displays that sport displays with native resolutions of 100 ppi or better. Furthermore, the number of pixels per inch will continue to increase dramatically over the next few years. This will make displays crisper and smoother, but it also means that interfaces that are pixel-based will shrink to the point of being unusable. The solution is to remove the 72 ppi assumption that has been the norm.

"Lignes de temps", un logiciel pour l'analyse de films

image Jeudi 7 décembre a été présenté au Centre Pompidou le logiciel Lignes de temps développé à l'initiative de Bernard Stiegler (Institut de Recherche et d'Innovation). Son nom est inspiré de la timeline des logiciels de montage. C'est un outil de repérage extrêmement puissant destiné à l'analyse de films sur support numérique. On dispose du découpage de l'oeuvre séquence par séquence, plan par plan. Ceux-ci peuvent être annotés. Les fonctions du logiciel sont développées au fur et à mesure à la demande de critiques de cinéma qui s'en sont emparés. Il est possible par exemple d'ouvrir deux fenêtres pour comparer les deux séquences successives du même trajet que fait deux fois le même personnage dans Où est la maison de mon ami de Kiarostami. Apparaissent alors les jeux de répétition et de dissemblance. Dans la première séquence le personnage est dans l'image dès le début du plan alors que lors du second trajet il est souvent hors-champ comme si les lieux, que le spectateur désormais connaît, l'attendaient. Il est possible aussi de visionner successivement des épisodes qui interviennent à des moments différents dans le film. Ce que le spectateur perçoit, mais sans pouvoir toujours s'en apercevoir est mis à jour grâce à l'usage de ce logiciel. Une entrée dans le détail du film est ainsi rendue possible. Elle est comparable à l'agrandissement en photographie, qui révèle, comme nous l'a appris Blow up, ce qui était présent mais imperceptible à une autre échelle. En indiquant sur une ligne de temps la présence d'un personnage, en y faisant figurer l'occurrence de tel ou tel dispositif formel, il devient possible de saisir quelles sont les structures du film.

Outil d'analyse, Lignes de temps se veut aussi un outil de rendu, c'est-à-dire de présentation d'une analyse critique réalisée sur un film. Jusqu'à présent, les critiques écrivaient, ils écriront toujours sans doute, il leur est possible d'insérer toutes sortes d'annotations. Mais l'outil qui permet au lecteur d'une interprétation de voir les parallèles, d'appréhender les dispositifs formels et leur organisation procurent à ces critiques, aux cercles d'amateurs, d'autres ressources sans doute extrêmement fécondes.

Flickr: quels appareils pour quelles photos?

image Parmi la disponibilité de trois nouvelles fonctions, Flickr, notre plate-forme préférée de partage d'images, annonce la mise en place d'un outil de recherche sur les appareils photo. Appuyé sur le vaste corpus hébergé par le site (plus de 300 millions d'images téléchargées à ce jour), construit à partir des données Exif, celui-ci fournit diverses statistiques par marque ou par modèle. On peut ainsi savoir quelles sont les caméras les plus utilisées sur Flickr, comparer les tendances sur douze mois, mais aussi observer les photographies produites avec chacun des modèles (voir par exemple les dernières photos réalisées sur Leica M8). Les graphes sont fournis en pourcentages sans échelle chiffrée, mais on peut retrouver les données brutes classées par marques. Ces chiffres confirment par exemple que les utilisateurs de Flickr sont en majorité des amateurs exigeants, munis d'un matériel haut de gamme, plutôt que de simples usagers. Nul doute que les fabricants vont observer avec appétit cette base de données. Quant aux chercheurs, il est tout bonnement incroyable de pouvoir accéder à de telles indications, qui ouvrent à l'analyste imaginatif un vaste horizon de vérifications et d'interrogations.

Artefacts illusoires. Notes sur la restauration filmique (hier, aujourd'hui)

Les mérites évidents des restaurations filmiques - que je ne désire pas tant contester dans les pages qui suivent, mais plutôt tenter d'en éclairer les soubassements idéologiques et souligner certaines de ses dérives - empêchent souvent de percevoir certaines erreurs de principe sur lesquelles elles se fondent, et qui ont trait à la singularité historique de la production et de la réception des œuvres. Sur bien des points la restauration des films appelle des analogies avec la restauration des monuments et des tableaux: qu'il s'agisse d'un film de 1920, de telle basilique, de telle toile, la restauration viserait à restituer une expérience perdue, à représenter une œuvre telle qu'elle a été au moment de sa création, tels qu'elle a été vue par les premiers spectateurs-visiteurs. On pourrait signaler que cette position "idéale" néglige un certain nombre de données fondamentales...

Source: André Habib, Hors Champ, 15/10/2006.
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