Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Un séminaire qui fait des bulles

image Les étudiants sont des êtres étranges. Débordants d'imagination pour justifier un devoir non remis à temps – mais souvent moins inventifs lorsqu'il s'agit de traiter le sujet. D'une discrétion janséniste en séminaire – mais n'hésitant pas à noyer le professeur sous les interrogations les plus pressantes dès que sonne la fin du cours. Pour l'avant-dernière séance de l'année, ils m'ont envoyé un message mystérieux, sous la forme d'un magnum de champagne étiqueté à l'enseigne du Lhivic. Dois-je comprendre cette offrande comme l'indication de leur activité préférée dès que j'ai le dos tourné? Comme une invitation à célébrer Bacchus pour mieux oublier un séminaire laborieux? Comme une allusion à une agence de photographes que j'ai superbement ignoré cette année? Je me perds en conjectures...

(Et blague à part, j'étais super fier d'exhiber ce matin la bouteille en famille... Moi aussi, j'étais très content de cette année, exceptionnellement fructueuse dans une période pourtant pas avare en avancées. Merci à toutes et tous, du fond du coeur, pour vos questions enquiquinantes, votre soutien et vos yeux qui pétillent. Avec vous, c'est toute l'année champagne!)

Journées d'études à l'IMEC

image En clôture du séminaire "L'archive et le portrait", organisé en partenariat avec l'IMEC (Institut Mémoires de l'édition contemporaine), le Lhivic a organisé deux journées d'études sur site, les 19 et 20 mai 2008 (voir album). Accueillis dans les conditions privilégiées de l'abbaye d'Ardenne à Caen, les étudiants ont pu examiner un large échantillon de fonds photographiques, représentatifs de la variété des conditions de formation et de conservation de ces ensembles.

Fondé en 1988, l'IMEC conserve les archives de maisons d'édition, de librairies ou d'organes de presse ainsi que des archives de personnalités du monde littéraire et intellectuel. La politique de conservation de l'institut présente la particularité d'étendre l'attention généralement réservée à l'archive papier aux documents multimédia. L'IMEC conserve donc non seulement des correspondances, des manuscrits ou des ouvrages, mais aussi des photographies, des films, des vidéos, des enregistrements sonores, etc. Ces divers documents posent des problèmes de conservation spécifiques.

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Confrontations et controverses en histoire visuelle

image Deux rendez-vous à noter la semaine prochaine, pour lesquels nous aurons le plaisir de recevoir Olivier Lugon (université de Lausanne):

  • La séance "Histoire du cinéma et histoire de la photographie" du séminaire Frontières et territoires de l’'histoire du cinéma, animé par Christophe Gauthier et Dimitri Vezyroglou, le mercredi 14 mai, 18h-20h, salle Walter Benjamin, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.
  • La séance "Les images en débat" du séminaire Nouvelles pratiques des images, le jeudi 15 mai, 17-19h30, salle Walter Benjamin, INHA, où nous discuterons des expositions "Des Parisiens sous l'occupation" (BHVP, Paris) et "Controverses" (musée de l'Elysee, Lausanne). Edit: album.

Bauhaus à l'EHESS

image Aujourd'hui conservée par la galerie Kicken de Berlin (exposée à Lectoure en 2000), la collection des photographies des étudiants du Bauhaus comprend des reproductions d'oeuvres graphiques à caractère documentaire, des enregistrements de l'environnement immédiat des élèves et des prises de vues récréatives, portraits ou groupes, exécutées le plus souvent sans souci de composition ou de cadrage, comme au petit bonheur la chance. Dans le contexte étroitement normé de l'enseignement des arts appliqués, on comprend à quel point la pratique photographique a pu former à la fois un matériau de base et une sorte de friche, un espace de communication et d'échange autorisant une circulation sans contraintes, un outil aussi fluide et invisible que la langue que l'on parle – non signé, non revendiqué, libre d'usage, ouvert à tous.

Déjà signalée ici, la pratique photographique favorisée dans le cadre des activités du Lhivic a atteint une manière de sommet lors de l'événement baptisé "la fête chez le voisin de Claude", dont on peut apercevoir les restes sur notre groupe Flickr. C'est la même insouciance qui est à l'oeuvre, une photographie comme langue et pratique de communication. Une belle fringale, aussi, quelque chose comme une curiosité maintenue en éveil, l'oeil qui cherche, toujours prêt à attraper, comme une gourmandise, l'événement visuel qui passe à sa portée. Ma satisfaction est grande d'avoir pu créer cette familiarité avec l'outil, plus répandue dans les écoles d'art que dans les séminaires de sciences sociales. Cet amusement a encore beaucoup à nous apprendre. Qu'on se le dise: les appareils photos sont les bienvenus dans les cours du Lhivic! La collection commence.

Comment faire un commentaire d'images (Spencer Platt)

Parmi les sujets soumis cette année à mes étudiants de master figurait cette proposition: “Analysez la photographie lauréate du World Press Photo 2007: Spencer Platt, “Young Lebanese Driving Through Devastated Neighborhood of South Beirut“, 2006 (Getty images)”. Les résultats de cet exercice, globalement décevants, suggèrent de revenir sur la mécanique du commentaire d'images.

Ce qui paraîtra le plus logique au débutant, c'est de commencer par décrire la photographie. Qu'est-ce qu'on y voit? Que font ces gens? Etc. Erreur. La description d'une image est déjà un travail qui en oriente la lecture – et dans ce cas précis plus encore, car tout le problème que pose cette photographie tient précisément à son interprétation. La plupart des étudiants se lancent dans la description comme on se jette à l'eau. Sans voir que toute description referme et rétrécit l'image, sélectionne le sens avant même qu'on sache ce qu'il importe de voir. Sans comprendre qu'une image n'est jamais un ensemble objectif de formes au devant duquel il suffit de se porter, mais toujours un dispositif construit par son contexte d'énonciation, déterminé par les voies qu'il a suivi pour arriver jusqu'à nous.

Appliquons-nous la même lecture à une reproduction à l'encre quadrichromie en double page sur papier glacé, qui nous est arrivée dans les mains par l'intermédiaire du libraire, qu'à un tirage aux sels d'argent sur papier mat déchiqueté, sélectionné par nos soins dans la boîte à chaussures de l'archive photographique familiale? En réalité, face à une image, nous nous servons spontanément et sans même nous en apercevoir d'une grille d'interprétation sophistiquée, fruit d'une culture visuelle sauvage acquise depuis l'enfance. Le sens d'une image est d'abord défini par la façon qu'on a de la regarder, qui dépend des intentions prêtées à son auteur ou son diffuseur, généralement déduites de son apparence et du canal emprunté.

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Quand les séminaires sur la photo font des photos

image Comment en vient-on à faire des photos en séminaire? En études visuelles, de plus en plus d'étudiants sont munis d'appareils compacts ou de photophones, avec lesquels ils n'hésitent plus à mitrailler l'écran en plein exposé. J'abuse moi-même du procédé, car il n'y a pas meilleur carnet de notes en matière visuelle. Cela dit, obtenir des images lisibles avec la faible lumière du vidéoprojecteur tient parfois du casse-tête, c'est pourquoi je recours souvent à un reflex – plus encombrant et surtout plus bruyant – pour de meilleurs résultats. Profitant de mon statut de spécialiste, j'ignore les regards noirs qui me foudroient – il faut parfois savoir se sacrifier pour établir un usage.

Au Lhivic, cela fait maintenant un an ou deux que la présence de caméras est devenue familière. La disponibilité des outils crée de nouvelles opportunités iconographiques. Depuis quelques séances, lors de la session de rattrapage désormais rituelle, à l'atelier de recherche Aux Bons Crus, mon appareil circule de main en main. Au prétexte de tester la machine, les chercheurs se shootent les uns les autres comme des ados de retour du ski. Il est amusant de constater une amélioration progressive de cette production collective improvisée, qui suggère l'émergence d'un genre, encore en gestation: la photo créative de séminaire. Je parie un paquet de carambar que ce nouveau sport ne fait que commencer.

Post-scriptum. Encore une micro-expérience notable. Jeudi dernier, une connaissance de Facebook, qui se décrit elle-même comme "allergique à la fac", est venue assister au séminaire de son propre chef. Si j'ai bien compris, c'est parce qu'elle trouvait les photos de nos activités sur Flickr "sympathiques". Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais c'est probablement la première fois qu'on vient à mes cours sur la base d'un impetus iconographique. Etrange combinaison (blog + Facebook + Flickr), qui semble produire son effet par accumulation d'informations, jusqu'au geste réel. Moralité: continuons les photos!

Il y a une vie après le séminaire

image La science n'est pas toujours morose. Après le séminaire, on se retrouve Aux bons crus, pour refaire le match autour d'un muscat sec (j'espère que le patron aura l'amabilité de nous offrir une tournée générale pour cette publicité gracieuse). Hier soir, tout y est passé: de Marin à Simondon, Facebook et poke, et bien sûr Laure et Carla. Ce conciliabule d'anthologie méritait bien quelques photos souvenirs.

Faute de disposer d'une connexion pendant la période des vacances, je me vois dans l'obligation de suspendre l'alimentation de ce blog jusqu'au début de l'année prochaine (commentaires validés jusqu'à ce soir, après il faudra attendre). En souhaitant de très bonnes fêtes à mes lecteurs, un père Noël généreux et un repos réparateur. Rendez-vous en 2008 pour des billets encore plus éblouissants, des analyses encore plus fines, des images encore plus belles (et maintenant, arrêter le muscat).

Comment illustrer son cours d'extraits de films

image Fiche pratique. En discutant avec des collègues ou des étudiants, je m'aperçois que l'idée de recourir à des extraits de films pour illustrer un cours ne va pas encore de soi. Au mieux, on utilise l'ordinateur portable pour lire des DVD, qu'on a pris soin de caler, par le biais d'une lecture préalable, au moment voulu. Il est pourtant possible, avec un minimum de moyens, d'isoler et de présenter proprement une série de séquences animées.

Disclaimer #1: on se bornera ici à l'environnement Mac (une description équivalente dans un environnement PC/Linux est la bienvenue en commentaire).
Disclaimer #2: je renonce à évoquer l'aspect juridique du problème. A vrai dire, personne n'y comprend plus rien. Et tout le monde se débrouille en faisant fi des dispositions inapplicables du ministère. A minima, s'agissant d'extraits, on s'appuiera tout simplement sur le droit de citation.

Il n'est évidemment pas question d'envisager ici des instruments de copie ou de montage complexes. Un prof ou un étudiant n'aura recours à l'extrait filmé que si ces moyens sont simples et utilisables avec des outils courants. Mon expérience m'a fait renoncer à la copie de DVD, qui suppose un crackage préalable – c'est interdit – et surtout une longue procédure de recopie intégrale, avant de pouvoir accéder au contenu et de le tronçonner en extraits. Encore envisageable lorsqu'il s'agit d'analyser une oeuvre et une seule, cette méthode devient très peu pratique dès qu'on veut comparer plusieurs films. Il existe un moyen beaucoup plus efficace: un petit logiciel de copie d'écran, très simple à utiliser: SnapzProX, d'Ambrosia Software. Cet outil est payant: 29 $ dans sa version de base, téléchargeable en ligne, utilisable 15 jours en démonstration. Je l'utilise depuis des années, il est fiable et fonctionne parfaitement dans tous les environnements OSX, PPC ou Intel, Tiger et Leopard.

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Séminaires images à l'EHESS en 2007-2008

On peut consulter dès à présent la liste prévisionnelle des séminaires 2007-2008 de l'EHESS sur le thème "image" à l'adresse: http://enseignements.ehess.fr.... Les indications de lieu et d'horaire devront être vérifiées à la rentrée sur les programmes définitifs.

Séminaire "La photographie familiale à l'époque numérique", par Irène Jonas

image Dans le cadre du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle/La légende des amateurs", le Lhivic a reçu Irène Jonas, sociologue indépendante, le 15 mars 2007, pour une présentation de ses recherches sur la photographie familiale à l'époque numérique. La séance a fait l'objet d'un enregistrement audio, disponible en ligne (durée 2 h):


Téléchargement fichier mp3 (68 Mo).

Résumé. Les usages de la photographie familiale ont beaucoup évolué depuis l'enquête de Bourdieu (Un art moyen, Minuit, 1965). Les images montrent de moins en moins de rôles sociaux, mais beaucoup plus de moments d'intimité. La pratique photographique est centrée sur le personnage de l'enfant. Le numérique entraîne d'abord un changement quantitatif: la production photographique est multipliée environ par cinq. Il y a peu de cas de cohabitation argentique/numérique. Le numérique démystifie la pratique photographique. Malgré un emploi accru de la télévision comme outil de monstration, le tirage papier semble rester la forme idéale des images. La demande porte sur l'internalisation des pratiques (acquisition d'une imprimante couleur). La question du choix et de la sélection des images devient une interrogation aigue. Irène Jonas insiste sur les variétés d'usage en fonction des différences de genre et de génération. La frontière entre homme et femme dans la relation à l'outil photographique est marquée par le rapport à la technique. Pour les enfants, le numérique a changé radicalement la donne. Du côté des personnes âgées, la photographie est souvent l'activité qui les motive à se mettre à l'ordinateur. A de rares exceptions près, les connaissances techniques mobilisées restent des plus sommaires.

Séminaire "De la photographie à l'image numérique" à l'ENS

Séminaire Christian Caujolle, "De la photographie à l'image numérique"
Ecole Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, salle d'Histoire, 2eme étage de l'escalier D.
Chaque mardi, 10h30-12h30, entrée libre.

  • 20 février, Christian Caujolle, autour de la projection de Half Life, de Michael Ackerman.
  • 27 février, Bernard Faucon, pourquoi un photographe abandonne sa pratique, il y a une dizaine d'années; quelles sont ses recherches actuelles, qui utilisent le numérique.
  • 6 mars, Quentin Bajac (CGP), "Une perspective historique, du daguerréotype à l'épreuve numérique".
  • 13 mars, Sébastien Calvet, jeune photographe, qui suit actuellement la campagne de Ségolène Royal pour le journal Libération. Comment un jeune auteur se confronte à la problématique entre information et propagande.
  • 20 mars, Pascal Convert, autour de la mémoire, de l'intégration du document dans la création contemporaine. Comment on passe de la photographie à l'image et de l'image à la sculpture.
  • 27 mars, Georges Didi-Huberman (EHESS), un premier bilan de trois années de recherches sur "la lamentation": "Images de la lamentation, Images lamentables ?"
  • 3 avril, Didier Semin (à confirmer), professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Ensba.

Séminaire "Pratiques photographiques" EHESS-Marseille

Dans le cadre du séminaire "Pratiques photographiques", animé par Frédéric Joulian, une journée thématique "Produire, lire et exploiter les images" sera proposée le 11 mai 2007 à l'EHESS-Marseille, Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité, Marseille.

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Le web 2.0 ou la netophilie (atelier 2)

image Qu'est-ce que le web 2.0? A-t-il seulement une définition précise? A l'heure où l'on commence à entendre parler du web 3.0, certains semblent en douter. "Le web 2.0 n'existe pas" affirment les plus péremptoires, en s'appuyant sur le flou des notions recouvertes. Pourtant, avant même de parler d'outils collaboratifs ou de réseaux sociaux, il est possible de produire des distinctions claires basées sur l'architecture technique des systèmes.

Le world wide web, inventé en 1990 par Tim Berners-Lee, est une application du réseau internet, où il cohabite avec plusieurs autres protocoles de transfert de données (TCP/IP pour la connexion au réseau, SMTP pour les e-mails, FTP pour les transferts de fichiers, etc.). Il repose sur trois composantes fondamentales: la définition d'un système universel d'adresses (ou URL); un protocole de communication spécifique (HTTP); enfin un langage informatique (HTML) qui permet d'écrire et de visualiser des fichiers sous forme de pages. L'articulation de ces trois éléments permet de créer des liens hypertexte qui autorisent une circulation simple et élégante parmi les ressources disponibles. Un lien est un code écrit en langage HTML qui permet au navigateur d'afficher une adresse via le protocole HTTP.

Dans sa version initiale, le web est un média à consommation passive, comme la radio ou la télévision. L'émetteur, propriétaire du site, produit une page web grâce à un éditeur de contenus, puis la met en ligne par l'intermédiaire d'une application FTP. L'internaute peut consulter cette page, mais ne peut pas la modifier.

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Les ressources numériques pour les nuls (atelier 1)

image Le 4 janvier dernier s'est tenu la première séance de l'atelier "Pratiques des sources numériques en histoire visuelle" à la bibliothèque du CEHTA. Le projet de cette formule est né de deux constats. 1) De l'ordinateur au web 2.0 en passant par les revues électroniques ou les logiciels de bibliographie, la communauté académique dispose d'un bouquet d'outils informatiques chaque année plus vaste et plus puissant. 2) Alors que la formation à la recherche intégrait autrefois une initiation à des méthodologies beaucoup plus élémentaires, l'apprentissage de cet ensemble complexe de technologies se borne aujourd'hui à peu près exclusivement à l'horizon de l'auto-formation.

Si les hauts responsables ont souvent pris conscience de ce hiatus, ils ne disposent pas des moyens d'y remédier avec la célérité souhaitable. Un premier obstacle est évidemment d'ordre budgétaire. L'exemple de certaines écoles professionnelles, comme les Arts déco, qui disposent de tous les matériels nécessaires, semble hors de portée des financements habituels des universités. Un second écueil paraît appartenir en propre au domaine des sciences humaines et sociales, qui a pris l'habitude de déléguer à des spécialistes la gestion des questions techniques en général et de l'équipement informatique en particulier. Au moment ou la pratique des outils du web 2.0 impose de développer une culture de l'appropriation, le modèle de la délégation s'avère non seulement un handicap mais un noeud de résistance.

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Séminaire "Problèmes d'histoire visuelle" (I et II)

image Séminaire 2006-2007, par André Gunthert.
Le jeudi, 17h-19h30, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin, à partir du 9 novembre 2006.

L'introduction des images d'enregistrement a profondément modifié notre rapport au visible. Alors que se multiplient les interrogations visant à déterminer les relations des sciences sociales à l'image, alors que le paysage des pratiques de l’image poursuit sa transformation à un rythme accéléré, il est urgent de jeter les bases d'une nouvelle histoire des images d'enregistrement. Tel est l'objectif du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle", qui se propose d'utiliser les outils de l'histoire pour mieux appréhender les manifestations contemporaines et réciproquement d'employer l'observation des évolutions récentes aux fins d'une critique de l'historiographie constituée.
Au programme: examen critique des historiographies du visuel, histoire de l'art et visual studies, les sciences sociales et l'image, nouvelles pratiques des images, la légende des amateurs, recherches en cours.

A noter: séminaire de recherche évalué ouverts aux étudiants en master et auditeurs libres, "Problèmes d'histoire visuelle" est composé de deux séries successives, au premier semestre (24 h, du 9 novembre 2006 au 25 janvier 2007) et au deuxième semestre (24 h, séances les: 8 février, 15 février, 1er mars, 15 mars, 22 mars, 5 avril, 3 mai, 24 mai, 31 mai, 7 juin).

Inscription pédagogique: auprès de Mme Marie-Claude Barré, bureau 906, 54 bd Raspail, 75006 Paris, tél. 01.49.54.25.55; réception sur rendez-vous le jeudi, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, bureau 141, à partir du 6 octobre (contact).

Illustration: La machine de vision, "Blade Runner", film d'anticipation, réal. Ridley Scott, 1982, photogramme.

Atelier "Archéologie des techniques photographiques"

image Comme l'an dernier, l'atelier "Archéologie des techniques photographiques", piloté par Carole Troufléau, a commencé ce matin par la visite des collections de la Société française de photographie. Au programme du week-end: dessins photogéniques (Talbot), préparations des positifs directs (Bayard) et du papier albuminé, tirage de négatifs (anciens et modernes) sur dessins photogéniques (différentes stabilisations), papier salé; préparations des positifs directs et du papier albuminé, positif direct et négatif papier en chambre noire, positifs directs et négatifs papiers par contact, tirage de négatifs (anciens et modernes) sur papier albuminé et cyanotype. La météo prévoit un temps variable ce week-end, avec éclaircies samedi et orages le dimanche...

Atelier "Archélogie des techniques photographiques", 23-25/06/2006, enseignement du Lhivic avec la concours de la SFP et de Spéos.

Séminaire "Une histoire visuelle de la ville"

Christian Delage (Paris VIII/EHESS), Stéphane Füzesséry (EHESS/Lhivic), Dominique Gauthey (EHESS/Lhivic), Vincent Guigueno (ENPC/LATTS), Philippe Simay (Collège International de Philosophie), Mark Shiel (King’s College).

Du 2 au 4 mai 2006, Ecole nationale des Ponts et Chaussées

Le cinéma — dont l’apparition, à la fin du XIXe siècle, est contemporaine de l’émergence de la métropole moderne — prend aussitôt une place de choix dans l’immense écheveau des représentations de la ville. Cette affinité ne s’explique pas seulement par l’enracinement initial de ses premiers opérateurs et de son public dans la grande ville (Berlin, New York, Lyon): le choix de sujets empruntés aux formes urbaines de la vie moderne trahit aussi la force d’attraction particulière de certains motifs proprement urbains sur les cinéastes — le trafic, l’agitation dans les rues de la grande ville. D’emblée se dessinent ainsi deux des principaux traits propres à la relation ville/cinéma. Le film est urbain: il retranscrit, sous une forme qui lui est propre, le point de vue du citadin, de l’habitant, du passant. La ville est «cinégénique» (comme on dit d’une personne qu’elle est «photogénique»): objet privilégié pour la caméra, elle trouve dans le cinéma un medium particulièrement apte à saisir sa matérialité — sa spatialité comme sa temporalité — et à retranscrire les regards que l’on porte sur elle.

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Séminaire "Livres et revues illustrés" à l'Ecole normale

Le deuxième séminaire du TIGRE (Texte et Image/Groupe de Recherche à l’Ecole), "Livres et revues illustrés, XIXe-XXe siècles", animé par Evanghélia Stead, se tiendra samedi 18 mars 2006, 10h-13h, à l'ENS, salle des Conférences, 46, rue d’Ulm, Paris.

  • Paul Edwards (Paris VII), "La Vie à Paris: la photo donne le ton".
  • Lucie Goujard (Lille III), "Conjuguer l’invention et la vraisemblance. Travaux narratifs et documents photographiques dans l’illustration de l’œuvre littéraire".

Phénomène de la fin du XIXe siècle, les oeuvres littéraires illustrées par la photographie reposent sur l’interprétation des scènes importantes de l’intrigue par une théâtralisation narrative. Elles intègrent aussi des vues plus documentaires. Portraits et vues de monuments dispensent les informations constitutives du récit et participent de l’élaboration progressive de l’univers référentiel. Comme le fait le début d’un film pour parvenir à la construction d’un monde diégétique, elles rendent réels l’ensemble des éléments du récit (décor, personnages, action) et transforment le livre en théâtre d’une vaste illusion. Plus que la question du travestissement des images se pose donc ici, à travers ces œuvres, celle de leur légende.