Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

André Gunthert: "L'image partagée"

Diffusion live de la communication de André Gunthert, "L'image partagée", 4e Ecole doctorale d’été, EHESS – Institut TELECOM (7 au 11 septembre 2009, Ile de Porquerolles). Régie: Lucas Morlot.

Résumé: Plus encore que leur production numérique, c'est la diffusion des photos ou des vidéos par l'intermédiaire des applications du web 2.0 qui a modifié en profondeur notre rapport à l'image. Analysant la transition d'une économie de la distribution contrôlée à une autogestion de l'abondance, cet exposé décrit les deux phases qui ont scandé l'histoire de l'installation des plates-formes visuelles. Après une période initiale placée sous le signe de la «révolution des amateurs», la perception du partage des contenus s'est focalisée sur une symptomatique de l'audience. Gouvernés par l'idée d'une concurrence des anciens et des nouveaux médias, ces deux modèles ne décrivent que très partiellement les mécanismes à l'œuvre, qui relèvent plutôt d'une logique de complémentarité et d'interaction. L'observation des usages réels des plates-formes, comme celui de la consultation encyclopédique, suggère que la socialisation des contenus visuels a créé un nouvel état de l'image comme propriété commune. Aujourd'hui, la valeur d'une image est d'être partageable.

Dominique Cardon: "La photo comme conversation"

Diffusion live de la communication de Dominique Cardon, "La photo comme conversation", 4e Ecole doctorale d’été, EHESS – Institut TELECOM (7 au 11 septembre 2009, Ile de Porquerolles). Régie: Lucas Morlot.

Le nom de la rose

Dimanche 21 juin, tôt levé. Connection, Facebook. Trouve la note de Natacha Quester-Séméon, "Iran: elle s’appelait Neda", qui renvoie sur son blog, Mémoire vive. Découvre la vidéo de la mort de Neda Agha Soltan sur Facebook. Sur Twitter, plusieurs tweets renvoient de même à l'événement. Narvic fournit divers liens, dont un vidéogramme sur Twitpic, qui montre le visage couvert de sang de la jeune femme.

Je dois partir dans la matinée pour un colloque. Je n'ai pas beaucoup de temps. Je suis choqué et ému par la vidéo, incapable de produire une analyse sur le vif, je n'en ai aucune envie. Mais la qualité de l'information réunie par Natacha, l'angle de son analyse et bien sûr la dimension empathique qu'introduit le nom de la jeune femme, souligné dès le titre du billet, me poussent à rédiger un signalement, composé d'un extrait et d'un lien.

Mettre ou non l'image? Facebook ne propose pas de lecteur exportable, il n'est donc pas possible d'y renvoyer de la même façon qu'à une vidéo sur YouTube. Etant donné son caractère choquant, mon premier réflexe est de m'abstenir. Mais en l'espace de quelques minutes, je me rends compte que le vidéogramme s'est déjà imposé à moi. Je corrige mon billet, en lui associant la copie reproduite sur Twitpic, en petit format.

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Iran: elle s'appelait Neda

Tous les visas des journalistes occidentaux expirent dimanche en Iran. (...) Donc à partir de samedi soir, il était prévisible que nous ne pourrions plus accéder à du contenu produit par des journalistes. Aujourd’hui, 8e jour de la Révolution iranienne, nous sommes encore plus nombreux à suivre les événements à travers la fenêtre des réseaux sociaux. (...) Twitter n’est pas la seule plateforme utilisée, comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises. Facebook, Flickr, YouTube et bien d’autres accueillent les documents, que l’ensemble des internautes, attentifs, étiquettent en temps réel et transforment pour les rediffuser. Sans le savoir, ils participent à leur éditorialisation. Ces images, montrant le courage et le sang, ne sont pas arrêtées dans leur course. Pour nous parvenir, elles transitent par de multiples canaux et les internautes hors d’Iran se chargeant d’amplifier leur impact. Ce qui frappe aussi c’est la bravoure ou le désespoir de ces jeunes femmes voilées qui participent aux rassemblements. Neda n’était pas l’une d’entre elles, elle venait simplement observer avec son père. Son visage nous a tous marqués. Elle s’appelait Neda, c’est le visage de la jeunesse et d’une liberté volées.

Par Natacha Quester-Séméon, Memoire vive, 21/06/2009.
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Vie et mort du buzz

Après le tsunami "Susan Boyle", le clip dénudé de Make The Girl Dance a relancé la question du buzz. Que désigne-t-il exactement? Est-il ou non spécifique à internet? Peut-on parler de vrai ou de faux buzz? Que signifie le recours à ce terme dans les médias?

Si l'on s'en tient à l'étymologie, façon Wikipedia, la question est vite réglée: issu du monde du marketing, le mot "buzz" (bourdonnement) désigne la propagation rapide d'un signalement par des moyens non institutionnels - typiquement: le bouche à oreille. Selon cette origine, le buzz est donc forcément plurimédia et ne concerne pas exclusivement internet, qui n'est qu'un canal de diffusion parmi d'autres.

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Le numérique au service de la recherche et de l’enseignement à l’EHESS

Une journée d’information proposée par le Cléo/Revues.org et la Direction informatique de l’EHESS, le mardi 26 mai 2009.

À la rentrée 2009, l'EHESS proposera un Environnement numérique de travail (ENT) permettant à l’ensemble des personnels et étudiants de disposer d’outils performants pour mieux communiquer, s’informer, se documenter et travailler en collaboration. De son côté, le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo) s’est engagé depuis plusieurs mois dans une diversification éditoriale le conduisant à proposer une plateforme d’édition électronique complète constituée d’espace de publication de collections de livres et de carnets de recherche, autant que de revues et d’annonces d’événements scientifiques.

La DISC et le Cléo s’associent pour présenter cette double actualité concernant des services et outils très complémentaires. La journée se déroulera en deux parties. La matinée articulera une présentation de ces outils à une réflexion sur l’instrumentation numérique du travail de recherche en sciences humaines et sociales. Elle se déroulera dans l’amphithéâtre. L’entrée est libre, mais l’inscription obligatoire. L’après-midi, des ateliers seront organisés en salle informatique pour ceux qui le souhaitent, où des démonstrations et exercices de manipulation seront organisés, aussi bien sur les outils proposés par la DISC au sein de l’ENT, que ceux proposés par le Cléo, en particulier sur sa nouvelle plateforme de carnets de recherche (Hypothèses). L’inscription aux ateliers est obligatoire et limitée à 18 places.

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Small is beautiful (10): Le portrait du professeur

Création hier de mon profil sur Owni. Comme à chaque ouverture de compte web 2.0, je cherche une photo pour remplacer la vignette standard par mon portrait. Je ne suis pas chez moi – donc pas d'accès à ma photothèque. Je me rabats sur le tag "me" de mon compte Flickr. Fugitivement, je me souviens du dilemme que fut, en 2005, lors de mon inscription sur la plate-forme visuelle, le choix d'un autoportrait. Encore peu familier avec l'idée de voir ma tronche associée à chacun de mes faits et gestes, j'avais choisi, comme beaucoup de newbies, une image qui me cache plutôt qu'une image qui me montre: un reflet de mon visage saisi par inadvertance lors d'une reproduction de photo. Mais au-delà de son caractère protocolaire, cette solution présentait l'avantage de répondre à un problème simple. Je ne disposais en 2005 que d'un très petit nombre de photos de moi – et d'aucune image récente convenable pour cet usage.

Quatre ans plus tard, grâce à l'habitude qui s'est progressivement installée au Lhivic de documenter les séminaires, le matériel à ma disposition est nettement plus abondant. Sous le tag "me", pas moins de 76 portraits de votre serviteur en situation, dans des postures toutes plus dignes les unes que les autres de gloire et d'immortalité. Mais hier, va savoir, était-ce bile, était-ce humeur, pas moyen. Voilà que je me mets à les examiner l'une après l'autre sous toutes les coutures, à grands coups de clics furieux sur la vignette loupe. Là, c'est l'éclairage qui n'est pas à mon avantage. Sur celle-ci, j'ai l'air benet. Sur celle-là, on dirait que je m'endors. En voilà une qui est bien – mais justement, un peu trop: on va croire que je me vois en guest de la Nouvelle Star. Sur celle-là, on ne voit que mes cheveux gris. Et sur celle-ci, déjà ancienne, j'ai l'air trop jeune.

Quand c'est parti comme ça, inutile d'insister. Je choisis par plaisanterie un portrait de moi en buveur de bière. Manière de répondre à côté, parce qu'il faut bien se plier à l'usage, en dévoilant, à défaut de la profondeur de ma réflexion, l'étendue de mon humour. Bref, photo numérique ou pas, la réponse à l'injonction de se montrer reste une affaire délicate, à chaque fois renégociée, toujours transitoire, comme dans l'impossibilité de donner jamais pleine et entière satisfaction.

"Tous journalistes?" Les attentats de Londres ou l'intrusion des amateurs

image Engagée à partir des années 1990, la transition vers l'image numérique s'effectuait à bas bruit dans le monde de la presse et de l'édition. L'arrivée des logiciels de traitement d'image, la diffusion du scanner puis des matériels de prise de vue numérique, l'ouverture de sites ou de portails en ligne semblaient se succéder sans bouleverser les métiers du journalisme – et sans aucun changement perceptible du point de vue du lecteur.

C'est à l'été 2005 que se manifeste brutalement la prise de conscience des mutations en cours. Dans son numéro des 20 et 21 août, surplombant l'image d'une foule occupée à photographier un concert de la chanteuse Beyoncé, le quotidien Libération affiche à la une un titre emblématique: «Tous journalistes?» On retrouve en pages intérieures ce même balancement d'un jugement global, énoncé par Cyril Fiévet, spécialiste des blogs (qui estime qu'il y va de «la perte du monopole des journalistes sur l'information»), répondant à un constat iconographique: «De plus en plus d'anonymes utilisent leurs téléphones équipés d'appareils photo et de caméras pour témoigner de l'actualité.»

Annoncé l'année précédente par un ouvrage à succès de Dan Gillmor, We The Media, l'essor du «journalisme citoyen» («citizen journalism») parmi les nouvelles pratiques du web n'avait pas suscité de réactions alarmées[1]. Mais l'essai se bornait à décrire les nouveaux usages rédactionnels expérimentés par les blogueurs ou les portails d'information, sans évoquer la question des images.

Or, c'est bien cette abondance nouvelle de photographies numériques qui apparaît comme une menace: «Tout le monde devient producteur d'images, tout le monde peut faire connaître sa vision de la réalité, commente Patrick Sabatier dans Libération. L'information, denrée jadis rare, donc chère, dont les médias avaient le monopole, se banalise, se démocratise, se privatise. Les journalistes se demandent si les prophètes de malheur qui prédisent la fin des médias n'auraient pas raison[2]

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La photo sur Facebook: des chiffres peu concluants

image Quand Techcrunch France intitule un billet "10 milliards de Photos sur Facebook", on peut être sûr que l'annonce va faire le tour de la blogosphère locale en quelques heures. Ce qui prouve que le web, s'il a le goût des chiffres qui claquent, n'a guère de mémoire – puisque cette annonce, ARHV avait été un des premiers à la relayer, dès le 15 octobre 2008.

L'intérêt de l'adaptation par Alain Eskenazi du billet de Michael Arrington est ailleurs: dans l'ajout d'une statistique comparative de la consultation des principaux sites photos (avec Flickr, Picasa, Photobucket), issue d'une étude de l'institut comScore. Ces courbes montrent le décollage des usages de la photo sur Facebook depuis l'automne dernier, qui paraît suivre la croissance du réseau (passé de 100 à 150 millions de membres entre septembre et décembre 2009 2008).

L'interprétation de cet envol soudain est curieusement omise dans la version française du billet. Selon Arrington, c'est la nouvelle maquette du site, permettant l'accès aux albums photos par un onglet, qui explique cet essor. Les chiffres sont toutefois à prendre avec précaution. Rapportée au nombre de téléchargements, la consultation des images sur Flickr (3,3 milliards de téléchargements pour 66,7 millions de visiteurs uniques mensuels) est ainsi proportionnellement plus élevée que celle de Facebook (10 milliards de téléchargements pour 153,3 millions de VUM). Trop imprécise pour qu'on puisse véritablement en tirer des leçons, cette comparaison appelle à collecter des données plus fines pour livrer des indications utilisables.

L'exposition en ligne: exhibition ou iconoclasme?

image Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France, disait le bon Sully. Quatre cents ans plus tard, si l'on s'enquiert de savoir quels sont les appas d'internet, on n'entendra qu'un cri: narcissisme et exhibition. L'amour de soi et le désir de se montrer. C'est curieux comme chaque fois que je tombe sur cette paire, je pense à Baudelaire: celui du "public moderne et la photographie", où le poète dénie à la populace tout droit à se voir représenter à sa ressemblance[1]. Le portrait, oui da, pour les princes ou les héros – mais pour les «drôles et les drôlesses», fi donc, quelle faute de goût!

Sournois mélange de racisme de classe et de souvenirs du catéchisme (qui enseigne que la modestie est la qualité qui sied aux âmes simples), l'a-priori qui gouverne l'accusation d'exhibitionnisme est qu'il n'y a aucune raison de s'intéresser au sort des humbles, qui feraient mieux de rester à leur place. Les mêmes psychologues improvisés ne songeraient pas à chercher des poux dans la tête à Michel Houellebecq ou Bernard-Henri Levy, lorsque ces auteurs se livrent en public à un tendre numéro d'effeuillage en duo. — Ah mais! Ils sont célèbres, c'est donc bien normal de s'intéresser à eux, comme à Loana ou à Carla. Les people sont riches et beaux, ils ont le droit d'étaler leurs abdos en première page des journaux. Quel présentateur télévisé, quel intellectuel radiophonique irait reprocher à ces gens-là de s'aimer outre mesure ou de désirer se montrer?

Comme autrefois la photographie, internet est le média des petits et des sans-grade, qui permet à ceux qui n'y ont pas droit d'accéder à une notoriété par définition usurpée. La cause est entendue – et la démonstration d'une parfaite circularité. Les délaissés des lieux d'exposition légitimes voudraient-ils attirer l'attention sur eux? C'est donc qu'ils pêchent par orgueil ou sont atteints de névrose obsessionnelle.

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Le web change le droit. La preuve par Facebook

Comme les années 1960 ont eu les soucoupes volantes, on se souviendra des années 2000 par la peur de Facebook. Cet ogre moderne ne se nourrit pas de la crainte d'être mangé tout cru, mais du cauchemar d'être dépossédé de ce nouveau bien aussi précieux que fragile: notre identité numérique. A partir d'un billet paru le 15 février sur The Consumerist, relayé en France par le site Ecrans, le soupçon a couru la blogosphère comme un feu de brousse: Facebook aurait modifié subrepticement ses conditions générales d'utilisation de façon à s'arroger "tous les droits, pour toujours" sur les contenus mis en ligne sur le réseau social.

Et les journalistes de conseiller de quitter aussitôt la plate-forme, suscitant une vague de résiliations de la part de geeks crédules, pestant et sacrant qu'on ne les y reprendrait plus. Du calme, camarades! Face au danger, rappelons un principe simple, que tout usager des multiples conventions auxquelles nous expose le commerce contemporain devrait écrire en lettres de feu au-dessus des toilettes: la loi prévaut sur le contrat. Nous signons tous les jours des contrats rédigés en dépit du bon sens, par des prestataires soucieux de protéger leurs arrières. Mais ces textes n'ont de valeur que dans la mesure où ils sont conformes à la loi. Dans le cas contraire, ces accords ne sont que des chiffons de papier, que le premier tribunal venu aura tôt fait de désavouer.

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Nouveaux réseaux visuels en ligne

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  • A signaler l'ouverture du premier réseau social consacré à l'histoire de la photographie. Créé sous Ning par Michael Pritchard, le site British photographic history accueille les spécialistes pour débattre et échanger des informations. Un outil puissant qui remporte déjà un succès visible, si l'on en juge par les premiers inscrits (via Fotostoria).

Réf. British photographic history

Réf. Planet Histoire visuelle

L'image parasite s'invite sur Facebook

image Détourner les outils numériques pour les mettre au service d'objectifs non prévus par le dispositif: ce principe d'appropriation et de réinvention est au coeur des usages du web 2.0. Son volet visuel (dont j'ai décrit ici l'émergence) se manifeste également sur Facebook, en particulier à travers le détournement du phototagging.

Plutôt que de lier une série de mots clés aux images, comme sur Flickr, Facebook a développé une fonctionnalité très adaptée à son rôle de réseau social: le phototagging, soit la possibilité de définir une zone de l'image et d'y associer d'un clic le nom d'un de ses contacts. Ce service utilisé pour identifier le ou les sujet(s) d'un portrait ou d'une photo de groupe se prolonge par le signalement de l'opération auprès du contact tagué. Averti qu'il figure sur une photo téléchargée, celui-ci peut se rendre sur la page et participer au commentaire de l'image. Chaque contact a également la possibilité de se détaguer, si cette identification ne lui convient pas.

La fonction de signalement automatique du tag a rapidement encouragé diverses formes de détournement. Le premier janvier dernier, en suivant le lien d'un signalement, j'ai par exemple découvert, non un portrait de groupe, mais une illustration de voeux, phototaguée à 30 contacts, nouvelle manière de souhaiter la bonne année.

Une jeune canadienne a exploité de façon plus systématique ce principe, dans le contexte de l'invasion de Gaza. Désireuse de manifester sa désapprobation face à ce conflit, Karine Doche met en ligne le 7 janvier sur son compte Facebook une photo représentant deux enfants, de dos, un arabe et un juif, bras dessus-bras dessous. Cette image simple mais emblématique, qui a notamment servi d'illustration de couverture à l'ouvrage de Charles P. Lutz et Robert O. Smith, Christians And a Land Called Holy (Fortress Press, 2006), a été reprise dès le début des hostilités sur plusieurs sites et pages personnelles.

Karine Doche explique qu'elle a d'abord tagué quelques-uns de ses contacts, pour leur signaler son message de paix, en leur demandant de le faire circuler. L'album est paramétré pour être consultable par l'ensemble des membres de Facebook. En l'espace de 24 heures, elle reçoit une avalanche de demandes de tags: de nombreuses personnes souhaitent être associées de la même façon à l'image. Mais la fonctionnalité ne permet pas de dépasser 30 contacts par photo. Pour pallier cette restriction, la jeune femme imagine alors de reproduire plusieurs fois l'illustration. Copiée à 3, 4, 5 puis 60 exemplaires (limite d'un album sur Facebook), l'image des deux enfants accueille en quelques jours 1800 tags (dont certains contacts associés plusieurs fois). La viralité de l'expérience conduit son auteur, inondée de messages, à y mettre un terme. Un groupe intitulé: "Everything is possible... Tout est possible..." est destiné à permettre la poursuite de la discussion (signalé par Pierre Haski sur Facebook).

Le filtrage d'internet, ou comment rejouer le fiasco des DRM

image Après la Chine ou l’Arabie Saoudite, l'Australie et l'Allemagne s'apprêtent à filtrer l'accès du public à internet dans le but d’éviter l'exposition à des contenus illégaux, notamment pédo-pornographiques. Le site Homo numericus fait le compte des pays touchés par cette vague, qui pourrait bien s'étendre prochainement à la France.

Avec les propos de Frédéric Lefebvre à l'Assemblée nationale, divers indices suggèrent qu'une tendance proche du pouvoir pousse vers un «contrôle» du web. Après la diabolisation de Facebook, la télévision publique poursuit de son côté la dramatisation du débat avec un reportage du magazine Complément d'enquête ("Ces ados qui nous échappent", France 2, 19/01/2009), très alarmant sur le «tsunami pornographique» qui attend les jeunes sur la toile.

Les intentions qui président à ces projets de censure paraissent des plus louables. Comment refuser de protéger nos enfants contre la vision de spectacles choquants ou les agressions de pervers sexuels? Notons toutefois que cet argument est à ranger dans la catégorie de ceux qui, avec la menace terroriste, ont servi dans la période récente aux Etats démocratiques à s'exonérer des principes qui les fondent pour imposer aux populations des dispositions d'exception et étendre systématiquement leur contrôle. Le risque existe qu'un gouvernement allergique aux contre-pouvoirs se serve de ce prétexte pour museler un média rebelle.

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Journée d'études "La matérialité des images"

image Journée d'études du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), sous la direction de Gaby David, André Gunthert et Audrey Leblanc.
Vendredi 13 février 2009, salle Vasari, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris (entrée libre).

Programme

1. L'impulsion des sources (modération: André Gunthert)

  • 9h15. Ouverture.
  • 9h30. Cécile Nédélec, "André Jammes, collectionneur et historien de la photographie".
  • 10h. Fanny Lautissier, "Les archives photographiques face aux enjeux de la transition numérique".
  • 10h30. Estelle Blaschke, "Roger-Viollet/La Parisienne de photographie: la dimension économique du patrimoine visuel".
  • 11h. Marc Lenot, "Miroslav Tichy, le retrait de l'artiste".
  • 11h30. Amélie Segonds, "Recherche d'images et indexation visuelle: enjeux et problèmes".
  • 12h. Discussion.

2. Les supports de l'imaginaire (modération: Christian Delage)

  • 14h. Marie-Eve Bouillon, "Figures du tourisme. L'agence Neurdein et le Mont Saint-Michel".
  • 14h30. Audrey Leblanc, "Usages du document dans le photojournalisme. La construction de l'image de mai 1968".
  • 15h. Rémy Besson, "Le thème du train dans Shoah, entre agent de l'histoire et acteur du récit".
  • 15h30. Discussion et pause.
  • 16h30. Sarah Bertrand, "La viralité des vidéos en ligne. Etude de cas".
  • 17h. Gaby David, "Le camphone et la construction de l'automédialité".
  • 17h30. Fatima Aziz, "Partager l'identité. Usages du portrait sur Facebook".
  • 18h. Discussion.