Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Les vidéos de l'INA deviennent citables

Pendant que l'Assemblée nationale se prépare à confirmer la loi Hadopi, fermement soutenue par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand, le site de vidéos de l'INA intègre enfin le système de lecture exportable popularisé par YouTube, qui permet de citer les contenus sur un blog en recopiant un code html.

L'annonce officielle précise que «L'Institut National de l'Audiovisuel donne dorénavant la possibilité à toute personne, bloggeurs ou sites web d'utiliser librement les vidéos présentes sur son site», ce qui exclut toute limitation de rediffusion au nom du copyright. Conforme à l'usage en ligne (mais non aux dispositions légales), le recours à la lecture exportable que propose l'INA correspond bien à une extension du droit de citation, qui constitue formellement une entorse aux us de la propriété intellectuelle. Cette innovation témoigne d'une adaptation bienvenue aux nouvelles pratiques du web, et confirme que la véritable valeur d’une image est désormais d’être partageable.

Toutefois, cette application reste "à la française": plutôt que de fournir librement le code, comme sur YouTube, son obtention est subordonnée à un enregistrement en bonne et due forme – avec déclaration des centres d'intérêt et inscription optionnelle à la newsletter de l'institut. La taille de la fenêtre, quant à elle, n'est pas modifiable directement, mais seulement par l'intermédiaire d'un bouton à deux positions (320x240 ou 512x384 px). Encore un petit effort, et l'on pourra enfin citer les précieuses ressources de l'INA comme toutes les vidéos disponibles en ligne.

Extrait: "A quoi rêve von Braun", Cinq colonnes à la une, 03/08/1959 (10:00).

Hadopi: "un dispositif pédagogique"

Communiqué du ministère de la culture et de la communication: "Réaction de Christine Albanel à la décision du Conseil constitutionnel, mercredi 10 juin 2009".

«Christine Albanel se félicite que le principe d’un dispositif pédagogique de prévention du piratage ait été validé par le Conseil constitutionnel. Il s’agit d’une avancée capitale dans la lutte qu’elle entend continuer à mener contre le pillage des droits des créateurs et en faveur d’un Internet civilisé.

La ministre regrette de ne pouvoir, comme le Gouvernement et le Parlement l’avaient souhaité, aller jusqu’au bout de la logique de «dépénalisation» du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes – y compris le prononcé de la sanction – du processus. Elle prend acte sur ce point du choix du Conseil constitutionnel et proposera au Président de la République et au Premier ministre de compléter rapidement la loi Création et Internet pour confier au juge le dernier stade de la «réponse graduée». Parallèlement la mise en place de la Haute Autorité instituée par la loi, exclusivement chargée du volet préventif de la lutte contre le piratage, se fera selon le calendrier prévu et les premiers messages d’avertissement seront adressés dès l’automne aux abonnés à Internet.

Lire la suite...

Journée d'études "Numériser les oeuvres du domaine public, et après?"

Interassociation Archives Bibliothèques Documentation (IABD)
Jeudi 4 juin 2009, amphithéâtre Fabry Perot (Amphi A), CNAM, Accès 4, 292 rue Saint Martin, Paris 3e (métro Réaumur-Sébastopol ou Arts et métiers)

Matin: Quel statut juridique? Modératrice: Michèle Battisti (ADBS, Veille juridique)

- Contrôler les usages du domaine public numérisé, de quel droit?

  • 9.30 Une réappropriation du domaine public numérisé par la propriété intellectuelle? Stéphanie Choisy, Docteur en droit
  • 9.50 Numérisation et régime de la domanialité publique, Jean-Gabriel Sorbora, Professeur de droit public (Université du Maine)

Lire la suite...

Make the Video Buzz

Encore une arnaque au buzz. Qu'il serait plus juste d'appeler une campagne de promo bien huilée. Le groupe "Make The Girl Dance" lance son premier single, "Baby Baby Baby" le 1er juin prochain. Plutôt que de s'en remettre à la SACEM ou tout autre adversaire hadopiste du "free lunch", le groupe a diffusé gratuitement sur Dailymotion et YouTube un clip de la chanson, long plan séquence de la descente de la rue Montorgueil par trois jeunes filles nues (mais néanmoins dotées de caches-sexes électroniques, sous la forme de bandeaux où s'inscrivent les paroles de la chanson). Classique et efficace. Le dernier happening du genre était celui du perchiste Romain Mesnil, à la recherche d'un sponsor (vidéo diffusée le 27 mars 2009).

Comme on peut le constater en ouvrant "Le Parisien", le groupe a pris soin de communiquer aussi en direction de la presse... non sur le lancement du single, mais sur la promesse du buzz vidéo. Contrat rempli: le quotidien peut titrer sur un nouveau "phénomène internet: Le clip qui électrise la toile". Mise en ligne mardi, la vidéo a déjà dépassé le million de clics ce matin sur Dailymotion (mais n'atteint que 14.000 vues sur YouTube). Sur la promo, rien à dire, c'est carré. Mais pour ce qui est du "phénomène internet", révisons notre Susan Boyle: rien ne vaut quelques bons prescripteurs, de préférence chez les vieux médias, qui n'aiment rien tant que d'affubler une info people/trash du label "vu sur le web". L'article est écrit d'avance - et la prophétie auto-réalisatrice assurée.

Hadopi: surveiller et punir internet

Nicolas Sarkozy est le partisan résolu d’une gouvernance moderne, basée sur un dialogue avec l’opinion publique à travers les médias et les corps constitués. Son usage de l’outil législatif manifeste cette option. Plutôt qu’à établir les règles du jeu social, les lois soumises au Parlement servent à adresser des messages ou à afficher une politique.

C’est bien sous cet angle qu’il convient d’examiner la loi "Création et Internet", ou Hadopi, du nom de la nouvelle administration qu’elle institue. Son but avoué est de limiter l’échange de fichiers audiovisuels en ligne, défini comme "piratage", par la suspension de l’abonnement pour les comptes recourant aux plates-formes de partage, ou peer to peer, pour télécharger et diffuser des contenus protégés par le droit d’auteur.

Lire la suite...

Peinture interdite

L'autre semaine, petit séjour à Londres en famille. Au programme: British Museum, Science Museum, National Gallery... Tous gratuits, vive le libéralisme anglo-saxon! Bémol: si la photo est autorisée dans les musées de science ou d'archéologie, elle est rigoureusement proscrite à la galerie nationale de peinture. Raisonnement probable du musée: la quasi totalité des oeuvres exposées étant tombée dans le domaine public, la photographie familiale serait susceptible de produire une concurrence déloyale à la vente de cartes postales, catalogues et autres diaporamas stéréoscopiques.

On est affligé qu'une si grande générosité soit entachée par un si petit calcul. Car en vertu de l'interdit, le seul endroit qui ne figure pas dans mon album londonien, le seul moment à jamais exclu de l'histoire visuelle familiale est la National Gallery.

Certes, dira-t-on, l'histoire de l'art fait de la mémoire son appui et son guide. On peut s'en contenter. Mais il ne faudra pas venir pleurer en constatant que l'empreinte des beaux-arts n'est plus aussi présente qu'autrefois et que la culture des humanités, aux yeux de nos mômes, a du mal a soutenir la comparaison avec celle des sciences et techniques, si ouverte et si captivante.

On ne remplace pas les photos qu'on n'a pas faites en collant des cartes postales dans l'album. Il me navre de n'avoir pu photographier mes fils en grande conversation devant un tableau de Salvator Rosa. Car cet événement n'appartient pas au musée, mais à mon histoire familiale.

Les photos sont la trace de l'appropriation des lieux et des choses qui fonde l'expérience du tourisme. Et leur éditorialisation n'est rien d'autre que la construction d'une histoire. Ainsi, ce ne sont pas juste quelques images qui manquent dans l'album. Comme la trace manquante d'un site militaire sur une photographie aérienne, l'absence de ces photos est la marque indélébile d'une privation d'histoire. C'est un acte violent, pour des raisons misérables.

Responsables des musées de peinture, oubliez vos tracas comptables. Le tort que vous faites en interdisant la photo est bien plus grand que ce que vous croyez. Laissez la photo entrer dans vos musées. Elle ne vous volera pas vos tableaux. Elle les fera exister au sein de l'histoire des familles, où ils seront à égalité avec tous nos souvenirs.

Le web change le droit. La preuve par Facebook

Comme les années 1960 ont eu les soucoupes volantes, on se souviendra des années 2000 par la peur de Facebook. Cet ogre moderne ne se nourrit pas de la crainte d'être mangé tout cru, mais du cauchemar d'être dépossédé de ce nouveau bien aussi précieux que fragile: notre identité numérique. A partir d'un billet paru le 15 février sur The Consumerist, relayé en France par le site Ecrans, le soupçon a couru la blogosphère comme un feu de brousse: Facebook aurait modifié subrepticement ses conditions générales d'utilisation de façon à s'arroger "tous les droits, pour toujours" sur les contenus mis en ligne sur le réseau social.

Et les journalistes de conseiller de quitter aussitôt la plate-forme, suscitant une vague de résiliations de la part de geeks crédules, pestant et sacrant qu'on ne les y reprendrait plus. Du calme, camarades! Face au danger, rappelons un principe simple, que tout usager des multiples conventions auxquelles nous expose le commerce contemporain devrait écrire en lettres de feu au-dessus des toilettes: la loi prévaut sur le contrat. Nous signons tous les jours des contrats rédigés en dépit du bon sens, par des prestataires soucieux de protéger leurs arrières. Mais ces textes n'ont de valeur que dans la mesure où ils sont conformes à la loi. Dans le cas contraire, ces accords ne sont que des chiffons de papier, que le premier tribunal venu aura tôt fait de désavouer.

Lire la suite...

Hadopi, la loi en retard d'une crise

image Dans le clip publicitaire produit par les services de Nadine Morano, toutes les nuisances du web viennent frapper à la porte d'un pavillon cossu. Il est à craindre que ces images trahissent la perception d'une bonne partie des élites françaises: internet vient de l'extérieur. Ce corps étranger ne peut rien apporter de bon. Inconnues de la culture bourgeoise, ses références menacent la quiétude de l'univers familial.

Malgré l'existence discrète d'un secrétariat d'Etat au développement de l'économie numérique, c'est bien cette perception caricaturale qui semble guider la politique du gouvernement actuel. Depuis la détestable loi DADVSI, élaborée pour protéger l'industrie des contenus culturels contre l'invasion ennemie, les pratiques du net s'effectuent aujourd'hui sous le régime de la contrebande. Le professeur des écoles utilise bel et bien Google images pour fournir à sa classe les ressources iconographiques dont il a besoin mais, faute d'une formation adéquate, il est incapable d'apprendre à ses élèves à maîtriser les mécanismes des moteurs de recherche. L'universitaire recourt à Delicious, Flickr, Dailymotion ou Facebook pour diffuser les documents multimédia que son institution est incapable de mettre à la disposition des étudiants.

Plutôt que de se protéger des méfaits d'internet, la France a aujourd'hui désespérément besoin d'une mise à jour juridique et intellectuelle pour profiter pleinement de ses ressources. Telle n'est malheureusement pas la fonction de la loi Hadopi, préparée par Denis Olivennes alors qu'il était encore patron de la Fnac – et dont l'adoption a accumulé les retards. En attendant de «civiliser l’univers pour l’instant sauvage du Net», la riposte graduée renforce sa perception comme espace de l'infraction, de la déviance et de la turpitude. N'y a-t-il que des pirates, des trafiquants et des pédophiles sur internet, comme le criait haut et fort à l'Assemblée nationale Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP? La permanence de cet imaginaire et de son corollaire répressif enferme les pouvoirs publics dans une logique de prohibition qui est, on le sait, une course à l'échec.

Lire la suite...

L'affiche d'Obama: triomphe du copyleft

image On ignorait jusqu'à présent quelle était la source photographique de la fameuse affiche créée par Shepard Fairey à l'occasion de la campagne de Barack Obama. Sur The Daily Beast, James Danziger pense avoir trouvé la clé du mystère. Repérée par Michael Cramer sur Google images (voir ci-contre, licence CC), une photo publiée par ''Time'' en 2007 était attribuée par erreur à Jonathan Daniel, de Getty Images. Danziger identifie son véritable auteur: le photographe Jim Young, de Reuters. Interrogé, celui-ci affirme n'avoir pas reconnu sa photo derrière le dessin. Il est vrai que le graphiste aurait procédé à diverses transformations, à commencer par un retournement latéral, ainsi qu'une recomposition du buste.

Au moment où une version de cette affiche accède à la prestigieuse National Portrait Gallery, il n'est pas sans intérêt de noter qu'elle a été réalisée sans la moindre autorisation, pas plus de l'auteur de la photographie que d'Obama lui-même, et qu'elle a d'abord été placardée de façon sauvage, sans demander l'accord de l'équipe de campagne, à la manière des remix et autres contributions librement proposées par divers créateurs. En comparant cette image avec le portrait officiel du président français, on se convaincra que le non-respect des dispositions de la propriété intellectuelle ou du droit à l'image n'a pas que des mauvais côtés (avec mes remerciements à Rémi Douine).

image MàJ. Merci à Pierre de nous mettre sur la piste d'une autre image (ci-contre, cliquer pour agrandir), qui semble une meilleure candidate que celle repérée par Cramer. Plusieurs commentaires ont dans l'intervalle contredit l'affirmation de Danziger (voir notamment chez Tom Gralish). D'après une recherche sur TinEye, cette photo, qui porte bien le crédit Associated Press, mais pas de nom d'auteur, semble avoir été diffusée surtout hors des Etats-Unis. Ces éléments correspondent aux indications fournies par Shepard Fairey (voir ci-dessous, commentaire n° 3).

Tout est possible (avec Jean-Marc Morandini)

On l’aime bien notre JMM national, depuis son arrivée fracassante sur le net avec son blog éponyme, jeanmarcmorandini.com, il continue à nous épater avec sa naïveté de candide entrepreneur du blog prêt à tout pour réussir. Toujours à la limite de la déontologie journalistique et des pratiques du fair use, il reste le meilleur testeur des limites éthiques et juridiques du web 2.0.

Dernier épisode en date: on le sait, depuis la rentrée de septembre, JMM utilise le player vidéo de Rentabiliweb (société administrée par J6M, ancienne danseuse étoile du web 1.0) pour diffuser de nombreuses vidéos «EXCLUSIVES!!», «SCOOP DE LA MORT», «VA VOIR CA OU T'ES NAZE», «MEME TA MERE L’A VUE». Avec ce player, JMM peut packager n’importe quelle vidéo dans un player qui affiche de la pub en overlay avant le click sur le bouton «play» et après le click sur le bouton «stop» ou «pause».

Lire la suite...

Best Practices for Access to Images: Recommendations for Scholarly Use and Publishing

image Version préparatoire des recommandations issues du colloque "Scholarly Publishing and the Issues of Cultural Heritage, Fair Use, reproduction fees and Copyrights", Max Planck Institute for the History of Science, Berlin, 11 janvier 2008.


Publishing practices in the sciences and the humanities are rapidly diverging. The sciences are increasingly moving toward forms of international e-publishing, leaving behind the world of traditional print publications. At present, the humanities are ill-prepared to adopt new publishing practices championed by the sciences, in spite of the potential these new practices offer for innovative scholarly work in the humanities and sciences alike.

Scholars in the humanities, especially those concerned with images, face a bewildering array of restrictions. A confusing patchwork of policies regarding access to images, image reproduction, and cultural heritage citation is hindering new research and publication in the humanities.

For a variety of reasons, many museums, libraries, and image repositories restrict access to digital image collections. For instance, curators fear fraud and false attribution if they allow open access to their image and cultural heritage repositories.

To promote creative scholarship in the humanities and to foster a deeper understanding of cultural heritage, curators and scholars must work together in new ways. Put simply, what’s needed is a policy of open access to visual sources not covered by copyright.

The following recommendations address challenges faced by researchers and curators of image repositories alike. The aim of this document is to establish a Network of Trust in the Digital Age.

Lire la suite...

La publication scientifique en ligne face aux lacunes du droit français

image Résumé. Alors qu’internet semblait pouvoir ouvrir des capacités inédites à l’édition scientifique, le durcissement législatif visant à protéger la propriété intellectuelle a compliqué l’exploitation des sources multimédia. En excluant l’application d’un usage raisonnable propre à l'exception pédagogique ou scientifique, le droit français se présente désormais comme une anomalie dans un contexte international de multiplication des ressources en ligne. Pour remédier à des conditions inadaptées, les pratiques sauvages se multiplient, symptôme de l’échec du dispositif existant.


Dès les années 1990, les acteurs les plus hardis de l’édition scientifique évoquent les nouvelles potentialités de la publication électronique comme un horizon pleins de promesses. Un des aspects les plus alléchants de l’outil numérique réside dans la capacité d’associer au texte les documents multimédia les plus variés: image fixe ou animée, enregistrement sonore ou vidéo, qui permettent de mobiliser une vaste gamme de sources.

Une quinzaine d’années plus tard, cet horizon reste encore à distance. L’acculturation des chercheurs à ces nouveaux outils représente à l’évidence une contrainte importante. Mais elle est loin d’être la seule. Pour diverses branches du savoir, le recours aux sources multimédia est déjà un usage courant – à condition d’évoluer dans des environnements fermés, de type intranet. Si l’on ne trouve pas aujourd’hui l’équivalent de ces expérimentations dans les publications en ligne, c’est que leur reproduction se heurte à un obstacle majeur: les obligations de la propriété intellectuelle.

Lire la suite...

La lecture exportable, ou la mort du copyright?

image La propriété intellectuelle ou sa version anglo-saxonne, le copyright, protègent l'auteur contre toute exploitation non autorisée de son oeuvre, et ce jusqu'à 70 ans après sa mort. Cette protection ne connaissait jusqu'à présent que deux exceptions majeures: la copie privée et le droit de citation. Selon l'article L 122-5 du Code de la propriété intellectuelle: «Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire: les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille (...); les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées.»

Avec le content embedding, ou lecture exportable, le web dynamique a ouvert une troisième brèche dans la forteresse de la propriété intellectuelle. Depuis la création de YouTube, en 2005, cette fonction est familière à tout titulaire de blog ou de compte web 2.0: pour intégrer dans sa page une vidéo issue de la plate-forme visuelle, il n'est pas nécessaire d'en recopier le contenu, puis de le retélécharger sur son propre serveur. Il suffit de copier une ligne de code, disponible sous l'intitulé "embed", puis de la coller sur son propre site. Dans un environnement adéquat, cette série d'instructions permet de restituer la visualisation de la séquence dans des conditions similaires à celles offertes par la plate-forme.

Le principe de la lecture exportable a été vulgarisé par les sites de partage de vidéos pour éviter de pénaliser les usagers par la répétition de longs téléchargements et pour augmenter la viralité des contenus, tout en esquivant les blocages du copyright. Pourtant, loin de se limiter à ce contexte, elle est utilisée par la plupart des plates-formes de partage de contenus. De nombreux usagers l'ignorent, mais faute d'un paramétrage volontaire, la mise en ligne de photographies sur Flickr procure à n'importe quel internaute la même possibilité, conforme aux règles de la communauté, d'une diffusion externe sans demande d'autorisation préalable.

Lire la suite...

70 % d'augmentation des contenus générés par les utilisateurs en 2007

Selon une étude de Research and Markets, le nombre de contenus générés par l'utilisateur (UGC) en 2007 se seraient élevés à 22,4 milliards de contenus, en augmentation de 70 % par rapport aux 13,2 milliards en 2006. (...) Le rapport précise que 831.147 vidéos ont été ajoutées à YouTube en 2007, pour un total de 1.176.23 vidéos envoyées aux principaux sites de partage de vidéos en ligne. (...) Chacun de ces 22,4 milliards de contenus sont protégés par le droit d'auteur au même titre que les contenus (beaucoup, beaucoup moins nombreux) créés par les professionnels. Dès lors, qui le droit d'auteur doit-il protéger en priorité, et sous quelles conditions? Ne faut-il pas autoriser par défaut la copie des oeuvres à titre non commercial, et ne l'interdire que si les créateurs le souhaitent et payent pour ce droit une redevance annuelle à l'image de ce qui est pratiqué sur les brevets?

Ratiatum, 18/01/2008.
Lire la suite...

French Visual Studies, or the Authorized Scholarship

image I would like to describe briefly the very unhappy situation of the visual studies in the French legal context. This could be characterized by two major points: 1) the absence of any kind of fair use, 2) the absence of quotation right for still images. In 2005, when the journal La Revue de l'Art opened its online version, it was published without its iconography, to avoid the payment of new reproduction fees (you may notice that, in the example shown on the screen, the illustrations are engravings from the 19th century, that it to say pictures in the public domain). Without fair use or quotation right, there is in fact no public domain for still images. As a picture is an existing thing conserved by a collection, if you want to publish it, you have to ask for.

That's why we can describe the common law of visual history in France as "authorized scholarship". The best way to publish his research is in a catalog of some great exhibition by the musée d'Orsay or the musée du Louvre, which hold the copyright of the works they are showing. In all other cases, the researcher may verify that the possibility of any critical evaluation is strictly linked to the quotation right. For a reader published last year, I wanted to describe the famous case of the O. J. Simpson cover doctored by the Time in 1994. That meant that the publisher had to obtain the permission of the magazine. As we can easely understand, Time was not very happy to see this old story published again, and refused to give its copyright.

Lire la suite...