Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Journée d'études "Numériser les oeuvres du domaine public, et après?"

Interassociation Archives Bibliothèques Documentation (IABD)
Jeudi 4 juin 2009, amphithéâtre Fabry Perot (Amphi A), CNAM, Accès 4, 292 rue Saint Martin, Paris 3e (métro Réaumur-Sébastopol ou Arts et métiers)

Matin: Quel statut juridique? Modératrice: Michèle Battisti (ADBS, Veille juridique)

- Contrôler les usages du domaine public numérisé, de quel droit?

  • 9.30 Une réappropriation du domaine public numérisé par la propriété intellectuelle? Stéphanie Choisy, Docteur en droit
  • 9.50 Numérisation et régime de la domanialité publique, Jean-Gabriel Sorbora, Professeur de droit public (Université du Maine)

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"Pratiques des images dans la société de l'information", 4e Ecole doctorale d'été

L’EHESS et TELECOM et Management SudParis (ex-INT) organisent en partenariat leur quatrième Ecole doctorale d’été à Porquerolles (Var), du 7 au 11 septembre 2009, sur le thème "Pratiques des images dans la société de l'information et de la connaissance". Destinée pour parts égales aux doctorants inscrits dans l'un des deux établissements, cette session de réflexion et de formation spécialisée peut accueillir éventuellement de jeunes chercheurs et des étudiants en master (si leur profil le justifie) dans la limite des places disponibles.

L'EHESS, à travers sa collaboration avec Telecom et Management SudParis, a voulu proposer chaque année, depuis 2006, à tous ses doctorants une école d'été sur "La société de l’information et de la connaissance". Cette école d'été est ouverte à dix étudiants de l'EHESS sélectionnés par un jury composé d'enseignants de l'EHESS et présidé par le responsable de la Direction de l'Informatique. Toutes les candidatures sont les bienvenues émanant des doctorants de l'Ecole sans discrimination.

Le dossier doit comporter un curriculum vitæ, une lettre de motivation, un résumé du sujet de recherche et une lettre de recommandation du directeur de recherches ou du tuteur du candidat. Il doit être adressé avant le lundi 22 juin 2009 à Francis Zimmermann.

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Un nuage dans mon Powerpoint, svp!

image Les historiens d'art de ma génération ont accueilli avec soulagement les logiciels de présentation visuelle type Powerpoint. La lecture malaisée des diapositives, les inévitables interversions ou inversions, les longues séances de reclassement, les images perdues ou abîmées, l'encliquetage du carrousel, les hoquets et cafouillages divers des projecteurs ont laissé à chacun son lot de disgrâces en direct, dont on n'aime pas réveiller le souvenir. Face à ces défauts, la facilité de sélection des images, la sureté de la projection, la possibilité de légendage ou de comparaison d'images, l'encombrement restreint offerts par les nouveaux outils ont constitué autant d'avancées bienvenues. Encore fallait-il s'assurer de la disponibilité d'un vidéoprojecteur, et que celui-ci soit d'une définition suffisante et correctement réglé - facteurs qui étaient loin d'aller de soi il y a encore trois ans dans les universités et autres lieux de culture français. Aujourd'hui, ne pas disposer de cet équipement est devenu exceptionnel.

Pourtant, un Powerpoint n'est pas forcément le meilleur support pour l'enseignement. Initialement pensé pour les présentations brèves dans un cadre entrepreneurial, le logiciel impose une linéarité intangible, bien adaptée à un discours soigneusement rôdé qu'on n'interrompt pas avant la fin. Mais il manque vite de souplesse devant des étudiants un tant soit peu réactifs, et devient d'autant moins pratique qu'on aime à susciter le dialogue. Un cours est heureusement un espace plastique, plus ouvert à l'interaction qu'une démonstration de produit. En séminaire, combien de fois revient-on en arrière ou se déplace-t-on vers l'avant pour retrouver l'image appropriée? Quand on ne sort pas carrément du diaporama, pour aller chercher sur son disque dur ou sur internet la ressource manquante. Combien de fois aurait-on aimé pouvoir raccourcir ou au contraire allonger tel développement, en ajustant en temps réel le nombre d'images? Dans chacun de ces cas, on rêve à une interface plus malléable, dont la manipulation de l'iPhone donne à peu près l'idée. Représenter sous forme de nuages les groupes d'images d'une photothèque ne devrait pas être d'une insurmontable difficulté. Un tel outil, où l'on pourrait choisir du doigt le visuel adapté, serait l'instrument idéal du conférencier du XXIe siècle. Qui mettra un nuage dans mon Powerpoint?

Sarkozy, ou la malédiction du Tourist Guy

image Ce n'est plus un président de la République, c'est Polichinelle. Je l'avais dit dès novembre (au moment où le JDD saluait encore "le maître de monde"), l'arrivée d'Obama ôte à peu près tout espace à Nicolas Sarkozy sur la scène internationale. Ce qui le met évidemment dans tous ses états. Avant-hier, le voilà obligé de menacer de claquer la porte du G20 pour qu'on s'aperçoive de sa présence. Aujourd'hui, à Strasbourg, il faisait pitié à force de vouloir être sur la photo – rappelant la blague du type à côté du pape. Plus difficile à dire qu'à faire. Même les journalistes ne marchent plus dans la combine. Et à côté d'Obama, peine perdue, ses sourires sont autant de grimaces.

Notre président fait tout à l'envers. Comme une lavandière, il croit que ce qui compte, c'est d'être à la une. Mais pour un personnage politique, figurer en couverture résulte de l'action qu'on mène ou de l'image dont on dispose. Quand plus personne ne vous fait crédit, apparaître sur la photo suscite plutôt la gêne ou le sarcasme. Désormais, le destin médiatique de Nicolas Sarkozy sera celui du Tourist Guy. Comme ce faux touriste associé à l'image du 11 septembre, un personnage dont l'image est plaquée sur l'événement, en dépit de toute incidence réelle sur son déroulement.

La crise ne me fait pas rire

Ces derniers temps, j'ai été sollicité par divers journalistes pour "réagir" sur «l'humour face à la crise sur internet» (Le Figaro Magazine, RFI) ou encore «le divertissement en temps de crise» (TF1, Europe 1). Pour ce dernier thème, on peut retracer précisément son origine: il s'agit d'une interview d'Emmanuel Ethis par Lena Lutaud dans Le Figaro du 2 mars ("Le cinéma dopé par la crise"). Christian Delage ne me parle plus depuis que j'ai tenté de lui refiler le bébé.

Sur un sujet qui n'en est pas un (vous connaissez beaucoup de gens que la crise fait se gondoler?), le recours à l'universitaire est un réflexe qui trahit la besace vide. Mais la répétition de cette question indique aussi que, dans certaines rédactions, il existe une pression pour dessiner des moustaches sur le visage d'une actualité désespérément grisâtre. Il me paraît donc pratique d'envisager ici une réponse groupée: non, la crise ne me fait pas rire, et j'ai beau chercher sur internet, j'ai du mal à trouver le clip qui buzze d'enfer et fait se taper sur les cuisses à propos de la montée du chômage, de l'angoisse et de la pauvreté.

Pour un journaliste de passage, il me semble que le vrai sujet serait plutôt: quels sont les organes où l'on pense que la crise, mieux vaut en rire? Qu'est-ce qui suggère que cette réaction caractérise une certaine sensibilité politique? S'agit-t-il d'une indication venue d'en haut, ou bien les professionnels ont-ils d'eux-mêmes le réflexe de recourir aux chatouilles? Quelles conclusions peut-on en tirer sur l'état réel du journalisme? D'accord, c'est un peu moins rigolo, mais je suis certain que, même à Slate.fr, un angle pareil, c'est le buzz assuré.

Christine Albanel lutte pour l'emploi

On sait Christine Albanel très impliquée dans la lutte contre le piratage, au point que certains se posent la question de son indépendance. On a beau être habitué à tout, sa dernière proposition, limiter les points Wifi publics à une liste blanche de sites autorisés arrive à nous surprendre.

Il y aurait plus de 150.000.000 de sites internet dans le monde selon les évaluations les plus fiables. En tout cas, il y en a beaucoup, ce dont la ministre de la Culture se doit d’être consciente.

Petit problème: sachant qu’il faut environ deux minutes à un être normalement constitué pour comprendre si un site permet ou non le téléchargement (et, pendant qu’on y est, contient ou non des images pédophiles, révèle ou non la manière de fabriquer une bombe nucléaire dans sa cuisine ou bien, plus grave encore, se montre désagréable ou non avec Frédéric Lefèbvre), prenant en compte le temps nécessaire pour trouver les sites internet à évaluer (il n’existe pas d’annuaire exhaustif de l’internet, mais c’est probablement le prochain chantier du ministère de la Culture); combien faut-il de temps pour constituer cette «liste blanche», en prenant des semaines de travail de 35 heures (on ne compliquera pas avec des heures supplémentaires) et cinq semaines de congés payés?

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Peinture interdite

L'autre semaine, petit séjour à Londres en famille. Au programme: British Museum, Science Museum, National Gallery... Tous gratuits, vive le libéralisme anglo-saxon! Bémol: si la photo est autorisée dans les musées de science ou d'archéologie, elle est rigoureusement proscrite à la galerie nationale de peinture. Raisonnement probable du musée: la quasi totalité des oeuvres exposées étant tombée dans le domaine public, la photographie familiale serait susceptible de produire une concurrence déloyale à la vente de cartes postales, catalogues et autres diaporamas stéréoscopiques.

On est affligé qu'une si grande générosité soit entachée par un si petit calcul. Car en vertu de l'interdit, le seul endroit qui ne figure pas dans mon album londonien, le seul moment à jamais exclu de l'histoire visuelle familiale est la National Gallery.

Certes, dira-t-on, l'histoire de l'art fait de la mémoire son appui et son guide. On peut s'en contenter. Mais il ne faudra pas venir pleurer en constatant que l'empreinte des beaux-arts n'est plus aussi présente qu'autrefois et que la culture des humanités, aux yeux de nos mômes, a du mal a soutenir la comparaison avec celle des sciences et techniques, si ouverte et si captivante.

On ne remplace pas les photos qu'on n'a pas faites en collant des cartes postales dans l'album. Il me navre de n'avoir pu photographier mes fils en grande conversation devant un tableau de Salvator Rosa. Car cet événement n'appartient pas au musée, mais à mon histoire familiale.

Les photos sont la trace de l'appropriation des lieux et des choses qui fonde l'expérience du tourisme. Et leur éditorialisation n'est rien d'autre que la construction d'une histoire. Ainsi, ce ne sont pas juste quelques images qui manquent dans l'album. Comme la trace manquante d'un site militaire sur une photographie aérienne, l'absence de ces photos est la marque indélébile d'une privation d'histoire. C'est un acte violent, pour des raisons misérables.

Responsables des musées de peinture, oubliez vos tracas comptables. Le tort que vous faites en interdisant la photo est bien plus grand que ce que vous croyez. Laissez la photo entrer dans vos musées. Elle ne vous volera pas vos tableaux. Elle les fera exister au sein de l'histoire des familles, où ils seront à égalité avec tous nos souvenirs.

La mobilisation universitaire face aux TIC

image Un article récent du Monde.fr propose un angle original pour traiter de la mobilisation universitaire: l'évoquer à partir des réactions de blogueurs ("Face à Valérie Pécresse, les universitaires-blogueurs fourbissent leurs arguments", 02/02/2009). Les informations n'ont pas été trop difficiles à réunir: la quasi-totalité du matériel cité provient de l'excellente synthèse aimablement fournie par Olivier Ertzscheid sur Affordance.info (ce qui n'empêche pas le journaliste d'écorcher le nom de sa principale source).

Quoique trendy, ce choix de traitement montre vite ses limites. Les références cliquables renvoient bien à des pages web. Mais si on fait le tri, entre une tribune rédigée à la demande de Rue89, un renvoi au site de l'association militante Sauvons la recherche ou l'article de Pierre-Philippe Combes et Laurent Linnemer publié par la plateforme Telos, en matière d'universitaires-blogueurs, l'article n'a véritablement qu'Olivier et moi à se mettre sous la dent...

Nul moins que moi ne trouverait à redire à se voir coiffer par le Monde des lauriers de la renommée. Mais la vérité oblige à relever qu'en ce début de mouvement, les traces de la mobilisation en ligne ne sont pas si nombreuses. D'une part, parce que les sites universitaires officiels, comme celui de l'EHESS, gardent évidemment un silence prudent sur les assemblées générales, grèves et autres bousculades qui malmènent en ce moment l'Alma Mater. Et que les blogs de chercheurs ne sont encore qu'un petit bouquet de pâquerettes dans la plaine verdoyante du web francophone. Il y a bien sûr les organes des associations militantes – SLR, SLU ou encore le récent site de la Coordination nationale, créé par Jérôme Valluy. Mais pour qui participe au mouvement, le constat reste le même qu'en 2006. Malgré l'effet d'intensification et d'urgence qu'entraîne une mobilisation citoyenne, les universitaires n'usent que très modérément des derniers outils interactifs à la mode.

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Comment citer les publications en ligne

image Les étudiants mentionnent désormais couramment les sources ou les études accessibles en ligne dans leurs travaux, dissertations ou mémoires. Je suis cependant frappé par la grande disparité de ces citations – qui peuvent aller, dans leur version la plus sommaire, du simple copier-coller de l'url jusqu'à des accumulations d'informations redondantes qui traduisent plus l'angoisse qu'une véritable maîtrise de ces ressources. Doit-on y voir la lenteur de l'adaptation des cours de méthodologie au nouvel environnement numérique? Une chose est sûre: l'absence d'uniformité de ces mentions trahit une grande incertitude sur la nature des contenus en ligne. Pour tenter d'y remédier, on peut formuler deux principes simples.

Une ressource en ligne est une publication. Le droit assimile tout contenu diffusé sur le web à une publication et le soumet aux mêmes règles que celles qui régissent la presse et l'édition. Il n'y a donc aucune raison de le traiter différemment d'un texte sur papier. Dans le cas d'une publication classique, l'élaboration d'une référence passe par l'identification de son auteur, du titre et du caractère de la publication (livre ou article), de sa date de publication et le cas échéant des numéros de page concernés. On appliquera donc les mêmes principes à la citation d'une ressource en ligne, quitte à recourir aux solutions traditionnelles pour pallier l'absence de tel ou tel élément ("anon." = auteur non identifié, "s.d." = sans date spécifiée, etc.).

La webographie fait partie de la bibliographie. On a pu voir il y a quelques années des listes séparant la bibliographie sur papier des ressources web. La mixité des sources et l'existence de ressources scientifiques en ligne rend cette méthode caduque. Aujourd'hui, une bibliographie complète comprend nécessairement la mention d'articles ou d'outils documentaires sur internet, qui voisinent avec des éditions classiques. Il convient donc d'homogénéiser autant que possible les différents types de références, de façon à en permettre la cohabitation.

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Obama: l'album Flickr de sa nuit electorale

image Ce sont 82 clichés pris sur le vif, pendant la nuit électorale. L'originalité c'est que l'équipe de Barack Obama a utilisé Flickr pour publier ces photos. Flickr est un site de partages de photos utilisé par des milliers d'internautes. A une autre époque, ces photos officielles se seraient retrouvées dans un magazine comme Life (ou Paris Match en France).

Par Eric Mainville, Crise dans les médias, 07/11/2008.
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La science des quotas

image Avec Valérie Pecresse arrive la science mise en quotas. Installée dans ses murs en mars 2007, l'agence pour l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) a commencé ses travaux. Son site web montre de beaux locaux refaits à neuf dans un hôtel parisien chic. D'une main, le gouvernement fait miroiter des promesses de primes, de l'autre, il fait pleuvoir formulaires et demandes de rapport sur les chercheurs et les institutions. L'un des principaux instruments de cette politique du chiffre est un classement des revues scientifiques, à partir duquel on pourra étalonner chercheurs et laboratoires. Las, la publication prématurée d'une première liste au mois d'août a suscité la fronde des savants. Alors que le rôle des évaluateurs suppose une rigueur au-dessus de tout soupçon, les incohérences et les absences de cette nomenclature ont réveillé toutes les inquiétudes et constitué une bien piètre entrée en matière. Les articles et les protestations se multiplient, et une pétition demande le «retrait complet et définitif de la "liste des revues" de l’AERES».

Bref, on est ici dans du Sarkozy pur jus. De l'affichage et des moulinets de bras par devant, des outils inconsistants et beaucoup d'arrières-pensées par derrière. Le président de la République, on le sait, a la foi du charbonnier pour les indicateurs chiffrés. Mais il est plus facile de mettre en courbes des officiers de police que des experts de la mesure. Premiers utilisateurs des instruments statistiques, les savants sont bien placés pour savoir que ces images, plutôt que de traduire fidèlement la réalité, servent à choisir comment on veut la montrer.

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Que faisons-nous des images? (notes)

image (Notes pour L'Atelier des médias) NB. Inversion de la question traditionnelle de l'histoire de l'art: "Que nous font les images?" Sociologie des usages, marketing et nouvelles pratiques sont passés par là.

- Une dynamique de l'invention. Vs la valeur de l'image rare, facilité sans précédent et dévaluation de la production des images (camphone) favorisent les pratiques de jeu avec l'image. Facebook: l'image conversationnelle. Appropriation et apprentissage. Une situation propice à l'invention. De façon plus générale, les pratiques de l'image se caractérisent actuellement par une dynamique de l'invention: aucun usage stabilisé, ruine des normes, bouillonnement des micro-usages.

- Une nouvelle culture de l'image. Scepticisme croissant face aux images d'enregistrement, diffusion des pratiques de retouche, remise en question de l'illusion d'objectivité - une bonne chose. Silence de la théorie, médusée. Une critique par l'usage. Tout passe par les pratiques, nouvelles sources de savoir.

- Un rééquilibrage de la représentation. Dans les fonctions représentationnelles de l'image, on assiste à un rééquilibrage: auto-production de leur image par les groupes relégués - une image des pauvres (banlieues, tiers-monde, jeunes, etc.). Favorisé par l'accès à la diffusion (web, plates-formes, streaming). Problème de visibilité? Quand on observe les pratiques historiques d'auto-production (photo amateur), on doit reconnaître que l'accès à ces corpus est sans précédent. Rôle des chercheurs dans la description de ces nouveaux contenus. Parallèlement, crise de l'autorité pour les anciens dépositaires des pouvoirs de la représentation.

- Image ubiquitaire, image jetable. L'image est partout – où est l'image? Le modèle du flux (blogs, Facebook) promeut un univers de contenus jetables, à consommation immédiate, sans pérennité. Circulation problématique entre micro et macro. Filtrage par le buzz, l'indexation et la popularité. Mais les instances médiatiques ne sont plus seules à définir la valeur des contenus. Un nouvel équilibre encore à inventer.

Moving ethics

"Mobile Communication and the Ethics of Social Networking" (25-27 septembre 2008). My first international congress: Hungary. Having the chance to go to Budapest was almost a trip back to my family roots. With Hungarians grandparents I had grown up hearing them chatting or talking on the phone with my father ;) in this strange language. So far but so familiar tones, so familiar tastes, so familiar food…

L’Atelier du Lhivic, 16/10/2008.
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Séminaire "Politiques et technologies de l'amateur"

Séminaire organisé par l'Institut de recherche et d'innovation (IRI)/Centre Pompidou, sous la direction de Laurence Allard (université Lille 3/IRI).

Ce séminaire de recherche souhaite reprendre à nouveaux frais la réflexion sur la figure de l'amateur sur le terrain des pratiques culturelles, scientifiques ou politiques s'expérimentant sur Internet ou avec le mobile (impensable l'un sans l'autre désormais).

Il y a de fait une actualité de l'amateur à l'heure du dit web 2.0, ce web des usagers qui se nourrit des user generated content. De nombreux débats sur le «culte de l'amateur» (Andrew Keen) alimentent les billets de blogs et leurs commentaires. D'étranges néologismes ont été conçus pour typifier «ceux qui font le web»: Prosumer (Alvin Toffler), ProAm (Charles Leadbeater et Paul Miller), ou encore Produser (Axel Bruns). Ces figures hybrides visent manifestement à subsumer la frontière entre d'un côté, les amateurs (les usagers d'Internet?) et de l'autre les professionnels d'Internet (mais qui sont-ils au fait?)

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La caverne de Platon

image D'un coup, les images en ligne ont paru bien petites. Le 1er juin 2008, Alan Taylor, développeur web au Boston Globe, lançait The Big Picture, un site entièrement dédié au photoreportage. Avec une idée simple: les photos allaient être grandes, beaucoup plus grandes que de coutume. 990 pixels de large, un peu moins que le format d'un écran 15". Le succès fut immédiat. Aussi surprenant qu'il puisse paraître, The Big Picture aura été le premier – et reste jusqu'à présent le seul – organe en ligne à publier d'emblée ses images en aussi grand format.

L'expérience est révélatrice. Alors que l'essor de la photo numérique est intimement lié aux possibilités offertes par la transmission et la diffusion électronique, on constate que l'image, dans cet univers ubiquitaire, n'a jamais existé que de façon dégradée. Sur le plan technique, puisque c'est la définition du format de compression JPEG, en 1994, qui donnera le coup d'envoi d'une large circulation des images fixes dans les tuyaux informatiques. Mais aussi sur le plan des pratiques. Puisque rien ne peut empêcher la recopie d'une photo une fois mise en ligne, pour éviter le vol d'images, l'habitude a été prise de n'y faire circuler que des citations. Des vignettes de petit format, rendues au mieux cliquables pour donner accès à une image de plus grande taille. Un format moyen s'est rapidement imposé: 500 pixels de côté (le format de consultation standard sur Flickr) a paru un compromis acceptable par le plus grand nombre, qui permettait de rendre une photo visible sans en livrer les clés.

Ne pas risquer de gêner l'usager par des fichiers trop volumineux; limiter le risque du vol des photos: les deux impératifs conjugués qui ont jusqu'à présent guidé la mise en ligne des images ont construit une sorte de nouvelle caverne de Platon, où les vraies images sont les idées dont le web ne montre que les ombres. La situation est similaire en vidéo où le confort de transmission a imposé des formats très dégradés par la compression.

2008 restera l'année marquant une première évolution de ce schéma. Quoiqu'entravés par un débit encore insuffisant, la généralisation des fenêtres de visualisation plein écran, l'introduction de formats haute définition sur les plates-formes de partage de vidéo ou le succès de The Big Picture sont autant de signes suggérant la marge de progression du web visuel. On n'a encore rien vu.

(Billet initialement publié sur Le Bruit des images.)