Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Ouverture de la version de préfiguration de "Culture Visuelle"

image En préparation depuis la rentrée, le projet Culture Visuelle ouvre aujourd’hui sa version de préfiguration.

Constituée par une plate-forme multiblogs fonctionnant sur un mode communautaire, Culture Visuelle est un projet de publication destiné à favoriser l’édition multimédia dans le cadre de l’enseignement et de la recherche. Il s’agit d’un format inédit dans le monde de l’édition universitaire, qui propose une adaptation au contexte pédagogique et scientifique des innovations et des principes du web 2.0.

Alors qu’une revue classique effectue une sélection a priori des contenus qu’elle publie, Culture Visuelle fonctionnera sur le principe d’un agrégateur. Chaque auteur sera libre de publier tout contenu sans contrôle préalable, le tri s’effectuant a posteriori par la mise en valeur des articles par l’équipe éditoriale et la communauté. Cette disposition permet la plus grande réactivité en matière scientifique et constitue un puissant ressort pédagogique.

Sur le modèle des agrégateurs, la plate-forme n’exercera aucune prérogative en matière de copyright, conservant à chaque auteur la responsabilité et la jouissance de sa propriété intellectuelle sur les contenus publiés. Autrement dit, Culture Visuelle ne se prévaut d’aucune exclusivité à l’égard des contenus qu’elle héberge: un article publié sur la plate-forme peut être repris sur un autre support sans formalité. Cette disposition permet l’agrégation du dernier état de la recherche grâce à l’usage du « préprint » (prépublication des articles soumis à comité de lecture). Elle peut également s’appliquer rétroactivement aux contenus dont les auteurs conservent la propriété intellectuelle, et autorise notamment le partage d’articles anciens dans une section « bibliothèque ».

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Peut-on aimer internet sous la contrainte?

Devinette. Qui a écrit les billets récents: "Civilité" et "La liberté et Internet"? Il faut se pincer pour les attribuer à leurs véritables signataires, respectivement Denis Olivennes (auteur de: La gratuité, c'est le vol) et Jean-François Copé (auteur de: Promis, j'arrête la langue de bois). Dans les deux cas, il s'agit d'un bel exercice de rétropédalage, après leurs récentes proclamations anti-web, dont l'argumentaire est si simpliste (il y a un bon et un mauvais internet) qu'on a envie de demander à ces brillants esprits pourquoi ils ne s'en sont pas avisés plus tôt.

L'intérêt de ces harangues un peu trop apprêtées pour être honnêtes (la langue qu'emploient ces auteurs quand «la parole est libre» est un peu plus verte) est de témoigner d'une inquiétude nouvelle. On comprend que nos polémistes ont souffert quelques répliques hostiles. Mais de la part de personnages d'habitude aussi arrogants et sûrs de leur fait, de telles chicanes ne suffisent pas à expliquer un revirement si brutal. Tout comme Ségolène Royal avouant dans un souffle la découverte de la puissance du "lobby internet", il semble que ces responsables aient pris brusquement conscience de l'évolution récente de la perception de l'univers en ligne, que je caractérisais par la formule: "le web fait désormais partie de la vraie vie". Plutôt que les injures de quelques commentateurs énervés, il est plus probable que les facteurs de ce changement de pied soient la remarque navrée d'un proche, ou le soupir désolé d'un fils. Malgré leur caractère contraint, ces dissertations sont donc bien la confirmation d'un nouvel équilibre des forces, que même les plus retardataires ne peuvent plus se permettre d'ignorer. Mais on aurait tort de se réjouir de cette apparente victoire. Le ton belliqueux et la promesse de mettre de l'ordre font voir au contraire que les puissants n'ont pas changé d'idée. "Civiliser" internet (entendons: le mettre au diapason de la douce harmonie médiatique) reste l'objectif intangible qu'ils n'auront de cesse d'imposer.

Brice, Ségolène et le point Godwin

Influence du dernier Tarantino? Hortefeux et Ségolène se sont croisés la même semaine sur une parodie de La Chute. On se souvient que le premier s'était soulagé d'une vanne 100% pur porc, enregistrée par les caméras de Public Sénat. La seconde a étrenné la nouvelle version de Désirs d'avenir – réalisation sur laquelle Benoît Thieulin a refusé de se prononcer (impossible, de toute façon, vu ses crampes abdominales et zygomatiques). Comme de juste, ces deux dérapages ont trouvé leur punition sur le web, à travers moult réactions, détournements et remix, dont deux versions faussement sous-titrées de la même scène du film de Oliver Hirschbiegel ("La chute d'hortefeux" 13/09; "Royal Führer", 15/09; voir également sur Internet & Opinion(s)).

Côté Hortefeux, on a assisté à un creuser de piscine assez extraordinaire. Voir ministres et syndicats policiers entonner comme un seul homme l'air du "WTF" (en français: quoi, quesskya, si on peut plus déconner), avec une décontraction toute lepéniste, faisait encore plus froid dans le dos que la saillie initiale. Ce n'était là qu'amuseries, et l'on a vite atteint un degré d'hystérie rare avec la diversion anti-web, inaugurée par l'inévitable Jean-François Copé. Jadis victime de l'effet Dailymotion, c'est Alain Duhamel qui a fermé le ban de ce grand défoulement dans Libération, en nous assurant du «despotisme de la transparence».

Sous le gouvernement le plus à droite de la Ve République, avec des contre-pouvoirs réduits comme peau de chagrin, un parlement au pas cadencé, une opposition évaporée, un syndicalisme en phase terminale, des médias aux ordres, le despotisme, c'est internet. La fin de la démocratie, c'est le web. Le danger totalitaire, c'est la vidéo amateur. On connait la loi de Godwin, selon laquelle, plus une discussion en ligne s'allonge, plus on a de chance de voir surgir la comparaison avec le nazisme ou la reductio ad hitlerum. Je propose de la compléter par la loi de Duhamel, qui veut que plus le sujet de la controverse est grave, plus grandes sont les chances d'en incriminer le web.

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Soutenances de master au Lhivic

Soutenances publiques de master, le samedi 27 juin 2009, en salle Walter Benjamin, INHA, galerie Colbert, 2 rue Vivienne/6, rue des Petits Champs, 75002 Paris.

  • 10h - Marc Lenot, "Invention et retrait de l'artiste. L’exemple du photographe tchèque Miroslav Tichý", sous la direction d'André Gunthert, rapporteurs: Clément Chéroux (Centre Pompidou), Michel Poivert (université Paris 1).
  • 11h30 - Amélie Segonds, "Indexation visuelle et recherche d’images sur le Web. Enjeux et problèmes", sous la direction d'André Gunthert, rapporteur: Paul-Louis Roubert (université Paris 8).

Nota bene: Ces travaux seront mis en ligne sur le site du Lhivic après la soutenance.

Hadopi: "un dispositif pédagogique"

Communiqué du ministère de la culture et de la communication: "Réaction de Christine Albanel à la décision du Conseil constitutionnel, mercredi 10 juin 2009".

«Christine Albanel se félicite que le principe d’un dispositif pédagogique de prévention du piratage ait été validé par le Conseil constitutionnel. Il s’agit d’une avancée capitale dans la lutte qu’elle entend continuer à mener contre le pillage des droits des créateurs et en faveur d’un Internet civilisé.

La ministre regrette de ne pouvoir, comme le Gouvernement et le Parlement l’avaient souhaité, aller jusqu’au bout de la logique de «dépénalisation» du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes – y compris le prononcé de la sanction – du processus. Elle prend acte sur ce point du choix du Conseil constitutionnel et proposera au Président de la République et au Premier ministre de compléter rapidement la loi Création et Internet pour confier au juge le dernier stade de la «réponse graduée». Parallèlement la mise en place de la Haute Autorité instituée par la loi, exclusivement chargée du volet préventif de la lutte contre le piratage, se fera selon le calendrier prévu et les premiers messages d’avertissement seront adressés dès l’automne aux abonnés à Internet.

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"Pratiques des images dans la société de l'information", 4e Ecole doctorale d'été

L’EHESS et TELECOM et Management SudParis (ex-INT) organisent en partenariat leur quatrième Ecole doctorale d’été à Porquerolles (Var), du 7 au 11 septembre 2009, sur le thème "Pratiques des images dans la société de l'information et de la connaissance". Destinée pour parts égales aux doctorants inscrits dans l'un des deux établissements, cette session de réflexion et de formation spécialisée peut accueillir éventuellement de jeunes chercheurs et des étudiants en master (si leur profil le justifie) dans la limite des places disponibles.

L'EHESS, à travers sa collaboration avec Telecom et Management SudParis, a voulu proposer chaque année, depuis 2006, à tous ses doctorants une école d'été sur "La société de l’information et de la connaissance". Cette école d'été est ouverte à dix étudiants de l'EHESS sélectionnés par un jury composé d'enseignants de l'EHESS et présidé par le responsable de la Direction de l'Informatique. Toutes les candidatures sont les bienvenues émanant des doctorants de l'Ecole sans discrimination.

Le dossier doit comporter un curriculum vitæ, une lettre de motivation, un résumé du sujet de recherche et une lettre de recommandation du directeur de recherches ou du tuteur du candidat. Il doit être adressé avant le lundi 22 juin 2009 à Francis Zimmermann.

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Vie et mort du buzz

Après le tsunami "Susan Boyle", le clip dénudé de Make The Girl Dance a relancé la question du buzz. Que désigne-t-il exactement? Est-il ou non spécifique à internet? Peut-on parler de vrai ou de faux buzz? Que signifie le recours à ce terme dans les médias?

Si l'on s'en tient à l'étymologie, façon Wikipedia, la question est vite réglée: issu du monde du marketing, le mot "buzz" (bourdonnement) désigne la propagation rapide d'un signalement par des moyens non institutionnels - typiquement: le bouche à oreille. Selon cette origine, le buzz est donc forcément plurimédia et ne concerne pas exclusivement internet, qui n'est qu'un canal de diffusion parmi d'autres.

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Le numérique au service de la recherche et de l’enseignement à l’EHESS

Une journée d’information proposée par le Cléo/Revues.org et la Direction informatique de l’EHESS, le mardi 26 mai 2009.

À la rentrée 2009, l'EHESS proposera un Environnement numérique de travail (ENT) permettant à l’ensemble des personnels et étudiants de disposer d’outils performants pour mieux communiquer, s’informer, se documenter et travailler en collaboration. De son côté, le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo) s’est engagé depuis plusieurs mois dans une diversification éditoriale le conduisant à proposer une plateforme d’édition électronique complète constituée d’espace de publication de collections de livres et de carnets de recherche, autant que de revues et d’annonces d’événements scientifiques.

La DISC et le Cléo s’associent pour présenter cette double actualité concernant des services et outils très complémentaires. La journée se déroulera en deux parties. La matinée articulera une présentation de ces outils à une réflexion sur l’instrumentation numérique du travail de recherche en sciences humaines et sociales. Elle se déroulera dans l’amphithéâtre. L’entrée est libre, mais l’inscription obligatoire. L’après-midi, des ateliers seront organisés en salle informatique pour ceux qui le souhaitent, où des démonstrations et exercices de manipulation seront organisés, aussi bien sur les outils proposés par la DISC au sein de l’ENT, que ceux proposés par le Cléo, en particulier sur sa nouvelle plateforme de carnets de recherche (Hypothèses). L’inscription aux ateliers est obligatoire et limitée à 18 places.

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Grand Débat: "La médiatisation du mouvement universitaire"

CNU 22 janvier 2009 Dans le cadre des Grands Débats de l'EHESS.

Jeudi 14 mai, 14h-18h, auditorium de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), galerie Colbert, 2 rue Vivienne/6, rue des Petits Champs, 75002 Paris (métro: Bourse).

Débat animé par Pascale Dubus (université Paris 1) et André Gunthert (EHESS). Avec la participation de Luc Cédelle (Le Monde), Ixchel Delaporte (L'Humanité), Olivier Ertzscheid (Universités en lutte), Sylvestre Huet (Libération), Cyril Lemieux (EHESS), Jade Lindgaard (Médiapart), Sophie Pène (université Paris 5), Valérie Robert (université Paris 3/SLU).

Depuis janvier 2009, l'université française est secouée par la plus grave crise qu’elle ait traversée depuis des décennies. Peut-on estimer que le grand public a été correctement informé de l'ampleur et des motifs du conflit? Une grande partie des médias a été critiquée pour son traitement superficiel de l'événement, au point de susciter des comportements inédits, comme un mouvement de boycott à l'encontre du journal Le Monde. Le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, a de son côté connu une audience très supérieure au quotidien qui l'héberge. Comment analyser la réserve de la presse? Peut-on y remédier? Il convient également de tirer le bilan de l'usage des médias alternatifs. A l'ère des blogs et des réseaux sociaux, le mouvement universitaire fournit un cas concret pour observer les pratiques effectives et mesurer le pouvoir d'influence des outils en ligne. Un débat entre acteurs du mouvement, journalistes et spécialistes du web 2.0 pour tirer les leçons de la crise (entrée libre).

MàJ: album.

Lire aussi sur ce blog:

A la recherche du modèle économique: et la pub?

image Une fois n'est pas coutume, je restitue un élément de la conversation de l'autre soir, au café des Arts et Métiers. Johan H*** raconte une rencontre récente de spécialistes des médias. Les journalistes, dit-il, étaient tous flippés - mais les plus flippés, c'étaient les publicitaires. Le problème n° 1 des médias en ligne, chacun le sait, est l'absence de ressources suffisantes pour soutenir des projets ambitieux. Mais plutôt que de pointer du doigt les rédactions, mes voisins de table tombent d'accord pour situer le fond du problème du côté des agences de pub, incapables de créer une communication innovante, adaptée aux nouveaux médias. Seul Google a su inventer un nouveau modèle. Pourquoi pas les autres, demandé-je? Trop d'argent: corruption, rigidités, incapacité de se renouveler. Je biche: moi qui ne suis pas un chaud partisan du modèle libéral, voilà une profession qui, quoique caressée dans le sens du poil par la main invisible, a l'air encore plus malade que l'université fonctionnarisée. Mais j'ai surtout l'impression d'avoir saisi un élément important de l'équation, que je n'avais pas encore aperçu. Merci les gars. Et merci de corriger ou de compléter ce dessin schématique, à propos duquel je n'ai pas encore lu grand chose sur la toile.

Vieux, décrépis, grippe-sous, les médias français ne méritent pas l’internet

L’omerta est la règle suivie par tous les médias français d’avant la révolution du réseau, avec toujours comme ultime justification la survie des formats anciens, seuls capables d’être réellement rémunérateurs, au détriment de tout ce qui a fait que l’internet est une respiration, mieux un nouvel ordre. Aujourd’hui, la situation est incroyablement dangereuse sur la toile française. La survie est devenue la règle pour les médias "Pure Players" francophones. Quelques exemples: Deezer, Dailymotion sont étranglés par les revendications des ayants droit, d’un côté, et un sous financement de l’autre. Leur existence même est engagée. Sur le front de l’information, Bakchich, Rue89, etc., voient leurs revenus publicitaires largement menacés par les effets de la crise. Sans parler des radios en ligne, qui lèvent des fonds dans une unique perspective: décrocher une hypothétique licence de radio numérique terrestre.

Par Emmanuel Torregano, Electron libre, 24/04/2009 (via Jean-Baptiste Soufron/FB).
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Hadopi: surveiller et punir internet

Nicolas Sarkozy est le partisan résolu d’une gouvernance moderne, basée sur un dialogue avec l’opinion publique à travers les médias et les corps constitués. Son usage de l’outil législatif manifeste cette option. Plutôt qu’à établir les règles du jeu social, les lois soumises au Parlement servent à adresser des messages ou à afficher une politique.

C’est bien sous cet angle qu’il convient d’examiner la loi "Création et Internet", ou Hadopi, du nom de la nouvelle administration qu’elle institue. Son but avoué est de limiter l’échange de fichiers audiovisuels en ligne, défini comme "piratage", par la suspension de l’abonnement pour les comptes recourant aux plates-formes de partage, ou peer to peer, pour télécharger et diffuser des contenus protégés par le droit d’auteur.

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Christine Albanel lutte pour l'emploi

On sait Christine Albanel très impliquée dans la lutte contre le piratage, au point que certains se posent la question de son indépendance. On a beau être habitué à tout, sa dernière proposition, limiter les points Wifi publics à une liste blanche de sites autorisés arrive à nous surprendre.

Il y aurait plus de 150.000.000 de sites internet dans le monde selon les évaluations les plus fiables. En tout cas, il y en a beaucoup, ce dont la ministre de la Culture se doit d’être consciente.

Petit problème: sachant qu’il faut environ deux minutes à un être normalement constitué pour comprendre si un site permet ou non le téléchargement (et, pendant qu’on y est, contient ou non des images pédophiles, révèle ou non la manière de fabriquer une bombe nucléaire dans sa cuisine ou bien, plus grave encore, se montre désagréable ou non avec Frédéric Lefèbvre), prenant en compte le temps nécessaire pour trouver les sites internet à évaluer (il n’existe pas d’annuaire exhaustif de l’internet, mais c’est probablement le prochain chantier du ministère de la Culture); combien faut-il de temps pour constituer cette «liste blanche», en prenant des semaines de travail de 35 heures (on ne compliquera pas avec des heures supplémentaires) et cinq semaines de congés payés?

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L'exposition en ligne: exhibition ou iconoclasme?

image Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France, disait le bon Sully. Quatre cents ans plus tard, si l'on s'enquiert de savoir quels sont les appas d'internet, on n'entendra qu'un cri: narcissisme et exhibition. L'amour de soi et le désir de se montrer. C'est curieux comme chaque fois que je tombe sur cette paire, je pense à Baudelaire: celui du "public moderne et la photographie", où le poète dénie à la populace tout droit à se voir représenter à sa ressemblance[1]. Le portrait, oui da, pour les princes ou les héros – mais pour les «drôles et les drôlesses», fi donc, quelle faute de goût!

Sournois mélange de racisme de classe et de souvenirs du catéchisme (qui enseigne que la modestie est la qualité qui sied aux âmes simples), l'a-priori qui gouverne l'accusation d'exhibitionnisme est qu'il n'y a aucune raison de s'intéresser au sort des humbles, qui feraient mieux de rester à leur place. Les mêmes psychologues improvisés ne songeraient pas à chercher des poux dans la tête à Michel Houellebecq ou Bernard-Henri Levy, lorsque ces auteurs se livrent en public à un tendre numéro d'effeuillage en duo. — Ah mais! Ils sont célèbres, c'est donc bien normal de s'intéresser à eux, comme à Loana ou à Carla. Les people sont riches et beaux, ils ont le droit d'étaler leurs abdos en première page des journaux. Quel présentateur télévisé, quel intellectuel radiophonique irait reprocher à ces gens-là de s'aimer outre mesure ou de désirer se montrer?

Comme autrefois la photographie, internet est le média des petits et des sans-grade, qui permet à ceux qui n'y ont pas droit d'accéder à une notoriété par définition usurpée. La cause est entendue – et la démonstration d'une parfaite circularité. Les délaissés des lieux d'exposition légitimes voudraient-ils attirer l'attention sur eux? C'est donc qu'ils pêchent par orgueil ou sont atteints de névrose obsessionnelle.

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Arrêt sur images: un site fermé très ouvert

Est-il possible de suivre Arrêt sur images sans être abonné au site? Telle était l'expérience que je proposais à l'issue d'un récent billet: "Faut-il se réabonner à Arrêt sur images?". L'actualité vient de me permettre de vérifier cette hypothèse.

Informé par la lecture de la page d'accueil du site de l'émission consacrée à Pierre Péan, j'apprends par une brève en forme de teasing que l'auteur du Monde selon K a quitté le plateau d'@si en cours d'émisssion, écoeuré par les accusations d'antisémitisme de l'animateur.

Je découvre ensuite, par le biais d'un rétrolien vers ARHV, le forum (accessible sans abonnement) où un torrent de messages indignés accueille l'exégèse schneidermanienne du terme "cosmopolite" et autres gracieusetés qui reprennent fidèlement la ligne de défense de Kouchner à l'Assemblée nationale.

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