Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

La photo numérique à Place de la toile

image Sous le titre Si la photo (numérique) est bonne..., l'émission "Place de la Toile", pilotée par Caroline Broué et Thomas Baumgartner, consacrera son édition du vendredi 11 juillet à la photographie numérique. Avec la participation de Christian Caujolle (fondateur de l’Agence Vu), André Gunthert (maître de conférences, EHESS), Hughes Léglise-Bataille (photographe indépendant), Patrick Zachmann (photographe, agence Magnum). De 11h à 12h sur France-culture, rediffusion en ligne, voir: www.radiofrance.fr....

Voyage au pays des mashups (1): Fastr

image Selon Wikipédia, un mashup est une application composite «qui combine du contenu provenant de plusieurs applications plus ou moins hétérogènes. On parle de mashup artistique ou de mashup technologique (…). On parle de mashup dans le cadre d'une superposition de deux images provenant de sources différentes, superposition de données visuelles et sonores différentes par exemple dans le but de créer une expérience nouvelle.»

Avant d’être appliqué aux recombinaisons de données sur internet, ce terme définissait un style de production musicale. Apparu dans les années 1980, le mash-up est une forme de remix associant dans un même morceau deux ou plusieurs titres existants, mêlant généralement les parties vocales d'un morceau sur la musique d'un autre. Par extension, cette expression sera également appliquée aux productions vidéo mélangeant images et fond sonore de sources différentes. Quelque soit le domaine dans lequel on l'utilise, le terme de mashup désigne toujours un processus libre de transformation créatrice et de recombinaison, une culture du remake qui se nourrit de remaniements et de reprises, basée sur une éthique de l'emprunt et du partage créatifs.

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La lecture exportable, ou la mort du copyright?

image La propriété intellectuelle ou sa version anglo-saxonne, le copyright, protègent l'auteur contre toute exploitation non autorisée de son oeuvre, et ce jusqu'à 70 ans après sa mort. Cette protection ne connaissait jusqu'à présent que deux exceptions majeures: la copie privée et le droit de citation. Selon l'article L 122-5 du Code de la propriété intellectuelle: «Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire: les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille (...); les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées.»

Avec le content embedding, ou lecture exportable, le web dynamique a ouvert une troisième brèche dans la forteresse de la propriété intellectuelle. Depuis la création de YouTube, en 2005, cette fonction est familière à tout titulaire de blog ou de compte web 2.0: pour intégrer dans sa page une vidéo issue de la plate-forme visuelle, il n'est pas nécessaire d'en recopier le contenu, puis de le retélécharger sur son propre serveur. Il suffit de copier une ligne de code, disponible sous l'intitulé "embed", puis de la coller sur son propre site. Dans un environnement adéquat, cette série d'instructions permet de restituer la visualisation de la séquence dans des conditions similaires à celles offertes par la plate-forme.

Le principe de la lecture exportable a été vulgarisé par les sites de partage de vidéos pour éviter de pénaliser les usagers par la répétition de longs téléchargements et pour augmenter la viralité des contenus, tout en esquivant les blocages du copyright. Pourtant, loin de se limiter à ce contexte, elle est utilisée par la plupart des plates-formes de partage de contenus. De nombreux usagers l'ignorent, mais faute d'un paramétrage volontaire, la mise en ligne de photographies sur Flickr procure à n'importe quel internaute la même possibilité, conforme aux règles de la communauté, d'une diffusion externe sans demande d'autorisation préalable.

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La tactique du coup de grâce

image Quelle est la meilleure tactique pour se débarrasser des derniers reliquats de l'Etat-providence? Affamer d'abord la bête, puis, lorsque celle-ci n'a plus que la peau sur les os, lui donner le coup de grâce en disant: ça vaut mieux comme ça. Au lieu de la levée de boucliers que suscite toute modification institutionnelle, cette technique encourage une réception apaisée et complice.

Mise au point par la droite américaine pendant les années Reagan, cette tactique a été parfaitement acclimatée en France. Après le démantèlement du CNRS, le retour au contrôle direct de l'Elysée sur la télévision publique en a montré le scénario dans sa beauté sulpicienne. Il fallait écouter les apôtres gouvernementaux nous expliquer qu'il s'agissait d'un progrès dans la transparence pour constater l'efficacité du piège. C'est donc parce que l'Etat n'a jamais su donner les moyens de son indépendance à l'institution qu'il a fondé dans ce but que celle-ci se voit dépouillée de ses missions. Dans la France de 2008, nul ne songe qu'on aurait pu expérimenter la direction inverse, en conférant au CSA une dose de liberté ou de représentativité citoyenne. Tout à la démonstration que l'hypocrisie sarkoziste est capable de dépasser l'hypocrisie mitterrandienne, le chef de l'exécutif a évidemment d'autres chats à fouetter.

Laissons-le lutter contre le fantôme des années Minitel. En restaurant la télévision d'Etat sur toutes les chaînes, il ne fait qu'accélérer un processus de transfert qui trouble jusqu'à Arrêt sur images. Dans son plaidoyer du jour pour la télé publique, Daniel Schneidermann admet que «le combat n'est pas enthousiasmant». Il est vrai qu'en cherchant les motifs qui pourraient nous convaincre, l'éditorialiste chante surtout les louanges d'internet. On ne peut pas lui donner tort. Tant que l'actuel président pensera que sa réélection en 2012 dépend du contrôle des moyens d'avant-hier, il contribuera mécaniquement à accroître l'attractivité du canal de demain. Avec tous nos encouragements.

Edit du 01/07/08. Démonstration inattendue de l'axiome ci-dessus: le soir même de l'intervention sur FR3 du chef de l'Etat, rue89 diffusait un "off" des quelques minutes précédant l'émission, où l'invité s'offusque qu'un technicien refuse de le saluer. Il y aurait beaucoup à dire sur ce geste de défi, en passe de devenir une nouvelle figure de style du régime. Mais dans le match télévision vs internet, il y a fort à parier qu'on ne retiendra de l'épisode que ces quelques minutes de footage, plutôt que l'émission d'une heure et quart. Un déplacement qui en dit long, et que tous les efforts de contrôle semblent impuissants à contrecarrer...

Vive le journalisme visuel!

image Parmi les expérimentations du nouveau journalisme en ligne, 20minutes.fr propose un système de traitement de l'actualité sous la forme de diaporamas, séries d'images légendées réunies par thèmes. Sous l'intitulé "En images", ce principe a pour avantage de recycler avec l'élégante hypocrisie d'un habillage "journalistique" les sujets les plus trash et les plus bas de gamme. Exemple avec le thème "Les photos les plus controversées".

En voyant la photo de Brooke Shield enfant (Gary Gross, 1975), celle de la pyramide de corps d'Abou Ghraib ou de l'agonie de la petite colombienne (Franck Fournier, 1985) en appel de une, on se dit qu'on a déjà vu ça quelque part. Le feuilletage le confirme: toutes les photos sont issues du catalogue de l'exposition "Controverses", présentée à Lausanne en avril dernier, qui tirait tout son intérêt d'un travail de contextualisation approfondi. Les légendes du diaporama résument brièvement la documentation réunie par Daniel Girardin et Christian Pirker – jusque dans ses erreurs (la photo d'Abou Ghraib n'est pas anonyme, ni datée de 2004, elle a été prise le 7 novembre 2003 à 11h51 par Sabrina Harman). Ce n'est qu'en allant jusqu'au bout du diaporama qu'on découvre, sur la dernière image, la mention: «Toutes ces photographies sont issues du livre Controverses, une histoire juridique et éthique de la photographie, éditions Actes Sud, 45 euros», avec un lien renvoyant à un article d'Elodie Drouard, daté du 25 juin, présentant rapidement le catalogue d'une exposition qui a fermé ses portes le 1er juin (le rapport à l'actualité de cet article me semble plutôt provenir du billet de Pierre Assouline, publié le 24 juin, qui annonce – ce qui est une vraie information – que l'exposition du musée de l'Elysée sera accueillie par la BnF en 2009).

Qui lira cet échantillon comme une introduction à l'exposition de Lausanne ou à son catalogue? La façon dont il est présenté vise à camoufler sa source plutôt qu'à la mettre en valeur. Exploitant sans vergogne un corpus qui a demandé plusieurs années de recherche, ce traitement visuel présente le triple avantage de n'avoir pas été très long à faire, de passer aux yeux d'un lecteur pressé pour une enquête de la rédaction, et de fournir un sujet racoleur à souhait. Vive le nouveau journalisme!

Ecole doctorale d’été "La société de l’information et de la connaissance"

& Manageimage La société de l’information et de la connaissance. Histoire, enjeux et perspectives critiques
IIIème école doctorale d’été
École des hautes études en sciences sociales/Telecom & Management Sud Paris
8-12 septembre 2008

La IIIe école doctorale d’été organisée conjointement par la Division de l’informatique, des systèmes d’information et de la communication de l’École des hautes études en sciences sociales et Telecom & Management Sud Paris (ex-Institut national des télécommunications) se tiendra du 8 au 12 septembre 2008 sur l’île de Porquerolles.

Ce partenariat entre les deux institutions vise notamment à favoriser le dialogue entre sciences humaines et sociales d’un côté et technologies de l’information et de la communication de l’autre.

De tels stages intensifs hors les murs entendent valoriser la spécificité de l’enseignement à l’EHESS en participant à la philosophie pédagogique de l’établissement: la promotion d’une formation personnalisée à la recherche qui met l’accent tant sur sa dimension pratique que théorique. Ces sessions de réflexion et de formation spécialisée sont destinées aux doctorants et post-doctorants des deux établissements, et peuvent éventuellement accueillir des étudiants en Master.

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L'EHESS chatte sur Agoravox

Au moment où l'EHESS teste son nouveau site web, saluons l'intervention sur Agoravox de Pap Ndiaye, maître de conférences à l'Ecole. A l'occasion de la parution de La Condition noire. Essai sur une minorité française (Calmann-Lévy), l'historien met en ligne deux extraits significatifs de l'ouvrage et invite à un chat sur cette même plate-forme aujourd'hui à 17h30. Une manière de présenter une enquête savante plus en phase avec l'actualité du sujet que le rituel compte rendu dans les Annales, qu'on lira d'ici un an ou deux.

Compte rendu de "Devenir media", d'Olivier Blondeau

Olivier Blondeau est chercheur-enseignant en Sciences de l’information et de la communication à l’université de Lille 3. Dès le tournant des années 2000, il amorce une série de travaux sur les formes de militantisme sur le web et, plus globalement, sur les possibilités d’expression et de participation offerte par cet environnement. Il est l’auteur d’une thèse intitulée Les orphelins de la politique et leurs curieuses machines. Expérimentations, esthétiques, techniques et politiques à l’ère des réseaux, soutenue en 2006 (IEP, Paris). Il a, à de nombreuses occasions, collaboré avec Laurence Allard, maître de conférences en sciences de la communication à l’ université Lille 3, (UFR Arts et Culture), qui consacre elle aussi ses recherches aux différents aspects de l'"activisme électronique" (voir notamment la série de conférences qu’elle anime sur ce thème au Centre Pompidou en 2006-2007).

L'Atelier du Lhivic, 14/05/2008.
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Walter Benjamin, "Petite histoire de la photographie"

Parmi les essais en cours des outils en ligne du labo, je teste actuellement la plate-forme de publication Issuu, suivant l'exemple de François Bon, qui s'en sert pour Publie.net. A titre d'avant-goût, et pour remettre à disposition un texte toujours très demandé, revoici ma traduction de la "Petite histoire de la photographie" (1931) de Walter Benjamin, publiée dans le n° 1 de la revue Etudes photographiques (novembre 1996, édition revue et corrigée, 1998). Mis à part l'absence d'un moteur de recherche par publication, on peut constater que l'outil, sous Flash, est diablement efficace et complet, avec une fonction plein écran et une fonction d'impression de page. La plate-forme est très simple à utiliser, et j'encouragerai volontiers les étudiants à y mettre en ligne leurs travaux (on peut également consulter ma thèse sur ce même moteur, à partir du site du Lhivic).

Télécharger en pdf.

Un esempio da imitare

Straordinario strumento e punto d'incontro per chi si occupa di immagini visive (fotografia, cinema, audiovisivi) e scienze sociali il sito francese: www.lhivic.org. Costituito da un gruppo di giovani ricercatori condotti da giovani docenti universitari, disponibilissimi, si dimostra un fecondo strumento di incontro, scambio ed opportunità; non solo per le informazioni puntualissime collegate - vi perdere ad esplorare tutti i link - ma per il blog: http://www.arhv.lhivic.org...

Par Annalisa Vio, Pensiero dominante, 18/04/2008.
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En France, le ministre d'internet n'a pas accès à YouTube...

Quand on écrira l'histoire d'internet, il faudra se pencher sur l'inébranlable cécité de la technocratie française. Au détour d'une interview de 20Minutes.fr, on apprend qu'Eric Besson, ci-devant secrétaire d'Etat chargé de la prospective et de l'économie numérique, «ne sera pas le ministre de la castration d'internet.» Cette déclaration est si surprenante de la part d'un membre du gouvernement qu'elle fait le titre de l'article. Mais surtout, on découvre avec effarement que le ministricule ne peut pas «se connecter aux sites de partage de vidéos depuis son bureau de Matignon, où l'accès est ultra sécurisé.» Expression qui suggère, soyons juste, qu'il y a tout de même un ordinateur branché dans ledit bureau. Probablement planqué dans le meuble télé, comme chez mémé.

Internet et l'imputation

Quel est le rapport entre l'image victorieuse d'Alain Bernard après son 100 mètres, la nomination de Nicolas Princen au pôle internet de l'Elysée et le SMS soi-disant envoyé à Cécilia? Merci de déposer les copies sur mon bureau, vous avez deux heures.

Trouvé? La bonne réponse est: l'imputation. Voilà trois événements pour lesquels nombreux sont ceux qui ont sauté des prémices à la conclusion, sans preuves suffisantes, par la grâce de ce merveilleux dispositif à économiser la pensée.

En voyant l'impressionnante carrure du nageur, il est à peu près impossible de ne pas se demander si celle-ci peut être le produit de la nature seule. Dans le contexte des nombreuses affaires de dopage qui ont entaché le sport de haut niveau ces dernières années, il est tout aussi difficile de résister à l'idée selon laquelle l'hypertrophie musculaire d'Alain Bernard est un signe apparent de cette dérive. Cela en l'absence de tout autre élément d'information (il est utile de préciser ici qu'en ce qui me concerne, je me garderai bien de conclure dans un sens ou dans l'autre).

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Conférence "Internet donne la parole aux images"

image L'image et le discours forment des pôles opposés de notre culture. En leur ouvrant l'accès à la diffusion instantanée, le web a fait des images les messagers privilégiés de la part non institutionnelle de la culture. Avec des outils comme Flickr ou Youtube, les réseaux sociaux favorisent une communication par l'image qui transforme en profondeur l'équilibre de nos échanges. La puissance de ces nouveaux usages fait vaciller les hiérarchies les mieux établies.

Conférence par André Gunthert, suivie d'une table ronde avec Mona Chollet, Etienne Chouard, Agnès Maillard.

Dans le cadre de la Nuit 68, vendredi 21 mars 2008, au Lieu unique, scène nationale de Nantes, 20h30-22h, entrée libre.

MàJ: La table ronde a finalement été intitulée: "Internet incontestable". Voir album sur Flickr et compte rendu sur Le Monolecte.

Traces d'un exposé sur le web

image L'avantage de causer devant des blogueurs (le 18 janvier dernier, dans le cadre de la rencontre "Ecrire avec internet: paradoxes, mutations, vertiges", avec François Bon et Hubert Guillaud), c'est qu'on n'a même plus besoin de rédiger de compte rendu. Il suffit d'une promenade sur le web pour reconstituer peu ou prou l'essentiel du propos.

C’est bien, aussi, ce détour, qu’un homme de l’image nous parle des photos et des vidéos vite prises et vite partagées sur le web par des millions de jeunes du monde entier, une manière de se parler en images, de parler de soi sans dire je mais en se montrant, loin des mots, plus près du geste et du corps (danser, chanter).
Virginie Clayssen, TeXtes, "Bouquinosphère + soirée remue.net", 21/01/2008.

L'image s'exprime également comme le texte ou plus justement à la place du texte. Il puise dans YouTube et MySpace pour analyser ces images. Il s'étonne d'ailleurs du manque d'intérêt des sociologues pour ces laboratoires de recherches. Il commence cependant par une anecdote, une petite histoire qui en dit long. Des mots encore. Il a offert à son fils un journal intime pour Noël. Ce dernier le remplit chaque jour pendant les vacances. Les vacances finies, il reprend l'école et n'arrive plus à écrire au jour le jour. Il faut que ça s'écrive tout seul, dit-il. C'est à dire comme une photo, conclut André Gunthert. Dans les albums, les photographies remplacent déjà l'écriture de la chronique familiale. Sur le web, une image - photo ou vidéo - est également employée parce qu'écrire avec des mots n'est pas donné à tout le monde. Ainsi, plus le seuil d'accès à un usage est bas, plus l'accès est élevé. C'est le phénomène qu'il observe sur des sites comme YouTube ou Flickr. A la différence de l'album familial , Internet est un espace public. Publier une vidéo d'un mariage, la montrer parmi d'autres images, est une revendication identitaire pour André Gunthert. C'est se mesurer à d'autres images et faire parler son image sans pour autant énoncer une intention déclarative comme le ferait un texte sur la place publique. Présenter et opposer son existence à la face du monde.
Karine Lebrun, Art et autres choses, "Ecrire avec Internet...", 19/01/2008.

Pour André Gunthert, les outils du Web 2.0 constituent un laboratoire de sociologie à ciel ouvert. Où l’on observe, entre autres, qu’une majorité de jeunes des banlieues sont bien décidés à en finir avec l’image que les medias diffusent d’eux (casseurs, incendiaires). Ils dansent la Tektonik sur Youtube. La vidéo est une affirmation de soi, souvent valorisante. L’équivalent aussi, d’un point de vue social, d’une photographie dans un album de famille. Voyez là c’est moi.
Celia Houdart, celia.h, "Rencontres", 22/01/2008.

Merci à elles! Etant affligé d'une paresse légendaire, je rêve évidemment d'un monde post-attalien où les étudiants auraient enfin pris le pli du "carnet de recherches", pour que mes comptes rendus de séminaire s'écrivent eux aussi tous seuls...

70 % d'augmentation des contenus générés par les utilisateurs en 2007

Selon une étude de Research and Markets, le nombre de contenus générés par l'utilisateur (UGC) en 2007 se seraient élevés à 22,4 milliards de contenus, en augmentation de 70 % par rapport aux 13,2 milliards en 2006. (...) Le rapport précise que 831.147 vidéos ont été ajoutées à YouTube en 2007, pour un total de 1.176.23 vidéos envoyées aux principaux sites de partage de vidéos en ligne. (...) Chacun de ces 22,4 milliards de contenus sont protégés par le droit d'auteur au même titre que les contenus (beaucoup, beaucoup moins nombreux) créés par les professionnels. Dès lors, qui le droit d'auteur doit-il protéger en priorité, et sous quelles conditions? Ne faut-il pas autoriser par défaut la copie des oeuvres à titre non commercial, et ne l'interdire que si les créateurs le souhaitent et payent pour ce droit une redevance annuelle à l'image de ce qui est pratiqué sur les brevets?

Ratiatum, 18/01/2008.
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1895 en ligne

1895, l'excellente revue de l’association française de recherche sur l’histoire du cinéma, dirigée par Laurent Véray, vient d'ouvrir sa version en ligne, hébergée par Revues.org. Seul périodique français exclusivement consacré à l’histoire du cinéma, expression privilégiée de la recherche française et étrangère, 1895 accueille des articles de fond, largement documentés, qui ont vocation à servir de référence, des contributions de jeunes auteurs aussi bien que des traductions des meilleurs spécialistes étrangers. Le site offre à lire 10 numéros en texte intégral (2000-2004) et les sommaires et résumés des 10 derniers numéros (2004-2007).

Réf.: http://1895.revues.org

Images sans paroles: les nouvelles oeuvres du web

Selon l'actuel président de la république, s'exprimant à l'occasion de la divulgation du rapport Olivennes, internet est “une chance pour la diffusion de la culture”. Comme le note Versac, cette description réduit le web au rôle de tuyau pour une production culturelle qui s'effectue ailleurs. Pourtant, comme s'en sont aperçus ceux qui savent se servir d'un ordinateur, internet est beaucoup plus qu'un simple véhicule. Il compose déjà, pour ses usagers les plus assidus, une culture propre, vivante et riche, parallèle aux canaux d'expression traditionnels. Plus encore, le web est devenu un lieu de création d'oeuvres qui n'auraient pu exister sans lui.

image Qu'est-ce qui fait une oeuvre? Ni l'artiste, ni la cimaise, ni le nombre de zéros sur le chèque. Ce qui créé une oeuvre est le désir qu'on a pour elle. Un désir qui, à la différence de celui qu'on peut éprouver pour un bien de consommation, ne s'assouvit pas avec l'appropriation, mais grandit avec son commerce. L'oeuvre construit une érotique de la durée, qui en est simultanément le signe et la condition. C'est pourquoi il faut laisser passer un peu de temps avant de reconnaître cette qualité à des formes nouvelles. Internet en produit sans l'ombre d'un doute. Je me bornerai ici à l'examen de trois exemples de nouvelles oeuvres visuelles.

L'ancêtre de toutes les vidéos virales est le célébrissime "Everyday" de Noah Kalina, mis en ligne le 27 août 2006 sur Youtube. Reprenant un principe abondamment utilisé par divers artistes, le jeune photographe new-yorkais réalise un autoportrait par jour pendant six ans et demi, entre le 11 janvier 2000 et le 31 juillet 2006. Inspiré par la vidéo d'Ashrey Lee, il compile ces 2356 images en un clip de 5'45 min. Le caractère hypnotique de cette oeuvre est produit par le contraste entre l'absence d'expression du visage et la fixité du regard, dans un environnement constamment mouvant, autant que par l'accompagnement musical lancinant au piano, par Carly Comando. En novembre 2007, ce clip avait été consulté plus de 7 millions de fois dans sa version originale.

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Merveilles de la tecktonik

Depuis la Techno Parade 2007, la tecktonik est le sujet à la mode dans les rédactions de news et de féminins branchés. Comme d'habitude, les plus de vingt-cinq ans, même à Bakchich, tordent le nez. Mais pourquoi s'en remettre à l'humeur, forcément bilieuse, des éditorialistes (qui ont tous plus de vingt-cinq ans...), alors qu'il est aujourd'hui si facile de se faire son opinion par soi-même? La meilleure source d'information sur les moeurs de la jeunesse actuelle est disponible en libre accès, proposée par nos plates-formes visuelles préférées, où il suffit de taper le mot magique dans le moteur – et en voiture, Simone!

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