Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Confrontations et controverses en histoire visuelle

image Deux rendez-vous à noter la semaine prochaine, pour lesquels nous aurons le plaisir de recevoir Olivier Lugon (université de Lausanne):

  • La séance "Histoire du cinéma et histoire de la photographie" du séminaire Frontières et territoires de l’'histoire du cinéma, animé par Christophe Gauthier et Dimitri Vezyroglou, le mercredi 14 mai, 18h-20h, salle Walter Benjamin, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.
  • La séance "Les images en débat" du séminaire Nouvelles pratiques des images, le jeudi 15 mai, 17-19h30, salle Walter Benjamin, INHA, où nous discuterons des expositions "Des Parisiens sous l'occupation" (BHVP, Paris) et "Controverses" (musée de l'Elysee, Lausanne). Edit: album.

Actes des rencontres "Traditions et temporalités des images"

La revue en ligne Images re-vues annonce la publication de son numéro hors-série consacré aux actes de la série de rencontres "Traditions et temporalités des images" (EHESS, 2003-2005).

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Walter Benjamin et les petits mickeys

Cours hier à l'INHA sur le célèbre article de Walter Benjamin, "L'Oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique" (1e version, 1935). Après la remise en contexte et les premiers éléments de commentaire, je projette deux extraits de films de Charlie Chaplin et Walt Disney: deux références mobilisées par Benjamin, qui sont au coeur de sa démonstration (parties XVI-XVII).

Cela faisait longtemps que j'avais envie d'associer ces projections à l'explication de "L'Oeuvre d'art..." Je n'avais pas encore eu l'occasion de le faire, notamment parce que, si la vidéographie de Chaplin est aisément accessible, l'édition de Disney ne se présente pas du tout de la même manière. Tombé récemment sur un Mickey Mouse, les années couleur (édition collector), dans un second-hand (ce n'est évidemment pas l'EHESS qui me paye des fournitures aussi douteuses... ), j'avais cette année les outils pour proposer le doublé. Comme d'habitude, je m'y suis pris au dernier moment, et j'ai choisi à peu près au hasard les extraits ("The Immigrant", 1915, et "Mickey's Fire Brigade", 1935), sans même avoir le temps de les caler. C'est donc en direct, avec les étudiants, que j'ai vraiment pu mesurer la pertinence de cette comparaison, dans le contexte des années 1930.

«Les films burlesques américains et les films de Disney provoquent un dynamitage thérapeutique de l'inconscient», écrit Benjamin, en produisant une association qui, aujourd'hui encore, ferait hurler un Finkielkraut. Il fallait mettre côte à côte ces deux extraits pour apercevoir l'étonnante proximité stylistique de ces petits films, animés tous deux par une sorte de violence primitive et joyeuse.

Je suis bien content d'avoir pu réaliser cette micro-expérience, qui confirme et éclaire la lecture de Benjamin: «L'aspect distrayant du film a lui aussi en premier lieu un caractère tactile, en raison des changements de lieux et de plan qui assaillent le spectateur par à-coups. Le cinéma a ainsi délivré l'effet de choc physique de la gangue morale où le dadaisme l'avait en quelque sorte enfermé. Dans ses oeuvres progressistes, notamment chez Chaplin, ces deux effets de choc se confondent à un niveau inédit.»

Références

  • Walter Benjamin, "L'Oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique" (1e version, 1935), trad. de l'allemand par Maurice de Gandillac, revue par Rainer Rochlitz et Pierre Rusch, Gallimard, coll. Folio, 2000, p. 67-113.
  • Guy Cogeval, Bruno Girveau, Pierre Lambert, Dominique Païni (dir.), Il était une fois Walt Disney. Aux sources de l'art des studios Disney (cat. exp.), RMN, 2006.

Séminaire "Frontières et territoires de l’histoire du cinéma"

Après une année de travaux préparatoires au colloque "L’auteur de cinéma: histoire et archéologie d’une notion", le séminaire "Histoire culturelle du cinéma" revient à des questions épistémologiques et méthodologiques pour tenter de cartographier une discipline – l’histoire du cinéma – avec les outils de l’historien. Il ne s’agit pas de tracer des frontières pour défendre un pré carré, mais au contraire de perméabiliser l’histoire du cinéma en la faisant dialoguer avec les disciplines voisines (cette année: l’histoire de l’art, l’histoire du théâtre, l’histoire de la photographie), et d’envisager son territoire comme celui d’une appropriation du cinéma comme objet historique.

  • 16 janvier 2008: Christophe Gauthier, Dimitri Vezyroglou, séance introductive.
  • 13 février 2008: François Albera (Lausanne) et Philippe Dagen (Paris I), Frontières I - Histoire du cinéma et histoire de l’art.
  • 12 mars 2008: Antoine de Baecque (Editions Complexe), Territoire I - Les formes cinématographiques de l’histoire.
  • 26 mars 2008: Pascale Goetschel (Paris I, sous réserve) et Chantal Meyer-Plantureux (Caen), Frontières II - Histoire du cinéma et histoire du théâtre.
  • 16 avril 2008: Sylvie Lindeperg (Paris III), Territoire II - Le film dans l’histoire.
  • 14 mai 2008: André Gunthert (EHESS) et Olivier Lugon (Lausanne), Frontières III - Histoire du cinéma et histoire de la photographie.
  • 4 juin 2008: Christian Delage (Paris VIII, EHESS), Territoire III - L’image comme preuve.

Séminaire animé par Christophe Gauthier et Dimitri Vezyroglou, salle Walter Benjamin, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, 18h-20h.

Actes de la journée d'études "La photographie d'après-guerre: identité et inspiration"

Les interventions de la journée d'études doctorales "La photographie d'après-guerre: identité et inspiration", proposée le 27 juin 2007 à l'INHA par l’équipe d’accueil "Histoire culturelle et sociale de l’art" (université Paris 1) sont accessibles en pdf sur le site de l'ARIP (Association de recherche sur l'image photographique).

Colloque: "L’auteur de cinéma: histoire et archéologie d’une notion"

image L’auteur de cinéma: histoire et archéologie d’une notion
Colloque international, 6-8 décembre 2007
Institut national d’histoire de l’art
Galerie Colbert, Salle Vasari, 1er étage, 75002 Paris
accès par le 2, rue Vivenne ou par le 6, rue des Petits-Champs. Métro Bourse ou Palais-Royal

Organisation scientifique: Christophe Gauthier et Dimitri Vezyroglou
Institut d'histoire du temps présent/CERHEC, université Paris 1

Jeudi 6 décembre 2007

  • 9 h 00 – Accueil des participants et ouverture du colloque.

Mot de bienvenue de Fabrice d’Almeida, directeur de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), d’Eric Darragon, directeur de l’équipe d’accueil 4100 Histoire culturelle et sociale de l’art (Paris I) et de Jean Gili, directeur du Centre d’études et de recherches sur l’histoire et l’esthétique du cinéma (Paris I).

  • 9 h 30 – Introduction, François Thomas (Paris III).

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Parution "Images Re-vues", n°4, octobre 2007

image Le numéro 4 de la revue en ligne Images re-vues est paru. Il est consacré aux "Objets mis en signe", dossier coordonné par Noémie Hosoi.

  • Marta Caraion, "Objets en littérature au XIXe siècle".
  • Mette Kia Krabbe Meyer, "Objets flottants".
  • Pavel Cazenove, "Cauchemar Bleu Lynchéen. Analyse d’un jeu d’objets 'plastiques' dans Mulholland Drive".
  • Jean-Luc Mattéoli, "L’objet pauvre dans le théâtre contemporain".
  • Sophie Moiroux, "Les objets de Jimmie Durham en conversation: au défi de l’art contemporain".
  • Muriel Verbeeck, "L’oeuvre du temps. Réflexion sur la conservation et la restauration d’objets d’art".
  • Nikolina Kéi, "La fleur: signe de grâce dans la céramique attique".
  • Noémie Hosoi, "Des femmes au louterion: à la croisée d’une esthétique masculine et féminine au travers des objets".
  • Julien Bonhomme, "Réflexions multiples. Le miroir et ses usages en Afrique centrale".
  • Pierre Déléage, "La croix Yekuana. Interprétations mythiques et graphiques de la croix chrétienne chez les Yekuana d’Amazonie vénézuelienne".
  • Shigemi Inaga, "La blessure créatrice entre poterie et sculpture, ou Yagi Kazuo entre la tradition japonaise et l’avant-garde occidentale".

Le droit aux images et la publication scientifique

image L'INHA proposait jeudi 7 juin une réunion-débat intitulée "Le droit aux images et la publication scientifique", associant historiens d'art français et étrangers. Première rencontre publique consacrée à cette question préoccupante, elle a permis de faire le point sur ce qui apparaît désormais comme une exception française.

Adoptée le 30 juin 2006, la loi DAVDSI (Droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’Information), focalisée sur le téléchargement des fichiers audio et vidéo, a eu pour effet de restreindre, de contingenter ou de pénaliser les usages des images. A l'opposé de la recommandation de la directive européenne, la loi DAVDSI a refermé en France la porte d'une exception pédagogique inspirée du fair use américain, autrement dit une exemption du droit d'auteur pour les usages d'enseignement et de recherche.

Quelles sont les conséquences de ces textes pour l'histoire de l'art et les études visuelles? Dans les domaines de la recherche ou de l'enseignement, des accords sectoriels signés par le ministère de l'Education nationale avec les sociétés d'ayants droit reproduisent les dispositions des usages marchands: le nombre des reproductions ou leur archivage informatique est contingenté et susceptible de faire l'objet de contrôles par les sociétés privées.

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Réunion "Le droit aux images et la publication scientifique" à l'INHA

Réunion-débat, le jeudi 7 juin, 10h-12h30.
INHA, Auditorium, 2 rue Vivienne, 75002, Paris.

Avec la participation de Hilary Ballon (Columbia University, New York); Christine von Oertzen (Max Planck Institut, Berlin); Michel Guerrin (Le Monde, Paris); Barthélémy Jobert (Université de Paris IV-Sorbonne); Vincent Varet (HMV avocats, Paris); Mariët Westermann (Institute of fine Arts, New York); Kelley Wilder (Max Planck Institut, Berlin).
Modérateurs: André Gunthert (Etudes Photographiques) et Olivier Bonfait (Perspective, INHA).

La loi française sur les Droits d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’Information (DADVSI) a interprété dans un sens restrictif la directive européenne, le débat s’étant focalisé sur le téléchargement de fichiers audio et vidéo. Elle a ainsi limité l’accès aux reproductions d’œuvres d’art du domaine public et aux images, que ce soit dans le cadre de l’enseignement ou d’une publication scientifique, alors qu’au même moment, différents grands musées des pays anglo-saxons « ouvrent » leurs fonds et que l’Allemagne continue de proposer un accès plus large aux images.
Cette réunion, permettant la rencontre de spécialistes de ce sujet à différents points de vue, voudrait être une occasion d’information, de mise au point et de discussion, en donnant aussi la parole aux personnes présentes dans la salle afin d’enrichir les débats.

Réunion-débat organisée par les revues de l’INHA: Etudes Photographiques, Histoire de l’art, Perspective, La Revue de l’art.

"Etudes photographiques" fête ses dix ans

Fondée en 1996, la revue Etudes photographiques fêtera ses dix ans à l'occasion de la parution de son n° 20, consacré aux actes du colloque "La trame des images". Avec ce volume, à paraître début juin, la seule revue scientifique francophone consacrée à la photographie devient aussi celle qui aura connu la plus longue durée de vie. Un cocktail est organisé le 18 juin prochain à l'Institut national d'histoire de l'art, suivi d'un dîner auquel sont conviés tous les auteurs et contributeurs de la publication (renseignements auprès de la Société française de photographie).

Séminaire "La photographie familiale à l'époque numérique", par Irène Jonas

image Dans le cadre du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle/La légende des amateurs", le Lhivic a reçu Irène Jonas, sociologue indépendante, le 15 mars 2007, pour une présentation de ses recherches sur la photographie familiale à l'époque numérique. La séance a fait l'objet d'un enregistrement audio, disponible en ligne (durée 2 h):


Téléchargement fichier mp3 (68 Mo).

Résumé. Les usages de la photographie familiale ont beaucoup évolué depuis l'enquête de Bourdieu (Un art moyen, Minuit, 1965). Les images montrent de moins en moins de rôles sociaux, mais beaucoup plus de moments d'intimité. La pratique photographique est centrée sur le personnage de l'enfant. Le numérique entraîne d'abord un changement quantitatif: la production photographique est multipliée environ par cinq. Il y a peu de cas de cohabitation argentique/numérique. Le numérique démystifie la pratique photographique. Malgré un emploi accru de la télévision comme outil de monstration, le tirage papier semble rester la forme idéale des images. La demande porte sur l'internalisation des pratiques (acquisition d'une imprimante couleur). La question du choix et de la sélection des images devient une interrogation aigue. Irène Jonas insiste sur les variétés d'usage en fonction des différences de genre et de génération. La frontière entre homme et femme dans la relation à l'outil photographique est marquée par le rapport à la technique. Pour les enfants, le numérique a changé radicalement la donne. Du côté des personnes âgées, la photographie est souvent l'activité qui les motive à se mettre à l'ordinateur. A de rares exceptions près, les connaissances techniques mobilisées restent des plus sommaires.

Le musée achéménide à l'honneur

image Il y avait foule pour écouter la présentation du Musée achéménide par son créateur, Pierre Briant, mercredi 28 février à l'INHA, à l'occasion de la rencontre-débat "L’image, l’histoire de l’art et le web". Unique en son genre, cette ressource en ligne propose l'accès aux reproductions en haute définition de plus de 8000 objets d’époque achéménide (550 à 330 avant J.-C., entre Indus et Méditerranée), conservés dans des dizaines de musées dans le monde (Bibliothèque Nationale de France, British Museum, glyptothèque de Munich, etc.). Une interface remarquable permet de procéder à une observation détaillée des pièces et de conserver la mémoire de ses recherches sur le site. “Un cabinet d’étude plus encore qu’un musée”, selon la formule de Corinne Welger-Barboza qui, par une heureuse coïncidence, consacre au même moment un article détaillé à ce programme exceptionnel dans les colonnes de l’Observatoire critique (également présent à la rencontre-débat). L'application mise au point par José Paumard (Paris XIII), sous l'égide du Collège de France et du CNRS, sera bientôt disponible en libre accès pour servir à d'autres projets.

Référence: http://www.museum-achemenet.college-de-france.fr/

Le Politic'Show, laboratoire de la télévision de demain

image Nicolas Voisin et Julien Villacampa, fondateurs du Politic'Show, étaient jeudi les invités du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle" à l'INHA. En proposant la première expérience française de webTV citoyenne, ils ont inventé une forme de communication inédite, bousculé les habitudes du journalisme spécialisé et contribué à faire bouger les lignes de la médiation politique.

Agé de 28 ans, Nicolas Voisin est un communicant tombé dans la marmite du journalisme citoyen: blogueur précoce et prolifique (Biologikpolitik, octobre 2004, Nuesblog), rédacteur d'Agoravox, membre du réseau des Freemen, il fonde en septembre 2006 le webmagazine Le Monde citoyen (avec notamment Guy Birenbaum, Thierry Crouzet, Sébastien Fontenelle, Bernard Langlois, Agnès Maillard, John-Paul Lepers, Jean Véronis). Agé de 27 ans, Julien Villacampa est réalisateur, auteur de clips, publicités, courts-métrages et documentaires souvent alimentaires, créateur du collectif de jeunes cinéastes les Malfaiteurs indépendants. Autodidactes, dépourvus de carte de presse, ils puisent leur légitimité dans la vertu citoyenne issue du web. La présidentielle offre une occasion rêvée et l'idée naît en mars 2006 de produire une série d'interviews vidéos des candidats. Un projet pleinement politique, au sens premier du terme: il s'agit pour deux citoyens-blogueurs d'aller à la rencontre de leurs représentants, puis de mettre gratuitement à disposition, sans restrictions de droits, le résultat de leurs entretiens. Une expérimentation, aussi, de leurs capacités techniques et logistiques à mettre en oeuvre une telle entreprise, dont ils escomptent des retombées à titre personnel: “Nous avons tous les deux un métier, et réalisons ces contenus sur notre temps libre, par passion. Nous aspirons à vivre de cette activité, autant être explicites.”

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Les ressources numériques pour les nuls (atelier 1)

image Le 4 janvier dernier s'est tenu la première séance de l'atelier "Pratiques des sources numériques en histoire visuelle" à la bibliothèque du CEHTA. Le projet de cette formule est né de deux constats. 1) De l'ordinateur au web 2.0 en passant par les revues électroniques ou les logiciels de bibliographie, la communauté académique dispose d'un bouquet d'outils informatiques chaque année plus vaste et plus puissant. 2) Alors que la formation à la recherche intégrait autrefois une initiation à des méthodologies beaucoup plus élémentaires, l'apprentissage de cet ensemble complexe de technologies se borne aujourd'hui à peu près exclusivement à l'horizon de l'auto-formation.

Si les hauts responsables ont souvent pris conscience de ce hiatus, ils ne disposent pas des moyens d'y remédier avec la célérité souhaitable. Un premier obstacle est évidemment d'ordre budgétaire. L'exemple de certaines écoles professionnelles, comme les Arts déco, qui disposent de tous les matériels nécessaires, semble hors de portée des financements habituels des universités. Un second écueil paraît appartenir en propre au domaine des sciences humaines et sociales, qui a pris l'habitude de déléguer à des spécialistes la gestion des questions techniques en général et de l'équipement informatique en particulier. Au moment ou la pratique des outils du web 2.0 impose de développer une culture de l'appropriation, le modèle de la délégation s'avère non seulement un handicap mais un noeud de résistance.

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Soutenance de thèse "La mémoire du cinéma en France", par Christophe Gauthier

La thèse de doctorat d'histoire Une composition française. La mémoire du cinéma en France des origines à la Seconde guerre mondiale, présentée par Christophe Gauthier à l'université Paris 1, sera soutenue le lundi 15 janvier 2007 à partir de 14h à l'INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, salle René Jullian.

Jury: Pascal Ory (directeur de thèse, Paris 1), Christophe Prochasson (EHESS), Geneviève Sellier (université de Caen), Christian Delage (université de Paris 8-EHESS), Jean Gili (Paris 1), Jean-Marc Leveratto (université de Metz).

Diplômé de l'Ecole nationale des chartes, conservateur à la cinémathèque de Toulouse, Christophe Gauthier a notamment publié: La Passion du cinéma. Cinéphiles, ciné-clubs et salles spécialisées à Paris de 1920 à 1929, Paris, AFRHC/EDC, 1999.

Le daguerréotype, première expérience open source

image Le récit des grandes conquêtes techniques du XIXe siècle s’est longtemps conformé au modèle des découvertes scientifiques. Grâce à François Arago, la photographie a fourni dès 1839 l’un des premiers exemples de ce schéma valorisant. Mais celui-ci impliquait une contrainte: la disparition de toute forme d’intéressement personnel, la dissimulation des potentialités commerciales, l’effacement de la dimension économique. Dans la France post-révolutionnaire, comme le progrès politique, le progrès technique n’était ni une affaire industrielle ni une affaire commerciale, mais une valeur universelle, une res publica qui devait appartenir à tous. C’est en raison de ce statut honorifique que l’historiographie spécialisée, élaborée dès les années 1850, va constamment et systématiquement ignorer les aspects économiques de la pratique photographique. Aujourd’hui encore, les travaux en la matière représentent le parent pauvre de la recherche, loin derrière ceux analysant les multiples facettes de l’économie du cinéma, ce qui contribue à conserver aujourd’hui à l’histoire de la photographie un aspect anachronique.

Pourtant, la question économique joue un rôle crucial dans la constitution de l’histoire du médium au XIXe siècle. Non seulement parce que la photographie, avant de devenir un art, sera d’abord un commerce puis une industrie, mais aussi parce que la définition de la photographie sous les traits de la science aura une influence décisive sur la façon qu’auront ses acteurs d’évaluer leurs mérites respectifs. Des pionniers comme Daguerre, Talbot ou Disdéri verront leur étoile pâlir à partir du moment où leur intervention aura été perçue comme entachée par l’appât du gain, par l’absence de ce noble désintéressement qui devait être la marque des innovateurs en matière photographique. De cette même détermination provient l’essor de la figure des amateurs et la légende de leur rôle décisif dans les progrès du médium.

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Soutenance de thèse "La réception de Gustave Courbet", par Thomas Schlesser

image La thèse de doctorat d'histoire de l'art La réception de Gustave Courbet par ses contemporains des points de vue politique et social, présentée par Thomas Schlesser à l'EHESS, sera soutenue le samedi 9 décembre 2006 à partir de 9h à l'auditorium de l'INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.

Jury: Eric Michaud (directeur de thèse, EHESS), Neil McWilliam (Duke University), Pierre Wat (université d'Aix-Marseille 3), Jean-Louis Cabanès (université de Paris 10-Nanterre), Bertrand Tillier (université de Paris 1).

Illustration: "Mais se moquerait-on de nous ?" (un critique au sujet des "Baigneuses"). Gustave Courbet, "Baigneuses" (dit aussi: "Deux femmes nues"), huile sur toile, 1,15 x 1,55 m, 1858, musée d'Orsay (reproduction: RMN, H. Lewandowski, statut: domaine public).

Colloque "Caricature, bilan et recherches"

INHA, salle Giorgio Vasari
2 rue Vivienne, 75002 Paris
11-12 décembre 2006
Entrée libre

Colloque organisé par Ségolène Le Men et Ada Ackerman
Comité scientifique: Todd Porterfield, Raphael Rosenberg

Le colloque est organisé par l’équipe interdisciplinaire dix-neuvième siècle du Centre d’histoire de l’art et d’histoire des représentations de l’université Paris X Nanterre, avec le soutien de l’Institut universitaire de France. Il vise à confronter les travaux et recherches en cours dans le domaine de la caricature, tout en amorçant une enquête sur le rapport entre art et caricature au dix-neuvième siècle, entreprise avec l’université de Montréal et l’université de Heidelberg.

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