Dans la peau d'un blog embedded
Par André Gunthert, dimanche 25 mai 2008 à 19:37 (5523 vues) :: Comptes rendus - Médias
Trois mois après le lancement du Flipbook, il est temps de dresser un bilan de l'expérience. Sur la suggestion de mes camarades de la rédaction web de 20 Minutes, j'avais créé ce second blog avec l'idée de disposer d'un outil de prise de notes plus souple qu'ARHV, débarrassé notamment des contraintes liées à son branding universitaire. Il s'agissait également d'expérimenter le principe du blog embedded: sachant que 20 Minutes fait partie des sites français les plus consultés, être hébergé sur sa plate-forme devait permettre d'accéder à des audiences supérieures à celles d'ARHV et de se frotter à un lectorat différent.
33 billets et 308 commentaires plus tard, le premier volet de l'expérience n'a été qu'a demi satisfaisant. Malgré certaines ouvertures thématiques, il m'a fallu me rendre à l'évidence: on ne se refait pas. Mon souhait de me livrer à une prise de notes moins structurée (qui était en principe la condition de possibilité pour faire face à la gestion simultanée de deux blogs) n'a pas vraiment fonctionné. Combien de fois, au moment de choisir le support d'un billet, me suis-je dit: ça, c'est pour le Flipbook! Traduction: l'idée à développer présentait a priori un caractère moins élaboré, une réflexion moins aboutie. C'était oublier que la rédaction est précisément un exercice de structuration et d'organisation de la pensée. J'avais beau commencer mon billet sans y voir clair – une ou deux heures plus tard, l'écriture avait débrouillé les fils et livrait un résultat qui n'aurait pas juré parmi les posts du blog concurrent.

En discutant l'autre jour des évolutions du photojournalisme avec une étudiante canadienne, je constatais une fois encore que le point de départ de l'analyse est le prototype de l'image d'information, où à un événement ponctuel et bien identifié correspond son iconographie légitime et nécessaire. Mais si ce modèle fonctionne pour une catégorie bien particulière d'événements – du type 11 septembre – il représente en réalité l'exception plutôt que la règle. Il suffit de feuilleter n'importe quel journal, n'importe quel magazine, pour s'apercevoir que la majeure partie de son iconographie relève d'un autre modèle: celui de l'illustration, où le rapport à l'événement n'est pas dicté par la fonction informative de l'image, mais plutôt par ses fonctions décorative ou narrative.
A une époque où le minois de la moindre aspirante à la Star Ac' fait le tour des écrans, c'est difficile à croire. Et pourtant, de la première héroine de l'histoire de France, Jeanne la bonne Lorraine, sujet de milliers d'ouvrages, nous ne connaissons aucune image contemporaine réaliste. Des 

Quels garnements, ces journalistes! Par devant, ils vous assassinent crânement le journalisme citoyen, coupable de tous les maux, incapable de produire une information de qualité. Par derrière, ils courent résolument après le train de la privatisation de la mise en scène de l'information.
La première thèse de doctorat consacrée à la présentation de photographies sur les portes de réfrigérateur a été soutenue brillamment ce matin à l'INHA par Marine Da Costa, devant un jury composé de Sylvain Maresca (université de Nantes, directeur), Bruno Latour (Sciences-Po, président), Michel Poivert (université de Paris 1), Clément Chéroux (Centre Pompidou) et moi-même (EHESS, rapporteur).
A défaut de millésime, la plus vielle photo du monde est datable par sa saison: l'automne. Telle pourrait du moins être l'indication la plus précise qu'il soit possible d'associer au document mis en vente le 7 avril prochain par Sotheby's New York. L'institution présente
“La photo marquera peut-être le quinquennat de Nicolas Sarkozy”, écrit le Figaro.fr 
