Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Débat: "La part de fiction dans les images documentaires"

Dans le cadre d'une "Carte blanche à l'EHESS" des Rendez-vous de l'histoire de Blois, Rémy Besson et Audrey Leblanc, doctorants au Lhivic, proposent une rencontre-débat intitulée "La part de fiction dans les images documentaires", retransmise en direct (non archivé).

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W.J.T. Mitchell: "On ne nous arrêtera pas"

image L'un des principaux artisans de la création des visual studies, W.J.T. Mitchell (université de Chicago) est arrivé à Paris pour présenter son premier livre traduit en français, Iconologie, paru aux éditions Les Prairies ordinaires. Comme de juste, il a commencé sa tournée par un petit déjeuner à l'INHA, à l'invitation des étudiant(e)s du Lhivic.

Après avoir évoqué le dernier blockbuster, District 9, où les extraterrestres prennent l'apparence de crustacés et figurent la nouvelle menace des migrants, Tom Mitchell a présenté ses prochaines publications. Edité en collaboration, Critical Terms for Media Studies, ouvrage collectif à paraître aux Chicago Press début 2010, fera le point sur les évolutions récentes des medias studies. Cloning Terror est le titre du prochain essai consacré à la manipulation des représentations de la période Bush, que Mitchell caractérise par la fusion des récits du clonage et du terrorisme. En poursuivant sa réflexion sur l'aspect viral du clonage, il le décrit comme la métafigure des images du futur (voir ci-dessous, intervention du 11/09)

La conversation s'est poursuivie sur la prohibition des images dans les religions mosaïques (voir ci-dessous, intervention du 08/09), les métadonnées de la photographie numérique, les caractères du cameraphone, enfin sur l'avenir des visual studies. "We won't be stopped", a-t-il conclu, en encourageant les étudiant(e)s dans leurs recherches. Une première rencontre excitante et joyeuse qui donne le signal des travaux de l'année à venir, en attendant des débats plus formalisés.

Interventions de W.J.T. Mitchell

  • Mardi 8 septembre, 14h - "Idolatry: Nietzsche, Blake and Poussin", suivie d'une table ronde avec François Brunet, Catherine Bernard, Marie-José Mondzain, Marc Vernet, Maxime Boidy et Stéphane Roth, Institut Charles V, université Paris 7, 10, rue Charles V, 75004, Paris.
  • Mardi 8 septembre, 18h - Dialogue avec Jacques Rancière, Les Prairies ordinaires, 206 boulevard Voltaire, 75011 Paris.
  • Jeudi 10 septembre 2009, 18h30 - Conversation publique avec W.J.T. Mitchell, avec la participation de Philippe Bordes, Maxime Boidy et Stéphane Roth, INHA, galerie Colbert, 2, rue Vivienne, 75002 Paris.
  • Vendredi 11 septembre, 19h - "The Future of the Image", musée du Jeu de Paume, auditorium Concorde.

Réf. W.J.T. Mitchell, Iconologie. Image, texte, idéologie, traduit de l'américain par Maxime Boidy et Stéphane Roth, Paris, Les Prairies ordinaires, 2009, 24 €.

Un fautoreportage qui dit vrai

image A l'occasion du grand prix Paris Match 2009, Guillaume Chauvin et Rémi Hubert, étudiants aux arts déco de Strasbourg, ont soumis un photoreportage prétendument consacré à la dégradation des conditions de la vie étudiante. Copie conforme du catalogue des idées reçues médiatiques, leur projet accumule, dans un noir et blanc misérabiliste, les vues de jeunes gens obligés de se nourrir dans les poubelles ou poussés à la prostitution pour payer leur scolarité (voir illustration). Témoignant de la parfaite adéquation de cette proposition avec l'entendement journalistique, qui voit l'université comme un repaire de SDF, le jury a décerné le premier prix à ce bel exercice d'agit-prop, publié avec les honneurs dans le numéro de cette semaine (n° 2533 du 25 juin 2009).

Faux reportage, cette critique en acte du photojournalisme est d'une décapante justesse. Elle démontre le caractère conventionnel de la construction de l'actualité, tributaire de schémas caricaturaux, et prouve que les codes du photojournalisme sont parfaitement identifiables et reproductibles. Elle montre aussi comment la pratique quotidienne du journalisme visuel a inversé le schéma revendiqué d'un enregistrement objectif de l'événement. Au contraire, les images des deux strasbourgeois sont bel et bien construites comme les illustrations gravées du XIXe siècle, c'est à dire comme des projets iconiques, supports d'un récit préalable. La majorité de l'imagerie médiatique relève en réalité de ce modèle, et non du soi-disant témoignage sur le vif. Dépité de s'être fait prendre à son propre piège, l'organe de propagande du sarkozysme a finalement annulé le concours. Pour une démonstration aussi impeccable, pour leur humour et leur inventivité, le Lhivic décerne au contraire à Chauvin et Hubert les palmes avec félicitations du jury!

Soutenances de master au Lhivic

Soutenances publiques de master, le samedi 27 juin 2009, en salle Walter Benjamin, INHA, galerie Colbert, 2 rue Vivienne/6, rue des Petits Champs, 75002 Paris.

  • 10h - Marc Lenot, "Invention et retrait de l'artiste. L’exemple du photographe tchèque Miroslav Tichý", sous la direction d'André Gunthert, rapporteurs: Clément Chéroux (Centre Pompidou), Michel Poivert (université Paris 1).
  • 11h30 - Amélie Segonds, "Indexation visuelle et recherche d’images sur le Web. Enjeux et problèmes", sous la direction d'André Gunthert, rapporteur: Paul-Louis Roubert (université Paris 8).

Nota bene: Ces travaux seront mis en ligne sur le site du Lhivic après la soutenance.

Wilson Fellowship for MA Photographic History and Practice, De Montfort University

Communiqué. The Wilson Fellowship in Photographic History. Call for Applications. De Montfort University is pleased to announce the availability of one Wilson Fellowship for its new MA in Photographic History and Practice. The Fellowship offers £5,000 toward the defrayal of tuition and other costs related to the MA, and is open to all students UK, EU and International. To apply for the Wilson Fellowship, please submit a piece of recent writing on photographic history no longer than 10,000 words, in English, to the Admissions Committee. For applications to the MA, please contact Student Recruitment at the Faculty of Art and Design at artanddesign@dmu.ac.uk or apply online at www.ukpass.ac.uk. For questions about the MA programme or the Wilson Fellowship please contact Programme Leader, Dr Kelley Wilder.

The MA in Photographic History and Practice is the first course of its kind in the UK. It lays the foundations for understanding the scope of photographic history and provides the tools to carry out the independent research in this larger context, working in particular from primary source material. In addition to our collaboration with the Wilson Centre for Photography Studies in London, we will work with the collections of the National Media Museum, Bradford, the Central Library, Birmingham, the British Library and private collections throughout Britain. Students handle photographic material, learn analogue photographic processes, write history from objects in collections, compare historical photographic movements, and debate the canon of photographic history. They also learn about digital preservation and access issues through practical design projects involving Website and database design. Research Methods are a core component, providing students with essential handling, writing, digitizing and presentation skills needed for MA and Research level work. Further modules will encourage independent thinking in theory and in history writing, introduce students to methodologies commonly encountered in photographic history, and set the students on a course for finding their own MA dissertation topic. Students receive expert advice on the thesis topic of their choosing, which is written in the summer months and submitted in September, one year after the course begins, in the case of full time study, or two years in the case of part-time. For further details on the course and application process, please download a course brochure (pdf)

"Pratiques des images dans la société de l'information", 4e Ecole doctorale d'été

L’EHESS et TELECOM et Management SudParis (ex-INT) organisent en partenariat leur quatrième Ecole doctorale d’été à Porquerolles (Var), du 7 au 11 septembre 2009, sur le thème "Pratiques des images dans la société de l'information et de la connaissance". Destinée pour parts égales aux doctorants inscrits dans l'un des deux établissements, cette session de réflexion et de formation spécialisée peut accueillir éventuellement de jeunes chercheurs et des étudiants en master (si leur profil le justifie) dans la limite des places disponibles.

L'EHESS, à travers sa collaboration avec Telecom et Management SudParis, a voulu proposer chaque année, depuis 2006, à tous ses doctorants une école d'été sur "La société de l’information et de la connaissance". Cette école d'été est ouverte à dix étudiants de l'EHESS sélectionnés par un jury composé d'enseignants de l'EHESS et présidé par le responsable de la Direction de l'Informatique. Toutes les candidatures sont les bienvenues émanant des doctorants de l'Ecole sans discrimination.

Le dossier doit comporter un curriculum vitæ, une lettre de motivation, un résumé du sujet de recherche et une lettre de recommandation du directeur de recherches ou du tuteur du candidat. Il doit être adressé avant le lundi 22 juin 2009 à Francis Zimmermann.

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Le numérique au service de la recherche et de l’enseignement à l’EHESS

Une journée d’information proposée par le Cléo/Revues.org et la Direction informatique de l’EHESS, le mardi 26 mai 2009.

À la rentrée 2009, l'EHESS proposera un Environnement numérique de travail (ENT) permettant à l’ensemble des personnels et étudiants de disposer d’outils performants pour mieux communiquer, s’informer, se documenter et travailler en collaboration. De son côté, le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo) s’est engagé depuis plusieurs mois dans une diversification éditoriale le conduisant à proposer une plateforme d’édition électronique complète constituée d’espace de publication de collections de livres et de carnets de recherche, autant que de revues et d’annonces d’événements scientifiques.

La DISC et le Cléo s’associent pour présenter cette double actualité concernant des services et outils très complémentaires. La journée se déroulera en deux parties. La matinée articulera une présentation de ces outils à une réflexion sur l’instrumentation numérique du travail de recherche en sciences humaines et sociales. Elle se déroulera dans l’amphithéâtre. L’entrée est libre, mais l’inscription obligatoire. L’après-midi, des ateliers seront organisés en salle informatique pour ceux qui le souhaitent, où des démonstrations et exercices de manipulation seront organisés, aussi bien sur les outils proposés par la DISC au sein de l’ENT, que ceux proposés par le Cléo, en particulier sur sa nouvelle plateforme de carnets de recherche (Hypothèses). L’inscription aux ateliers est obligatoire et limitée à 18 places.

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La culture visuelle s'invite à Neuchâtel

14 heures d'enseignement répartis sur deux jours représentent sans nul doute une épreuve pour les étudiants. Pour le professeur, l'exercice revient à emprunter le rythme du marathon tout en essayant de maintenir pour chaque séquence la qualité du sprint. Une performance physique dont je suis sorti épuisé, mais ravi. Invité par Luc Debraine, journaliste au Temps, à inaugurer le premier cours de culture visuelle proposé par le nouveau master en journalisme et gestion des médias de l'université de Neuchâtel, j'étais partie prenante du programme original concocté par Vincent Kaufmann, qui compte parmi ses intervenants invités Catherine Bertho-Lavenir, Edwy Plenel ou Francis Pisani.

Elaboré a priori, mon plan de bataille a subi quelques modifications en cours de route. La confrontation avec un public neuf, éveillé et réactif, mais doté de points de repères différents de ceux auxquels je suis accoutumé au sein de mon labo, imposait une souplesse et la capacité d'adapter l'offre en temps réel. Au moment où une certaine technocratie nous chante les louanges de l'e-learning, entendue comme la réponse idéale à la pénurie organisée des formateurs, cette expérience m'a rappelé à quel point le rapport concret avec une classe est la condition essentielle de ce dialogue subtil, où l'on mesure par quelques signes discrets – un oeil qui s'allume, un rire, un bâillement, un soupir... –, la réaction de son auditoire à l'enseignement proposé.

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Journée d'études "La matérialité des images"

image Journée d'études du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), sous la direction de Gaby David, André Gunthert et Audrey Leblanc.
Vendredi 13 février 2009, salle Vasari, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris (entrée libre).

Programme

1. L'impulsion des sources (modération: André Gunthert)

  • 9h15. Ouverture.
  • 9h30. Cécile Nédélec, "André Jammes, collectionneur et historien de la photographie".
  • 10h. Fanny Lautissier, "Les archives photographiques face aux enjeux de la transition numérique".
  • 10h30. Estelle Blaschke, "Roger-Viollet/La Parisienne de photographie: la dimension économique du patrimoine visuel".
  • 11h. Marc Lenot, "Miroslav Tichy, le retrait de l'artiste".
  • 11h30. Amélie Segonds, "Recherche d'images et indexation visuelle: enjeux et problèmes".
  • 12h. Discussion.

2. Les supports de l'imaginaire (modération: Christian Delage)

  • 14h. Marie-Eve Bouillon, "Figures du tourisme. L'agence Neurdein et le Mont Saint-Michel".
  • 14h30. Audrey Leblanc, "Usages du document dans le photojournalisme. La construction de l'image de mai 1968".
  • 15h. Rémy Besson, "Le thème du train dans Shoah, entre agent de l'histoire et acteur du récit".
  • 15h30. Discussion et pause.
  • 16h30. Sarah Bertrand, "La viralité des vidéos en ligne. Etude de cas".
  • 17h. Gaby David, "Le camphone et la construction de l'automédialité".
  • 17h30. Fatima Aziz, "Partager l'identité. Usages du portrait sur Facebook".
  • 18h. Discussion.

EHESS: démission collective des élus SUD-étudiant

Depuis un an et demi nous sommes représentant-e-s des étudiant-e-s à l'EHESS au Conseil de l'école doctorale. Nous consacrons une partie de notre temps et de notre énergie à essayer de faire valoir les droits et les intérêts des étudiant-e-s (en master et en thèse) dans cette institution. Surtout nous tentons de faire respecter la possibilité d'une autre parole que celle des directeur-ice-s de recherche et de faire admettre que l'avenir de l'EHESS n'est pas dans les batailles internes entre laboratoires mais dans le développement des meilleures conditions de recherche possibles pour les étudiant-e-s.

Lors de la dernière réunion de l'école doctorale (juin 2008), qui devait aborder la modification de la charte des thèses, lorsque la question essentielle de l'encadrement des doctorant-e-s a été abordée, il ne restait plus que 4 responsables de formation au moment de la discussion (sur une quinzaine d’élus)... Les étudiant-e-s apprécieront donc le peu de cas que l'on fait de leurs préoccupations et de leur(s) condition(s) de travail (et de vie) dans les instances de l'EHESS. Cette réunion fut l'exemple paroxystique des obstacles qui nous sont opposés systématiquement depuis des années dès que nous essayons d'apporter une autre vision de ce que doit être l'EHESS. Sur des questions aussi déterminantes que la limitation du nombre de doctorant-e-s par directeur-ice, le soutien financier à la reproduction des thèses, l’intégration des doctorant-e-s dans les laboratoires, la médiation en cas de conflits entre doctorant-e et directeur-ice, nous avons été face à une opposition systématique pour faire avancer les choses. Bien que «scientifiques», nos directeur-ice-s ne prennent même pas le soin de motiver leurs réponses par des arguments autres que «ce n’est pas faisable», «nous refusons». On traite ainsi les représentant-e-s étudiant-e-s, et donc à travers eux l'ensemble des étudiant-e-s, avec trop de mépris, cherchant sans cesse à décrédibiliser leur parole. La violence symbolique, le rappel de la hiérarchie et les attaques personnelles sont les réponses qui nous sont le plus souvent infligées pour éviter les débats de fond et les véritables problèmes posés par l'absence de moyens et de suivi des étudiant-e-s. On nous répond trop souvent que les contraintes institutionnelles sont des obstacles insurmontables pour nos revendications mais à chaque réunion nous pouvons constater que ces mêmes contraintes institutionnelles sont facilement détournées et que les enseignant-e-s et l'administration s'en arrangent très bien quand ils le veulent.

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Comment citer les publications en ligne

image Les étudiants mentionnent désormais couramment les sources ou les études accessibles en ligne dans leurs travaux, dissertations ou mémoires. Je suis cependant frappé par la grande disparité de ces citations – qui peuvent aller, dans leur version la plus sommaire, du simple copier-coller de l'url jusqu'à des accumulations d'informations redondantes qui traduisent plus l'angoisse qu'une véritable maîtrise de ces ressources. Doit-on y voir la lenteur de l'adaptation des cours de méthodologie au nouvel environnement numérique? Une chose est sûre: l'absence d'uniformité de ces mentions trahit une grande incertitude sur la nature des contenus en ligne. Pour tenter d'y remédier, on peut formuler deux principes simples.

Une ressource en ligne est une publication. Le droit assimile tout contenu diffusé sur le web à une publication et le soumet aux mêmes règles que celles qui régissent la presse et l'édition. Il n'y a donc aucune raison de le traiter différemment d'un texte sur papier. Dans le cas d'une publication classique, l'élaboration d'une référence passe par l'identification de son auteur, du titre et du caractère de la publication (livre ou article), de sa date de publication et le cas échéant des numéros de page concernés. On appliquera donc les mêmes principes à la citation d'une ressource en ligne, quitte à recourir aux solutions traditionnelles pour pallier l'absence de tel ou tel élément ("anon." = auteur non identifié, "s.d." = sans date spécifiée, etc.).

La webographie fait partie de la bibliographie. On a pu voir il y a quelques années des listes séparant la bibliographie sur papier des ressources web. La mixité des sources et l'existence de ressources scientifiques en ligne rend cette méthode caduque. Aujourd'hui, une bibliographie complète comprend nécessairement la mention d'articles ou d'outils documentaires sur internet, qui voisinent avec des éditions classiques. Il convient donc d'homogénéiser autant que possible les différents types de références, de façon à en permettre la cohabitation.

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Bonnes nouvelles pour la rentrée du Lhivic

image Studieuse et chaleureuse. La réunion de rentrée des étudiants du Lhivic, le mercredi 15 octobre à l'INHA, a permis de renouer avec l'ambiance du séminaire après l'interruption estivale. Le pack soudé des aînés a accueilli les nouveaux dans la bonne humeur.

Il est vrai qu'il y avait de quoi se réjouir. Outre le rappel du programme d'enseignement 2008-2009, le plus riche depuis la création du laboratoire, plusieurs annonces permettaient de dessiner les contours d'une année captivante.

En premier lieu, après la participation du Lhivic à la IIIe école doctorale d'été organisée par l'EHESS et l'Institut Telecom, j'avais le plaisir d'annoncer que la thématique de l'édition 2009 sera consacrée aux "Pratiques de l'image dans la société de l'information", et que sa préparation s'accompagnera d'un séminaire-atelier à l'INHA dédié à l'exploration de ces problématiques, avec de nombreux invités (ouvert aux auditeurs libres, les 1er et 3e jeudis du mois, 17h-19h30, première séance le 20/11/08, INHA, salle Walter Benjamin).

Deuxième bonne nouvelle: la sélection par l'ANR (Agence nationale de la recherche) du projet "La production artistique en régime numérique", sous la direction de Philippe Le Guern, qui associe trois équipes: le laboratoire Georges Friedmann (Paris 1/CNRS), le Granem (université d'Angers), piloté par Dominique Sagot-Duvauroux, et le Lhivic (EHESS). Doté d'un budget de 200.000 euros sur trois ans, ce programme de recherche destiné à analyser les nouvelles économies de la musique et de l'image se concrétisera dès le mois de janvier prochain par un séminaire ouvert à tous (les derniers jeudis du mois, 17h-19h30, les 29/01, 26/02, 26/03, 30/04, 28/05, 25/06, INHA, 2 rue Vivienne, salle Walter Benjamin).

Ajoutons à ces annonces celle du colloque "L'histoire de l'art depuis Walter Benjamin" organisé par le CEHTA les 5 et 6 décembre prochains, ainsi que la journée d'études "La matérialité des images", proposée par le Lhivic le 13 février 2009 à l'INHA (salle Vasari), et l'on conviendra que la corbeille 2008-2009 a de quoi contenter les plus solides appétits.

Danah Boyd perdue pour l'université

Actuellement doctorante à Berkeley, Danah Boyd annonce sur son blog qu'elle rejoindra dès janvier prochain le centre de recherches Microsoft Research de Boston. On se réjouit pour l'une des plus brillantes chercheuses dans le domaine des web sciences que Tim Berners-Lee appelle de ses voeux (à lire notamment en français: "Pourquoi les jeunes adorent MySpace?", Médiamorphoses, n° 21, septembre 2007). Et on se désole pour l'institution de ne pas avoir été capable de retenir un cerveau de ce calibre. Un signe parmi d'autres que l'innovation est de moins en moins compatible avec un système d'abord préoccupé par sa propre reproduction.

Le Lhivic à la IIIe école doctorale d'été de l'EHESS

image La IIIe école doctorale d'été de l'EHESS et de Telecom & Management SudParis, consacrée à "La société de l'information et de la connaissance" (Porquerolles, 8-12 septembre 2008) a été une rencontre d'une exceptionnelle qualité. Organisée depuis 2006 pour favoriser l'échange entre chercheurs en sciences sociales et spécialistes des télécommunications, cette réunion a produit plusieurs synthèses précieuses, sur l'histoire croisée des systèmes d'information, sur les paradoxes de la nouvelle économie qu'ils engendrent, sur les convergences industrielles en gestation, sur les déplacements théoriques et culturels à l'oeuvre, ainsi que sur la place de l'image dans une industrie de la séduction. Loin d'être un gadget, l'agrément d'un site paradisiaque autant que la longue durée du colloque ont permis un vrai approfondissement des rencontres, dans une ambiance conviviale propice à l'échange. Le Lhivic était représenté par Gaby David, qui a présenté ses travaux sur les films réalisés au camphone, Fatima Aziz, qui commence une thèse sur le rôle de l'image dans les réseaux sociaux, et moi-même. En attendant de lire sur ARHV les multiples retombées issues de cette réunion, on peut en apercevoir dès maintenant l'album sur Flickr (les participants titulaires d'un compte peuvent ajouter leurs photographies au groupe Porquerolles doctorales).

MàJ. Voir le compte rendu par Pierre-Antoine Chardel et Gaby David sur le site du programme.

Pas de médaille pour Shanghai

Il faut s'y faire, il y a des marronniers auxquels on ne coupe pas. Après les départs en vacances, avant la rentrée scolaire, il y a depuis 2003 l'édition annuelle du classement de Shanghai. Un produit bien adapté aux fast-médias, grands consommateurs de palmarès, sondages et autres chiffrages qui ne mentent pas.

Pas sûr que le principe soit vraiment efficace dès qu'on sort de la compétition sportive. Pour comprendre ce que mesure un outil, il suffit de savoir ce qu'on y met. L'Academic Ranking of World Universities de l'université Jiao Tong est un bilan vite fait sur le gaz à partir de données disponibles en ligne, qui compile six critères élémentaires. Dont le nombre de prix Nobel (physique, chimie, médecine, littérature, paix) et de médailles Fields (mathématiques) parmi les anciens élèves d'une institution. (Comment, il n'y a pas de médaille Bourdieu en sociologie, pas de prix Georges-Duby de l'histoire, pas d'Oscar de l'anthropologie? Too bad!) Le nombre d'articles publiés dans Nature et Science. Le nombre d'articles indexés dans le Science Citation Index et le Arts and Humanities Citation Index (mais ni le Social Sciences Citation Index ni le ISI Web of Knowledge). Pas besoin de s'appeler Ducasse pour savoir quel goût aura le pâté. Disons pour aller vite que Shanghai est un indicateur de la science selon Jules Verne plutôt que d'après Bruno Latour.

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