En mettre plein les yeux et rendre "Apocalypse" irregardable
Par André Gunthert, mardi 22 septembre 2009 à 23:21 (3737 vues) :: Signalements
La série télévisée Apocalypse nous rend «visibles» un certain nombre de documents relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Nous les rend-elle regardables, «lisibles», pensables, compréhensibles pour autant? Quelle est donc sa position ? Les réalisateurs, les producteurs et les directeurs de programme se sont contentés d’adopter une posture typique du monde commercial, l’autocélébration : projet «pharaonique», émission «miracle», «révélation» de l’histoire… On a remonté des archives visuelles en leur restituant, dit-on, «une qualité d’image tout simplement époustouflante ! De quoi convaincre tout le monde !» (dixit Daniel Costelle, l’auteur du commentaire). La chaîne de télévision, de son côté, a réussi la prouesse de transformer une «commémoration» – le soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la guerre – en cet «événement» nommé prime time.
Par Georges Didi-Huberman, Ecrans, 22/09/2009.
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Les éditions de Minuit annoncent la parution de: Quand les images prennent position. L'Oeil de l'histoire. 1, par Georges Didi-Huberman, dans la collection "Paradoxe", 268 p. ill., 22,50 €.


Ni histoire ni anthropologie de l’empreinte, ce livre issu du catalogue de l'exposition "L'Empreinte", présentée au centre Pompidou en 1997, propose, sous la forme d’une promenade socratique, une exploration de tous les bords de l’image, lorsque celle-ci se refuse à faire œuvre. Des masques mortuaires à “Feuille de vigne femelle” de Marcel Duchamp, en passant par la Véronique, le Saint-Suaire, les moulages ou les cires anatomiques, Didi-Huberman déploie un ensemble de figures rétives à l’histoire de l’art où, dans l’articulation complexe qu’elles proposent des questions de la ressemblance, de la multiplication et de la technique, l’on peut voir se dessiner une véritable archéologie de la pratique photographique – en butte au même rejet de la part des instances de l’art, pour des motifs similaires. Outre qu’il présente l’intérêt de montrer la permanence de problématiques que l’on croyait à tort liées au seul site photographique, cet essai fournit un intéressant guide méthodologique pour penser ce qui apparaît bien comme une très particulière catégorie de représentations. Insistant sur la valeur heuristique de l’empreinte, attentif à l’ensemble de ses aspects procéduraux, Didi-Huberman démontre en effet l’extrême richesse de ce modèle, dont la particularité tient moins à son essence indiciaire qu’aux multiples effets de lecture et de réception culturelle dans lesquelles elle est prise.
Les éditions Gallimard annoncent la parution de:
Les éditions de Minuit annoncent la parution de:
