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Par André Gunthert, lundi 15 juin 2009 à 13:08 (1787 vues) :: Médias
Intéressant billet de Guillermo sur Radical chic, qui souligne la floraison de commentaires accompagnant les théories pour expliquer l'accident du vol AF 447. «Ainsi au début, quand les médias nous servaient la foudre, on se battait pour savoir si les avions modernes faisaient cage de Faraday ou non, et on s'élevait contre les matériaux composites! Ensuite il a bien fallu constater que la recherche des boites noires serait ardue, sinon impossible, permettant à un commentateur de proposer des "boites noires éjectables et insubmersibles" (sic). Enfin maintenant que la mesure de vitesse est sur la sellette, on s'emporte contre un dispositif inventé au XVIIIeme siècle, et pourquoi pas par GPS comme pour ma bagnole (ah, ça existe déjà), et qu'est c'qu'ils foutent les ingénieurs?»
Résumons. Quinze jours après l'accident, on ne sait toujours pas quelles en sont les causes. La marche "à vide" de la machine médiatique dans les premiers jours qui ont suivi le crash n'en apparaît qu'avec plus de clarté. Nombreux, sur le net, ont souligné le malaise suscité par l'application aveugle des réflexes interprétatifs à un cas où l'on ne disposait pas d'informations suffisantes pour les étayer. Du point de vue de la critique des médias, il aurait mieux valu jouer profil bas, être plus mesuré ou plus modeste dans le commentaire. Mais sur un plan d'observation anthropologique, la disproportion entre l'information pertinente et un traitement surabondant a produit une expérimentation grandeur réelle du système médiatique, permettant de souligner des traits habituellement moins apparents.




Si les photographies illustrant les documents électoraux fournissent une indication sur la campagne des européennes, c'est à coup sûr celle de la complexité du scrutin. Entre les portraits des candidats flanqués de soutiens qui ne figurent pas sur la liste (PS, Modem, Front de gauche), le collage hâtif sous Photoshop de personnalités qui n'ont jamais posé ensemble (UMP, NPA), ou les vignettes vaguement découpées dans des photos de famille (Alliance écologiste indépendante), on peut observer l'éventail des difficultés suscitées par la géométrie d'associations improbables, qu'aucun portrait de groupe ne réussit à résoudre.
Quand on a raison, on ne peut pas avoir tort. C'est apparemment en application de ce profond syllogisme que le régime et ses adeptes sont en train de perdre tout sens de la mesure. Amusante et caractéristique, 



