Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

EHESS: quelle politique pour préserver la recherche?

image Un nouveau président de l’EHESS, ou une nouvelle présidente, sera élu(e) le 7 mars 2009. Face aux difficultés de plusieurs ordres que l’Ecole va avoir à surmonter, il est indispensable que les candidats se déclarent suffisamment tôt pour pouvoir se prononcer sur le débat concernant la place et la politique de notre établissement durant la prochaine mandature. En effet, de lourdes menaces pèsent sur les institutions, les activités et les personnels de la recherche en France. Les réformes actuelles dessinent un projet général qui transforme en profondeur l’enseignement supérieur et la recherche, tant dans leur fonctionnement que dans leurs fondements intellectuels, ce dont l’Ecole ne peut pas se désintéresser. La loi LRU ne la laissera pas de côté, et les conséquences de son application signifieront une dénaturation de notre travail. Si les incertitudes sont grandes quant aux objectifs concrets que le gouvernement vise précisément, nous en savons cependant assez pour voir à l’œuvre derrière ces réformes une logique économique et managériale d’ensemble incompatible avec un certain nombre de principes qui sont à la base de notre activité, notamment l’autonomie des chercheurs et la collégialité.

La prochaine présidence de l’Ecole aura, selon toute vraisemblance, à faire face à des initiatives de plus en plus autoritaires du gouvernement pour imposer ce nouveau paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons identifié cinq thèmes liés entre eux, pour lesquels des évolutions sont d’ores et déjà perceptibles, sur lesquels de nouvelles offensives sont à craindre, et qui déterminent le contexte de l’élection. C’est pourquoi il nous semble important que les candidat(e)s à la présidence prennent position sur ces questions, en présentant les principes généraux qui fonderont leur action et la stratégie qu’ils comptent adopter sur les différentes questions qui préoccupent les enseignants-chercheurs, chercheurs et ITA, à l’Ecole et plus largement. Nous demandons que ces thèmes soient intégrés au débat qui s’est ouvert dans notre établissement.

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La direction du département SHS démissionnée par la direction générale du CNRS

Les directeurs d'unités SHS (sciences humaines et sociales) des délégations Provence-Corse et Nice-Sophia Antipolis étaient réunis ce lundi 1er septembre en présence de la directrice du département SHS, Marie-Françoise Courel, et de trois directeurs adjoints des départements scientifiques (DSA).

Nous avons appris en séance que la présidente du CNRS venait de demander à la directrice du département SHS de mettre un terme à son mandat "le plus rapidement possible", dans les jours qui viennent. Nous apprenons également que tous les DSA du département SHS sauf un ont décidé, par solidarité, de démissionner de leurs fonctions.

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Recherche française: la planète des singes?

Sur la planète des singes, les derniers hommes pleurent la disparition de ce qui fut leur civilisation. Telle pourrait être l'image préfigurant le devenir des chercheurs français en sciences humaines et sociales, qui seront peut-être les derniers d'un monde autrefois florissant.

Ce n'est pas d'hier qu'on annonce la mort des SHS. Aussi bien s'agit-il d'un processus engagé de longue date. Mais les dernières évolutions de la discussion au sein du CNRS pourraient précipiter l'issue fatale. Répondant à la feuille de route imposée par Valérie Pécresse, la présidente de l'institution, Catherine Bréchignac, a confié jeudi 27 mars à l'intersyndicale qu'elle «ne se battrait pas (contre le ministère) pour conserver les SHS au sein du CNRS».

Selon une source syndicale: «La situation semble être la suivante: le gros de la section 31 (les préhistoriens, pour faire bref) rejoindraient (malgré eux!) le nouvel institut du développement durable, tandis que le nouvel institut des SHS regrouperait les instituts français à l'étrangers, l'archéologie (avec une redéfinition du périmètre par rapport à l'INRAP), et les très rares labos SHS qui ont du gros équipement; tout le reste partirait dans les universités. (...) Sachant que la LRU a établi la libre modulation des services par le conseil d'administration, sachant que le rapport Attali a clairement dit qu'il fallait supprimer le statut de chercheur, et sachant enfin que le plan licence créée un volume d'enseignements supplémentaires sans création de postes, il n'est pas difficile de voir ce qu'il adviendra des chercheurs CNRS reversés dans les universités: on leur collera des heures de cours, dans le seul objectif de faire des économies budgétaires (particulièrement visées s'agissant de disciplines fondamentales, non professionnalisantes, donc largement inutiles aux yeux du ministère).»

La conclusion coule de source: «Sachant que les SHS, ce sont au CNRS 3600 personnes, autant dire que nos disciplines ne recruteront plus pour au minimum la décennie à venir, tous les besoins d'enseignement étant largement couverts. Autant dire qu'il ne fait pas bon être doctorant SHS aujourd'hui, et qu'il n'y en aura plus demain, faute de toute perspective de carrière. Or une discipline qui ne se renouvelle pas dans son personnel est une discipline qui meurt.»

Chère Catherine...

Valérie Pécresse a envoyé à la direction du CNRS une lettre de mission précisant les grandes orientations et évolutions attendues de l'organisme. Copie ci-dessous.

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Menaces de transfert des chercheurs du CNRS à l'université

Communiqué de presse SNCS-FSU

Selon des fuites, d'origine ministérielle de haut niveau, le gouvernement aurait décidé de transférer la totalité des chercheurs du CNRS vers les universités. Cette mesure revient à décapiter le CNRS qui deviendrait, comme l'a annoncé Sarkozy dans son programme, une agence de moyens sans personnel chercheur. C'est un coup bas donné à la recherche française dont une grande partie s'est, depuis 60 ans, structurée et développée autour de cet établissement largement reconnu au niveau national et international.

Le SNCS ne laissera pas le gouvernement détruire les organismes de recherche. Dès maintenant, le SNCS alerte les personnels de la recherche et des universités. Il demande, de toute urgence, aux autres syndicats de réunir l'intersyndicale de la recherche et de l'enseignement supérieur pour envisager les actions à mener.

Le SNCS appelle tous les personnels à alerter la population et tous les élus de la nation.
Meudon, le 21 juin, 18 heures.

Le musée achéménide à l'honneur

image Il y avait foule pour écouter la présentation du Musée achéménide par son créateur, Pierre Briant, mercredi 28 février à l'INHA, à l'occasion de la rencontre-débat "L’image, l’histoire de l’art et le web". Unique en son genre, cette ressource en ligne propose l'accès aux reproductions en haute définition de plus de 8000 objets d’époque achéménide (550 à 330 avant J.-C., entre Indus et Méditerranée), conservés dans des dizaines de musées dans le monde (Bibliothèque Nationale de France, British Museum, glyptothèque de Munich, etc.). Une interface remarquable permet de procéder à une observation détaillée des pièces et de conserver la mémoire de ses recherches sur le site. “Un cabinet d’étude plus encore qu’un musée”, selon la formule de Corinne Welger-Barboza qui, par une heureuse coïncidence, consacre au même moment un article détaillé à ce programme exceptionnel dans les colonnes de l’Observatoire critique (également présent à la rencontre-débat). L'application mise au point par José Paumard (Paris XIII), sous l'égide du Collège de France et du CNRS, sera bientôt disponible en libre accès pour servir à d'autres projets.

Référence: http://www.museum-achemenet.college-de-france.fr/

Comment obtenir un poste au CNRS

Actualités de la science. La course aux postes est dure pour les jeunes chercheurs français. Chaque année, 10.000 docteurs soutiennent leur thèse, mais moins de 3.000 d'entre eux intègreront l'enseignement supérieur et la recherche. Voici une information qui ne manquera pas de les intéresser. Une nouvelle filière vient d'être créée au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), réservée aux titulaires de l'agrégation. La procédure pour obtenir le poste consiste à publier dans le Figaro, célèbre publication savante, un article consacré à un sujet brûlant qui excite les passions. Sur le plan du cadre de recherche, il est conseillé de recourir aux thématiques porteuses dégagées par les principaux instituts de référence (AFP, TF1): racisme, sexe, criminalité, choc des civilisations, terrorisme, islamisme, communisme, etc. On sera attentif aux interactions de ces diverses topiques: leur panachage est recommandé. Sur le plan méthodologique, il est suggéré de recourir à des jugements à l'emporte-pièce ainsi qu'à des antithèses sommaires, dont le caractère expéditif permettra d'économiser toute forme de preuve et de couper court à toute procédure de vérification.

Exemple: Aucune des fautes de l'Eglise ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine. La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Faire parvenir les dossiers à la direction du CNRS par l'intermédiaire des services du GIGN.

Les films lauréats du prix d'anthropologie visuelle

L'Image en Sciences Sociales (EHESS) et CNRS Images vous invitent à une projection des films des lauréats du prix d'anthropologie visuelle

Le 22 novembre 2006 à 17h30
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Amphithéâtre, 105 bd Raspail, 75006 Paris

  • Frédérique DEVILLEZ, La vie de Château (Belgique)

Au "Petit Château" règne l'attente. Dans ce centre d'accueil de Bruxelles au nom insolite, des demandeurs d'asile du monde entier comblent le temps en attendant de savoir si leur demande sera acceptée. Comme dans les Mille et une nuits, le temps peut se filer en racontant... (durée: 50').

  • Yu-I KUO, Lointain soleil sur les Akha (Chine)

La vie rurale et urbaine en milieu akha, non loin de la frontière birmane, dans la province de Hunan, en Chine. Un journal de terrain avec quelques scènes exceptionnelles de séances shamaniques décrites en situation spontanée. Un équilibre intéressant entre observation et subjectivité (durée: 51').

  • Michel TABET, Nabatieh 2006 ou les larmes de l'Imam Hussein (Liban)

Chaque année, la ville de Nabatieh commémore le martyre de l'Imam Hussein. Ce film propose une incursion dans les cérémonies de février 2006. Il s'inscrit dans le cadre d'une recherche en anthropologie visuelle et décrit la diversité des gestes et des représentations qui caractérisent les cérémonies publiques d'Achoura dans cette ville du Liban-Sud (durée: 50').

Où en est l'édition électronique française en SHS?

image A l'occasion du 16e Salon de la revue, se tenait samedi un débat intitulé: "Revues de sciences humaines au temps d'Internet: quelles promesses? Quelles menaces?" Les questions d'édition électronique ne sont pas qu'une préoccupation de technophiles aux yeux abîmés par leurs écrans gris. Mais un enjeu crucial de la vie intellectuelle et scientifique des prochaines années. La salle était pleine. Quoi d'étonnant? Le public venait chercher une information introuvable dans la grande presse, aujourd'hui bien trop préoccupée par sa survie pour consacrer l'énergie nécessaire à comprendre et à expliquer cette nouvelle tectonique des plaques. Aucun journaliste ne s'était déplacé. Ce n'est donc ni dans les colonnes du Monde ni dans celles de Libération qu'on lira la nouvelle de la liquidation par le CNRS du projet qui devait être le vaisseau amiral de l'édition électronique française en sciences humaines, le CENS (Centre d’édition numérique scientifique), abandonné avec armes et bagages après l'échec constaté de toutes les missions et entreprises qui lui avaient été attribuées il y a deux ans, soit un gaspillage d'argent public que la rumeur évaluait hier dans les allées du Salon à deux millions d'euros. Chacun des participants à la table ronde n'a eu que quelques minutes pour s'exprimer, aussi profiterai-je de ce compte rendu pour commenter ou détailler à ma façon les aspects qui me paraissent utiles. Pardon à mes collègues de débat pour mes omissions ou mes interprétations fautives, qu'ils auront tout loisir de corriger ou de contredire en commentaires.

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Ressources en ligne: HAL-SHS

image Désormais, les sciences humaines et sociales ont leur dépôt d'articles, déposés par les chercheurs eux-mêmes: HAL-SHS (Hyper Article en Ligne - Sciences de l'Homme et de la Société). Derrière cette dénomination qui évoque l'ordinateur fou et presque humain de 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, se cache une initiative majeure du Centre pour la communication scientifique directe (CCSD) et du département des Sciences de l'homme et de la société du CNRS, avec la participation de l'Institut des sciences de l'homme. Chaque chercheur - qu'il soit ou non employé par le CNRS - est invité à déposer ses écrits au format PDF, RTF ou autre, dans cet entrepôt virtuel, et chaque responsable de laboratoire est habilité à authentifier ces textes comme relevant bien de son centre de recherche. Mettant déjà en ligne plus de 2000 articles, HAL-SHS est appelé à devenir un lieu incontournable de la recherche francophone.
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Source: L'Album des sciences sociales, 26/10/2005.
Référence: http://halshs.ccsd.cnrs.fr

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