Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Les sorciers de l'info

image Narvic a fermé son blog quelques jours trop tôt. Avec le vol AF 447, on voit très bien que l'idée du lien entre journalisme et information est une croyance étrange. L'information pertinente, dans le cas de la disparition de l'Airbus, tenait hier en peu de mots. Beaucoup moins que les tombereaux d'avis, enquêtes, flashes et interviews de toutes sortes qui ont envahi les JT, dont l'Ashram de Swâmi Petaramesh propose un relevé sans complaisance.

C'est dans un commentaire de ce blog qu'apparaît l'explication de cette avalanche de balivernes. «On n'a rien à montrer: pas d'épave, de corps, rien de rien. C'est ce vide qui est insupportable et que l'on cherche à combler, pas seulement parce qu'il faut "vendre du papier" mais aussi que la perte de sens pour une tragédie est foncièrement intolérable», explique Enikao pour justifier l'hystérie. Ce qui ne contredit en rien le billet de Swâmi. Non, il n'y avait aucune information utile dans cette boulimie d'air en conserve. Et pourtant, l'exercice a bien une utilité sociale tout à fait cruciale. Consacrer 30 minutes à brasser du vide est inexplicable si l'on juge uniquement du point de vue de l'info. Mais devient parfaitement compréhensible au regard du rituel qu'est devenu le spectacle de l'information. A quoi bon étendre à l'infini une information si ténue qu'elle tient en quelques phrases? Nous l'avons vécu en direct le 11 septembre. A ce moment, la télévision sert à rassembler le groupe. Elle devient une grande église, un lieu du partage de la souffrance, où l'on ressasse le traumatisme, en psalmodiant des prières. Qui croit encore que ce rituel a quelque chose à voir avec l'info? Il est le geste par lequel la nation s'incline. Sa durée n'a rien à voir avec la quantité d'informations que les journalistes ont à délivrer, mais est rigoureusement proportionnelle à l'ampleur symbolique de l'événement.

Ce journalisme du deuil dit l'essentiel de ce que sont devenus les médias. Quelque chose qui a peu à voir avec la gestion rationnelle d'une information objective. Plutôt une instance de production de rituels collectifs. Répondre à la peur du vide a du sens. Un sens que connaissent bien les spécialistes des sociétés primitives. Il s'agit d'une conjuration magique, d'une danse autour du totem. Le jour où les journalistes prendront conscience de ce rôle-là, ils auront enfin compris à quoi ils servent.

Séminaire "Recherches en histoire visuelle", séances de juin

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Ci-dessous le programme des dernières séances de l'année du séminaire "Recherches en histoire visuelle". Les auditeurs libres sont admis dans la limite des places disponibles.

  • 4 juin: projection de Godzilla (1954, Ishirô Honda, version japonaise originale sous-titrée en anglais, distribution British Film Institute[1]), commentée par Claude Estebe.
  • 11 juin: "Des images cousues main: la fabrique de l'authenticité dans l'histoire vivante médiévale", par Antinea Leroy.
  • 18 juin: "Man will Conquer Space Soon. La concrétisation par l'image", par André Gunthert.
  • 25 juin: "L'identification biométrique. Comment? Pourquoi?" par Bernadette Dorizzi.

Les jeudis, 17h-19h30, salle Walter Benjamin, INHA, galerie Colbert, 2 rue Vivienne/6, rue des Petits Champs, 75002 Paris (métro: Bourse).

Illustration: Chesley Bonestell, vaisseau spatial à étages (d'après Wernher von Braun), illustration de couverture, Collier's magazine, 22 mars 1952.

Notes

[1] A noter: Contrairement aux Etats-Unis, où les dispositions du fair use protègent les usages d'enseignement et de recherche, en France, ce film n'existe pas et il est impossible de le montrer. Selon les accords négociés avec les sociétés d'ayants-droits dans le cadre de la loi DADVSI, la projection intégrale d'une oeuvre protégée n'est pas autorisée (mais seulement des extraits de 6 minutes), de même qu'est interdite la projection de DVD du commerce acquis par le professeur. Toutefois, dans le cas de la version originale de Godzilla, ce film n'étant pas distribué en France, il n'est pas possible de requérir ni de visionner une copie dans le cadre défini par la loi. En un mot, comme je l'avais déjà signalé ici, le dispositif légal existant est parfaitement inadapté à la cinéphilie et aux études visuelles. Un rapport ministériel rendu public en décembre 2007 a reconnu officiellement que ces dispositions étaient impossibles à mettre en oeuvre et jamais appliquées en pratique.

Wilson Fellowship for MA Photographic History and Practice, De Montfort University

Communiqué. The Wilson Fellowship in Photographic History. Call for Applications. De Montfort University is pleased to announce the availability of one Wilson Fellowship for its new MA in Photographic History and Practice. The Fellowship offers £5,000 toward the defrayal of tuition and other costs related to the MA, and is open to all students UK, EU and International. To apply for the Wilson Fellowship, please submit a piece of recent writing on photographic history no longer than 10,000 words, in English, to the Admissions Committee. For applications to the MA, please contact Student Recruitment at the Faculty of Art and Design at artanddesign@dmu.ac.uk or apply online at www.ukpass.ac.uk. For questions about the MA programme or the Wilson Fellowship please contact Programme Leader, Dr Kelley Wilder.

The MA in Photographic History and Practice is the first course of its kind in the UK. It lays the foundations for understanding the scope of photographic history and provides the tools to carry out the independent research in this larger context, working in particular from primary source material. In addition to our collaboration with the Wilson Centre for Photography Studies in London, we will work with the collections of the National Media Museum, Bradford, the Central Library, Birmingham, the British Library and private collections throughout Britain. Students handle photographic material, learn analogue photographic processes, write history from objects in collections, compare historical photographic movements, and debate the canon of photographic history. They also learn about digital preservation and access issues through practical design projects involving Website and database design. Research Methods are a core component, providing students with essential handling, writing, digitizing and presentation skills needed for MA and Research level work. Further modules will encourage independent thinking in theory and in history writing, introduce students to methodologies commonly encountered in photographic history, and set the students on a course for finding their own MA dissertation topic. Students receive expert advice on the thesis topic of their choosing, which is written in the summer months and submitted in September, one year after the course begins, in the case of full time study, or two years in the case of part-time. For further details on the course and application process, please download a course brochure (pdf)

"La prolongation de ma détention est une petite vengeance"

— Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation? — Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents s'est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d'un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs "prisons du peuple" en nous assommant de questions où l'absurde le disputait à l'obscène. Celui qui semblait être le cerveau de l'opération s'excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c'était de la faute des "services", là-haut, où s'agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité.

Par Julien Coupat (propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot), Le Monde.fr, 25/05/2009.
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Journée de rencontres européennes: "Pour une autre Europe du savoir"

Journée de rencontres européennes, organisée par le collectif Printemps 2010, samedi 30 mai 2009, au CentQuatre, 104 rue d’Aubervilliers, 75009 Paris (M° Riquet/Crimée ligne 7 ou Marx-Dormoy ligne 12; bus 519).

Les réformes engagées en France concernant l’enseignement supérieur et la recherche sont la déclinaison nationale d'un projet européen (Lisbonne 2000) déjà fortement engagé dans la plupart des autres pays européens. Le collectif "Printemps 2010", ensemble d’organisations résolues à contester et combattre la mainmise du marché sur l’enseignement supérieur et la recherche vous invite à participer à la journée "Pour une autre Europe du savoir".

Au cours de cette journée, des collègues européens viendront présenter la situation dans leur propre pays et montreront quels sont les dangers au quotidien de ce processus. Nous débattrons ensuite de l’organisation d'un contre-sommet qui aura lieu pendant le sommet des chefs d’État mi-mars 2010. Pendant qu’ils discuteront d'un "Lisbonne 2", il nous faudra pouvoir proposer un autre avenir pour l’enseignement supérieur et la recherche en Europe.

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Qui peut encore s'opposer à Nicolas Sarkozy?

Evidemment, c'est dans Slate.fr. Tout est dans le titre: "La méthode Bayrou décortiquée". Un intitulé gage d'analyses profondes et de révélations décoiffantes, de refus du conformisme et de critique sans concessions. Ca se gâte quand on s'aperçoit que l'auteur n'est autre que l'un des principaux bonimenteurs du régime, Jean-François Copé, dont on peut vérifier à chaque apparition télé à quel point il est respectueux de sa propre promesse (J'arrête la langue de bois, Hachette Littératures, 2006). La lecture du papier confirme ce qu'on pouvait attendre d'un adversaire politique en service commandé: un enfumage sans surprise, qui se contente pour tout décryptage d'un rappel à la chronologie: Bayrou était partisan de Balladur en 1995, ha ha, comment peut-on se contredire à ce point?

Atteindre un tel stade de niaiserie ne mériterait pas une once de curiosité, si cette pseudo-analyse n'était somme toute révélatrice de la réception du livre de Bayrou dans la presse. De France-Inter au Figaro, la parution d'Abus de pouvoir (Plon, 2009) a été décrite sur un mode exclusivement politicien, à partir des réactions enregistrées au PS ou à l'UMP, saupoudrées de souvenirs du Coup d'Etat permanent de Mitterrand. Un sondage opportunément réalisé par Opinionway pour Le Figaro-LCI est venu coiffer cette vision expéditive en conférant au président du Modem la palme de «premier opposant» à Sarkozy.

Soit. Mais opposant à quoi? Opposant pourquoi? Cette question ne semble pas effleurer les éditorialistes, dont la grille de lecture réduit tout débat au seul schéma de la guerre de position des partis. Bayrou pourrait tout aussi bien avoir publié un paquet de feuilles blanches, ils n'en seraient pas autrement troublés.

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"Pratiques des images dans la société de l'information", 4e Ecole doctorale d'été

L’EHESS et TELECOM et Management SudParis (ex-INT) organisent en partenariat leur quatrième Ecole doctorale d’été à Porquerolles (Var), du 7 au 11 septembre 2009, sur le thème "Pratiques des images dans la société de l'information et de la connaissance". Destinée pour parts égales aux doctorants inscrits dans l'un des deux établissements, cette session de réflexion et de formation spécialisée peut accueillir éventuellement de jeunes chercheurs et des étudiants en master (si leur profil le justifie) dans la limite des places disponibles.

L'EHESS, à travers sa collaboration avec Telecom et Management SudParis, a voulu proposer chaque année, depuis 2006, à tous ses doctorants une école d'été sur "La société de l’information et de la connaissance". Cette école d'été est ouverte à dix étudiants de l'EHESS sélectionnés par un jury composé d'enseignants de l'EHESS et présidé par le responsable de la Direction de l'Informatique. Toutes les candidatures sont les bienvenues émanant des doctorants de l'Ecole sans discrimination.

Le dossier doit comporter un curriculum vitæ, une lettre de motivation, un résumé du sujet de recherche et une lettre de recommandation du directeur de recherches ou du tuteur du candidat. Il doit être adressé avant le lundi 22 juin 2009 à Francis Zimmermann.

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Vie et mort du buzz

Après le tsunami "Susan Boyle", le clip dénudé de Make The Girl Dance a relancé la question du buzz. Que désigne-t-il exactement? Est-il ou non spécifique à internet? Peut-on parler de vrai ou de faux buzz? Que signifie le recours à ce terme dans les médias?

Si l'on s'en tient à l'étymologie, façon Wikipedia, la question est vite réglée: issu du monde du marketing, le mot "buzz" (bourdonnement) désigne la propagation rapide d'un signalement par des moyens non institutionnels - typiquement: le bouche à oreille. Selon cette origine, le buzz est donc forcément plurimédia et ne concerne pas exclusivement internet, qui n'est qu'un canal de diffusion parmi d'autres.

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Médiatisation du mouvement universitaire

Que retenir d’un débat sur "La médiatisation du mouvement universitaire" réunissant des universitaires (Valérie Robert, Cyril Lemieux, Sophie Pène et moi-même) et des journalistes (Jade Lindgaard de Mediapart, Sylvestre Huet de Libération, Luc Cédelle du Monde et Ixchel Delaporte de l’Humanité)? Au moins trois conceptions du journaliste, sinon du journalisme. Ou à tout le moins du journalis(m/t)e d’opinion. Soit dit en passant, je ne livre ici qu’un point de vue subjectif sur «ma» perception du débat, lequel point de vue est donc à ranger dans la catégorie «billet d’opinion», n’allez pas en tirer de généralisations hâtives.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 18/05/2009.
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Le numérique au service de la recherche et de l’enseignement à l’EHESS

Une journée d’information proposée par le Cléo/Revues.org et la Direction informatique de l’EHESS, le mardi 26 mai 2009.

À la rentrée 2009, l'EHESS proposera un Environnement numérique de travail (ENT) permettant à l’ensemble des personnels et étudiants de disposer d’outils performants pour mieux communiquer, s’informer, se documenter et travailler en collaboration. De son côté, le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo) s’est engagé depuis plusieurs mois dans une diversification éditoriale le conduisant à proposer une plateforme d’édition électronique complète constituée d’espace de publication de collections de livres et de carnets de recherche, autant que de revues et d’annonces d’événements scientifiques.

La DISC et le Cléo s’associent pour présenter cette double actualité concernant des services et outils très complémentaires. La journée se déroulera en deux parties. La matinée articulera une présentation de ces outils à une réflexion sur l’instrumentation numérique du travail de recherche en sciences humaines et sociales. Elle se déroulera dans l’amphithéâtre. L’entrée est libre, mais l’inscription obligatoire. L’après-midi, des ateliers seront organisés en salle informatique pour ceux qui le souhaitent, où des démonstrations et exercices de manipulation seront organisés, aussi bien sur les outils proposés par la DISC au sein de l’ENT, que ceux proposés par le Cléo, en particulier sur sa nouvelle plateforme de carnets de recherche (Hypothèses). L’inscription aux ateliers est obligatoire et limitée à 18 places.

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Comment marche la police de la pensée

Quand on a raison, on ne peut pas avoir tort. C'est apparemment en application de ce profond syllogisme que le régime et ses adeptes sont en train de perdre tout sens de la mesure. Amusante et caractéristique, l'intrusion de Jean-Luc Hees, nouveau PDG de Radio-France, qui, pour mieux faire résonner les trompettes de la liberté d'expression, s'invite en direct sur un plateau de France-Inter - et administre en personne la preuve du contraire. Triste et non moins typique, le cas de cet enseignant inculpé de "tapage injurieux" pour avoir crié «Sarkozy, je te vois!» lors d'un contrôle d'identité. Qu'Eolas commente en ces termes: «Brandir un écrit qui critique implicitement mais clairement le président est une offense. Crier une critique de la politique sécuritaire voulue par le président est un tapage injurieux. Prochaine étape: une pensée désobligeante sera-t-elle une atteinte à l'autorité de l'État?»

Pour compléter la liste de ces abus de pouvoir qui, de Julien Coupat à Jérôme Bourreau Guggenheim, n'en finit pas de s'allonger, voici un exemple tiré du conflit universitaire. Répliquant à un tract appelant à la mobilisation contre la «casse du service public», le président de l'université Paris 5 a envoyé un courrier collectif pour morigéner ses troupes. Mais il a laissé à dessein dans son e-mail la copie du signalement initial, adressé par un membre du cabinet de Valérie Pécresse à un professeur:

«Pourrais-tu faire passer ce tract envoyé à tous les étudiants de P5 selon nos sources par L***, psychologue social à Paris 5, à ton président de ma part. (...) C'est surprenant de vérité et d'élévation du débat. Il mérite au moins la légion d'honneur pour ce haut fait de bravoure dans un pays où le fascisme est au coin de la rue et où il n'y a pas eu pire texte depuis Vichy (Molinié). Mon cher H***, comment a t-on formé ces gens? Par quel miracle sont-ils devenus enseignants?»

Outré par des réactions qui osent remettre en cause les réformes salvatrices, le conseiller réfléchit à haute voix. «Comment a-t-on formé ces gens?» Comment peut-on s'opposer au chemin glorieux de la "modernisation" de l'université? Impensable. Incompréhensible. Et pour signifier sa désapprobation, il envoie un courrier de dénonciation nominatif destiné à faire pression, par la voie hiérarchique, sur l'auteur dudit tract. Par bonheur, l'enseignant n'a pas été licencié, comme à TF1, mais le cheminement du blâme comme sa motivation sont rigoureusement semblables.

La certitude du "TINA" (There Is No Alternative), que les ouvriers du néolibéralisme ont distillé avec le lait des réformes[1], est la raison qui explique ces dérapages étranges, aussi confondants de naïveté que dédaigneux des règles démocratiques. Tous ceux qu'ils n'ont pas réussi à convaincre, en revanche, ont le sentiment que c'est cette certitude qui conduit de l'intimidation à la censure, de la censure au délit d'opinion. Si le fascisme n'est pas au coin de la rue, la tyrannie du plus fort, elle, est au milieu du carrefour.

Notes

[1] Cf. Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale. Néolibéralisme et néo-conservatisme (traduit de l'américain par Ch. Vivier), éd. Les Prairies ordinaires, 2007.

Make the Video Buzz

Encore une arnaque au buzz. Qu'il serait plus juste d'appeler une campagne de promo bien huilée. Le groupe "Make The Girl Dance" lance son premier single, "Baby Baby Baby" le 1er juin prochain. Plutôt que de s'en remettre à la SACEM ou tout autre adversaire hadopiste du "free lunch", le groupe a diffusé gratuitement sur Dailymotion et YouTube un clip de la chanson, long plan séquence de la descente de la rue Montorgueil par trois jeunes filles nues (mais néanmoins dotées de caches-sexes électroniques, sous la forme de bandeaux où s'inscrivent les paroles de la chanson). Classique et efficace. Le dernier happening du genre était celui du perchiste Romain Mesnil, à la recherche d'un sponsor (vidéo diffusée le 27 mars 2009).

Comme on peut le constater en ouvrant "Le Parisien", le groupe a pris soin de communiquer aussi en direction de la presse... non sur le lancement du single, mais sur la promesse du buzz vidéo. Contrat rempli: le quotidien peut titrer sur un nouveau "phénomène internet: Le clip qui électrise la toile". Mise en ligne mardi, la vidéo a déjà dépassé le million de clics ce matin sur Dailymotion (mais n'atteint que 14.000 vues sur YouTube). Sur la promo, rien à dire, c'est carré. Mais pour ce qui est du "phénomène internet", révisons notre Susan Boyle: rien ne vaut quelques bons prescripteurs, de préférence chez les vieux médias, qui n'aiment rien tant que d'affubler une info people/trash du label "vu sur le web". L'article est écrit d'avance - et la prophétie auto-réalisatrice assurée.

Grand Débat: "La médiatisation du mouvement universitaire"

CNU 22 janvier 2009 Dans le cadre des Grands Débats de l'EHESS.

Jeudi 14 mai, 14h-18h, auditorium de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), galerie Colbert, 2 rue Vivienne/6, rue des Petits Champs, 75002 Paris (métro: Bourse).

Débat animé par Pascale Dubus (université Paris 1) et André Gunthert (EHESS). Avec la participation de Luc Cédelle (Le Monde), Ixchel Delaporte (L'Humanité), Olivier Ertzscheid (Universités en lutte), Sylvestre Huet (Libération), Cyril Lemieux (EHESS), Jade Lindgaard (Médiapart), Sophie Pène (université Paris 5), Valérie Robert (université Paris 3/SLU).

Depuis janvier 2009, l'université française est secouée par la plus grave crise qu’elle ait traversée depuis des décennies. Peut-on estimer que le grand public a été correctement informé de l'ampleur et des motifs du conflit? Une grande partie des médias a été critiquée pour son traitement superficiel de l'événement, au point de susciter des comportements inédits, comme un mouvement de boycott à l'encontre du journal Le Monde. Le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, a de son côté connu une audience très supérieure au quotidien qui l'héberge. Comment analyser la réserve de la presse? Peut-on y remédier? Il convient également de tirer le bilan de l'usage des médias alternatifs. A l'ère des blogs et des réseaux sociaux, le mouvement universitaire fournit un cas concret pour observer les pratiques effectives et mesurer le pouvoir d'influence des outils en ligne. Un débat entre acteurs du mouvement, journalistes et spécialistes du web 2.0 pour tirer les leçons de la crise (entrée libre).

MàJ: album.

Lire aussi sur ce blog:

Parution "Etudes photographiques", n° 23, mai 2009

  • Bernd Stiegler, "Quand une vue d’arbres est presque un crime. Rodtchenko, Vertov, Kalatozov"

Lorsqu’en 1928 l’artiste et photographe russe Alexandre Rodtchenko se trouva accusé, dans un article anonyme, de plagiat et de formalisme, il était clair qu’il en allait de son existence: un tel reproche équivalait en effet, dans la Russie des années 1920, à un discrédit politique. Parmi les exemples qui furent alors donnés à charge contre lui figurait une photographie de pins. Il s’ensuivit une violente polémique qui se vida dans l’espace public et dont l’enjeu n’était en somme rien moins que la fonction de l’art. Eu égard à la célébrité de cette querelle, on est forcé d’interpréter toute référence à la vue choisie par Rodtchenko non seulement comme une citation, mais surtout comme un commentaire politique. Or, il est à noter que dans deux films en particulier (Trois chants sur Lénine de Dziga Vertov et Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov), des vues d’arbres, montrés dans la même perspective que celle de la photographie de Rodtchenko, interviennent à un moment important. Cette transformation d’une photographie en un plan de cinéma entraîne toute une politique des images, celle menée sous le stalinisme.

  • Thierry Gervais, "Les dessous de la 'garde-barrière'. Les hésitations du journal L’Illustration à l’égard de la photographie (1880-1900)"

Dans les journaux français, on observe un décalage entre la publication des premières images en similigravure au début des années 1880 et l’usage massif de la photographie à la fin du XIXe siècle. Cet intervalle de presque deux décennies dans la chronologie reste généralement inexpliqué dans les histoires de la photographie. Pour éclairer cette période, quelques images sont présentées comme des pivots dans le développement de la presse illustrée. Celles réalisées par Nadar à l’occasion du centenaire d’Eugène Chevreul, la vue de "Shantytown" ou l’image de la "garde-barrière" publiée dans L’Illustration en 1891 interviennent comme des étapes clés, ouvrant l’ère de la presse illustrée moderne. Cependant, l’analyse du montage de la garde-barrière et des autres photographies de cette période conservées dans les archives du journal L’Illustration permet de constater que ces images ne sont pas à l’origine d’une scission. Bien au contraire, elles révèlent une convergence des techniques et une hybridation des formes de l’information qui témoignent d’une assimilation lente du médium photographique au processus d’illustration.

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Colloque: "Télévision, le moment expérimental. De l’invention à l’institution (1935-1955)"

image Le colloque international "Télévision: le moment expérimental", co-organisé par le Cemti (Université Paris 8) et l’INA, aura lieu du mercredi 27 au vendredi 29 mai à Paris, à l'Institut National de l’Audiovisuel (INA), Centre Pierre-Sabbagh, 83-85, rue de Patay, 75013 Paris.

Par "moment expérimental" de la télévision, on entend la période qui va de la conception et de la diffusion de programmes proprement expérimentaux jusqu’à la reconnaissance d’une légitimité institutionnelle se traduisant par une première stabilisation de l’offre de programmes, du mode de programmation, du public, de la fonction critique.

L’objectif du colloque est d’éclairer les logiques qui ont présidé à l’émergence du média et à la mise au point des premiers programmes — avec pour conséquence l’échec ou la marginalisation, parfois provisoires, de stratégies alternatives de développement.

Il s’agit donc de croiser les approches (historique, économique, esthétique, culturelle, juridique…) pour étudier, dans différents contextes nationaux, d’une part, la période de gestation et d’émergence du média (années 1930 et 1940), d’autre part, sa première phase d’essor (fin des années 1940 et première moitié des années 1950).

Télécharger le programme (pdf).

L’accès au colloque est libre dans la limite des places disponiibles et la réservation n’est pas nécessaire. Les interventions se feront en français et en anglais. Une traduction simultanée sera assurée.

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