Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le web 2.0 ou la netophilie (atelier 2)

image Qu'est-ce que le web 2.0? A-t-il seulement une définition précise? A l'heure où l'on commence à entendre parler du web 3.0, certains semblent en douter. "Le web 2.0 n'existe pas" affirment les plus péremptoires, en s'appuyant sur le flou des notions recouvertes. Pourtant, avant même de parler d'outils collaboratifs ou de réseaux sociaux, il est possible de produire des distinctions claires basées sur l'architecture technique des systèmes.

Le world wide web, inventé en 1990 par Tim Berners-Lee, est une application du réseau internet, où il cohabite avec plusieurs autres protocoles de transfert de données (TCP/IP pour la connexion au réseau, SMTP pour les e-mails, FTP pour les transferts de fichiers, etc.). Il repose sur trois composantes fondamentales: la définition d'un système universel d'adresses (ou URL); un protocole de communication spécifique (HTTP); enfin un langage informatique (HTML) qui permet d'écrire et de visualiser des fichiers sous forme de pages. L'articulation de ces trois éléments permet de créer des liens hypertexte qui autorisent une circulation simple et élégante parmi les ressources disponibles. Un lien est un code écrit en langage HTML qui permet au navigateur d'afficher une adresse via le protocole HTTP.

Dans sa version initiale, le web est un média à consommation passive, comme la radio ou la télévision. L'émetteur, propriétaire du site, produit une page web grâce à un éditeur de contenus, puis la met en ligne par l'intermédiaire d'une application FTP. L'internaute peut consulter cette page, mais ne peut pas la modifier.

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Les ressources numériques pour les nuls (atelier 1)

image Le 4 janvier dernier s'est tenu la première séance de l'atelier "Pratiques des sources numériques en histoire visuelle" à la bibliothèque du CEHTA. Le projet de cette formule est né de deux constats. 1) De l'ordinateur au web 2.0 en passant par les revues électroniques ou les logiciels de bibliographie, la communauté académique dispose d'un bouquet d'outils informatiques chaque année plus vaste et plus puissant. 2) Alors que la formation à la recherche intégrait autrefois une initiation à des méthodologies beaucoup plus élémentaires, l'apprentissage de cet ensemble complexe de technologies se borne aujourd'hui à peu près exclusivement à l'horizon de l'auto-formation.

Si les hauts responsables ont souvent pris conscience de ce hiatus, ils ne disposent pas des moyens d'y remédier avec la célérité souhaitable. Un premier obstacle est évidemment d'ordre budgétaire. L'exemple de certaines écoles professionnelles, comme les Arts déco, qui disposent de tous les matériels nécessaires, semble hors de portée des financements habituels des universités. Un second écueil paraît appartenir en propre au domaine des sciences humaines et sociales, qui a pris l'habitude de déléguer à des spécialistes la gestion des questions techniques en général et de l'équipement informatique en particulier. Au moment ou la pratique des outils du web 2.0 impose de développer une culture de l'appropriation, le modèle de la délégation s'avère non seulement un handicap mais un noeud de résistance.

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"Mort à la démocratie"

image "Mort à la démocratie": ce slogan, tagué sur les murs de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESS) durant le mouvement contre le CPE, a été pris par la majorité des médias comme la preuve de la folie irresponsable de ceux qui occupaient les lieux. C’était toucher là à un tabou. La démocratie, comme le capitalisme d’ailleurs, est devenue l’horizon indépassable de notre époque. Tout discours qui tendrait à la remettre en cause est disqualifié d’avance: on ne veut tout simplement même plus l’entendre. La démocratie, pourtant, a surtout fait jusqu’à présent la preuve de son échec. Le monde qu’elle domine est toujours un monde de soumission, de privations et de pauvreté. Le droit de vote est censé assumer à lui seul l’expression de la volonté populaire: mais croit-on encore que quoi que ce soit puisse changer grâce à des élections?

Léon de Mattis, Mort à la démocratie. Le vote en question, à paraître en mars 2007.
Signalé par "La Lettre de l'Altiplano": http://www.laltiplano.com/..., 13/01/2007.

RIP 72 PPI

Est-ce le début de la fin du format 72 ppi? (ppi = pixels per inch; parfois incorrectement appelé "dpi", pour dots per inch, qui mesure une résolution d'impression; en français: "ppp" = points par pouce.) La fin du standard de résolution des écrans d'ordinateur depuis le lancement en 1987 par IMB du VGA, celui qui vous permet d'afficher et de lire ce texte? Un article du New York Times par David Pogue, qui décrit soigneusement le nouvel iPhone d'Apple, annonce que son interface principale, soit un écran tactile de 320 x 480 pixels (3,5"), adopte une résolution plus de deux fois plus fine, de 160 ppp. Ce choix original qui améliore considérablement la vision des films et autres contenus graphiques sur un écran de poche est à mettre en relation avec une prise de brevet qui avait attiré l'attention des spécialistes. Le futur MacOSX ("Leopard") devrait en effet intégrer la possibilité de piloter un écran indépendamment de sa résolution graphique réelle. Selon MacsimumNews, qui reprend un commentaire du site des développeurs d'Apple: The old assumption that displays are 72 ppi has been rendered obsolete by advances in display technology. Macs now ship with displays that sport displays with native resolutions of 100 ppi or better. Furthermore, the number of pixels per inch will continue to increase dramatically over the next few years. This will make displays crisper and smoother, but it also means that interfaces that are pixel-based will shrink to the point of being unusable. The solution is to remove the 72 ppi assumption that has been the norm.

Notes sur l'index (remake)

image Dans le dernier essai de l'ouvrage Le Photographique, consacré à l'émission d'Agnès Varda, "Une minute pour une image" (FR3, 1983), Rosalind Krauss notait la propension des spectateurs de photographies à en réduire le commentaire à la formule: "C'est..." – et concluait à la justesse de la thèse de Bourdieu: le jugement photographique le plus commun ne porte pas sur la valeur mais sur l'identité[1].

Dans l'émission de Varda, le commentaire était off. S'il avait été illustré, il y a fort à parier que Rosalind Krauss aurait pu y voir l'image du geste qui accompagne le "c'est...": l'index pointé. L'indicateur qui renvoie à la chose, le shifter par excellence, le "Ta, da ça" de Barthes – le même index que celui autour duquel est construit le fameux article "Notes sur l'index"[2]. Le même, sauf qu'elle ne le voit pas. L'indice de la sémiotique et le doigt de chair restent dans deux mondes séparés.

Hier après-midi, consultation du fonds privé chez les V... Alors qu'ils ne parlent que de l'oeuvre du père disparu, célèbre metteur en scène, alors qu'ils préparent une exposition sur ses portraits, autour de la table, où on été étalées les vieilles photos de famille, on ne discute que d'une chose: là, c'est tout à fait toi; là, c'est Jeanne – l'énigme des visages, la grande question de la ressemblance familiale. C'est ton père tout craché. Et on joint le geste à la parole, index pointé. A cet instant, comme chez Varda, il n'y a plus de photographie, plus d'interface, on est en direct. Pure transparence. Jeu des sept familles, qui veut le visage de papa? le sourire de maman? C'est tout moi. L'index est le doigt.

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"Photography and Remembrance"

In CAA Reviews, Martha Langford considers Geoffrey Batchen’s "Forget Me Not: Photography and Remembrance": Rumors of a tight relationship between photography and memory have been circulating since the nineteenth century, despite the many objections raised in both scholarly and fanciful works. A feature of these attacks is the prosecutor’s reluctance to produce evidence… We are led by unseen generic images – led, in effect, by our imaginations – to turn our eyes inward and imagine that we are remembering. In "Forget Me Not", Geoffrey Batchen does something different: he includes actual photographic images and considers their mnemonic function on the basis of what he—and we—can see.

By Jonathan Lackman, The Art History Newsletter, 08/01/2007.
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Soutenance de thèse "La mémoire du cinéma en France", par Christophe Gauthier

La thèse de doctorat d'histoire Une composition française. La mémoire du cinéma en France des origines à la Seconde guerre mondiale, présentée par Christophe Gauthier à l'université Paris 1, sera soutenue le lundi 15 janvier 2007 à partir de 14h à l'INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, salle René Jullian.

Jury: Pascal Ory (directeur de thèse, Paris 1), Christophe Prochasson (EHESS), Geneviève Sellier (université de Caen), Christian Delage (université de Paris 8-EHESS), Jean Gili (Paris 1), Jean-Marc Leveratto (université de Metz).

Diplômé de l'Ecole nationale des chartes, conservateur à la cinémathèque de Toulouse, Christophe Gauthier a notamment publié: La Passion du cinéma. Cinéphiles, ciné-clubs et salles spécialisées à Paris de 1920 à 1929, Paris, AFRHC/EDC, 1999.

Sortie d'"Africa Paradis" le 28 février

image Présenté fin 2006 à Paris, Amiens ou Bruxelles, le film Africa Paradis, de Sylvestre Amoussou, peinait à trouver des distributeurs en France. Sa sortie est désormais annoncée pour le 28 février prochain. Nul doute qu'il fera du bruit. Il repose sur une idée aussi simple que puissante: l'inversion des situations respectives des Européens et des Africains dans le rapport à l'immigration.

Synopsis: Dans un futur imaginaire, l’Afrique est entrée dans une ère de grande prospérité, tandis que l’Europe a sombré dans la misère et le sous-développement. Olivier, informaticien sans travail est prêt à tout pour en trouver, vit avec Pauline, institutrice elle aussi au chômage. Vu leur situation déplorable en France ils décident de tenter leur chance en Afrique où ils immigrent clandestinement. A peine arrivés, ils sont arrêtés par la police des frontières et incarcérés dans une résidence de transit, en attendant d’être renvoyés en France. Olivier parvient seul à s’échapper. Il commence alors une vie de clandestin, jusqu’au jour où il récupère les papiers et endosse l’identité d’un blanc tué dans un accident de voiture. Entre-temps , Pauline accepte un poste de bonne dans une famille bourgeoise africaine…

A en juger par la bande-annonce, qui vaut à elle seule le détour (sur Dailymotion, ou format Quicktime), l'absurdité ou la barbarie de situations auxquelles les Européens se sont accoutumés éclatent avec violence lorsqu'elles s'appliquent à des blancs (Via Rezo.net).

"Images of Hanging Make Hussein a Martyr to Many"

image In the week since Saddam Hussein was hanged in an execution steeped in sectarian overtones, his public image in the Arab world, formerly that of a convicted dictator, has undergone a resurgence of admiration and awe. On the streets, in newspapers and over the Internet, Mr. Hussein has emerged as a Sunni Arab hero who stood calm and composed as his Shiite executioners tormented and abused him. “No one will ever forget the way in which Saddam was executed,” President Hosni Mubarak of Egypt remarked in an interview with the Israeli newspaper Yediot Aharonot published Friday and distributed by the official Egyptian news agency. “They turned him into a martyr.”

By Hassan M. Fattah, New York Times, January 6, 2007.

La pétition contre la merchandisation des collections des musées français fait des vagues

image Les remous suscités par la pétition pour "le maintien de l’intégrité des collections des musées français", lancée par notre confrère La Tribune de l'Art et signée par près d'un millier de personnes, ont franchi l'Atlantique. Avant même la dépêche de l'AFP publiée jeudi dernier, le New York Times avait signalé dès le 1er janvier la mobilisation des historiens d'art français contre le prêt des oeuvres du Louvre à Atlanta et les projets de circulation des collections à Lens, Abou Dhabi ou Shanghaï. Les réactions antagonistes à cette initiative sur les blogs La Boîte à images et surtout Amateur d'art (et leurs commentaires) permettent de prendre connaissance de la plupart des arguments du débat. Ce matin encore, Le Figaro et Libération consacrent plusieurs pages à cette polémique. "Délocalisations", "clonage" ou "pétrodollars": l'examen des titres montre qu'elle doit son intensité à une forte composante fantasmatique. Plus encore que la crainte de la dilapidation des trésors nationaux, ce débat révèle la profonde inquiétude de nos sociétés face aux dérives de la mondialisation et de l'immixtion de l'économique dans les domaines non marchands.

Références:

Illustration: Fragonard, "Le verrou", huile sur toile, 73 x 93 cm, Paris, musée du Louvre (reproduction: RMN, D. Arnaudet, statut: domaine public).

"Nous sommes entrés dans le 4e âge"

Le blog et les blogueurs ont changé. Moi avec. Avec le recul, je dirais que la blogosphère entame sa quatrième vie.
Une intéressante tentative de périodisation de la blogosphère française, en quatre âges, par Cyrille de Lasterie (via Nues Blog).

Le CNL (n')abandonne (pas) les revues

En guise de voeux de bonne année, le centre national du Livre (CNL) vient de publier ses nouveaux critères d'attribution des aides aux revues. On s'attendait à une douche froide. C'est un plongeon dans des eaux glacées. Le CNL change fondamentalement les règles du jeu – a un point tel qu'on peut se demander si, après le CNRS, il n'a pas lui aussi décidé d'abandonner le secteur des revues à son triste sort.


Edit: L'appréciation ci-dessus vient d'être infirmée, grâce à André Chabin, d'Entrevues: Information prise, il s'agit - en partie - d'une fausse alerte qui résulte d'une erreur dans la mise en ligne des nouvelles dispositions d'aide. La traditionnelle aide au fonctionnement (avec des critères il est vrai plus restrictifs) est bien maintenue (même si elle a été "zappée" malencontreusement du site). L'aide au développement est donc un dispositif nouveau qui s'ajoute à la panoplie des subventions (source: liste revues_shs@cru.fr, 05/01/2007, 11h59). Réjouissons-nous avec lui de ce démenti. Le point de vue développé ci-dessous conserve sa pertinence comme critique du volet de l'aide au développement. Il porte également témoignage de la vigilance - voire de la méfiance - des éditeurs dans un contexte de perte de crédit des pouvoirs publics.


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Du cinéma dans les voeux

image Soyons clairs: personne n'écoute une déclaration officielle des voeux. A plus forte raison lorsqu'elle émane des candidats à la présidentielle. On sait bien, avant même qu'ils n'ouvrent la bouche, qu'ils ne (se) souhaitent vraiment qu'une seule chose. Aussi faut-il savoir gré à l'équipe de Ségolène Royal d'avoir apporté un petit supplément d'âme à cet exercice des plus convenus. Mettons côte à côte les vidéos des deux principaux prétendants à la fonction élyséenne: sur le plan visuel, la comparaison est cruelle. Pour Nicolas Sarkozy: ouverture par le logo de l'UMP sur fond de musique d'ascenseur, puis deux minutes quinze de plan fixe sur le candidat unique de la formation majoritaire, fond bleu délavé, logo incrusté, cravate à pois, costume gris, sous-titrage pour malentendants. Une présentation brejnévienne qui témoigne de l'imagination fiévreuse de l'équipe de campagne de la rue La Boétie. Même la prestation chiraquienne, elle aussi abonnée au plan fixe les yeux dans les yeux, était au moins égayée par la bizarre trouvaille de l'animation électronique bleu-blanc-rouge en fond d'écran (rappel involontaire du drapeau de Jacques-Henri Lartigue pour la photographie officielle de Valéry Giscard d'Estaing).

Côté Ségolène Royal, en revanche, deux caméras, l'une fixe, l'autre mobile, pas moins de treize plans en deux minutes, des zooms, des décadrages, pas de maquillage, éclairage ambiant: tous les signes extérieurs de la vidéo amateur - un peu trop lourdement soulignés. Mais aussi trois vraies trouvailles, où l'on quitte l'exercice propagandiste pour les coulisses du cinéma. La guirlande lumineuse, mais aussi l'incroyable col de fourrure synthétique, qui en décline les couleurs. Et puis, last but not least, la manifestation du dispositif, la caméra mobile qui laisse apercevoir un bout de la caméra fixe, une vidéo qui connaît son Godard. Un système qui avait déjà été testé lors d'un précédent message de la candidate, adressé aux blogueurs du PS. Plutôt que de reprendre sur internet les recettes de l'ORTF, l'équipe de campagne socialiste a compris que les usages du web restent marqués par une fracture générationnelle, et vise ici délibérément une cible jeune. On pourra trouver naïfs - ou, à l'inverse, cyniques - les clins d'oeils appuyés de la réalisation en direction du cinéma d'auteur. Mais il faudrait faire preuve de beaucoup de mauvaise foi pour contester l'originalité de son apport dans le genre des voeux officiels. Par sa recherche d'un naturel, fut-il codé, la séquence s'adresse à l'époque et cherche à parler son langage. Parmi ses bénéfices politiques, le moindre n'est pas de soviétiser définitivement les prestations concurrentes.

Mes cinq images pour 2006

image Parmi les images qui m'ont frappé en 2006, la première qui s'impose, de loin, est la séquence du coup de boule de Zidane (9 juillet). Une image incroyable, qui n'a pas été donnée d'emblée, il a fallu attendre de longues minutes pour comprendre ce qui s'était alors passé sur le terrain. Pas une image en direct, donc, une information retrouvée a posteriori par le réalisateur, puis diffusée à l'ensemble de la planète, qui nous faisait découvrir à nous, téléspectateurs, en même temps qu'aux commentateurs, ce qui est immédiatement apparu comme la fin de la carrière du plus grand footballeur français. Une réaction de cour de récré, en finale de la coupe du monde, sous mille sunlights et mille objectifs, sous tous les regards du monde. Un geste d'une violence folle, une image incroyable.

image En deuxième position, incontestablement, la vidéo de Bourdieu s'invitant dans le débat des candidats à la présidentielle socialistes, pour donner l'assurance que "Royal est de droite" (29 septembre). Tout a été dit sur l'indélicatesse du procédé - reste qu'il est lui aussi diablement puissant et efficace. L'apparition en spectre de théâtre du maître à penser sur Dailymotion (rencontre aussi bizarre que celle de la machine à coudre et du parapluie entre le sociologue hostile à la télévision et le dernier canal technologique à la mode) a produit un étrange effet de court-circuit du réel. Voix d'outre-tombe, mais avec toute la présence de l'enregistrement, l'espèce de garantie et en même temps l'extrême modernité de la conversation de bistrot à bâtons rompus, tellement web 2.0 - une transparence et une gratuité qui donnait tout son poids au jugement produit. Une séquence en contexte des plus surprenantes et, reconnaissons-le, assez drôle.

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Du journal à l'album: un ancêtre du blog

image Ainsi qu'en témoigne une récente journée d'études à la Bibliothèque nationale de France, la vogue des blogs a rouvert l'intérêt pour les formes historiques de l'expression personnelle. Alors qu'on examine habituellement de façon distincte journal intime, album ou carnet électronique, le hasard d'un destin individuel peut nous confronter à l'expérience du croisement de ces diverses modalités. Un cahier de la fin du XIXe siècle nous convie ainsi à une singulière promenade dans les sinuosités de l'inscription du je(u).

Aux alentours de l'année 1888, une petite fille sage commence son cahier de pensées, exercice traditionnel de l'enfance bourgeoise, orné de ses motifs floraux et autres papillons de couleurs vives à coller en autant d'encadrements improvisés, d'un kitsch aussi délicieux que la nostalgie (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Il y a en nous une secrète malice qui se complaît à découvrir les imperfections de nos frères, note-t-elle. Mais la propriétaire du carnet a une complice, à qui elle fait une place, ainsi que l'usage le permet. Sur la page prêtée par son amie, Yvonne se glisse par l'intermédiaire de deux dessins, l'un d'une hutte de conte de fées, l'autre d'un profil de bouquetin, signés de ses seules initiales. Laquelle des deux a disposé ici pâquerettes et papillons? Impossible de le savoir, mais un dialogue s'est ouvert qui va se poursuivre.

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