Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Death in the making (Capa vs Google Earth)

image Fin du mythe? Le journal catalan El Periodico a publié vendredi 17 juillet une enquête consacrée à la célèbre photographie de Robert Capa connue sous le titre "The Falling Soldier", réalisée avec Gerda Taro pendant la guerre d'Espagne.

Publiée dans le magazine Vu le 23 septembre 1936 sans indication de lieu ni de date, reprise en couverture d'un livre qui contribue à asseoir la réputation du reporter (Death in the Making, 1938), l'image avait suscité la controverse dès sa publication. Dans un ouvrage publié en 1978, le journaliste O'D. Gallagher affirmait avoir reçu du photographe la confidence que cette image avait été mise en scène. Biographe de Capa, Richard Whelan s'est au contraire attaché à confirmer l'authenticité de l'image. Selon ses conclusions, fondées sur la numérotation des tirages originaux, la photographie aurait été exécutée le 5 septembre 1936 pendant la bataille de Cerro Muriano, et représente le soldat républicain Federico Borrell García.

Fin 2007, L'international Center of Photography (ICP) de New York acquiert une archive de trois boîtes de négatifs de Capa. Actuellement présentée au MNAC de Barcelone, l'exposition "This is War/Això és la guerra!" propose un ensemble d'inédits issus de ce fonds. Grâce à cette nouvelle iconographie, il a été possible de repérer une série cohérente de photographies réalisées sur cette fameuse colline. En comparant ces images avec des vues actuelles, José Manuel Susperregui, professeur de communication audiovisuelle à l'université País Vasco, a pu identifier le lieu où a été prise la photo, près d'Espejo, à 50 km de Cerro Muriano, loin du théâtre des combats. Cette localisation semble confirmer l'hypothèse d'une mise en scène. Un autre spécialiste du dossier affirme toutefois que le soldat a bien été touché par le tir d'un sniper (je remercie Patrick Peccatte de m'avoir signalé cette référence).

Réf. Ernest Alos, "Las fotos expuestas en el MNAC desvelan que la imagen mítica de Robert Capa fue tomada lejos del frente de batalla", El Periodico, 17/07/2009.

Mieux que la propagande, le journalisme de fiction…

Un cap vient d’être franchi en matière de servilité journalistique, ce soir, veille de la fête nationale censée rappeler aux citoyens la prise de la Bastille et les fondations de notre république. Un cap dans notre glissement progressif vers une forme de principat médiatique (orienté par les sondages et confirmé par les élections) dans lequel la voix du peuple ne vaut plus que son poids de papier lorsqu’elle tombe dans une urne. Point. Une impression de chute, encore… dans le ridicule et la pitrerie journalistique…

Par Olivier Beuvelet, Devant les images, 13/07/2009.
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Comprendre la pratique du MMS

image Compte rendu de la séance du séminaire "Recherches en histoire visuelle" du 23/04/2009, intervention de Bertrand Horel (Paris 4/CELSA).

Proposé à partir de 2003 dans le cadre des abonnements de téléphonie mobile, le MMS (multimédia messaging service) s'est avéré un échec commercial. Ce service a été conçu sur le modèle du SMS, dont le succès avait surpris les opérateurs. A l'origine simple outil de communication technique, le SMS a fait l'objet d'une réappropriation enthousiaste par les usagers. L'observation de ce phénomène a donné lieu à des théories de sociologie des usages (P. Flichy), spéculant sur les capacités du grand public à se réapproprier les propositions techniques. Mais le miracle ne s'est pas reproduit. L'étude des pratiques du MMS montre qu'il s'agit d'une proposition technique bien trop complexe. La logique de la proposition s'inscrit dans le contexte des investissements lourds liés à l'achat des licences 3G. Face à des capacités de débit que les opérateurs ont payé très cher, la multiplication de services ont pour vocation de rentabiliser cet espace de communication. La théorie du braconnage et de la réutilisation a permis de proposer un service sans s'interroger sur son utilité. L'utilisateur se voit soumis à des contraintes et simultanément à des injonctions à s'émanciper de ces contraintes. Les usages effectifs observés montrent que la communication par messages visuels ne marche pas bien: les gens ne comprennent qu'environ 10% des messages envoyés. Le fait qu'il s'agit d'un système d'échange interpersonnel sans plate-forme publique, du type Flickr, interdit un apprentissage et rend difficile la création d'un code commun.

Absentes Pictura Praesentes (Que font les images?)

Je dois à mon père d'avoir lu enfant l'un des piliers de la culture populaire américaine: Edgar Rice Burroughs, auteur de John Carter et de Tarzan (auquel le musée du Quai Branly consacre actuellement une exposition qui montre bien le phénomène d'objectivation du héros romanesque dans l'univers des mass-media).

Moins bien exporté en France, John Carter est toujours resté pour moi un héros sans imagerie – un vrai héros imaginaire, comme ceux de Dumas avant qu'on aie la télé, héros de ma subjectivité – à peine alimentée par quelques couvertures illustrées, lointaines héritières des pulps où le Warlord of Mars faisait ses premiers pas en 1912 ("Under the Moons of Mars" dans le magazine All-Story). C'est hier seulement, en faisant une recherche sur l'édition populaire, que j'ai découvert par hasard que ce personnage avait aussi ses versions BD (ainsi qu'un film en préparation, sous la direction d'Andrew Stanton, des studios Pixar).

J'ai toujours dit que le blog était un excellent carnet de notes. Mais cet outil public est mal adapté à la description de l'émotion très personnelle que j'ai ressenti – dont je ne livrerai qu'un schéma volontairement appauvri. Il suffit de noter qu'une bonne quarantaine d'années sépare ma première lecture de la découverte de l'existence en image du fier virginien aux yeux gris. Quelque chose de l'ordre du: "Je le savais", "C'était bien ça". Quelque chose d'un soulagement immense de voir ainsi concrétisée ma théâtralisation privée – et simultanément la révélation de l'ampleur de ma frustration de n'avoir jamais vu John Carter autrement qu'en rêve.

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Méduse et les amateurs

Ah, le visuel! Tout voir, tout savoir. Civilisation de l'image, etc. Eh bien non. Il n'y a pas que ça. Si j'en juge par mes mômes, qui absorbent en ce moment du film qui fait peur à haute dose, je suis porté à croire que, comme dans X-Files, la vérité est ailleurs.

Je ne suis pas très client ni très connaisseur des films d'horreur. C'est un tort. Le film d'horreur est construit, non sur une pile de monstres ou d'effets spéciaux, mais sur cette caractéristique bien connue: moins on en voit, plus on a peur. Ce trait psychologique, témoignage des pouvoirs de l'imaginaire, est érigé dans ce contexte en contrainte stylistique. Au point qu'on pourrait rebaptiser le genre cinéma où l'on ne voit rien, cinéma qui ne montre surtout pas, cinéma de frustration de la vision (en revanche, côté oreilles, on est servi).

C'est ce trait qui explique notamment l'emprunt des apparences du film d'amateur, dans la courte lignée qui va du Blair Witch Project (Daniel Myrick, Eduardo Sánchez, 1999) à Cloverfield (Matt Reeves, 2008). (Il y a l'exception qui confirme la règle: Redacted de Brian de Palma, fiction faussement documentaire, mais dont le caractère trop léché détruit justement toute crédibilité.) Seul le genre de l'horreur permet d'exploiter pleinement ce modèle, défini comme le témoignage le plus anti-visuel possible: enregistrement qui montre mal, à côté, au rebours de toutes règles – tout en étant le porteur d'une authenticité de principe, invisible comme telle, ou plutôt révélée par ses défauts. On ne voit rien, mais j'y étais – ce principe qui fait le ressort principal du Blair Witch Project n'est autre que le primat volontiers attribué à la photographie de tourisme.

"Voir/Ne pas voir la guerre" était le titre d'une exposition et d'un catalogue piloté par Laurent Gervereau. Et ce qu'indiquait ce titre d'une relation dialectique entre le désir et la crainte de voir, une très bonne définition du visuel. Le visuel n'est pas seulement ce qu'on voit, mais aussi ce qu'on a envie de voir, ce qu'on a peur de voir et même ce qu'il est interdit de voir. Les religions mosaïques ou la figure de la Méduse ont thématisé de longue date cette ambiguïté qui fonde la dimension imaginaire. Arrêtons de parler des images comme ce qui montre, ce qui dévoile, de la preuve par l'image. L'image est simultanément ce qui berne, ce qui cache, ce qui émerveille. (Note pour le Petit Manuel iconographique de l'homme moderne)

Parution de "Jean Rouch, cinéma et anthropologie"

Les éditions des Cahiers du Cinéma/INA annoncent la parution de Jean Rouch. Cinéma et anthropologie, textes réunis par Jean-Paul Colleyn, préface d’Edgar Morin, 220 pages, 30 ill., 25 Euros.

Jean Rouch est une figure centrale du cinéma ethnographique. Dès les années 40, il filme avec sa caméra 16 mm ses missions sur et autour du fleuve Niger, et en 1949, il remporte avec L’Initiation à la danse des possédés le prix du festival du film maudit de Biarritz qui sera suivi de bien d’autres avec Les Maîtres fous, Moi,un noir, Chronique d’un été, La Pyramide humaine, La Chasse au lion à l’arc pour ne citer que les plus connus.

Les critiques des Cahiers du cinéma, Jean-Luc Godard, Éric Rohmer ou Jacques Rivette, convaincus de l’originalité créatrice et de la portée novatrice de sa démarche, reconnurent dans son défi lancé au "cinéma professionnel" le précurseur de la Nouvelle vague.

Lorsque le cinéaste, caméra à l’épaule, filme un rituel africain, il improvise ses cadrages, ses mouvements, le rythme de ses plans dans une chorégraphie qui évoque celle du jazz. Le film s’accomplit lorsque son inspiration est à l’unisson de l’inspiration collective. Il brouille les frontières des genres en réalisant avec ses amis nigériens des sortes d’ethno-fictions, et à l’intérieur même du documentaire, il invente un nouveau mode cinématographique, celui du documentariste qui s’immerge totalement dans la réalité qu’il décrit et interagit avec elle.

Jean-Paul Colleyn réunit ici les textes où Jean Rouch raconte sa trajectoire, ses années de formation, son métier d’ingénieur, son goût pour le cinéma, ses voyages en pays dogon, synthétise ses expériences d’anthropologue aux côtés de Germaine Dieterlen sur les traces de Marcel Griaule, retrace la réalisation de ses films, revenant sur les questions de méthode, sur le "cinéma-vérité" comme sur la poésie du cinéma.

Edgar Morin, avec qui Jean Rouch a réalisé Chronique d’un été, préface cet ouvrage. Marc Henri Piault, actuel président du comité du film ethnographique du Musée de l’Homme, le complète d’une analyse sur la portée propre du cinéma en anthropologie.

Parution "Images Re-vues", n°6, juillet 2009

Le numéro 6 de la revue en ligne Images re-vues est paru. Il est consacré aux "Devenir-animal", dossier coordonné par Pierre-Olivier Dittmar.

  • "Le devenir sans l'animal", Pierre-Olivier Dittmar
  • "L'élégance animale. Esthétique et zoologie selon Adolf Portmann", Bertrand Prévost
  • "Hybridation et métamorphoses au seuil des cathédrales", Franck Thénard-Duvivier
  • "Le tremblement de la figure analogique chez Rabelais – entre la bête et l’homme", Louise Millon
  • "Devenir-animal pour rester-humain. Logiques mythiques et pratiques de la métamorphose en Sibérie méridionale", Charles Stépanoff
  • "La famille Billingham: Ray, Liz, Jason et autres animaux", Marion Duquerroy
  • Varia: "Simulations incorporées et tropismes empathiques. Notes sur la neuro-esthétique", Filippo Fimiani

Une icône prédigitale

Peu après le décès du King, les serveurs tombèrent en carafe. Twitter et TMZ se turent l'espace d'un instant, l'accès à Wikipedia fut bloqué pour de longues minutes et de nombreux blogs people durent fermer pour cause de surfréquentation. Michael Jackson aura été plus vivant le jour de sa mort qu'il ne le fut au cours des vingt dernières années. Même les cinquante derniers concerts prévus et les millions de tickets vendus n'auraient pas produit un come-back d'une telle ampleur.

Ce n'est qu'avec sa disparition que Michael Jackson aura été poussé vers un medium dont le développement lui avait échappé. Depuis environ le milieu des quatre-vingt-dix, il a vécu essentiellement sur l'aura de son succès de la période analogique, sans jamais franchir le pas vers l'ère digitale. Autoplaste passionné, il aura cru sa vie durant à son statut d'exception – tout en étant la popstar la plus imitée, doublée, copiée ou parodiée. Son potentiel web 2.0 n'était pas contestable. Mais la peur d'une perte de contrôle dans les méandres du réseau électronique lui fit préférer le Nobodyland. Son célèbre soulevé des valseuses ne pouvait se concevoir qu'accompagné des cris du public, élevé au rang mythologique de prise du sceptre royal. En version Youtube, il y avait de quoi inquiéter, subir l'affront du signalement, voire être tout bonnement rayé de la playlist.

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Un fautoreportage qui dit vrai

image A l'occasion du grand prix Paris Match 2009, Guillaume Chauvin et Rémi Hubert, étudiants aux arts déco de Strasbourg, ont soumis un photoreportage prétendument consacré à la dégradation des conditions de la vie étudiante. Copie conforme du catalogue des idées reçues médiatiques, leur projet accumule, dans un noir et blanc misérabiliste, les vues de jeunes gens obligés de se nourrir dans les poubelles ou poussés à la prostitution pour payer leur scolarité (voir illustration). Témoignant de la parfaite adéquation de cette proposition avec l'entendement journalistique, qui voit l'université comme un repaire de SDF, le jury a décerné le premier prix à ce bel exercice d'agit-prop, publié avec les honneurs dans le numéro de cette semaine (n° 2533 du 25 juin 2009).

Faux reportage, cette critique en acte du photojournalisme est d'une décapante justesse. Elle démontre le caractère conventionnel de la construction de l'actualité, tributaire de schémas caricaturaux, et prouve que les codes du photojournalisme sont parfaitement identifiables et reproductibles. Elle montre aussi comment la pratique quotidienne du journalisme visuel a inversé le schéma revendiqué d'un enregistrement objectif de l'événement. Au contraire, les images des deux strasbourgeois sont bel et bien construites comme les illustrations gravées du XIXe siècle, c'est à dire comme des projets iconiques, supports d'un récit préalable. La majorité de l'imagerie médiatique relève en réalité de ce modèle, et non du soi-disant témoignage sur le vif. Dépité de s'être fait prendre à son propre piège, l'organe de propagande du sarkozysme a finalement annulé le concours. Pour une démonstration aussi impeccable, pour leur humour et leur inventivité, le Lhivic décerne au contraire à Chauvin et Hubert les palmes avec félicitations du jury!

Le nom de la rose

Dimanche 21 juin, tôt levé. Connection, Facebook. Trouve la note de Natacha Quester-Séméon, "Iran: elle s’appelait Neda", qui renvoie sur son blog, Mémoire vive. Découvre la vidéo de la mort de Neda Agha Soltan sur Facebook. Sur Twitter, plusieurs tweets renvoient de même à l'événement. Narvic fournit divers liens, dont un vidéogramme sur Twitpic, qui montre le visage couvert de sang de la jeune femme.

Je dois partir dans la matinée pour un colloque. Je n'ai pas beaucoup de temps. Je suis choqué et ému par la vidéo, incapable de produire une analyse sur le vif, je n'en ai aucune envie. Mais la qualité de l'information réunie par Natacha, l'angle de son analyse et bien sûr la dimension empathique qu'introduit le nom de la jeune femme, souligné dès le titre du billet, me poussent à rédiger un signalement, composé d'un extrait et d'un lien.

Mettre ou non l'image? Facebook ne propose pas de lecteur exportable, il n'est donc pas possible d'y renvoyer de la même façon qu'à une vidéo sur YouTube. Etant donné son caractère choquant, mon premier réflexe est de m'abstenir. Mais en l'espace de quelques minutes, je me rends compte que le vidéogramme s'est déjà imposé à moi. Je corrige mon billet, en lui associant la copie reproduite sur Twitpic, en petit format.

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Iran: elle s'appelait Neda

Tous les visas des journalistes occidentaux expirent dimanche en Iran. (...) Donc à partir de samedi soir, il était prévisible que nous ne pourrions plus accéder à du contenu produit par des journalistes. Aujourd’hui, 8e jour de la Révolution iranienne, nous sommes encore plus nombreux à suivre les événements à travers la fenêtre des réseaux sociaux. (...) Twitter n’est pas la seule plateforme utilisée, comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises. Facebook, Flickr, YouTube et bien d’autres accueillent les documents, que l’ensemble des internautes, attentifs, étiquettent en temps réel et transforment pour les rediffuser. Sans le savoir, ils participent à leur éditorialisation. Ces images, montrant le courage et le sang, ne sont pas arrêtées dans leur course. Pour nous parvenir, elles transitent par de multiples canaux et les internautes hors d’Iran se chargeant d’amplifier leur impact. Ce qui frappe aussi c’est la bravoure ou le désespoir de ces jeunes femmes voilées qui participent aux rassemblements. Neda n’était pas l’une d’entre elles, elle venait simplement observer avec son père. Son visage nous a tous marqués. Elle s’appelait Neda, c’est le visage de la jeunesse et d’une liberté volées.

Par Natacha Quester-Séméon, Memoire vive, 21/06/2009.
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La mouche

Après la rédaction d'un mot d'excuse en plein meeting, l'épisode de la mouche promet de rester comme un des signes par excellence du professionnalisme médiatique obamien. Un naturel sublime dans l'accomplissement de tâches improbables, sans pour autant perdre le fil de l'exercice, avec la dextérité d'un pilote se roulant une cigarette en plein looping. Faire preuve d'une telle maîtrise témoigne d'un stade d'intégration supérieur des contraintes médiatiques – et d'une familiarité de longue date avec le David Letterman Show. Tandis que d'autres s'évertuent à reproduire le style Kennedy, Obama lui fait franchir une nouvelle étape. Kennedy avait choisi la scène de l'intimité familiale comme théâtre de ses qualités morales. Obama innove en maintenant soigneusement le spectacle du naturel sur le terrain professionnel. Un choix habile, qui promeut une figure qu'on pourrait appeler de la compétence desinhibée. C'est sans aucun hasard que ces séquences anecdotiques sont reprises par les médias du monde entier (et bien sûr déjà remixées en ligne). Plutôt qu'un long discours, ces brèves démonstrations pratiques sont autant de preuves par l'exemple d'un renouvellement du style politique.

Dernières acquisitions de la vidéothèque de l'EHESS

  • "Valse avec Bachir" d'Ari Folman, 2008, 86 mn. N’ayant aucun souvenir de son expérience lors de la 1e guerre du Liban, au début des années 1980, Ari Folman décide de partir à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Au fur et à mesure de ses rencontres, Ari plonge dans le mystère et sa mémoire commence à être parasité par des images de plus en plus surréalistes…
  • "Cocorico! Monsieur Poulet" de Jean Rouch, 1974, 93 mn. Dans une 2 CV bringuebalante, Lam, surnommé M. Poulet, s’en va en brousse chercher les poulets qu’il vendra à Niamey. Assisté de Tallou et Damouré, il espère faire des affaires juteuses. Mais les imprévus s’accumulent, les poulets sont introuvables, le fleuve Niger difficile à traverser. Et une diablesse ne cesse de jeter des sorts.
  • "Bataille sur le grand fleuve" de Jean Rouch, 1950, 33 mn. Epopée fluviale au cours de laquelle les pêcheurs Sorko chassent au harpon les hippopotames du fleuve Niger. Une compétition magique entre l’animal et l’homme.
  • "Cimetières dans la falaise" de Jean Rouch, 1951, 18 mn. Document ethnologique et bouleversant témoignage sur les funérailles d’un jeune noyé en pays Dogon, falaise de Bandiagara au Mali.

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Une autre révolution est en marche

Chers amis, vous n'êtes pas sans connaître les événements incroyables qui ébranlent l'Iran à l'heure actuelle. Désormais on compte plus d'un million de personnes dans la rue pour manifester et braver les violences policières/militaires (ainsi que les milices) contre le résultat des élections présidentielles (il est capital que d'autres villes que Téhéran comme Tabriz ou Ispahan se soient aussi soulevées). De plus en plus d'éléments portent à croire qu'il y aurait bien eu des fraudes organisées par l'appareil gouvernemental devant la menace de voir un "réformiste" (Moussavi) arriver au pouvoir - un élan populaire et un taux de participation sans précédent l'ont laissé présager durant toute la campagne. Moussavi représentait le dernier espoir d'une petite libération politique et sociale dans la dictature déguisée où l'Iran se trouve depuis la Révolution islamique de 1979.

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Donnez-nous aujourd'hui notre feuilleton quotidien

Intéressant billet de Guillermo sur Radical chic, qui souligne la floraison de commentaires accompagnant les théories pour expliquer l'accident du vol AF 447. «Ainsi au début, quand les médias nous servaient la foudre, on se battait pour savoir si les avions modernes faisaient cage de Faraday ou non, et on s'élevait contre les matériaux composites! Ensuite il a bien fallu constater que la recherche des boites noires serait ardue, sinon impossible, permettant à un commentateur de proposer des "boites noires éjectables et insubmersibles" (sic). Enfin maintenant que la mesure de vitesse est sur la sellette, on s'emporte contre un dispositif inventé au XVIIIeme siècle, et pourquoi pas par GPS comme pour ma bagnole (ah, ça existe déjà), et qu'est c'qu'ils foutent les ingénieurs?»

Résumons. Quinze jours après l'accident, on ne sait toujours pas quelles en sont les causes. La marche "à vide" de la machine médiatique dans les premiers jours qui ont suivi le crash n'en apparaît qu'avec plus de clarté. Nombreux, sur le net, ont souligné le malaise suscité par l'application aveugle des réflexes interprétatifs à un cas où l'on ne disposait pas d'informations suffisantes pour les étayer. Du point de vue de la critique des médias, il aurait mieux valu jouer profil bas, être plus mesuré ou plus modeste dans le commentaire. Mais sur un plan d'observation anthropologique, la disproportion entre l'information pertinente et un traitement surabondant a produit une expérimentation grandeur réelle du système médiatique, permettant de souligner des traits habituellement moins apparents.

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