Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Faut-il que Fabiani s'efface?

image Pour ses lecteurs, l'arrêt d'un blog n'est jamais une bonne nouvelle. Mais son effacement définitif est encore bien pire. On peut parfaitement admettre qu'un blog, plutôt que de s'étirer dans la temporalité indéfinie des publications périodiques, ait une existence finie. On le quittera à regret, comme un livre qu'on referme. Mais au moins sait-on qu'on pourra le reprendre sur l'étagère, retrouver tel passage utile ou apprécié, vérifier telle formule, recopier telle citation. Le blog effacé fait au contraire s'évanouir l'oeuvre entière, sa chronologie, les discussions qu'elle a suscité, les mentions qui y renvoient. Après celui de Cyril Lemieux, lui aussi hebergé sur la plate-forme du Monde, c'est maintenant le blog de Jean-Louis Fabiani, Le piéton de Berlin, qui vient de se clore, en même temps que le séjour en Allemagne de notre collègue. Mais à la différence de Prises de parti journalistiques, dont l'archive conservée permet de consulter le travail d'observation médiatique de la campagne présidentielle, Fabiani a choisi de faire disparaître corps et biens son ouvrage. Je ne pense pas être le seul à trouver ce choix regrettable. Ouvert en juillet 2006, ce passionnant corpus de notes, recueil d'impressions, de réactions et d'analyses tout à la fois fantasque et rigoureux, était devenu une lecture indispensable. Serait-il possible de remettre en ligne ses archives? Je serais personnellement heureux de pouvoir à nouveau les consulter.

La schtroumpfette

image Délicieux assaut de langage schtroumpf dans la presse pour évoquer l'identité de Valérie T***, journaliste à Paris-M*** et compagne de François H***, premier secrétaire du Parti S***, à l'occasion de la parution du reportage dans le n° 115 de Closer. On sent bien, aux réactions des responsables du magazine, que sa condamnation à 15.000 € de dommages et intérêts est une excellente nouvelle – et une occasion de publicité supplémentaire pour un numéro qui sera certainement le hit des ventes de l'année en presse people. Il faudra expliquer à la jeune femme que ce qui est ridicule, ce n'est pas de figurer dans les colonnes de Closer, mais d'avoir conservé sa fonction de journaliste politique, spécialiste du PS, dans celles de Match. Et signaler aux journaux que, contrairement à l'époque Mazarine, tout le monde a aujourd'hui internet, où le nom et la photo de Valérie Trierweiler sont largement diffusés, jusque sur Wikipédia.

Illustration: Estherase, "Wake up", 16/06/2007, photographie numérique, diffusée sur Flickr, licence CC.

Pratiquer la retouche politique? Vous voulez rire!

J'avais qualifié ici même Paris-Match de "nouvelle Pravda". Il me faut donc remercier le magazine pour avoir fourni une nouvelle confirmation du crédit qu'il convient désormais d'accorder au traitement de l'actualité dans ses colonnes.

Personne ne comprend l'explication fournie par l'hebdo sur sa retouche du bourrelet présidentiel, dans son édition du 9 août: «La position sur le bateau exagérait cette protubérance. En allégeant les ombres, la correction a été exagérée en photogravure.» Traduisons: le picture editor n'a fait que diminuer le contraste de la photo originale, un mauvais calage de la reproduction a ensuite accentué cette "correction". On peut en effet constater une différence de couleur et une atténuation des ombres sur la version publiée par Match. Mais on distingue aussi très clairement une modification volontaire qui a non seulement gommé le bourrelet disgracieux, mais également reconstitué la partie manquante du siège et du fond aquatique, dans la zone amputée. Il s'agit donc d'une retouche en bonne et due forme, effectuée avec les outils d'usage.

Cette retouche est niée par le magazine, qui feint de n'y apercevoir qu'une erreur technique. Pris la main dans le pot de confiture, les responsables n'ont en général que des excuses improbables à fournir. Qui pourrait admettre avoir procédé à une correction cosmétique par pure déférence politique? Rassurons les journalistes, ce péché véniel est juste ridicule. Truquer les chiffres du chômage, de l'économie ou de la criminalité est autrement plus grave.

France, terre de persécution?

image

Réagissant au dossier publié hier dans Libération, qui décrivait le caractère vexatoire des justifications d'origine réclamées à certains citoyens français lors des demandes de renouvellement de papiers, Jean-Louis Fabiani souligne à son tour “l’obsession du national qui ravage notre pays depuis un quart de siècle”. Plutôt que de vilipender une administration kafkaïenne, le sociologue dégage le bon axe d'interprétation de ces micro-chantages à l'identité, “petite monnaie d’un phénomène bien plus important et bien plus grave: la chasse à l’étranger, sport national que M. le Ministre de l’identité nationale a rappelé aujourd’hui, appelant ses collaborateurs à faire du chiffre”.

Comme celle de mon collègue corse, mon origine alsacienne, qui m'a fait expérimenter quelques-unes des tracasseries coutumières de la République, m'a rendu depuis longtemps sensible à ce débat. Mais à la différence des "souchiens" de plus ou moins ancienne obédience, je ne gémirai pas sur le caractère injuste de ces humiliations de guichet. Je crois au contraire bienvenu qu'un acte civil des plus banals nous rappelle, de manière très adoucie, la réalité des persécutions qui sont aujourd'hui réservées aux étrangers demandeurs d'asile. Le terme "persécution" est-il trop fort? Il suffit de relire tel billet de maître Eolas, témoin abasourdi du traitement juridique et administratif des étrangers sur notre belle terre de France, pour se convaincre au contraire de son bien-fondé. Le qualifier ainsi permet en outre de comprendre que ces pratiques ordinaires de notre République ne sont plus si éloignées de certains précédents historiques, engagés eux aussi à bas bruit.

Parmi mes lectures de l'été, il y avait le dernier livre d'Hervé Le Bras, Les Quatre Mystères de la population française (Odile Jacob). Ce passionnant essai démonte quelques-unes des idées reçues constitutives de la politique française depuis l'après-guerre, appuyée sur l'épouvantail de la dénatalité et du déclin démographique. Et confirme de la façon la plus claire le caractère fantasmatique et idéologique du rejet de l'immigré, à un moment où la France devient au contraire, “pour la première fois de son histoire, un pays d’émigration”. Si les vexations à la carte d'identité pouvaient convaincre nos concitoyens juifs, corses ou alsaciens de la dangereuse sottise de la politique actuellement incarnée par le ministère de l'identité nationale et de l'immigration, elles ne seraient pas complètement vaines.

Illustration: Hughes Leglise-Bataille, photographie numérique, 18/08/2007, diffusée sur Flickr, licence CC.

Est-il légal de faire danser son bébé sur YouTube?

Il n'y a pas à dire, heureusement que le droit d'auteur existe pour empêcher ces choses là. Une jeune femme du nom de Stephanie Lenz avait osé l'impensable, en filmant son petit garçon en train de danser pendant 29 secondes sur le tube de Prince "Let's Go Crazy". Pire, elle avait posté la vidéo sur YouTube pour montrer les exploits du bambin à ses amis et sa famille. Infamie ! Elle n'avait pas payé les droits d'auteur ! Rapidement, la police privée est intervenue pour mettre un terme à la débauche. Les avocats de la filiale d'édition d'Universal Music Group ont contacté YouTube pour exiger illico presto la suppression de la vidéo familiale. YouTube, bien sûr, s'est immédiatement exécuté, constatant de ses propres yeux à quel point il devait être préjudiciable pour Prince et Universal Music Group de voir ainsi accessibles à tous 29 secondes d'un danseur sans licence.

Par Ratiatum, 27/07/2007.
Lire la suite...

Lartigue explore l'espace-temps

image Dans la série "Que font les blogs pendant l'été?", saluons le choix de Mots d'images de revisiter quelques grands classiques de la photographie. Après la jeune Afghane par Steve McCurry, après "Migrant Mother" par Dorothea Lange, Béat Brüsch commente "Grand Prix" par Jacques Henri Lartigue (en s'appuyant notamment sur l'analyse détaillée proposée en 2000 par Clément Chéroux dans le catalogue Photographies/Histoires parallèles du musée Nicéphore-Niépce).

Que voit-on sur cette image? Un ensemble de déformations étranges, qui semblent défier la logique et la perception: les corps ou les objets immobiles situés sur le bord de la route sont affectés d'une déformation oblique qui semble les faire pencher vers la gauche de façon tout à fait invraisemblable, tandis que les roues du véhicule ont troqué leur forme circulaire pour un ovale qui s'oriente vers la droite de l'image.

Lire la suite...

Explosion à New York: les journalistes cherchent les images parasites

image L'explosion d'une conduite de vapeur dans le quartier de Grand Central hier vers 17h50 (23h50, heure de Paris) n'est qu'un vulgaire accident. Mais les habitants de Manhattan ont bien cru revivre le 11 septembre. L'événement confirme une fois de plus le réflexe du témoignage citoyen, dans des dimensions toujours croissantes. Mais les journalistes ont eux aussi pris le pli des nouveaux usages, et sont désormais capables d'interroger les bases de photographies amateurs comme Flickr en temps réel. Selon une recherche effectuée par Hughes Léglise-Bataille, l'une des images les plus spectaculaires a déjà été vendue à CNN, tandis qu'un journaliste du Figaro laissait un commentaire sous une autre. A vos moteurs pour une enquête en direct!

Illustration: Arvind Grover, "Multitechtasking", photographie numérique diffusée sur Flickr, licence CC.

Le feuilleton de l'été: Wikipédia et les barbares

De l'art de mettre les contenus en valeur. En nous disant au revoir pour la période des vacances, notre confrère Homo numericus annonce son “feuilleton de l'été: une passionnante et originale analyse de l’encyclopédie en ligne Wikipedia (...). Cette série de trois articles, (...) approche en effet le phénomène, non pas sous l’angle habituel de la vérité des informations publiées sur Wikipedia, mais bien plutôt d’un point de vue délibérément politique.” Rédigé par Sylvain Firer-Blaess, étudiant de l’IEP Lyon, le premier volet de cette enquête fouillée est accessible ici.

Cartoon America

On est bien en peine de trouver un terme français recouvrant avec précision le sens du mot cartoon. Il désigne en effet un large éventail de formes, a fortiori dans son composé cartoon art: dessin de presse au sens strict français — toujours humoristique, très souvent politique —, mais aussi bande dessinée, illustration, caricature, dessin animé, chacun de ces types d’image dessinée s’incarnant en de multiples avatars et sous-espèces. Le terme lui-même a connu un cheminement sémantique surprenant: issu de l’italien cartone qui désigne le carton contrecollé, il apparaît dans la langue anglaise en 1671, nous dit le dictionnaire Webster, au sens d’esquisse ou de dessin préparatoire à une fresque ou un tableau; mais son premier emploi au sens moderne de "dessin de presse" remonte au numéro du magazine anglais Punch publié le 15 juillet 1843, où un dessin au trait de John Leech parut assorti du titre "Cartoon No.1: Substance and Shadow".

Par Jean-Paul Gabilliet, Transatlantica, 17/07/2007 (via Rezo.net).
Lire la suite...

Le dino, le dragon, la poule et l'oeuf

Soit un documentaire (1) qui veut à toute force nous démontrer que les représentations figurées de dragons, de la vie des saints aux temples aztèques, s'inspirent des fossiles de dinosaures. La question est-elle correctement posée? Mettons de côté les confusions bénignes, comme celle du classement zoologique, qui force l'hydre, la manticore ou le griffon à s'assembler en une seule et même espèce, nonobstant leurs différences d'origines et d'attributs. Une erreur plus intéressante montre l'absence de réflexion en termes d'histoire visuelle. Il s'agit de l'effet de décontextualisation qui isole la figure du dragon parmi le riche bestiaire des monstres des civilisations antiques – minotaure, sphinx, licorne, gorgone et autres divinités à forme animalière. Cette décontextualisation permet: 1) de ne pas se poser la question de savoir si nous disposons d'une archive fossile pour chacun de ces êtres fantastiques; 2) de voir dans toutes les représentations de dragons une image objective, une sorte de photographie qui nous indiquerait à coup sûr les caractéristiques de la chose reproduite.

Pourtant, il existe bien une proximité formelle entre dragons et dinos. Mais celle-ci ne suit pas la généalogie proposée par le documentaire. Depuis Jurassik Park (1993), une foultitude d'animations en 3D toutes plus réalistes les unes que les autres ont fait des dinos des créatures plus familières que les vaches ou les cochons. Et nous ont fait oublier que personne n'a vu de ses yeux un dinosaure vivant. Comme en témoigne l'invention du terme "dinosaure" (terrible reptile) par Richard Owen en 1842, ce sont en réalité les représentations de dragons qui ont fourni le principal repère visuel permettant de s'imaginer et plus tard de reconstituer ces animaux. Ce ne sont pas les images de dragons qui descendent des dinos, mais bien les images de dinos qui procèdent des dragons imaginaires. Une filiation logique pour l'histoire visuelle – encore faudrait-il songer à y recourir.

1. "A la recherche du dragon", réal. Carl Hall, production France 5/Parthenon Entertainment Ltd., 2004, diffusé le 15/07/2007 sur France 5.

Illustration: Griffon, enluminure flamande (v. 1350) du Der Naturen Bloeme, histoire naturelle en vers néerlandais écrite vers 1266 par Jacob van Maerlant, La Haye, Koninklijke Bibliotheek.

Ségolène tombe à l'eau. Qu'est-ce qu'il reste?

image Deux images qui nous arrivent le même jour. La première, dans les JT, celle de Nicolas Sarkozy, en costume gaullien, dans son discours d'Epinal. La seconde, en couverture de Paris Match, celle de Ségolène Royal, en costume de bain, saisie en plein farniente. Faut-il préciser? L'article qui suit le reportage s'intitule: "Vie privée en miettes, vie publique guère plus vaillante". Ceux qui pensent que cette coïncidence est le fruit du hasard n'ont pas feuilleté souvent le magazine ces derniers mois. La nouvelle Pravda montre qu'elle sait encore parfaitement manier le langage de l'image. Par ce beau coup, Olivier Royant rattrape définitivement le faux pas de la couverture de Cécilia, et vient de s'assurer les bonnes grâces du patron pour les dix ans à venir.

Martin Parr est-il un amateur?

image Le billet "Libé s'illustre pour pas cher", qui relevait l'usage par le site du quotidien de photographies diffusées sur Flickr, a suscité des commentaires nourris et contradictoires. Aujourd'hui, on trouve dans la version papier du journal un exemple apparemment inverse, et pourtant similaire: l'utilisation à titre d'illustration d'une image de Martin Parr, l'un des plus célèbres auteurs contemporains, qui est certes membre de Magnum, mais dont l'oeuvre (et notamment cette photographie de 2003, très connue) est désormais exposé dans les musées et les galeries d'art de par le monde.

L'usage de cette image est clairement un usage d'illustration (au sens classique d'un usage essentiellement décoratif, en l'absence d'une relation nécessaire de l'image au texte), attesté par la non-mise en valeur du nom de l'auteur (en vertical et en petits caractères sur le bord de l'image) et par la superposition partielle du titre de l'article. Ainsi présentée, cette image n'est plus une oeuvre de Martin Parr, mais un matériel iconographique indifférencié sollicité pour ce qu'il représente: des touristes qui bronzent sur des transats. S'agit-il d'un cas si différent du réemploi hors contexte des photographies de Flickr? Il me semble que non. Là aussi, les images étaient anciennes et utilisées sans rapport direct avec l'actualité, choisies principalement pour leur contenu et accessoirement pour leur style (et non pas pour des raisons économiques, ainsi que nous l'expliquait Florent Latrive en commentaire).

La question du photo-journalisme, toujours agitée à l'endroit de la légitimité des photographies d'amateurs, n'est en réalité pas le bon cadre de discussion pour ces images. Lorsqu'on feuillette attentivement un journal ou un magazine, on se rend compte qu'il y a finalement assez peu d'images qui relèvent du photojournalisme proprement dit (au sens d'une photographie ayant enregistré l'événement précis qui fait le sujet de l'article). Bien plus nombreuses sont les images d'illustration, qui n'ont qu'un rôle décoratif et non informatif (quelle information comporte le portrait de Jack Lang en couverture de Libé aujourd'hui, ou encore la photographie par Sébastien Calvet de Lang et Hollande, datée du 16 septembre 2006?). C'est donc bien à partir de ce contexte qu'il faut reprendre la question de l'usage des images d'amateurs dans la presse, en admettant qu'elles se trouvent placées strictement sur le même plan qu'une photographie de Martin Parr – je veux dire comme une option décorative parmi d'autres, dont le choix relève du goût et de la décision du picture éditor.

Michael Moore à Wolf Blitzer (CNN): pourquoi ne dites-vous pas la vérité aux Américains?

image Michael Moore répondant à Wolf Blitzer (CNN, "The Situation Room", 09/07/2007): “Mais pourquoi ne dites-vous pas la vérité aux Américains? Je veux dire, je souhaite que CNN et les autres médias, juste une fois, disent la vérité à propos de ce qui se passe dans ce pays, que ce soit avec la couverture santé - ou n'importe quel sujet. Je veux dire, vous autres, vous avez un tel passif…”

“Et pour moi, de venir ici et d’avoir à écouter toutes ces conneries… Je veux dire, sérieusement, je n’ai pas été dans votre émission depuis trois ans. La dernière fois où j’étais là, vous avez montré un reportage similaire au sujet de "Fahrenheit 9/11" disant ce ne peut pas être vrai ce qu’il dit au sujet de la guerre, comment ça va être un bourbier, les armes de destruction massive.”

“Vous savez et… pourquoi ne commencez pas vraiment avec ma première apparition dans votre émission en trois ans et peut-être par me présenter des excuses pour avoir dit ça, il y a trois ans, parce qu’il s’est avéré que tout ce que j’ai dit dans "Fahrenheit" était vrai.”

Reproduit sur YouTube.
Via Inside the USA, 10/07/2007 (traduction partielle).

Encuentros Del Otro Cine, 6e édition

En mai dernier, à Quito, Guayaquil et Manta (Equateur) ont eu lieu pour la sixième fois les Encuentros Del Otro Cine (EDOC), Rencontres d’un Autre Cinéma, Festival international de cinéma documentaire. Ce festival est né de la volonté d’un groupe d’artistes, photographes et réalisateurs de mettre en valeur et faire connaître les productions les plus importantes du cinéma documentaire d’auteur, depuis ses débuts et jusqu’aux productions les plus contemporaines dans ce domaine. Parmi les réalisateurs dont les films ont été présentés aux EDOC se trouvent Raymond Depardon, Nicolas Philibert, Chris Marker, Albert Maysles, Patricio Guzman, Fernando Solanas, Joaquim Jorda, Rithy Pahn, Michael Moore, et beaucoup de jeunes réalisateurs latino-américains.

L’organisation à l'origine de cette initiative est Cinememoria, une association crée en 2001 et dont le but est la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle de l’Equateur et la mise en valeur du cinéma documentaire. Les EDOC sont, dans ce contexte, un moyen pour Cinememoria de diffuser des regards "autres" sur les questions politiques, économiques, et sociales du monde et de mettre en question la manière dont les informations et la communication circulent en Equateur et dans les pays sous-développés. Il s’agit aussi de montrer comment les productions documentaires posent la question du rôle des images dans la mémoire individuelle et collective d’un peuple.

C’est dans ce contexte que Cinememoria a proposé au public equatorien une sélection de films d’un peu partout dans le monde depuis 2002. Chaque année, les EDOC mettent en avant un thème ou un axe précis et proposent une sélection des productions récentes et de films sur l’Equateur ou réalisés par des jeunes réalisateurs équatoriens. Pour cette dernière édition, les axes autour desquels s’est orientée la programmation étaient la question de la télévision publique de qualité avec l’exemple de DocTV du Brésil, le regard sur les productions de l’Amérique Latine, l’utopie (politique, sociale) comme thème, et la production documentaire récente de l’Equateur.

Ont assisté à cette sixième édition des EDOC le Directeur du Programme DocTV (Brésil), et les réalisateurs Mariana Arruti (Argentine), Diego Garcia Moreno (Colombie), Philip Gröning (Allemagne), Camila Guzman (Chile), Evaldo Mocarzel (Brésil), Marcus Vetter (Allemagne). D’après Manolo Sarmiento, directeur de Cinememoria, le festival a réussi a promouvoir la croissance d’un public fidèle chaque année. Cette année, un quart des 11.768 spectateurs assistaient au festival pour la première fois.

Site web: www.cinememoria.org

Lire la suite...

Musée des Arts Derniers, l’inclassable Afrique

Après la rue Mademoiselle dans le 15e arrondissement de Paris, le musée des Arts derniers ouvre ses portes au coeur de Paris, dans le Marais. Un lieu de qualité qui propose un regard alternatif sur la diversité de la création africaine. On y voit "des Afriques" très différentes, en peinture par exemple avec l’exposition actuelle du peintre Solly Cissé (Sénégal), en photographie avec en tête d’affiche Malick Sidibé (Mali), Calvin Dondo (Zimbabwe) ou encore en sculpture avec entre autre le superbe travail de Christophe (France) et Colleen Madamombe. Rencontre avec son directeur, Olivier Sultan.

Afrique in Visu, 09/07/2007.
Lire la suite...

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 >