Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Merveilles de la tecktonik

Depuis la Techno Parade 2007, la tecktonik est le sujet à la mode dans les rédactions de news et de féminins branchés. Comme d'habitude, les plus de vingt-cinq ans, même à Bakchich, tordent le nez. Mais pourquoi s'en remettre à l'humeur, forcément bilieuse, des éditorialistes (qui ont tous plus de vingt-cinq ans...), alors qu'il est aujourd'hui si facile de se faire son opinion par soi-même? La meilleure source d'information sur les moeurs de la jeunesse actuelle est disponible en libre accès, proposée par nos plates-formes visuelles préférées, où il suffit de taper le mot magique dans le moteur – et en voiture, Simone!

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Parution de "L'Art de la photographie"

Les éditions Citadelles-Mazenod annoncent la parution de L'Art de la photographie, dirigé par André Gunthert et Michel Poivert.

Treize ans après la dernière histoire générale de la photographie publiée en France, les éditions Citadelles & Mazenod annoncent la parution d'une nouvelle somme, qui fait entrer le médium dans la célèbre collection "L’Art et les grandes civilisations". Grâce à la collaboration des meilleurs représentants de la jeune génération d'historiens de l'art et de la culture, cet ouvrage se donne pour objectif de restituer les plus récentes orientations de la recherche dans une synthèse accessible à tous, accompagnée pour la première fois d'une illustration entièrement en quadrichromie.

L'originalité de ce volume est triple. Plutôt que de prétendre à une histoire exhaustive de toutes les manifestations de la pratique photographique, il recadre la préoccupation historique autour du dialogue entretenu depuis ses origines par l'enregistrement mécanique avec les domaines de l'art et de la culture. Ce faisant, il présente la première histoire critique de la tradition photographique, dont il révèle les articulations et les contradictions. Mais sa principale caractéristique est la proposition d'un nouveau récit, construit, charpenté, lisible. Une histoire à lire, une histoire qui explique et éclaire une trame dense de près de deux siècles, d'une rare complexité : voici ce qu'offre un ensemble cohérent de textes, voués à dégager l'économie des mécanismes généraux, dont plusieurs sont décrits pour la première fois. La synthèse que nous proposons est, comme de coutume, un état provisoire d'un savoir en marche. Elle se veut conforme à la mission de l'histoire, qui est d'apporter du sens, non d'augmenter la confusion.

Images inédites ou icônes fameuses, documents étonnants ou œuvres d’art célèbres, l'ouvrage présente en dix chapitres et près de 600 illustrations un parcours à la fois savant et séduisant. Un nouveau récit des origines dévoile le rôle du monde de l'art dans la première réception du médium, mais aussi la vitalité apportée par le commerce ou l'importance du dialogue franco-américain. Plutôt qu'une histoire articulée par le tête-à-tête du photographe et sa machine, le volume souligne en permanence l'apport essentiel des institutions: sociétés, publications, expositions ou musées. Pour les amateurs victoriens comme pour les directeurs de journaux, pour les scientifiques comme pour les artistes, l'image construite s'avère un ressort majeur du dynamisme du médium, non moins puissant que sa fonction classique de traduction fidèle du visible. Parmi les apports inédits de l'ouvrage, signalons encore une nouvelle synthèse du rôle de la photographie dans les sciences, la première histoire graphique de la presse illustrée, ou une analyse contextualisée du rôle du MoMA. Au total, l'image qui se dégage est bien une image nouvelle: non plus celle d'une photographie servante des arts et des sciences, mais celle d'un médium acteur de l'art, de la culture et du savoir, opérateur de quelques-unes des évolutions décisives du monde moderne.

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Parution de "La Fabrique des images contemporaines"

couverture Les éditions du Cercle d'art annoncent la parution de:
La Fabrique des images contemporaines
Par Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert

Animés par la volonté d'offrir à un très large public des outils de jugement critique sur l'iconographie contemporaine, les auteurs de l'ouvrage nous font entrer dans la fabrique des images: celles, mythifiées, de Robert Doisneau dans sa série des "Baisers", comme celles, composées successivement par plusieurs générations de cinéastes, du débarquement en Normandie. Ils reviennent également sur le rôle décisif qu'ont joué les images dans des moments clés de l'histoire contemporaine, tel l'assassinat de Kennedy, les attentats du 11 septembre 2001 ou bien encore la fin du communisme en Roumanie. Dans ce dernier cas, est élucidée ici l'affaire dite des "faux charniers" de Timisoara qui fut considérée à tort comme un exemple-type de désinformation.

A rebours de l'opinion commune selon laquelle l'image "mentirait" davantage encore depuis l'arrivée du numérique, les auteurs montrent combien les nouveaux usages renforcent, au lieu de les affaiblir, la vigilance citoyenne et le lien organique qui unit l'image au réel. Il en va de même de l'évolution des techniques qui permettent de développer une nouvelle échelle du regard (Google Earth).

La Fabrique des images contemporaines révèle en outre comment, dans le monde entier, la mobilisation militante, politique, écologique ou syndicale met en place de véritables canaux d'information parallèle, capables de parasiter jusqu'aux plates-formes commerciales et institutionnelles de partage d'images ou de vidéos.

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Un mâle sanglot

image Il y a des blogueurs fan de rugby. Ceux qui me font l'amitié de passer régulièrement par ici le savent: le sport sur canapé n'est pas mon truc. Je ne m'intéresse aux activités masculines en maillot que pour les images qu'elles peuvent produire. Hier soir, le fiasco du XV de France devant l'Angleterre en a livré une à glisser dans la galerie de nos icônes contemporaines. Non pas une image de bonheur, de succès ou de consécration – devenues banales dans l'environnement néo-libéral où nous évoluons. Mais l'image surprenante d'un échec, d'une surprise et d'un désarroi – qui n'était pas sans rappeler le dénouement de la finale du Mondial 2006.

En cette fin de match, la défaite de l'équipe française s'incarnait tout entière dans les épaules tressautantes de Sébastien Chabal, anéanti par le coup de sifflet final, agenouillé la tête dans les mains. Celui qui, quelques secondes plus tôt, jetait avec rage ses 116 kilos dans la mêlée, celui qui avait mérité les surnoms d'Attila, du Mangeur d'enfants ou de l'Homme des cavernes, celui qui personnifiait la puissance virile et faisait frémir les plus endurcies, celui-là avait le corps secoué de sanglots comme un petit garçon.

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Soutenance de thèse "L'illustration photographique", par Thierry Gervais

image La thèse de doctorat d'histoire de l'art L'Illustration photographique. Naissance du spectacle de l'information, 1843-1914 présentée par Thierry Gervais à l'EHESS sera soutenue le mardi 6 novembre 2007, de 9h à 13h, en salle Vasari, à l'INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.

Jury: André Gunthert (directeur de thèse, EHESS), Dominique Kalifa (président, université Paris 1), Anne McCauley (université de Princeton), Michel Poivert (rapporteur, université Paris 1), Christophe Prochasson (co-directeur, EHESS).

Résumé

Entre 1843 et 1914, la photographie devient en France le principal mode d’illustration dans la presse et donne forme à de nouveaux objets. La production photographique se massifie, la reproduction photomécanique permet d’associer les caractères typographiques aux images argentiques et la presse s’empare de ce nouveau tandem pour illustrer ses pages. Du journal L’Illustration créé en 1843 à La Vie au grand air qui se développe à la Belle Epoque, la photographie passe du statut de support iconographique pour le graveur au vecteur principal de l’illustration de l’information. La publication d’images se multiplie dans la presse et, sous la houlette d’un directeur artistique qui agence texte et photographies, le récit de l’actualité en image se déploie sur l’espace de la page, transformant le journal illustré en magazine. Entre ces deux dates, les protocoles de l’illustration photographique sont établis et produisent une information visuelle spectaculaire.

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Nicolas et la vraie de vraie télé réalité (de Free)

Bonne nouvelle, la vraie télé revient, oui, la vraie télé presque comme au début mais avec de la couleur. La vraie télé du réel, la télé réalité sans coupures CSA, sauf celles des coupures de connexion Internet ! Depuis juin, tout ceux qui ont une Freebox dernière génération le savent bien, ils peuvent en quelques secondes et avec peu de matériel faire leur show devant presque 5 millions d’abonnés. A vous de faire le calcul pour estimer le public potentiel, en comptant les enfants et les grand-parents assis sur le canapé. Il était temps de faire un petit point sur trois mois de création audiovisuelle amateur.

Par Nicolas Frespech, Poptronics, 11/10/2007.
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Une image qui vole en éclats

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Chacun se souvient de l'extraordinaire mise en scène familiale qui avait marqué l'intronisation du nouveau président de la République, le 16 mai dernier. Abondamment reprise par les journaux et les télévisions, cette image d'une famille recomposée modèle avait donné le la de la "rupture" selon Sarkozy, bien décidé à prendre ses distances avec les pesanteurs républicaines de ses prédécesseurs.

Selon les informations diffusées aujourd'hui par le quotidien suisse La Tribune de Genève (doublé dans 24 Heures), confirmant les rumeurs de séparation qui circulaient dans la blogosphère depuis une semaine (ne cherchez pas dans la presse française: Libé a démenti), cette exhibition d'un bonheur familial sans faille n'aurait été qu'une fiction de circonstance. N'en déplaise à Laurent Joffrin, ce n'est pas internet qui nous fait régresser au XIXe siècle, mais bien le goût sulpicien des services de la présidence, amateurs d'images emblématiques dans la grande tradition du dessinateur Job. Après le film légendaire H.B. Human Bomb, la figure de l'intronisation rejoint les allégories de l'histoire officielle du régime. Un récit qu'il devient de plus en plus difficile de conjuguer avec le réel.

Google: mettez YouTube dans votre pub

Les fonctions économiques des plates-formes visuelles se précisent. Selon un article du New York Times, Google lance un nouveau service intégrant YouTube à sa régie publicitaire. Les vidéos originales d'une centaine de "YouTube content creators" volontaires sont diffusées par l'intermédiaire du système AdSense, en fonction de l'analyse contextuelle automatique qui évalue la pertinence du rapport entre un contenu et un site. Sans en préciser la répartition, Google indique que les revenus seront partagés avec les auteurs. “Nous inaugurons une distribution incrémentale pour nos créateurs de contenus”, estime Christian Oestlien, directeur de produit pour AdSense. Mais selon un concurrent, cette possibilité n'intéressera que les sites à audience réduite.

Référence: Miguel Helft, "Google to Put YouTube Videos on Its Ad Network", New York Times, 9/10/2007.

Bons baisers du hic et nunc

On se souvient de ces fortes paroles de Walter Benjamin, récitées comme un mantra dans toutes les salles des ventes: “A la plus parfaite reproduction il manquera toujours une chose: le hic et nunc de l'oeuvre d'art – l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve. C'est cette existence unique pourtant, et elle seule, qui, aussi longtemps qu'elle dure, subit le travail de l'histoire. Nous entendons par là aussi bien les altérations subies par sa structure matérielle que ses possesseurs successifs. (...) Le hic et nunc de l'original constitue ce qu'on appelle son authenticité” ("L'Oeuvre d'art...", 1935, Oeuvres III, Folio, 2000, p. 71).

Dans la vraie vie, le travail de l'histoire, quand il arrive aux oeuvres de le croiser, sous l'espèce d'un baiser (Twombly à Avignon) ou d'un coup de poing (Monet à Orsay), il conduit au tribunal. Dans la vraie vie, l'authenticité est garantie par un certificat, la signature d'un expert et un gros chèque. Quant au hic et nunc, censé manifester la condition de l'oeuvre, il est soigneusement mis au congélo, derrière des barreaux. Merci aux restaurateurs, qui auront vite fait d'effacer l'outrage, de recoudre l'hymen, de remonter le temps. L'art est une chose trop sérieuse, avec beaucoup trop de zéros, pour qu'on y touche, fut-ce du bout des lèvres.

Les Débats de l'EHESS: Actualités du terrain

image 22-24 octobre 2007, Amphithéâtre, 105, boulevard Raspail, 75006 Paris (entrée libre)

Dans une période où leur autonomie et leur nécessité sont tour à tour ou simultanément menacées, les sciences sociales doivent affirmer un objet commun, le monde habité, et poser cet objet comme leur objet, c’est-à-dire le fruit d’un projet de science. Cet objet n’est donc pas un objet désigné, comme on désignerait à des experts un morceau de réel déjà découpé sur lequel devrait s’exercer leur jugement partiel ; il ne doit pas être non plus un objet empêché, soumis à restriction, simulation ou dissimulation. Cet objet n’est pas non plus seulement un objet donné, ou plutôt, doit être d’autant plus construit qu’il est donné; il doit être ce qu’on appelle un "terrain", élaboré par un protocole scientifique librement consenti. Il doit enfin être restitué, sous des formes dont les technologies contemporaines bouleversent la temporalité.

Cette conception d’un terrain des sciences sociales n’est nullement réservée à la discipline anthropologique, même si le terrain en est une sorte d’emblème. L’objet désigné à l’expert n’est pas le redoutable privilège des sociologues, même s’ils ont pu être spécialement exposés à sa séduction. La ruse face à la contrainte n’a pas seulement obligé l’historien, même si l’enjeu de l’accès aux archives d’État a souvent été décisif dans ses enquêtes.

L’objet des sciences sociales est un objet polymorphe, écrit, sonore, visuel, et c’est sous toutes ses formes qu’il se donne et qu’il se construit. Une épistémologie et une éthique du terrain d’enquête mobilisent donc aussi bien les spécialistes du texte et de l’écrit que ceux de l’image, aussi bien les spécialistes de la langue que ceux de la parole et de l’expression sonore.

Penser le terrain, c’est manifester les sciences sociales dans leur ensemble comme savoir critique du réel.

Edit. Les enregistrements audio des débats sont disponibles sur le site de l'EHESS.

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Guy Môquet, et après?

Le 22 octobre prochain, la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet sera l’occasion de ce qui pourrait passer pour une cérémonie de plus, dans le Panthéon résistant. Il n’en est rien: c’est un véritable programme commémoratif que le Bulletin officiel de l’Education Nationale du 30 août organise dans les lycées et collèges. Promotion soudaine d’une figure patriotique, présentée comme exemplaire, place centrale accordée à l’Ecole pour la lecture d’une "lettre", dimension strictement nationale de la célébration: tout cela n’est pas sans susciter des interrogations sur les causes profondes de cette fabrique à "flux tendu" d’un héros pour la jeunesse.

Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire, 8/10/2007.
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Des images légendaires

image Selon Walter Benjamin, la légende devait devenir “l'élément le plus essentiel du cliché”. À Paris-Match, on prend le philosophe au mot. Quitte à passer de la description aux contes pour enfants. Au terme d'un procès intenté à l'hebdomadaire, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné le magazine à 5000 € de dommages et intérêts pour sanctionner, non une “photo arrangée”, mais une légende trompeuse, ce qui est à ma connaissance une première.

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Deux nouvelles revues de photographie en 2008

Deux nouvelles revues académiques anglophones consacrées à la photographie viendront enrichir le paysage éditorial spécialisé au début de l'année 2008. Photography and Culture, publiée par les éditions Berg, est plus américaine, Photographies, éditée par Routledge, plus britannique. L'une et l'autre attendent contributions et comptes rendus d'ouvrages (propositions à adresser, pour Photography and Culture, à Alison Devine Nordström: anordstrom(at)geh.org; pour Photographies, à photographies(at)plymouth.ac.uk).

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Berkeley en Tube

L'université de Berkeley (dont je vous parlais déjà ici), vient de créer sa propre chaîne sur YouTube. C'est tout naturellement qu'elle y déposera donc les sessions filmées de la plupart des cours qui y sont dispensés, dont le remarquable cours sur les moteurs de recherche avec (entre autres) S. Brin, H. Varian comme professeurs.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 04/102007.
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Les vidéos faites sur YouTube: un nouveau genre cinématographique?

Plusieurs familles de vidéos se disputent les plates-formes comme YouTube ou Dailymotion: les compilations d’actions sportives, les gags d’animaux, les images piratées des télés, etc… Et certaines misent sur le bouton «avance rapide». Comme celle de Charlie Mars, un technicien audiovisuel français, qui a résumé 500 jours de sa vie (et 70 heures de rush) à 4 minutes. Son film, publié le 10 août 2007 sur Dailymotion, a déjà été vu près de 81.000 fois. Dès le début de la séquence, l’auteur annonce la couleur: «janvier 2006: sans trop savoir pourquoi, je sors mon caméscope et je filme. Un peu chaque jour. Je me filme, moi ou bien cette cagoule stupide que je porte parfois…». Au final: un aperçu de sa vie quotidienne, entre vaisselle qui s’accumule dans l’évier et trajets en train, rythmée par les accélérations.

Par Alice Antheaume, 20minutes.fr, 04/10/2007.
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