Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Un nuage dans mon Powerpoint, svp!

image Les historiens d'art de ma génération ont accueilli avec soulagement les logiciels de présentation visuelle type Powerpoint. La lecture malaisée des diapositives, les inévitables interversions ou inversions, les longues séances de reclassement, les images perdues ou abîmées, l'encliquetage du carrousel, les hoquets et cafouillages divers des projecteurs ont laissé à chacun son lot de disgrâces en direct, dont on n'aime pas réveiller le souvenir. Face à ces défauts, la facilité de sélection des images, la sureté de la projection, la possibilité de légendage ou de comparaison d'images, l'encombrement restreint offerts par les nouveaux outils ont constitué autant d'avancées bienvenues. Encore fallait-il s'assurer de la disponibilité d'un vidéoprojecteur, et que celui-ci soit d'une définition suffisante et correctement réglé - facteurs qui étaient loin d'aller de soi il y a encore trois ans dans les universités et autres lieux de culture français. Aujourd'hui, ne pas disposer de cet équipement est devenu exceptionnel.

Pourtant, un Powerpoint n'est pas forcément le meilleur support pour l'enseignement. Initialement pensé pour les présentations brèves dans un cadre entrepreneurial, le logiciel impose une linéarité intangible, bien adaptée à un discours soigneusement rôdé qu'on n'interrompt pas avant la fin. Mais il manque vite de souplesse devant des étudiants un tant soit peu réactifs, et devient d'autant moins pratique qu'on aime à susciter le dialogue. Un cours est heureusement un espace plastique, plus ouvert à l'interaction qu'une démonstration de produit. En séminaire, combien de fois revient-on en arrière ou se déplace-t-on vers l'avant pour retrouver l'image appropriée? Quand on ne sort pas carrément du diaporama, pour aller chercher sur son disque dur ou sur internet la ressource manquante. Combien de fois aurait-on aimé pouvoir raccourcir ou au contraire allonger tel développement, en ajustant en temps réel le nombre d'images? Dans chacun de ces cas, on rêve à une interface plus malléable, dont la manipulation de l'iPhone donne à peu près l'idée. Représenter sous forme de nuages les groupes d'images d'une photothèque ne devrait pas être d'une insurmontable difficulté. Un tel outil, où l'on pourrait choisir du doigt le visuel adapté, serait l'instrument idéal du conférencier du XXIe siècle. Qui mettra un nuage dans mon Powerpoint?

Bilan d'un trimestre du blog SLRU-EHESS

image Ouvert le 26 janvier 2009, le blog SLRU-EHESS, consacré au mouvement des enseignants-chercheurs, a publié 132 billets de 42 auteurs et 110 commentaires. Bénéficiant d'un large éventail de ressources multimédia, il a pu mettre à disposition de ses lecteurs 13 vidéos et diaporamas, 42 photos et 9 podcasts originaux, une documentation pdf accessible en flash, une revue de presse de 175 liens, ainsi qu'une veille permanente sur les principales sources d'information par l'intermédiaire de flux RSS.

Fréquentation: février/34.686 visiteurs uniques; mars/32.738 VU; avril/29.222 VU (moyenne: 1086 VU/jour, statistiques Urchin). Trafic total: 280 Go.

Réf.: slru.ehess.org

A la recherche du modèle économique: et la pub?

image Une fois n'est pas coutume, je restitue un élément de la conversation de l'autre soir, au café des Arts et Métiers. Johan H*** raconte une rencontre récente de spécialistes des médias. Les journalistes, dit-il, étaient tous flippés - mais les plus flippés, c'étaient les publicitaires. Le problème n° 1 des médias en ligne, chacun le sait, est l'absence de ressources suffisantes pour soutenir des projets ambitieux. Mais plutôt que de pointer du doigt les rédactions, mes voisins de table tombent d'accord pour situer le fond du problème du côté des agences de pub, incapables de créer une communication innovante, adaptée aux nouveaux médias. Seul Google a su inventer un nouveau modèle. Pourquoi pas les autres, demandé-je? Trop d'argent: corruption, rigidités, incapacité de se renouveler. Je biche: moi qui ne suis pas un chaud partisan du modèle libéral, voilà une profession qui, quoique caressée dans le sens du poil par la main invisible, a l'air encore plus malade que l'université fonctionnarisée. Mais j'ai surtout l'impression d'avoir saisi un élément important de l'équation, que je n'avais pas encore aperçu. Merci les gars. Et merci de corriger ou de compléter ce dessin schématique, à propos duquel je n'ai pas encore lu grand chose sur la toile.

Vieux, décrépis, grippe-sous, les médias français ne méritent pas l’internet

L’omerta est la règle suivie par tous les médias français d’avant la révolution du réseau, avec toujours comme ultime justification la survie des formats anciens, seuls capables d’être réellement rémunérateurs, au détriment de tout ce qui a fait que l’internet est une respiration, mieux un nouvel ordre. Aujourd’hui, la situation est incroyablement dangereuse sur la toile française. La survie est devenue la règle pour les médias "Pure Players" francophones. Quelques exemples: Deezer, Dailymotion sont étranglés par les revendications des ayants droit, d’un côté, et un sous financement de l’autre. Leur existence même est engagée. Sur le front de l’information, Bakchich, Rue89, etc., voient leurs revenus publicitaires largement menacés par les effets de la crise. Sans parler des radios en ligne, qui lèvent des fonds dans une unique perspective: décrocher une hypothétique licence de radio numérique terrestre.

Par Emmanuel Torregano, Electron libre, 24/04/2009 (via Jean-Baptiste Soufron/FB).
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Ils ne comprennent que la force

Il en dit des choses, ce film, par sa seule palette de couleurs! Prenez l’une des images que l’on a vues partout: Sonia Bergerac, la prof de français interprétée par Isabelle Adjani, coincée contre un mur par l’un de ses élèves, un grand Noir prénommé Mouss. Le teint diaphane, ses yeux bleus remplis à la fois de défi et de désarroi, elle porte un chemisier d’une blancheur éclatante, tandis que son agresseur est engoncé dans un blouson d’un noir brillant, avec un col de fourrure sombre. Tout au long du film, Madame Bergerac fait ainsi une tache lumineuse, symbole de pureté, de fragilité, d’innocence et de… blancheur, au milieu de ses élèves basanés.

Par Mona Chollet, Le Lac des signes, 12/04/2009.
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Ridicules réactionnaires

Il y'a quelques jours est sortie une vidéo qui a fait plus vite le tour du ouèb qu'une idée dans la tête d'Ivan Rioufol. On y voyait une agression dans un bus d'un jeune plutôt propre sur lui par d'autres jeunes plutôt pas propres sur eux, sur les choses de 3 heures du mat' à Paris. Et vu que les agresseurs étaient plus du genre à écouter du rap que du Michel Sardou, la chose a déclenché un buzz considérable et fulgurant dans les pauvres cervelles molles en ébullition permanente des réactionnaires de tout poil. Enfin ! Enfin ils tenaient LA preuve qu'ils avaient raison, qu'ils ne prêchaient pas dans le vide. Enfin ! Il se passait quelque chose qui allait venger le réac de sa vie de frustrations et d'aigreurs, il avait la certitude d'avoir décroché le gros lot, et là, pour le coup, il allait pouvoir se lâcher pour de bon...

Par CSP, 11/04/2009.
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La loi Hadopi votée à la sauvette par 16 députés

On peine à en croire la démocratie dans laquelle on prétend vivre et écrire. Après 41 heures et 40 minutes d'une discussion passionnée sur le texte, il ne restait qu'une poignée de courageux députés autour de 22H45 jeudi soir lorsque l'Assemblée Nationale a décidé, sur instruction du secrétaire d'Etat Roger Karoutchi, de passer immédiatement au vote de la loi Création et Internet, qui n'était pas attendu avant la semaine prochaine. Un fait exceptionnel, qui permet de masquer le nombre important de députés UMP qui se seraient abstenus si le vote s'était fait, comme le veut la tradition, après les questions au gouvernment mardi soir. Ainsi l'a voulu Nicolas Sarkozy.

Par Numerama, 03/04/2009.
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Controverses

image Cette exposition avait fait du bruit à Lausanne, elle est maintenant à la Bibliothèque Nationale (jusqu’au 24 mai). Elle regroupe environ 80 photographies de 1839 à aujourd’hui, qui ont, pour une raison ou une autre, été le sujet de controverses, longuement expliquées dans des textes à côté des photos et exposés encore plus en détail dans le catalogue. Disons d’emblée que c’est une exposition didactique, dense, qu’on visite lentement; elle est chronologique, alors que, face à ces images, on raisonnerait plutôt par thèmes. Il y a bien des raisons à la controverse, et, face à une certaine confusion dans la visite, j’ai tenté de les classer de mon mieux. Il y a d’abord des controverses qui ne sont pas dans la photo, mais à côté, dans le contexte, celles qui concernent droit d’auteur, droit de reproduction et droit à l’image, disons la ‘cuisine’.

Par Lunettes rouges, Amateur d'art, 16/03/2009.
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Hadopi: surveiller et punir internet

Nicolas Sarkozy est le partisan résolu d’une gouvernance moderne, basée sur un dialogue avec l’opinion publique à travers les médias et les corps constitués. Son usage de l’outil législatif manifeste cette option. Plutôt qu’à établir les règles du jeu social, les lois soumises au Parlement servent à adresser des messages ou à afficher une politique.

C’est bien sous cet angle qu’il convient d’examiner la loi "Création et Internet", ou Hadopi, du nom de la nouvelle administration qu’elle institue. Son but avoué est de limiter l’échange de fichiers audiovisuels en ligne, défini comme "piratage", par la suspension de l’abonnement pour les comptes recourant aux plates-formes de partage, ou peer to peer, pour télécharger et diffuser des contenus protégés par le droit d’auteur.

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Ethnographiques.org: analyser les rassemblements à l’aide de matériaux sonores et visuels

image "Analyser les rassemblements à l’aide - ou à partir - de matériaux sonores et visuels: enjeux et résultats", appel à contributions de la revue Ethnographiques.org

Le rassemblement, c’est-à-dire la coprésence de plusieurs personnes en un lieu donné, peut prendre diverses formes : manifestation politique ou religieuse, réunion sportive ou artistique, foule piétonnière… Il se caractérise en revanche dans tous les cas par sa dimension de performance publique. Le rassemblement est le lieu et le temps de mises en scène et de représentations, dont les tonalités et les ambiances, propres à l’événement, sont liées tant aux décors, aux rythmes, aux sons et aux publics qui s’y expriment, qu’à une dramaturgie dans laquelle la multiplicité des acteurs s’engagent dans des séquences d’interaction, la plupart du temps structurellement réglées.

Si les travaux se proposant d’étudier ce type de «comportement collectif» à l’aune des discours (écrits et oraux) qu’il suscite ont tout leur intérêt, les récits ex post ne permettent pas de rendre compte de tout ce qui se passe in situ. Or les dynamiques propres aux rassemblements ne sont pas réductibles à la mobilisation des ressources nécessaires à leur déclenchement ou à leurs effets sur les publics et les cibles. Dans une approche critique des travaux des théoriciens du collective behavior, des chercheurs (on pense en particulier aux travaux de Clark McPhail) ont montré que quelque chose se passe dans l’action, dont il convient par conséquent d’observer la morphologie, le fonctionnement, le temps de la mise en rythme, en forme, en cœur. Des notions telles que l’imitation, l’adhésion, l’émotion collective ou la ritualisation se trouvent réinterrogées à nouveaux frais grâce à l’observation minutieuse des séquences d’interactions et du déroulement des situations.

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Rencontre avec Daniel Cohn-Bendit à l'EHESS

image "Changeons le programme" a proposé le 27 février le débat: "Quelle politique européenne de la recherche et de l'enseignement supérieur?" (EHESS, 105, Bd Raspail, amphithéâtre, modération: Cyril Lemieux). Daniel Cohn-Bendit, député européen a répondu aux interventions de Sylvain Piron (EHESS), Laurence Giavarini (SLU) et Michel Saint-Jean (SLR) en présentant diverses réflexions sur la politique européenne de la recherche (album).

Avec la participation de:

Marcel Gauchet: "En état de légitime défense..."

image Dans le cadre de l'opération "Changeons le programme", Marcel Gauchet a prononcé aujourd'hui à l'EHESS un réquisitoire argumenté contre le programme de réforme gouvernemental des universités. Le philosophe montre comment ces projets, loin de corriger les erreurs du système, conduiront inéluctablement à les aggraver. Un podcast à écouter en ligne sur le site Slru-Ehess.

Réf.: Séminaire de Marcel Gauchet, "La redéfinition du savoir sous le néo-libéralisme", amphithéâtre, 105, bd Raspail, 4 février 2009 (extraits, 67 min.), www.slru.ehess.org....

Peut-on mesurer la productivité des enseignants-chercheurs?

Dans le contexte des réformes envisagées pour l'Université et les organismes de recherche français, la mesure de l'activité des chercheurs et enseignants-chercheurs prend une place centrale. Elle est complexe, mais pas sans réponse. Complexe, car l'activité des enseignants-chercheurs est multidimensionnelle. De plus, même la plus simple des dimensions, la publication d'articles de recherche, est difficile à mesurer. Toutefois, des solutions existent. Par ailleurs, la mesure de l'activité n'est qu'une première étape. Pour comparer les individus ou les centres selon ce critère, il faut pouvoir raisonner "toutes choses égales par ailleurs" (moyens mis à disposition des universités, conditions de travail des enseignants-chercheurs). Cela est également envisageable.

Par Pierre-Philippe Combes & Laurent Linnemer, Telos, 30/01/2009 (via Affordance.info).
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Mozinor résume Luc Besson

Photomatobama

image Ca devait arriver. A l'image du lancer de chaussures sur George Bush, tout événement visuel marquant est désormais susceptible de connaitre une déclinaison sous la forme d'un jeu en ligne. C'est ainsi que le plus célèbre poster de l'année 2008, créé par Shepard Fairey à l'occasion de la campagne présidentielle de Barack Obama, compte parmi sa postérité un "obamizer" qui transforme tout portrait photographique en affiche quadricolore. Très bien conçu en flash, il permet de choisir son slogan et de réaliser son obamicone en direct à partir d'une webcam. L'image finale, enregistrée au format gif, fait l'objet d'une légère atténuation des contours, et apparaît dans une galerie que l'on peut commenter. Attention: étant donné le succès du dispositif, on peut rencontrer des difficultés de connexion (signalé par Vincent Glad sur Twitter).

Réf.: http://obamiconme.pastemagazine.com/

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