Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Soyez sympas, rembobinez...

image Pas besoin de se casser la tête pour le titre de ce billet, qui signale deux comptes rendus très bien faits par des auditeurs de ma récente intervention à la Haute Ecole d'Art et de Design de Genève, précisément intitulée... Be Kind Rewind (ce que nous dit la mythologie des amateurs sur les images): en français par Yael Maim, en anglais par Nicolas Nova. Merci à eux.

Prochains intervenants du cycle: Nathalie Boulouch ("La photographie couleur n’est plus vulgaire", 28 octobre), Clément Chéroux ("Les larmes à l’oeil: le sex-appeal de Man Ray", 16 décembre, 18h, 9 bd Helvétique, Genève).

Petit observatoire de la retouche

L’émergence du numérique a remis au premier plan toutes les problématiques liées au statut de vérité des images photographiques. La fabrication des images, sous le régime de l’argentique, n’était plus guère discutée et les canaux de production traditionnels ont fini par sceller le mythe de l’intangibilité d’une vérité photographique. L’avènement des pixels, petites traces de photons, immatériels, volages et manipulables à souhait, a rapidement mis la retouche à l’épicentre visible de nouveaux débats. Les possibilités d’intervention ultérieures sur le «matériel» recueilli par les capteurs sont désormais infinies et à la portée de tous.

Par Béat Brüsch, Mots d'images, 20/10/2009.
Lire la suite...

La photographie numérique nobélisée

Le prix Nobel de physique vient d'être attribué à Charles K. Kao pour ses travaux sur la fibre optique, ainsi qu'à Willard S. Boyle (né en 1924) et George E. Smith (né en 1930), inventeurs du photocapteur en 1969 aux Bell Labs (voir diaporama ci-dessus).

Le CCD (Charged Coupled Device) est un circuit intégré dont une face, composée de photosites, reçoit et analyse la lumière. Le capteur convertit l'information d'intensité lumineuse en trains d'impulsions, qui constituent un signal vidéo analogique. Il n'existe donc pas de différence de principe entre enregistrement vidéo et enregistrement photo, qui ne sont que deux variantes de traitement du même signal. Dans les appareils numériques, ce signal est échantillonné et peut faire l'objet de divers traitements destinés à améliorer la qualité de l'image.

Lire la suite...

En mettre plein les yeux et rendre "Apocalypse" irregardable

La série télévisée Apocalypse nous rend «visibles» un certain nombre de documents relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Nous les rend-elle regardables, ­«lisibles», pensables, compréhensibles pour autant? Quelle est donc sa position ? Les réalisateurs, les producteurs et les directeurs de programme se sont ­contentés d’adopter une posture typique du monde commercial, l’autocélébration : projet «pharaonique», émission «miracle», «révélation» de l’histoire… On a remonté des archives visuelles en leur restituant, dit-on, «une qualité d’image tout simplement époustouflante ! De quoi convaincre tout le monde !» (dixit Daniel Costelle, l’auteur du commentaire). La chaîne de ­télévision, de son côté, a réussi la prouesse de transformer une «commémoration» – le soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la guerre  – en cet «événement» nommé prime time.

Par Georges Didi-Huberman, Ecrans, 22/09/2009.
Lire la suite...

How Could This Happen to Annie Leibovitz?

In 2004, still in need of money to help pay for the $1.87 million purchase of the damaged Greenwich Village house, Leibovitz took out a bridge loan, a short-term, typically high-interest financial instrument. The loan was intended to tide her over until she could sell her other properties. Later that year, she sold the 26th Street studio for almost $11.4 million; in 2005, she sold the London Terrace penthouse. Those sales must have generated millions in profit, but they still didn’t get her out of the red. Leibovitz, like so many Americans during the boom years, had been taking out additional mortgages, heaping loan upon loan. Before selling her photo studio, she’d borrowed an additional $3.5 million against it, above the original $2.1 million mortgage. The initial mortgage on the Rhinebeck property was about $1.8 million. Eventually, she had some $11 million mortgaged against it. She’d bought the Greenwich Village property with a $1.2 million loan, and three years later tacked on an addition $2.2 million mortgage. By last year, the total value of the mortgages she was carrying came to about $15 million. Assuming she had a 5 percent 30-year fixed-rate mortgage on that amount, her annual outlay just to service the debt on those loans would have come to almost $1 million. (Illustration: Jeff Koons et Keira Knightley, portfolio pour Vogue, 2005).

Par Andrew Goldman, New York Magazine, 16 août 2009.
Lire la suite...

Le microfilm, non-archive de l'image

Pas plus qu’il n’existe de transparence du médium photographique, il n’existe de transparence matérielle des microfilms. On pourrait même aller jusqu’à parler de l’opacité des microfilms tant se perdent les informations quant au traitement visuel d’un évènement par ce procédé de conservation, qui semble tenir les images pour quantité négligeable dans la perception et la transmission d’une information, d’un évènement ou d’une actualité. Alors même que la presse s’appuie toujours davantage sur les images, et en revendique l’importance, ce système de conservation par microfilms relève d’une complète contradiction car il ampute l’objet qu’il s’agit de conserver d’une de ses plus importantes composantes: les images.

Par Audrey Leblanc, L'atelier du Lhivic, 23/07/2009.
Lire la suite...

Mieux que la propagande, le journalisme de fiction…

Un cap vient d’être franchi en matière de servilité journalistique, ce soir, veille de la fête nationale censée rappeler aux citoyens la prise de la Bastille et les fondations de notre république. Un cap dans notre glissement progressif vers une forme de principat médiatique (orienté par les sondages et confirmé par les élections) dans lequel la voix du peuple ne vaut plus que son poids de papier lorsqu’elle tombe dans une urne. Point. Une impression de chute, encore… dans le ridicule et la pitrerie journalistique…

Par Olivier Beuvelet, Devant les images, 13/07/2009.
Lire la suite...

Iran: elle s'appelait Neda

Tous les visas des journalistes occidentaux expirent dimanche en Iran. (...) Donc à partir de samedi soir, il était prévisible que nous ne pourrions plus accéder à du contenu produit par des journalistes. Aujourd’hui, 8e jour de la Révolution iranienne, nous sommes encore plus nombreux à suivre les événements à travers la fenêtre des réseaux sociaux. (...) Twitter n’est pas la seule plateforme utilisée, comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises. Facebook, Flickr, YouTube et bien d’autres accueillent les documents, que l’ensemble des internautes, attentifs, étiquettent en temps réel et transforment pour les rediffuser. Sans le savoir, ils participent à leur éditorialisation. Ces images, montrant le courage et le sang, ne sont pas arrêtées dans leur course. Pour nous parvenir, elles transitent par de multiples canaux et les internautes hors d’Iran se chargeant d’amplifier leur impact. Ce qui frappe aussi c’est la bravoure ou le désespoir de ces jeunes femmes voilées qui participent aux rassemblements. Neda n’était pas l’une d’entre elles, elle venait simplement observer avec son père. Son visage nous a tous marqués. Elle s’appelait Neda, c’est le visage de la jeunesse et d’une liberté volées.

Par Natacha Quester-Séméon, Memoire vive, 21/06/2009.
Lire la suite...

Dernières acquisitions de la vidéothèque de l'EHESS

  • "Valse avec Bachir" d'Ari Folman, 2008, 86 mn. N’ayant aucun souvenir de son expérience lors de la 1e guerre du Liban, au début des années 1980, Ari Folman décide de partir à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Au fur et à mesure de ses rencontres, Ari plonge dans le mystère et sa mémoire commence à être parasité par des images de plus en plus surréalistes…
  • "Cocorico! Monsieur Poulet" de Jean Rouch, 1974, 93 mn. Dans une 2 CV bringuebalante, Lam, surnommé M. Poulet, s’en va en brousse chercher les poulets qu’il vendra à Niamey. Assisté de Tallou et Damouré, il espère faire des affaires juteuses. Mais les imprévus s’accumulent, les poulets sont introuvables, le fleuve Niger difficile à traverser. Et une diablesse ne cesse de jeter des sorts.
  • "Bataille sur le grand fleuve" de Jean Rouch, 1950, 33 mn. Epopée fluviale au cours de laquelle les pêcheurs Sorko chassent au harpon les hippopotames du fleuve Niger. Une compétition magique entre l’animal et l’homme.
  • "Cimetières dans la falaise" de Jean Rouch, 1951, 18 mn. Document ethnologique et bouleversant témoignage sur les funérailles d’un jeune noyé en pays Dogon, falaise de Bandiagara au Mali.

Lire la suite...

Hadopi: "un dispositif pédagogique"

Communiqué du ministère de la culture et de la communication: "Réaction de Christine Albanel à la décision du Conseil constitutionnel, mercredi 10 juin 2009".

«Christine Albanel se félicite que le principe d’un dispositif pédagogique de prévention du piratage ait été validé par le Conseil constitutionnel. Il s’agit d’une avancée capitale dans la lutte qu’elle entend continuer à mener contre le pillage des droits des créateurs et en faveur d’un Internet civilisé.

La ministre regrette de ne pouvoir, comme le Gouvernement et le Parlement l’avaient souhaité, aller jusqu’au bout de la logique de «dépénalisation» du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes – y compris le prononcé de la sanction – du processus. Elle prend acte sur ce point du choix du Conseil constitutionnel et proposera au Président de la République et au Premier ministre de compléter rapidement la loi Création et Internet pour confier au juge le dernier stade de la «réponse graduée». Parallèlement la mise en place de la Haute Autorité instituée par la loi, exclusivement chargée du volet préventif de la lutte contre le piratage, se fera selon le calendrier prévu et les premiers messages d’avertissement seront adressés dès l’automne aux abonnés à Internet.

Lire la suite...

Is it a bird? Is it a plane? No. It's a monopolistic library-bookseller

Le grand numérisateur a tout pris. Livres libres de droits, livres sous droits, livres dans la zone grise et oeuvres orphelines. Tout y est, ou presque. Et même s'il est toujours quasi-impossible d'estimer réellement le nombre d'ouvrage réellement numérisés et disponibles dans Google Books, la fourchette raisonnable se situe entre 7 et 10 millions d'ouvrages numérisés, pas mal pour un projet lancé en 2005.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 05/06/2009.
Lire la suite...

En deux mots

Les quatres règles du bon lip dub sont: la spontanéité (on doit avoir l'impression que c'est un délire qui part comme ça), l'authenticité (les intervenants et les lieux semblent réels), la participation (on ne fait pas un lip dub tout seul) et l'amusement: tout le monde doit avoir l'air de se marrer (le plus facile étant qu'ils s'amusent réellement). Le clip de l'UMP viole trois de ces quatre règles, mais transgresse également la cinquième, non écrite tant elle était évidente: le lip dub doit être une chanson. Sinon, c'est comme faire un karaoké sur un discours politique, ou danser la tektonik sur Yvette Horner.

Par Eolas, Journal d'un avocat, 30/05/2009.
Lire la suite...

"La prolongation de ma détention est une petite vengeance"

— Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation? — Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents s'est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d'un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs "prisons du peuple" en nous assommant de questions où l'absurde le disputait à l'obscène. Celui qui semblait être le cerveau de l'opération s'excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c'était de la faute des "services", là-haut, où s'agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité.

Par Julien Coupat (propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot), Le Monde.fr, 25/05/2009.
Lire la suite...

Médiatisation du mouvement universitaire

Que retenir d’un débat sur "La médiatisation du mouvement universitaire" réunissant des universitaires (Valérie Robert, Cyril Lemieux, Sophie Pène et moi-même) et des journalistes (Jade Lindgaard de Mediapart, Sylvestre Huet de Libération, Luc Cédelle du Monde et Ixchel Delaporte de l’Humanité)? Au moins trois conceptions du journaliste, sinon du journalisme. Ou à tout le moins du journalis(m/t)e d’opinion. Soit dit en passant, je ne livre ici qu’un point de vue subjectif sur «ma» perception du débat, lequel point de vue est donc à ranger dans la catégorie «billet d’opinion», n’allez pas en tirer de généralisations hâtives.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 18/05/2009.
Lire la suite...

Make the Video Buzz

Encore une arnaque au buzz. Qu'il serait plus juste d'appeler une campagne de promo bien huilée. Le groupe "Make The Girl Dance" lance son premier single, "Baby Baby Baby" le 1er juin prochain. Plutôt que de s'en remettre à la SACEM ou tout autre adversaire hadopiste du "free lunch", le groupe a diffusé gratuitement sur Dailymotion et YouTube un clip de la chanson, long plan séquence de la descente de la rue Montorgueil par trois jeunes filles nues (mais néanmoins dotées de caches-sexes électroniques, sous la forme de bandeaux où s'inscrivent les paroles de la chanson). Classique et efficace. Le dernier happening du genre était celui du perchiste Romain Mesnil, à la recherche d'un sponsor (vidéo diffusée le 27 mars 2009).

Comme on peut le constater en ouvrant "Le Parisien", le groupe a pris soin de communiquer aussi en direction de la presse... non sur le lancement du single, mais sur la promesse du buzz vidéo. Contrat rempli: le quotidien peut titrer sur un nouveau "phénomène internet: Le clip qui électrise la toile". Mise en ligne mardi, la vidéo a déjà dépassé le million de clics ce matin sur Dailymotion (mais n'atteint que 14.000 vues sur YouTube). Sur la promo, rien à dire, c'est carré. Mais pour ce qui est du "phénomène internet", révisons notre Susan Boyle: rien ne vaut quelques bons prescripteurs, de préférence chez les vieux médias, qui n'aiment rien tant que d'affubler une info people/trash du label "vu sur le web". L'article est écrit d'avance - et la prophétie auto-réalisatrice assurée.

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 >