Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

"A quoi sert l'histoire de l'art?", une réponse de Claire Barbillon

L'attaque par Jean Kempf du livret intitulé A quoi sert l'histoire de l'art? a suscité une réponse argumentée de Claire Barbillon, co-auteur de l'entretien. Comme mon confrère La Tribune de l'Art, qui a signalé ce billet et appelle au débat autour de l'ouvrage, je suis partisan d'une discussion sur ce livre et ne peux donc que me réjouir de l'établissement d'un dialogue direct entre les auteurs et leurs critiques. Par malheur, la contribution de Claire Barbillon, envoyée le 17 octobre dernier, a été rangée par mon anti-spam dans la file des commentaires refusés. Ce n'est qu'aujourd'hui que je me suis aperçu de cette méprise, que j'ai corrigé aussitôt. Il m'appartient de présenter mes excuses à Claire Barbillon pour le délai qui a séparé l'envoi de sa réponse et sa publication, et d'en signaler l'existence aux lecteurs de ce blog. Je frémis à l'idée que cette chausse-trappe électronique ait pu passer pendant presque une semaine pour l'exercice d'une censure mal intentionnée.

Où en est l'édition électronique française en SHS?

image A l'occasion du 16e Salon de la revue, se tenait samedi un débat intitulé: "Revues de sciences humaines au temps d'Internet: quelles promesses? Quelles menaces?" Les questions d'édition électronique ne sont pas qu'une préoccupation de technophiles aux yeux abîmés par leurs écrans gris. Mais un enjeu crucial de la vie intellectuelle et scientifique des prochaines années. La salle était pleine. Quoi d'étonnant? Le public venait chercher une information introuvable dans la grande presse, aujourd'hui bien trop préoccupée par sa survie pour consacrer l'énergie nécessaire à comprendre et à expliquer cette nouvelle tectonique des plaques. Aucun journaliste ne s'était déplacé. Ce n'est donc ni dans les colonnes du Monde ni dans celles de Libération qu'on lira la nouvelle de la liquidation par le CNRS du projet qui devait être le vaisseau amiral de l'édition électronique française en sciences humaines, le CENS (Centre d’édition numérique scientifique), abandonné avec armes et bagages après l'échec constaté de toutes les missions et entreprises qui lui avaient été attribuées il y a deux ans, soit un gaspillage d'argent public que la rumeur évaluait hier dans les allées du Salon à deux millions d'euros. Chacun des participants à la table ronde n'a eu que quelques minutes pour s'exprimer, aussi profiterai-je de ce compte rendu pour commenter ou détailler à ma façon les aspects qui me paraissent utiles. Pardon à mes collègues de débat pour mes omissions ou mes interprétations fautives, qu'ils auront tout loisir de corriger ou de contredire en commentaires.

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Parution Fotogeschichte, n° 101, automne 2006

Theater und Fotografie 1880-1930, herausgegeben von Stefanie Diekmann, Fotogeschichte, Heft 101, Jg. 26 (Herbst 2006).

Zwischen der Kunst des Theaters und dem Medium der Fotografie bestehen gewisse Affinitäten. Mit den jüngeren Entwicklungen dieser Verbindung hat sich die Fotografiegeschichte bereits beschäftigt, wenig erforscht ist hingegen die weiter zurückliegende Epoche. In den Beiträgen des vorliegenden Heftes wird die Frage nach der Beziehung von Theater und Fotografie nicht kategorial gestellt, als Frage nach der Theatralität fotografischer Darstellungen, sondern vielmehr punktuell, als Frage nach den Verkennungen, Verschiebungen und Konflikten, die dort entstehen, wo zwei Systeme der Bildproduktion aufeinander treffen.

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A quoi sert le livre de Roland Recht?

image Voilà un vrai scandale éditorial - et je pèse mes mots - mais aussi une immense déception, à la mesure de la stature de Roland Recht, malheureux auteur de ce qu'il faut bien appeler un "contre livre". A l'heure où l'édition de sciences humaines est en crise, produire ce genre d'ouvrage relève de l'homicide volontaire.

Alerté par quelques listes de distribution, et le bouche à oreille j'acquiers le dit ouvrage. Premier choc : ce magnum opus que vantaient certains critiques de radio culturelle est une toute petite chose de 110 pages aérées, menées sous forme de conversation et coûte ...17 €. Certes l'histoire de la philosophie peut se retrouver bouleversée par 4 pages bien senties. Mais l'histoire? Et à l'époque du fast-lire et du zapping, la réponse (capitale) à une aussi belle question ne peut passer par une simple plaquette.

La taille d'abord. Size matters, désolé. On ne peut lever des ambiguïtés, convaincre de la spécificité, voire de l'existence, d'une discipline par quelques remarques, déclarations et aphorismes. Je ne suis pas sûr de partager les positions de Roland Recht sur la définition de l'histoire de l'art (65), mais je le suis en tout point lorsqu'il déclare qu'elle prospère dans le monde anglophone et germanique (mais que dire du monde latin?) alors qu'elle se trouve en France reléguée dans les limites de l'université. Ses explications ne me convainquent pas pourtant, mais surtout en raison de leur caractère peu développé et superficiel alors qu'une étude large et approfondie s'imposait. Car il y a d'autres disciplines où le schéma est identique, la littérature comparée par exemple. Ce n'est donc peut-être pas que la démarche française serait plus pratique (ou anti-théorique) que l'allemande ou l'américaine, on pourrait même assez facilement affirmer le contraire. Il faudrait en revanche peut-être regarder du côté de la structure même de l'historiographie française (et ses rapports très distants avec l'idéalisme hégélien à l'opposé de la tradition historiographique anglophone, surtout américaine, et allemande), ainsi que vers la formation des cadres depuis l'époque napoléonienne. Je dois reconnaître que Recht en parle un tout petit peu, mais comme à la marge, alors que ce fait est central, non pas simplement pour comprendre l'histoire de l'art française (sinistrée aujourd'hui il faut bien le dire) mais pour expliquer l'état catastrophique de l'université française toute entière alors que l'Allemagne, le Royaume uni, et les Etats-Unis, malgré des difficultés, prospèrent dans ces domaines. En effet, le partage de la formation entre les "grands corps" de l'Etat (ou assimilés) par des écoles, et les professions "libérales" par l'université a permis certes le développement post-colbertiste du pays, mais lui ferme les portes du XXIe siècle. Or, l'analyse que fait Recht du creuset - de la discipline (p. 47), indispensable à la compréhension de ce phénomène qui a plombé l'histoire de l'art en plombant l'université, reste chétive. Pour le dire vite, aux Etats-Unis tous les historiens, quels que soient leurs missions ou emplois futurs, sont formés à l'université. Et cela change tout!

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Parution de "L'image au service de la révolution", de Michel Poivert

Les éditions du Point du Jour annoncent la parution de L'image au service de la révolution. Photographie, surréalisme, politique, par Michel Poivert.
Loin d'un surréalisme onirique, ce recueil de textes montre le rôle de la photographie dans les stratégies du mouvement emmené par André Breton. La puissance du document assure, dans les années 1920-1930, le passage d'une culture artistique à une culture politique. Pour parvenir à cette conversion, la photographie donne une vision concrète des concepts surréalistes en prenant pour modèle les révolutions scientifiques. L’image mentale devient, grâce à Dali, Brassaï ou encore Man Ray, une force objective susceptible d’engager l’avant-garde dans la grande histoire.

Format: 156 x 220 cm, 128 p, 30 ill., ISBN: 2-912132-49-5, 19 €.

Parution "Visual Resources", vol. 22, n° 2, 2006

Special Issue "Before and After the Wall: German Photography in Discourse and Practice", guest Editor: Miriam Paeslack.

Table of Contents:

  • Miriam Paeslack, "Introduction".
  • Ulrich Ruter, "Photography in Germany Today: A Sketch of its Institutional Landscape".
  • Arne Reimer, "Beyond the "Becher School. Recent Tendencies in German Photography of the Post-Reunification Era".
  • Anette Husch, "Real Fiction. Peter Bialobrzeski's Search for Convincing Images".
  • Maren Polte, "Photography: Irrelevant or Indispensable? Pictorial Science from the Perspective of Photography".
  • Cristina Cuevas-Wolf, "Nature, Technique and Perception. Twentieth-Century Afterimages and Modes of Scientific Representation".

Published by Routledge, http://www.tandf.co.uk/....
Via Helene Roberts, liste CAAH.

Parution "Etudes photographiques", n° 18, mai 2006

image Sommaire

Traces de l’histoire

  • Michael Lucken, "Hiroshima-Nagasaki. Des photographies pour abscisse et ordonnée"

Modèles critiques

  • Herbert Molderings, "L’esprit du constructivisme. Remarques sur la “Petite histoire de la photographie” de Walter Benjamin"
  • Anaïs Feyeux, "La Generative Fotografie. Entre démon de l’exactitude et rage de l’histoire"

Expérience du document

  • Caroline Lehni, "De l’exploration au récit grand public. Usages de l’image dans Canyons of the Colorado par John W. Powell (1895)
  • Vincent Guigueno, "La France vue du sol. Une histoire de la Mission photographique de la Datar (1983-1989)"
  • André Gunthert, "Les photographies de l’EHESS et le “journalisme citoyen”"

Varia

  • Noémie Giard, "Photographies d’architecture. Le fonds Véra Cardot et Pierre Joly"

Notes de lecture

176 p., 21 € (abonnement 2 numéros: 36 €, tarif réduit: 33 €).
ISBN: 2-911961-18-8, édité par la Société française de photographie.

Parution de "La Photo-carte", de François Boisjoly

Les éditions Lieux Dits annoncent la parution de La Photo-carte. Portrait de la France du XIXe siècle, par François Boisjoly.

Parallèlement à cette publication, il faut signaler la disponibilité de la base de données en ligne réalisée par l’Institut des sciences de l’homme et le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, deux unités du CNRS, à partir de la collection de l'auteur, qui comprend quelque 20.000 photo-cartes. La partie visible du site, dont le développement se poursuivra jusqu'à la fin de l'année, dénombre actuellement près de 10.000 documents photographiques scannés recto-verso. Les possibilités d'interrogation sont multiples: par nom, par thème, par patronyme des personnages lorsque celui-ci est connu, par mot clé, etc. Sans code d'accès, trois images seulement sont accessibles par photographe, soit un accès limité à environ 5000 images. Cet ensemble est accompagné d'un index de près de 12.000 photographes, qui recense les adresses, date de naissance et de décès, successeurs et autres renseignements disponibles.

Photographe et collectionneur, titulaire d'un master consacré à la photo-carte, François Boisjoly prépare actuellement une thèse sur la diffusion du procédé photographique en France dans la deuxième moitié du XIXe sous la direction de Jean-Luc Pinol à l'université Lumière-Lyon-II.

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Parution "Le Temps des médias", n° 6, printemps 2006

Le sixième numéro du Temps des médias, revue publiée par la Société pour l'histoire des médias, consacre son dossier à ”L'argent des médias”.

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Parution du "Photoreportage d'auteur", de Gaëlle Morel

Les éditions du CNRS annoncent la parution de:
Le Photoreportage d'auteur. L'institution culturelle de la photographie en France depuis les années 1970
Par Gaëlle Morel.

A partir des années 1970, la photographie bénéficie en France de la création d'institutions et d'événements spécifiques, de son intégration et de sa valorisation dans les organismes culturels et d'une légitimation dans le champ du marché de l'art. La reconnaissance du médium s'articule notamment autour de l'acceptation ou du rejet de la photographie de reportage. Cette dynamique permet aux acteurs du milieu photographique d'ériger une nouvelle figure, l'auteur, qui symbolise à terme l'accession à l'identité de créateur et de producteur culturel et justifie la circulation des photographies, des pages de la presse aux cimaises des galeries. Ce processus repose dès lors sur l'acceptation des fonctionnalités du médium, assortie d'une valorisation de la créativité du photographe. Par une approche disciplinaire transversale, cet ouvrage se propose d'intégrer des éléments de compréhension d'ordres historique, juridique, esthétique et culturel.

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Courbet and the Modern Landscape

Malgré son titre, l’exposition du J. Paul Getty Museum évite à peu près tous les écueils d’un modernisme aujourd’hui bien périmé. Le catalogue, au contraire, s’appuie avec précision et finesse sur l’historiographie récente, plus ouverte au contexte historique et culturel, esthétique et commercial, plus consciente de la complexité du personnage et de l’élaboration des images, qui s’avère moins innocente, instinctive ou naïve qu’elle ne paraît. Courbet fait flèche de tout bois, s’empare très tôt de l’héritage assumé de l’école de Barbizon, regarde Daubigny et même Harpignies, s’approprie jusqu’à l’imagerie touristique.

Compte rendu de: Mary Morton, Charlotte Eyerman, Courbet and the Modern Landscape, Getty Publications, 2006.
Par Stéphane Guéguan, La Tribune de l'art, 07/04/2006.
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A Review of "L'Utopie photographique"

L'Utopie Photographique: Regard sur la collection de la Société française de photographie (cat. exp.), textes de Michel Poivert, André Gunthert, Carole Troufléau, Paris, Le Point du Jour éditeur, 2004.

The Société française de photographie (SFP) was founded in 1854, the second oldest photographic society in the world after the English (later Royal) Photographic society. And, as Michel Poivert tells us in the introductory essay of this catalogue, written to accompany the exhibition at the Maison européenne de la photographie celebrating its 150 years, the SFP was an organization that combined «les principes d'une société savante et les ambitions d'une veritable académie.» These principles and ambitions were put in the service of an utopian vision: «la constitution en une discipline d'une pratique encore anarchique». L’Utopie photographique is a testament to those ambitions and a proof of their achievement.

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Parution du "Danseur des solitudes", de G. Didi-Huberman

Les éditions de Minuit annoncent la parution de:
Le Danseur des solitudes
Par Georges Didi-Huberman.

Il ne s'agit, dans ce livre, que de regarder et de décrire philosophiquement, autant que faire se peut, un grand danseur de baile jondo, Israel Galvan. Il s'agit de reconnaître dans son art contemporain un art de “naissance de la tragédie“. Il s'agit d'écouter son rythme et de reconnaître dans ses mots - au moins trois d'entre eux: la jondura ou “profondeur“, le rematar ou l'art de “mettre fin“ et le templar, intraduisible - de grands concepts esthétiques que notre esthétique ignore encore.

Quatre chapitres d'un travail en cours sur l'art du cante jondo, le “chant profond“, écrits sous la forme d'un journal, d'octobre 2004 à août 2005.

http://www.leseditionsdeminuit.fr

Parution "Images Re-vues", n°2, mars 2006

Le deuxième numéro de la revue en ligne Images Re-vues est (enfin...) paru. Il propose un dossier intitulé "L'image abîmée", coordonné par Dominique Donadieu-Rigaut.

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Parution "Nineteenth-Century Art Worldwide", vol 5, n° 1, printemps 2006

Table of Content

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