Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le Flipbook, pour feuilleter les images

image "La rumeur et les images". C'était une note jetée l'autre jour sur un post-it (entre "la conventionnalité circonstancielle" et "le spectacle de soi"). Et je ne sais plus du tout ce que je voulais dire par là. Avec un intitulé pareil, inutile de dire que c'est dommage. Voilà exactement pourquoi j'ai accepté la création du Flipbook.

Rappel pour les étourdis: suite à la publication d'un classement des blogs scientifiques par Wikio au début du mois, mes camarades de 20 Minutes.fr (avec qui nous avons travaillé l'an dernier pour le Vidéomètre) m'invitent à ouvrir un second blog sur leur plate-forme. Un second blog? Pourquoi faire? Il s'avère que je viens de consacrer un billet à l'affaire Simone de Beauvoir. Et que j'ai constaté que, pour comprendre la réception de la couverture de l'Obs, il fallait intégrer au schéma la réaction à la diffusion des photos deshabillées de Laure Manaudou et de Valérie Bègue. Mais voilà, pour ces deux cas, j'ai omis de procéder au relevé que j'effectue d'habitude sous la forme d'un billet, et qui me permet de garder la mémoire d'une date, des sources et des rebonds d'un buzz. Plus d'un mois après, retrouver ces traces dans le fouillis du réseau me fait perdre un temps précieux. Or, je sais très bien pourquoi je n'ai pas mentionné ces deux cas. Parce que je vois d'ici la réaction de certains de mes lecteurs, qui froncent déjà le sourcil quand j'évoque Cécilia ou Carla. Et que je n'ai pas envie de passer pour un gros beauf qui collectionne les photos pour camionneurs (ou aviateurs: le point est controversé de savoir laquelle des deux professions a donné son essor à la vogue des pin-up).

Mais il n'y a pas que ma pudibonderie. J'ai créé ARHV comme un blog scientifique. Ce qui, pour certains, est déjà une contradiction dans les termes. Pas besoin d'insister sur mon domaine de recherche, les images, que nombre de mes collègues jugent pas vraiment sérieux. Le travail de négociation sur ce qui peut participer de l'aire légitime du blog est un réglage de chaque jour, qui s'effectue au jugé, sans carte ni boussole. Avec parfois des dérapages ou des erreurs. Mais aussi beaucoup de matière inutilisée, par manque de temps – ce que je me pardonne – ou par manque de courage – ce qui me turlupine.

Voilà pourquoi un second blog me paraît une bonne idée. Comme en atteste son premier billet, consacré comme de juste aux avanies de la nouvelle miss France, celui-ci pourra accueillir des sujets plus légers, des signalements plus rapides et de façon générale tous les objets qui me titillent sans que je sache encore s'ils en valent la peine. Un purgatoire, un sas de décompression. Note toujours, on verra plus tard – telle pourrait être sa devise. Compte tenu de l'environnement 20 Minutes, je crains un peu la teneur des commentaires, mais on verra bien (précision: je ne suis pas responsable des pubs, et bien sûr ce n'est pas payé).

L'intéressant, c'est qu'il suffit de créer l'outil pour constater que ça fonctionne. La théorie de cet essai de pragmatique de la publication est la poursuite du principe même du blog: descendre d'un degré, ou desserrer d'un cran. Tout ce que j'ai observé depuis trois ans me convainc que c'est aujourd'hui la chose la plus utile sinon la plus nécessaire dans le domaine savant.

Edit: bilan de l'expérience au 25/05/2008.

Parution "Photographies", n°1, mars 2008

A noter la parution dans les prochains jours de la nouvelle revue anglaise Photographies, éditée par Routledge – dont le premier numéro accueille une traduction d'un article de votre serviteur: inutile de dire qu'elle bénéficie ici d'un préjugé tout ce qu'il y a de favorable!

Sommaire

  • Daniel Rubinstein, Katrina Sluis, "A Life more Photographic. Mapping the Networked Image"
  • Gail Baylis, "Remediations. Or, when is a Boring Photograph not a Boring Photograph?"
  • Nina Lager Vestberg, "Archival Value. On Photography, Materiality and Indexicality"
  • Juha Suonpää, "Blessed be the Photograph. Tourism Choreographies"
  • Jessica Catherine Lieberman, "Traumatic Images"
  • André Gunthert, "Digital Imaging Goes to War. The Abu Ghraib Photographs"

Contact: Liz Wells, Faculty of Arts, Scott Building, University of Plymouth, Drake Circus, Plymouth PL4 8AA, UK, e-mail: photographies(à)plymouth.ac.uk.
Accès web (payant): www.informaworld.com...

Actes des rencontres "Traditions et temporalités des images"

La revue en ligne Images re-vues annonce la publication de son numéro hors-série consacré aux actes de la série de rencontres "Traditions et temporalités des images" (EHESS, 2003-2005).

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1895 en ligne

1895, l'excellente revue de l’association française de recherche sur l’histoire du cinéma, dirigée par Laurent Véray, vient d'ouvrir sa version en ligne, hébergée par Revues.org. Seul périodique français exclusivement consacré à l’histoire du cinéma, expression privilégiée de la recherche française et étrangère, 1895 accueille des articles de fond, largement documentés, qui ont vocation à servir de référence, des contributions de jeunes auteurs aussi bien que des traductions des meilleurs spécialistes étrangers. Le site offre à lire 10 numéros en texte intégral (2000-2004) et les sommaires et résumés des 10 derniers numéros (2004-2007).

Réf.: http://1895.revues.org

La nature de l'histoire selon l'histoire naturelle

image Mes collègues historiens, lorsqu'ils discutent théorie de l'histoire, citent volontiers Hérodote, Michelet, Fustel, Bloch ou Veyne. Je n'ai pas souvenir (et serai ravi qu'on me rafraichisse la mémoire en cas d'erreur) de voir Darwin figurer parmi leurs principales références. C'est un tort. Lorsqu'on étudie les pratiques visuelles, on croise couramment d'autres approches – notamment l'histoire de l'art, l'histoire des techniques ou l'histoire des sciences –, qui nous aident à prendre du recul. Personnellement, je regrette beaucoup que les historiens de l'événementiel n'aient pas plus d'occasions de se confronter à l'histoire naturelle. C'est grâce à Stephen Jay Gould – l'un des plus grands historiens du XXe siècle et, avec Ricoeur, l'un des penseurs les plus profonds et les plus subtils de la temporalité –, que j'ai pour ma part découvert les capacités de questionnement de cette autre science historique, celle du vivant, qui a tant à voir avec la nôtre et tant à lui apporter.

Un exemple parmi d'autres – en forme de signalement pour la liste des cadeaux de Noël: le dernier ouvrage traduit en français de Richard Dawkins, professeur de biologie à Oxford et auteur du Gêne égoïste (Odile Jacob, 1996). Dans Il était une fois nos ancêtres. Une histoire de l'évolution (une traduction un peu fade du bien meilleur: The Ancestor's Tale. A Pilgrimage to the Dawn of Evolution, Houghton Mifflin Co, 2004), Dawkins décide de renverser le sens du récit. Au lieu d'une chronologie qui se déroule du passé à nos jours, il suit le fil de l'évolution à l'envers, s'éloignant du présent pour s'enfoncer vers l'origine. Le recours au modèle du pélerinage (ou de la machine à remonter le temps) a ici un but bien précis: désarçonner l'interprétation finaliste de l'histoire évolutive, qui découle tout naturellement de la vision rétrospective. Je n'ai le livre que depuis hier, et n'en ai parcouru que les quatre-vingt premières pages. Je ne sais pas encore si ce retournement de perspective tient ses promesses (j'ai l'impression que la composition de l'ouvrage, sous la forme de "fiches-cuisines" relativement indépendantes, facilite cette inversion). Mais je suis convaincu d'emblée de la fécondité du schéma, qui redéfinit immédiatement les enjeux de l'histoire autour de la notion de causalité, quelque soit le sens de la flèche du temps, et qui suggère de nous interroger sur la fausse ingénuité de nos outils de récit.

  • Richard Dawkins, Il était une fois nos ancêtres. Une histoire de l'évolution (trad. de l'anglais par Marie-France Desjeux), Paris, Robert Laffont, 2007, ill. index, 29 €.

L'album-photo définitif sur Hergé?

image Publié à l'occasion du centenaire de Hergé, cet épais volume d'un millier de pages, rédigées par l'ancien secrétaire de la fondation Hergé, avait été annoncé à grands coups de trompe comme la biographie "définitive" de Georges Remi. J'ai péniblement atteint la page 265 et ne suis pas sûr de poursuivre beaucoup au-delà – ce qui, pour un tintinophile, ne me paraît pas un signe très encourageant. Avoir nagé jusqu'à plus soif dans les archives du maître n'est visiblement pas une condition suffisante pour produire un essai historique digne de ce nom. A défaut d'un compte rendu proprement dit, je préfère m'acquitter d'un signalement en forme de recueil d'impressions non définitives, mais déjà marquées par la déception.

Pour autant qu'on puisse en juger après une lecture si brève, l'ouvrage me paraît souffrir de trois défauts rédhibitoires: un gros plan permanent sur Hergé, qui laisse constamment de côté les éléments de contexte. Impossible, en lisant l'ouvrage de Goddin, de connaître ce qui fait l'ordinaire d'une carrière d'illustrateur, de la pratique publicitaire ou de l'édition illustrée de l'époque. Sans cet arrière-plan, on ne comprend pas non plus ce qui fait les qualités propres du dessinateur. Cette constante myopie devient des plus gênantes au moment de l'évocation des rapports à la grande histoire, qui prend un tour volontiers bêtifiant: «En Allemagne, un homme infiniment plus dangereux que Rastapopoulos vient de gagner les élections. (...). Adolf Hitler a les pleins pouvoirs» (p. 189). No comment.

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Les humeurs d'un journaliste

Michel Guerrin a publié dans "Le Monde des livres" daté du 9 novembre 2007 un assassinat en règle de L'Art de la photographie, volume dirigé par nos soins récemment publié aux éditions Citadelles & Mazenod. Tout y passe. Du prix «qui refroidit» à la couverture mensongère. Des «grands maîtres» absents, alors que des «nanards», des «seconds couteaux», «des dizaines de noms obscurs sont là». Des textes que leurs auteurs, «qui ont fait leur trou», «ont publié précédemment» forment un ensemble incohérent, à peine reliés entre eux par un «climat marxisant». Et l'article de se terminer sur ce cri: «Au final, une question: les auteurs du livre mettent en avant leurs analyses mais ont-ils regardé les images? On pense au grand Eugène Atget et à son travail sur Paris dont les rédacteurs se demandent pourquoi sa gloire a été orchestrée alors que "toutes les villes du monde ont connu au tournant du XXe siècle des campagnes de documentation patrimoniale". La réponse est simple: parce qu'il est meilleur que les autres.»

Chercheurs en histoire de l'art, professeurs d'université ou conservateurs de musée, les onze auteurs qui cosignent cette somme ne sont pas des inconnus. Réunis depuis plus d'une douzaine d'années au sein de la Société française de photographie, ils ont patiemment oeuvré à l'approfondissement de la recherche, inaugurant quantité de nouveaux chantiers, pilotant colloques et expositions, publiant ouvrages et articles, formant inlassablement de nouveaux chercheurs. L'Art de la photographie offre la première grande synthèse de ce long travail d'équipe, unique au monde dans l'histoire de la spécialité.

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Compte rendu de "Ecrits cinématographiques", de Boleslas Matuszewski

Boleslas Matuszewski, Ecrits cinématographiques, édition critique dirigée par Magdalena Mazaraki, Paris, AFRHC/La Cinémathèque française, 2006, 216 p., ill. NB, lexique, bibl., filmographie, 17 €.

Obscur opérateur photographe polonais installé à Paris, Boleslas Matuszewski est devenu, depuis la réédition anglaise de ses écrits en 1995, une pierre d'angle de la réflexion contemporaine sur l'archive visuelle. Grâce au travail de la jeune historienne Magdalena Mazaraki, "Une nouvelle source de l'histoire" et "La photographie animée" (1898) sont désormais disponibles en français, dans une remarquable édition critique, augmentée de contributions de Roland Cosandey, Luce Lebart et Béatrice de Pastre, publiée par les soins de l'association française de recherche sur l'histoire du cinéma.

Comme l'explique Magdalena Mazaraki dans son essai, la vision utopique d'une archive cinématographique universelle de Matuszewski s'appuie sur une perception encore primitive du médium qui, ignorant le montage et niant la retouche, lui attribue les vertus d'une "authenticité intrinsèque". «La toute-puissance attribuée par Matuszewski au cinématographe, écrit l'historienne, est révélatrice des espoirs que les hommes de cette fin de siècle plaçaient dans les nouveaux outils d'enregistrement de la réalité.»

Luce Lebart replace le dessein du photographe polonais dans le contexte méconnu d'une «véritable internationale documentaire» qui prend son essor en cette fin de XIXe siècle et associe photographie et cinéma dans le projet d'une archive intégrale révolutionnaire. W.-J. Harrison, Hippolyte Sebert, président de la Société française de photographie, ou Léon Vidal, fondateur en 1895 du Musée des photographies documentaires, sont quelques-uns des protagonistes de cette dynamique où dialoguent bibliothéconomie, normalisation internationale, imaginaire policier de surveillance et idéologie de l'accès au savoir pour tous. Béatrice de Pastre complète cette analyse par un examen des traces laissées par le projet d'archives de Matuszewski dans l'archéologie de la création des cinémathèques parisiennes.

Ainsi encadré par un solide appareil historique, le «texte fondateur de l'archive filmique» se donne à lire dans le déploiement à la fois naïf et retors d'un positivisme de l'image qui n'a rien perdu de son actualité. On pourra regretter que les questions ici ouvertes ne soient pas prolongées par une réflexion sur les difficultés de mise en œuvre d'un tel programme. Car un siècle plus tard, exception faite de quelques trop rares chercheurs, pas plus la photographie que le cinéma ne sont encore couramment utilisés comme des «sources de l'histoire». Tel n'était certes pas le rôle de cette excellente édition critique, dont il faut lire l'invitation à ces prolongements comme la confirmation de sa pertinence. Ajoutons enfin que le croisement des problématiques comme la réunion des auteurs fournissent une des premières illustrations marquantes du dialogue qui s'esquisse entre spécialistes du cinéma et historiens de la photographie. Ce volume indispensable témoigne de la fécondité d'une telle rencontre.

Préprint Etudes photographiques, n° 21, décembre 2007 (à paraître).

Compte rendu de "L’Oeil du photographe", de John Szarkowski

John Szarkowski, L’Oeil du photographe (traduit de l'américain par Lise-Éliane Pomier), Milan, Cinq Continents, 2007, 156 p, 156 ill. bichromie, 35 €, ISBN 978-88-7439-397-8.

Excellente initiative de la part des éditions Cinq Continents que cette version française (et italienne) d’un des livres clefs de l’histoire de la photographie américaine. Reproduction quasi-identique des éditions de 1966 et de 1980, ce volume au prix très abordable (35 €) présente une traduction (qui aurait pu être un peu meilleure et surtout plus fluide, mais qui reste passable) de l’essai fondateur de la pensée de John Szarkowski sur la photographie, ainsi que la série des images dans une qualité d’impression bien supérieure aux éditions d’origine.

Szarkowski (1925-2007), un peu photographe à ses heures, est surtout un grand conservateur qui a structuré par sa position centrale au MoMA et la durée de son mandat (1962-1991) non seulement ce qui s’est vu et fait aux États-Unis en matière de photographie, mais surtout qui a établi une conception de la photographie qui a duré au moins trois décennies. Il est aujourd’hui commun de dénoncer l’autorité parfois un peu dictatoriale que celui-ci a exercé sur le champ. Mais cette critique, quoique justifiée, doit aussi nous inciter à nous (re)plonger dans son travail. Car Szarkowski, contrairement à celui de bien des conservateurs, a produit des ouvrages qui ne sont pas des catalogues d’exposition (bien que fondés sur des expositions "repères") mais de vraies expressions théoriques formulées à travers une présentation des images. L’Oeil du photographe est donc à regarder autant qu’à lire. Véritable présentation manifeste, autant que musée imaginaire, cette collection d’images est remarquable par son ampleur et la version française nous permet de la (re)découvrir, avec un plaisir renouvelé, 40 ans après sa parution.

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Parution "Mediamorphoses", n°21, septembre 2007

Dossier "2.0 ? Culture numérique, cultures expressives", coordonné par Laurence Allard avec la collaboration d’Olivier Blondeau.

Ce dossier ambitionne d’éclairer tout le "travail expressif" représenté par la rédaction de billets sur des blogs et autres NSN (sites de réseau sociaux), l’envoi de commentaires ou leur modération sur des forums, l’encodage d’images ou de sons sous différents formats, la création et le partage de vidéos, ou de morceaux de musique, l’échange via les réseaux peer to peer de fanfilms, le sous-titrage des manga, l’édition de ses playlists, la mise à disposition de ses bookmarks ou de ses tags, la prise de photos sur mobile et leur renvoi sur le net, la confection de cartes géolocalisant ses albums de photos etc .

Il ne prétend pas traiter de façon exhaustive toutes ces pratiques et analyser tous les agencements ainsi produits. Mais il propose quelques plans de coupe, suivant une approche résolument polydisciplinaire (droit, économie, anthropologie, socio-sémiotique…) de ce continum socio-technique auquel s’apparente désormais un "web élargi", articulant Internet au mobile.

Ce dossier est de parti pris, assumons-le. Plutôt que de reprendre le couplet des paniques morales et d’entonner la rengaine de la critique des médias, nous avons opté pour une conception expressiviste, qui se veut, d’une part, enthousiaste face à la créativité ordinaire et à ses potentialités d’innovations économiques, juridiques, sociales et politiques tout restant, d’autre part, attentive à l’ambivalence de ce "capitalisme du partage" qui pourvoit aux connexions et aux architectures informatiques et tire des bénéfices substantiels du travail expressif de "ceux qui sont le web".

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Parution "Images Re-vues", n°4, octobre 2007

image Le numéro 4 de la revue en ligne Images re-vues est paru. Il est consacré aux "Objets mis en signe", dossier coordonné par Noémie Hosoi.

  • Marta Caraion, "Objets en littérature au XIXe siècle".
  • Mette Kia Krabbe Meyer, "Objets flottants".
  • Pavel Cazenove, "Cauchemar Bleu Lynchéen. Analyse d’un jeu d’objets 'plastiques' dans Mulholland Drive".
  • Jean-Luc Mattéoli, "L’objet pauvre dans le théâtre contemporain".
  • Sophie Moiroux, "Les objets de Jimmie Durham en conversation: au défi de l’art contemporain".
  • Muriel Verbeeck, "L’oeuvre du temps. Réflexion sur la conservation et la restauration d’objets d’art".
  • Nikolina Kéi, "La fleur: signe de grâce dans la céramique attique".
  • Noémie Hosoi, "Des femmes au louterion: à la croisée d’une esthétique masculine et féminine au travers des objets".
  • Julien Bonhomme, "Réflexions multiples. Le miroir et ses usages en Afrique centrale".
  • Pierre Déléage, "La croix Yekuana. Interprétations mythiques et graphiques de la croix chrétienne chez les Yekuana d’Amazonie vénézuelienne".
  • Shigemi Inaga, "La blessure créatrice entre poterie et sculpture, ou Yagi Kazuo entre la tradition japonaise et l’avant-garde occidentale".

Parution de "L'Art de la photographie"

Les éditions Citadelles-Mazenod annoncent la parution de L'Art de la photographie, dirigé par André Gunthert et Michel Poivert.

Treize ans après la dernière histoire générale de la photographie publiée en France, les éditions Citadelles & Mazenod annoncent la parution d'une nouvelle somme, qui fait entrer le médium dans la célèbre collection "L’Art et les grandes civilisations". Grâce à la collaboration des meilleurs représentants de la jeune génération d'historiens de l'art et de la culture, cet ouvrage se donne pour objectif de restituer les plus récentes orientations de la recherche dans une synthèse accessible à tous, accompagnée pour la première fois d'une illustration entièrement en quadrichromie.

L'originalité de ce volume est triple. Plutôt que de prétendre à une histoire exhaustive de toutes les manifestations de la pratique photographique, il recadre la préoccupation historique autour du dialogue entretenu depuis ses origines par l'enregistrement mécanique avec les domaines de l'art et de la culture. Ce faisant, il présente la première histoire critique de la tradition photographique, dont il révèle les articulations et les contradictions. Mais sa principale caractéristique est la proposition d'un nouveau récit, construit, charpenté, lisible. Une histoire à lire, une histoire qui explique et éclaire une trame dense de près de deux siècles, d'une rare complexité : voici ce qu'offre un ensemble cohérent de textes, voués à dégager l'économie des mécanismes généraux, dont plusieurs sont décrits pour la première fois. La synthèse que nous proposons est, comme de coutume, un état provisoire d'un savoir en marche. Elle se veut conforme à la mission de l'histoire, qui est d'apporter du sens, non d'augmenter la confusion.

Images inédites ou icônes fameuses, documents étonnants ou œuvres d’art célèbres, l'ouvrage présente en dix chapitres et près de 600 illustrations un parcours à la fois savant et séduisant. Un nouveau récit des origines dévoile le rôle du monde de l'art dans la première réception du médium, mais aussi la vitalité apportée par le commerce ou l'importance du dialogue franco-américain. Plutôt qu'une histoire articulée par le tête-à-tête du photographe et sa machine, le volume souligne en permanence l'apport essentiel des institutions: sociétés, publications, expositions ou musées. Pour les amateurs victoriens comme pour les directeurs de journaux, pour les scientifiques comme pour les artistes, l'image construite s'avère un ressort majeur du dynamisme du médium, non moins puissant que sa fonction classique de traduction fidèle du visible. Parmi les apports inédits de l'ouvrage, signalons encore une nouvelle synthèse du rôle de la photographie dans les sciences, la première histoire graphique de la presse illustrée, ou une analyse contextualisée du rôle du MoMA. Au total, l'image qui se dégage est bien une image nouvelle: non plus celle d'une photographie servante des arts et des sciences, mais celle d'un médium acteur de l'art, de la culture et du savoir, opérateur de quelques-unes des évolutions décisives du monde moderne.

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Parution de "La Fabrique des images contemporaines"

couverture Les éditions du Cercle d'art annoncent la parution de:
La Fabrique des images contemporaines
Par Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert

Animés par la volonté d'offrir à un très large public des outils de jugement critique sur l'iconographie contemporaine, les auteurs de l'ouvrage nous font entrer dans la fabrique des images: celles, mythifiées, de Robert Doisneau dans sa série des "Baisers", comme celles, composées successivement par plusieurs générations de cinéastes, du débarquement en Normandie. Ils reviennent également sur le rôle décisif qu'ont joué les images dans des moments clés de l'histoire contemporaine, tel l'assassinat de Kennedy, les attentats du 11 septembre 2001 ou bien encore la fin du communisme en Roumanie. Dans ce dernier cas, est élucidée ici l'affaire dite des "faux charniers" de Timisoara qui fut considérée à tort comme un exemple-type de désinformation.

A rebours de l'opinion commune selon laquelle l'image "mentirait" davantage encore depuis l'arrivée du numérique, les auteurs montrent combien les nouveaux usages renforcent, au lieu de les affaiblir, la vigilance citoyenne et le lien organique qui unit l'image au réel. Il en va de même de l'évolution des techniques qui permettent de développer une nouvelle échelle du regard (Google Earth).

La Fabrique des images contemporaines révèle en outre comment, dans le monde entier, la mobilisation militante, politique, écologique ou syndicale met en place de véritables canaux d'information parallèle, capables de parasiter jusqu'aux plates-formes commerciales et institutionnelles de partage d'images ou de vidéos.

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Deux nouvelles revues de photographie en 2008

Deux nouvelles revues académiques anglophones consacrées à la photographie viendront enrichir le paysage éditorial spécialisé au début de l'année 2008. Photography and Culture, publiée par les éditions Berg, est plus américaine, Photographies, éditée par Routledge, plus britannique. L'une et l'autre attendent contributions et comptes rendus d'ouvrages (propositions à adresser, pour Photography and Culture, à Alison Devine Nordström: anordstrom(at)geh.org; pour Photographies, à photographies(at)plymouth.ac.uk).

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Pour un droit à la critique des images

image S'il existait un compteur de l'emploi du mot "décryptage", nul doute qu'il aurait atteint en cette rentrée des sommets historiques. Directeurs de programmes, journalistes et Paul Amar ne jurent que par lui. A ce terme qui fleure bon la théorie du complot, je préfère personnellement celui, moins sexy, d'analyse. Mais au-delà du vocabulaire, la décryptolalie témoigne d'un appétit bien réel pour l'interprétation des signes du quotidien. Ce dont on ne peut que se réjouir. Il faut cependant souligner une anomalie. Alors que la loi permet, lorsqu'on étudie un texte, de mentionner le passage qui fait l'objet de l'analyse, en vertu du droit de citation, ce droit n'existe pas en matière d'images fixes. Il s'agit d'une particularité française: les Etats-Unis ou le Canada recourent au fair use, ou usage équitable, et l'Allemagne dispose d'un droit de citation en bonne et due forme protégeant l'argumentation scientifique (voir: "Le droit aux images et la publication scientifique").

En l'absence d'une telle disposition, les candidats au décryptage ne peuvent publier les images sur lesquelles ils travaillent sans l'autorisation expresse de leurs auteurs ou ayants-droits. Cette obligation peut devenir un obstacle infranchissable. Le numéro 17 d'Etudes photographiques proposait par exemple une étude de Marie Bottin consacrée à la réception française de l'oeuvre de Nan Goldin. Réalisé dans les conditions désintéressées et indépendantes de la recherche universitaire, cet article ne prend pas de gants pour décrire les paresses mythographiques d'une certaine critique et ébrèche une légende patiemment construite. Voilà qui n'était guère prudent puisque, pour illustrer cette contribution, encore fallait-il que la rédaction recueille l'accord de l'artiste. Après avoir requis de prendre connaissance du texte, ses représentants ont décidé de nous refuser cette autorisation. L'article a été publié sans aucune illustration.

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