Savoir à quoi ressemblait Samantha
Par André Gunthert, lundi 12 octobre 2009 à 12:28 (33921 vues) :: Notes - En images
L'émotion suscitée par l'affaire Polanski n'a rien d'anecdotique. Dans un pays chauffé à blanc depuis de longues années par l'hystérie sécuritaire, où les figures du violeur et du pédophile sont devenues l'incarnation de la dernière monstruosité, au fil d'une entreprise de stigmatisation dont l'actuel chef de l'Etat s'est fait une spécialité, était-il surprenant que les réactions de soutien au cinéaste entretiennent le soupçon d'une justice de classe?
Dans la perception de ce qui fut initialement présenté par les médias français comme une "affaire de moeurs", l'idée que l'on se fait de l'apparence physique du protagoniste féminin a joué un rôle décisif. Comme l'exprime sans ambages le cinéaste Costa-Gavras sur Europe 1 dès le 28 septembre, «y'a pas de viol»: «vous avez vu les photos, elle fait 25 (ans)». Alain Finkielkraut, sur France-Inter le 9 octobre, évoque l'oeuvre du photographe David Hamilton et affirme que la victime «n'était pas une fillette, une petite fille, une enfant au moment des faits, c'était une adolescente qui posait nue pour Vogue hommes».
Pour les proches de Polanski, la vision d'une Samantha Gailey (Geimer) sortie de l'enfance a pu être alimentée par l'iconographie du documentaire de Marina Zenovich, Roman Polanski: Wanted and Desired (2008), qui présente une interprétation des faits compatible avec celle des avocats du cinéaste. Dans ce film, qui donne la parole à la victime elle-même, au tournant de la quarantaine, une bonne partie des images d'archives de Samantha sont postérieures aux événements (voir fig. 2, 3, 4). Lorsque le documentaire énonce par exemple que la jeune fille «est présentée par sa mère à Polanski comme une actrice», l'illustration qui suit est tirée d'un film où Samantha a une vingtaine d'années (fig. 4). MàJ: les figures 3 et 4 sont des photos de Susan Gailey, la mère (merci à granit).

Je dois à mon père d'avoir lu enfant l'un des piliers de la culture populaire américaine: Edgar Rice Burroughs, auteur de John Carter et de Tarzan (auquel le musée du Quai Branly consacre actuellement
Ah, le visuel! Tout voir, tout savoir. Civilisation de l'image, etc. Eh bien non. Il n'y a pas que ça. Si j'en juge par mes mômes, qui absorbent en ce moment du film qui fait peur à haute dose, je suis porté à croire que, comme dans X-Files, la vérité est ailleurs.
Dimanche 21 juin, tôt levé. Connection, Facebook. Trouve la note de Natacha Quester-Séméon, "

C'est en 1991 que j'ai traversé pour la première fois l'Atlantique. Je me rappelle très bien du premier détail insolite qui m'avait frappé. Alors que mes amis me ramenaient de l'aéroport en voiture, un accessoire m'a sauté aux yeux: répétée de propriété en propriété, la fameuse 

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