Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Médiatisation du mouvement universitaire

Que retenir d’un débat sur "La médiatisation du mouvement universitaire" réunissant des universitaires (Valérie Robert, Cyril Lemieux, Sophie Pène et moi-même) et des journalistes (Jade Lindgaard de Mediapart, Sylvestre Huet de Libération, Luc Cédelle du Monde et Ixchel Delaporte de l’Humanité)? Au moins trois conceptions du journaliste, sinon du journalisme. Ou à tout le moins du journalis(m/t)e d’opinion. Soit dit en passant, je ne livre ici qu’un point de vue subjectif sur «ma» perception du débat, lequel point de vue est donc à ranger dans la catégorie «billet d’opinion», n’allez pas en tirer de généralisations hâtives.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 18/05/2009.
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Make the Video Buzz

Encore une arnaque au buzz. Qu'il serait plus juste d'appeler une campagne de promo bien huilée. Le groupe "Make The Girl Dance" lance son premier single, "Baby Baby Baby" le 1er juin prochain. Plutôt que de s'en remettre à la SACEM ou tout autre adversaire hadopiste du "free lunch", le groupe a diffusé gratuitement sur Dailymotion et YouTube un clip de la chanson, long plan séquence de la descente de la rue Montorgueil par trois jeunes filles nues (mais néanmoins dotées de caches-sexes électroniques, sous la forme de bandeaux où s'inscrivent les paroles de la chanson). Classique et efficace. Le dernier happening du genre était celui du perchiste Romain Mesnil, à la recherche d'un sponsor (vidéo diffusée le 27 mars 2009).

Comme on peut le constater en ouvrant "Le Parisien", le groupe a pris soin de communiquer aussi en direction de la presse... non sur le lancement du single, mais sur la promesse du buzz vidéo. Contrat rempli: le quotidien peut titrer sur un nouveau "phénomène internet: Le clip qui électrise la toile". Mise en ligne mardi, la vidéo a déjà dépassé le million de clics ce matin sur Dailymotion (mais n'atteint que 14.000 vues sur YouTube). Sur la promo, rien à dire, c'est carré. Mais pour ce qui est du "phénomène internet", révisons notre Susan Boyle: rien ne vaut quelques bons prescripteurs, de préférence chez les vieux médias, qui n'aiment rien tant que d'affubler une info people/trash du label "vu sur le web". L'article est écrit d'avance - et la prophétie auto-réalisatrice assurée.

Bilan d'un trimestre du blog SLRU-EHESS

image Ouvert le 26 janvier 2009, le blog SLRU-EHESS, consacré au mouvement des enseignants-chercheurs, a publié 132 billets de 42 auteurs et 110 commentaires. Bénéficiant d'un large éventail de ressources multimédia, il a pu mettre à disposition de ses lecteurs 13 vidéos et diaporamas, 42 photos et 9 podcasts originaux, une documentation pdf accessible en flash, une revue de presse de 175 liens, ainsi qu'une veille permanente sur les principales sources d'information par l'intermédiaire de flux RSS.

Fréquentation: février/34.686 visiteurs uniques; mars/32.738 VU; avril/29.222 VU (moyenne: 1086 VU/jour, statistiques Urchin). Trafic total: 280 Go.

Réf.: slru.ehess.org

"Susan Boyle", ce n'est que de la télé

image Avant de se demander de quoi "Susan Boyle" est le nom (j'ai failli choisir ce titre, mais j'ai reculé devant la perspective d'une attaque en piqué de trolls badiouphiles et/ou badiouphobes), il convient d'établir s'il s'agit ou non d'un symptôme. Il y a plusieurs méthodes pour vérifier ce point. L'une est de balancer un billet sans attendre, en comptant sur les commentaires pour construire un état des lieux. Une autre est au contraire de laisser refroidir, pour voir si ça remue encore quelques jours plus tard. Bien des tentations n'ont pas survécu à ce traitement sans pitié. "Susan Boyle" (pour être clair: j'appelle "Susan Boyle" non la dame écossaise âgée de 47 ans, douée d'un physique ingrat mais d'un beau brin de voix, remarquée le 11 avril dernier lors de son passage à l'émission "Britain's got talent", mais la séquence issue de cette prestation, disponible notamment sur Youtube, qui a enregistré une fréquentation sans précédent), elle, résiste et gratte, bien après la date de péremption. Assez pour aller y regarder de plus près.

"Susan Boyle" est la première vidéo virale que je ne suis pas allé voir sur internet (jusqu'à aujourd'hui, du moins: c'est l'écriture de ce billet qui a suscité ma première consultation). Pourquoi faire, puisque j'en avais vu l'essentiel, réduit à quelques extraits, à la télévision? Soit un cheminement inverse de celui habituellement dessiné à partir du signalement d'un média en ligne, un réseau social ou un e-mail. Ce qui changeait d'emblée le rapport à l'objet. Au lieu d'une énigme qui sollicite notre participation, comme le rébus d'une chasse au trésor, ce cadeau déjà déballé décourageait plutôt la curiosité.

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Le Monde passe aux aveux

image Un magnifique cas d'école. Le 1er avril dernier, le sociologue Jérôme Valluy, militant de la première heure du mouvement des enseignants-chercheurs, diffusait sur la liste de discussion de la coordination universitaire un appel à boycotter le journal Le Monde, sous la forme ironique d'une "Charte de bonne conduite" (voir ici-même: "Adieu, Monde cruel"). On a pu lire, notamment sur le blog de Luc Cédelle, l'expression de la stupeur incrédule qui a saisi le boulevard Blanqui devant cette atteinte aux droits imprescriptibles du journalisme "de référence". Non, était-il opposé en substance, Le Monde n'avait rien à se reprocher, sa couverture de la crise était juste et équilibrée. On préférait botter en touche, déplorant le mauvais goût de cette persécution antimédiatique, pure manifestation du terrorisme intellectuel ultragauchiste.

Trois semaines après la diffusion de la "Charte", c'est Jérôme Valluy qui a gagné. Le 22 avril, le quotidien a publié un dossier approfondi de 8 pages, qui répond sans rire aux questions essentielles: "Qui sont les acteurs de la crise?", ou encore: "Quels sont les points du litige?" ...pas moins de trois mois après le début du conflit. Ce record de promptitude journalistique a suscité l'hilarité de quelques confrères peu charitables ("Incroyable: Le Monde découvre l'existence d'un conflit dans les facs"). Mais cet exercice de rattrapage tardif est aussi un aveu qui donne rétrospectivement raison à ceux qui critiquaient la couverture du quotidien. Car la restitution des raisons du conflit est cette fois bien plus en faveur des enseignants-chercheurs, qui ne sont plus présentés comme un troupeau borné hostile à la magie réformatrice, mais comme des professionnels en butte à l'incohérence des pouvoirs publics. Il reste bien sûr des erreurs factuelles, qui témoignent du peu de familiarité des journalistes avec le mouvement («Derrière la mobilisation, deux moteurs: le Snesup, syndicat majoritaire chez les universitaires, et les différentes coordinations nationales» affirme par exemple un "chapô". Alors que c'est bien la coordination nationale des universités, secondée par les associations SLU, SLR et QSF, qui a lancé et organisé la mobilisation. Mentionner le Snesup, autrefois proche du parti communiste, en première place des "moteurs" trahit le réflexe du Monde de gauchiser le mouvement).

On ne saura probablement jamais combien de désabonnements ont conduit le quotidien à cette spectaculaire volte-face. Y apercevra-t-on la preuve de l'indépendance tant vantée du journalisme? Ou plutôt celle de l'efficacité de la pression du lobbying, seul levier susceptible de peser désormais sur l'industrie médiatique? Telle a bien été la perception immédiate de la "Charte" par la direction du quotidien. Puisse cette interprétation du poisson d'avril de Valluy ramener au bercail les lecteurs égarés.

  • Réf.: Dossier "Universités", Le Monde daté du 23 avril 2009, p. I-VIII.

Vieux, décrépis, grippe-sous, les médias français ne méritent pas l’internet

L’omerta est la règle suivie par tous les médias français d’avant la révolution du réseau, avec toujours comme ultime justification la survie des formats anciens, seuls capables d’être réellement rémunérateurs, au détriment de tout ce qui a fait que l’internet est une respiration, mieux un nouvel ordre. Aujourd’hui, la situation est incroyablement dangereuse sur la toile française. La survie est devenue la règle pour les médias "Pure Players" francophones. Quelques exemples: Deezer, Dailymotion sont étranglés par les revendications des ayants droit, d’un côté, et un sous financement de l’autre. Leur existence même est engagée. Sur le front de l’information, Bakchich, Rue89, etc., voient leurs revenus publicitaires largement menacés par les effets de la crise. Sans parler des radios en ligne, qui lèvent des fonds dans une unique perspective: décrocher une hypothétique licence de radio numérique terrestre.

Par Emmanuel Torregano, Electron libre, 24/04/2009 (via Jean-Baptiste Soufron/FB).
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Adieu, Monde cruel

image Ce que deux mois et demi de mobilisation universitaire n'ont pas réussi à produire, la circulation d'une "Charte de bonne conduite" contre le journal Le Monde l'a obtenu: attirer à nouveau l'attention des médias sur le mouvement des enseignants-chercheurs. Après son démarrage, début février, la curiosité des rédactions était vite retombée. Les affaires universitaires, c'est bien connu, ennuient les lecteurs. Au coeur des revendications, l'obscurité des discussions autour d'un projet de décret sur le statut des profs était décourageante. Faute de comprendre les tenants et les aboutissants du débat, les journalistes disposaient d'une échelle indicative: la comparaison avec les manifestations contre le CPE. Mesurée avec ce thermomètre, la mobilisation sans précédent des enseignants-chercheurs (et beaucoup moins des étudiants, qui représentaient en 2006 le gros des troupes) risquait fort de paraître diminuée. Ajoutons à ces caractères une longévité inhabituelle, et l'on admettra que toutes les conditions étaient réunies pour que l'image du mouvement s'amenuise sur les écrans radars de l'actualité.

L'appel au boycott du journal Le Monde n'est pas pour autant un simple prurit de militants déçus de ne pas figurer à la une. Participer à une mobilisation aussi ample que celle du mouvement universitaire, c'est se retrouver au coeur d'un flot d'informations. Occupé matin et soir à réunir, interpréter et rediffuser les diverses données qui en forment la trame, chaque acteur devient un spécialiste de l'événement. Cette situation particulière modifie la relation traditionnelle aux médias. Au lieu d'être considéré comme la source de l'information, un organe de presse est lu comme un relais dont on peut précisément mesurer les manques, les raccourcis ou les parti-pris.

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Qu'est-ce qui buzze chez les enseignants-chercheurs?

image Dix jours après sa mise en ligne, l'intérêt suscité par la vidéo "Du processus de Bologne à la L.R.U, une catastrophe annoncée" ne se dément pas. Avec plus de 12.000 vues, elle talonne le clip "Nanterre en tables", lui aussi mis en ligne le 26 mars, en tête des vidéos issues du mouvement des enseignants-chercheurs avec 14.000 vues. Apparemment modestes, si on les compare aux audiences des hits de Youtube ou Dailymotion, ces scores sont à rapporter à la pratique encore embryonnaire des outils du web 2.0 par la communauté universitaire française. Si l'on considère qu'il s'applique, non à un clip musical de quelques minutes, mais à une très sérieuse conférence de plus d'une heure, ce chiffre est tout à fait remarquable.

Filmée le 23 mars, la passionnante communication de Geneviève Azam à l'université de Toulouse-Le Mirail pose de la façon la plus claire l'antagonisme entre la rationalité néolibérale et l'héritage émancipateur issu des Lumières. Cet antagonisme est bien la clé pour comprendre la vigueur et la durée du mouvement universitaire, fondé, non sur une grogne passagère ou sur de simples revendications corporatistes, mais sur une perception rationnelle des limites de l'application du dogme du marché aux domaines du service public, de l'éducation ou de la recherche. Ce sont les échecs du modèle concurrentiel, mais aussi la fuite en avant forcenée de ses partisans, incapables de produire une analyse ou une critique de ses dysfonctionnements, qui permettent de décrire cette position comme une croyance ou, comme l'explique Geneviève Azam, «un nouvel obscurantisme».

L'économiste dévoile l'ampleur du projet mis en place avec les processus de Bologne et de Lisbonne, qui font de l'éducation un «investissement stratégique». Théorisée par un puissant lobby patronal dès 1991, la "formation tout au long de la vie", préconisée par de nombreux partis politiques, n'a rien d'un programme philanthropique, mais est au contraire définie comme le socle d'une nouvelle industrie, conditionnée par la libéralisation des services que promeut l'Union européenne.

La crise ne me fait pas rire

Ces derniers temps, j'ai été sollicité par divers journalistes pour "réagir" sur «l'humour face à la crise sur internet» (Le Figaro Magazine, RFI) ou encore «le divertissement en temps de crise» (TF1, Europe 1). Pour ce dernier thème, on peut retracer précisément son origine: il s'agit d'une interview d'Emmanuel Ethis par Lena Lutaud dans Le Figaro du 2 mars ("Le cinéma dopé par la crise"). Christian Delage ne me parle plus depuis que j'ai tenté de lui refiler le bébé.

Sur un sujet qui n'en est pas un (vous connaissez beaucoup de gens que la crise fait se gondoler?), le recours à l'universitaire est un réflexe qui trahit la besace vide. Mais la répétition de cette question indique aussi que, dans certaines rédactions, il existe une pression pour dessiner des moustaches sur le visage d'une actualité désespérément grisâtre. Il me paraît donc pratique d'envisager ici une réponse groupée: non, la crise ne me fait pas rire, et j'ai beau chercher sur internet, j'ai du mal à trouver le clip qui buzze d'enfer et fait se taper sur les cuisses à propos de la montée du chômage, de l'angoisse et de la pauvreté.

Pour un journaliste de passage, il me semble que le vrai sujet serait plutôt: quels sont les organes où l'on pense que la crise, mieux vaut en rire? Qu'est-ce qui suggère que cette réaction caractérise une certaine sensibilité politique? S'agit-t-il d'une indication venue d'en haut, ou bien les professionnels ont-ils d'eux-mêmes le réflexe de recourir aux chatouilles? Quelles conclusions peut-on en tirer sur l'état réel du journalisme? D'accord, c'est un peu moins rigolo, mais je suis certain que, même à Slate.fr, un angle pareil, c'est le buzz assuré.

La photo sur Facebook: des chiffres peu concluants

image Quand Techcrunch France intitule un billet "10 milliards de Photos sur Facebook", on peut être sûr que l'annonce va faire le tour de la blogosphère locale en quelques heures. Ce qui prouve que le web, s'il a le goût des chiffres qui claquent, n'a guère de mémoire – puisque cette annonce, ARHV avait été un des premiers à la relayer, dès le 15 octobre 2008.

L'intérêt de l'adaptation par Alain Eskenazi du billet de Michael Arrington est ailleurs: dans l'ajout d'une statistique comparative de la consultation des principaux sites photos (avec Flickr, Picasa, Photobucket), issue d'une étude de l'institut comScore. Ces courbes montrent le décollage des usages de la photo sur Facebook depuis l'automne dernier, qui paraît suivre la croissance du réseau (passé de 100 à 150 millions de membres entre septembre et décembre 2009 2008).

L'interprétation de cet envol soudain est curieusement omise dans la version française du billet. Selon Arrington, c'est la nouvelle maquette du site, permettant l'accès aux albums photos par un onglet, qui explique cet essor. Les chiffres sont toutefois à prendre avec précaution. Rapportée au nombre de téléchargements, la consultation des images sur Flickr (3,3 milliards de téléchargements pour 66,7 millions de visiteurs uniques mensuels) est ainsi proportionnellement plus élevée que celle de Facebook (10 milliards de téléchargements pour 153,3 millions de VUM). Trop imprécise pour qu'on puisse véritablement en tirer des leçons, cette comparaison appelle à collecter des données plus fines pour livrer des indications utilisables.

Le web change le droit. La preuve par Facebook

Comme les années 1960 ont eu les soucoupes volantes, on se souviendra des années 2000 par la peur de Facebook. Cet ogre moderne ne se nourrit pas de la crainte d'être mangé tout cru, mais du cauchemar d'être dépossédé de ce nouveau bien aussi précieux que fragile: notre identité numérique. A partir d'un billet paru le 15 février sur The Consumerist, relayé en France par le site Ecrans, le soupçon a couru la blogosphère comme un feu de brousse: Facebook aurait modifié subrepticement ses conditions générales d'utilisation de façon à s'arroger "tous les droits, pour toujours" sur les contenus mis en ligne sur le réseau social.

Et les journalistes de conseiller de quitter aussitôt la plate-forme, suscitant une vague de résiliations de la part de geeks crédules, pestant et sacrant qu'on ne les y reprendrait plus. Du calme, camarades! Face au danger, rappelons un principe simple, que tout usager des multiples conventions auxquelles nous expose le commerce contemporain devrait écrire en lettres de feu au-dessus des toilettes: la loi prévaut sur le contrat. Nous signons tous les jours des contrats rédigés en dépit du bon sens, par des prestataires soucieux de protéger leurs arrières. Mais ces textes n'ont de valeur que dans la mesure où ils sont conformes à la loi. Dans le cas contraire, ces accords ne sont que des chiffons de papier, que le premier tribunal venu aura tôt fait de désavouer.

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Test comparatif express: Slate.fr vs Rezo.net

image Slate.fr est arrivé. Le nouveau média en ligne (dites "pure player", c'est plus chic), compte parmi son quintette directorial Jean-Marie Colombani, ancien patron du Monde, Jacques Attali, conseiller de Mitterrand et de Sarkozy, Eric Le Boucher, libérateur de la croissance française et mon pote Johan Hufnagel, ancien de Libé, viré de 20minutes.fr, l'un des meilleurs connaisseurs du web côté rémouleurs d'infos.

Mon autre copain Narvic est tout émoustillé par cette aventure. Comme quelques amis journalistes, ce que je comprends. Narvic nous le décrit tant et plus: leur horizon est bien sombre, un petit nouveau dans le bac à sable, qui sait, ça pourrait changer le jeu. Mais moi qui ne suis pas journaliste, je vois que cette naissance intéresse surtout les journalistes. Pour les autres, on va faire comme d'habitude sur le web: on va prendre son temps pour lire, se faire son idée, juger tranquillement.

En attendant, une première impression vite fait? A la une, un article traduit de Slate.com, "Pourquoi Billy Joel est-t-il si nul?" Un éloge du jogging astucieusement décalé par Blandine Grosjean: "Peut-on faire du jogging sans être sarkozyste?" En invité surprise, la "chronique inaugurale" de François Hollande, qui recommande "Que le PS soit «simplement lui-même»". Et on retrouve Bandine Grosjean, décidément en verve, qui nous explique avec Benoît Helme que "Les journalistes hommes ne séduisent pas les femmes politiques", illustré avec une jolie photo de Rama Yade.

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Pour sauver l'université, il suffit d'un blog

image La mobilisation universitaire donne l'occasion de le mesurer tous les jours: dans la France sarkozyienne, la vie intellectuelle est mal-aimée. Dégradation de l'image des élites, réflexes poujadistes et utilitarisme néolibéral sont autant d'ingrédients qui alimentent un anti-intellectualisme très en vogue, jusqu'au sommet de l'Etat. Dans ce désamour, les médias jouent un rôle non négligeable. Alors que la presse internationale se fait volontiers l'écho des principaux travaux et rencontres universitaires, les journalistes français témoignent à l'endroit de la production scientifique d'une paresse coupable. Oblitérée par quelques figures médiatiques qui n'ont aucun lien avec la recherche, la vie intellectuelle semble se résumer au commentaire salonnard de l'actualité.

Dès lors, comment s'étonner de la réception par les médias du mouvement qui anime les facs? Encore moins connu que le monde des cheminots, celui des universitaires s'est d'abord attiré des commentaires aussi désobligeants qu'imbéciles. Depuis quelques jours, l'ampleur de la mobilisation et la circulation d'informations contredisant la propagande ministérielle contribuent à modifier ce portrait à charge. Un organe aura joué un rôle décisif pour transmettre cette interprétation plus favorable: le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, {Sciences2}.

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Arrêt sur images: un site fermé très ouvert

Est-il possible de suivre Arrêt sur images sans être abonné au site? Telle était l'expérience que je proposais à l'issue d'un récent billet: "Faut-il se réabonner à Arrêt sur images?". L'actualité vient de me permettre de vérifier cette hypothèse.

Informé par la lecture de la page d'accueil du site de l'émission consacrée à Pierre Péan, j'apprends par une brève en forme de teasing que l'auteur du Monde selon K a quitté le plateau d'@si en cours d'émisssion, écoeuré par les accusations d'antisémitisme de l'animateur.

Je découvre ensuite, par le biais d'un rétrolien vers ARHV, le forum (accessible sans abonnement) où un torrent de messages indignés accueille l'exégèse schneidermanienne du terme "cosmopolite" et autres gracieusetés qui reprennent fidèlement la ligne de défense de Kouchner à l'Assemblée nationale.

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Faut-il se réabonner à Arrêt sur images?

image Comme un certain nombre de spectateurs de feu l'émission "Arrêt sur images", j'ai déboursé 30 € en janvier 2008 pour continuer à avoir accès à sa version en ligne. Il faut dire que Schneidermann ne lésinait pas sur la promo: on allait voir ce qu'on allait voir! «Pas la peine de chercher, ça ne ressemblera à rien d’existant», promettait l'animateur, qui assurait: «Sur Internet, tout est possible!»

A un an d'intervalle, le dépaysement a sans doute été moindre qu'annoncé. Qu'importe le flacon, @si a continué à nous offrir en ligne ce qu'elle savait faire à l'écran: de la veille des médias, du plateau, avec une couche de forum par-dessus. Rien ne ressemble plus à un Schneidermann hertzien qu'un Schneidermann haut-débit. Moins décalé que le BigBangBlog, qui faisait alors office de coulisses de l'émission et qui profitait de la liberté de ton du web, @si a tâtonné pendant plusieurs mois, délaissant Kewego pour Dailymotion, cherchant le bon rythme. Puis a stabilisé une formule construite autour d'une pluie de billets courts – les "vite-dits" –, des chroniques, avec les éditoriaux du maître des lieux, des articles plus étoffés réunis en "dossiers", enfin les plateaux vidéo, à un rythme grosso modo hebdomadaire.

Une grosse machine, qui suppose des moyens à la hauteur. Au moment de son interruption sur France 5, "Arrêt sur images" enregistrait une audience d'environ 800.000 téléspectateurs. En août 2007, une pétition de soutien en faveur de la reprise de l'émission totalisait 180.000 signatures. En se lançant dans l'aventure du web payant, Scheidermann tablait sans doute sur des chiffres d'échelle comparable. En fin d'année dernière, @si ne comptait pourtant qu'un peu moins de 40.000 abonnés – un chiffre bien en deçà des audiences de naguère. Au moment fatidique du renouvellement des abonnements de janvier, c'est la douche froide: 13.000 abonnés perdus, un sur deux. Le site se retrouve avec un étiage de 26.000 membres, à peu de choses près le même qu'il y a un an.

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