Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Ouverture de la version de préfiguration de "Culture Visuelle"

image En préparation depuis la rentrée, le projet Culture Visuelle ouvre aujourd’hui sa version de préfiguration.

Constituée par une plate-forme multiblogs fonctionnant sur un mode communautaire, Culture Visuelle est un projet de publication destiné à favoriser l’édition multimédia dans le cadre de l’enseignement et de la recherche. Il s’agit d’un format inédit dans le monde de l’édition universitaire, qui propose une adaptation au contexte pédagogique et scientifique des innovations et des principes du web 2.0.

Alors qu’une revue classique effectue une sélection a priori des contenus qu’elle publie, Culture Visuelle fonctionnera sur le principe d’un agrégateur. Chaque auteur sera libre de publier tout contenu sans contrôle préalable, le tri s’effectuant a posteriori par la mise en valeur des articles par l’équipe éditoriale et la communauté. Cette disposition permet la plus grande réactivité en matière scientifique et constitue un puissant ressort pédagogique.

Sur le modèle des agrégateurs, la plate-forme n’exercera aucune prérogative en matière de copyright, conservant à chaque auteur la responsabilité et la jouissance de sa propriété intellectuelle sur les contenus publiés. Autrement dit, Culture Visuelle ne se prévaut d’aucune exclusivité à l’égard des contenus qu’elle héberge: un article publié sur la plate-forme peut être repris sur un autre support sans formalité. Cette disposition permet l’agrégation du dernier état de la recherche grâce à l’usage du « préprint » (prépublication des articles soumis à comité de lecture). Elle peut également s’appliquer rétroactivement aux contenus dont les auteurs conservent la propriété intellectuelle, et autorise notamment le partage d’articles anciens dans une section « bibliothèque ».

Lire la suite...

Citizenside renonce à la 4e Licence 3G

Communiqué. Citizenside, l'agence de presse 2.0, éditrice des plateformes Kit Reporter et pionnier du "Témoignage d'actualité", annonce aujourd'hui qu'après étude du dossier de la 4e Licence 3G, elle ne sera pas candidate:

Après une étude minutieuse du dossier pendant près d'1/4 d'heure avec l'équipe en charge du projet chez Citizenside, nous avons trouvé que la licence était trop chère, déclare Matthieu Stefani, cofondateur de Citizenside. "L'ambition était de proposer aux contributeurs de Citizenside et aux plateformes partenaires du site de pouvoir envoyer directement leurs vidéos et leurs photos depuis le terrain, n'importe où en France.

Nous avons finalement décidé de lancer des applications sur Android et sur iPhone, pour couvrir toute la population mondiale à un prix plus abordable.

Lire la suite...

Narvic buzze-t-il?

A partir de combien de billets de blogs, de commentaires ou de tweets peut-on parler d'un buzz sur internet? Nul n'est capable de répondre à cette question. Ce qui est bien pratique. Comme la rumeur ou le lynchage, le "buzz" est en train de devenir un outil de disqualification a priori dans le débat citoyen: un argument qu'il suffit d'énoncer pour renvoyer ipso facto l'opinion adverse dans le camp du populisme bas du front (aka Front National). Lorsque ce sont les Copé ou les Lefebvre qui appuient sur ce bouton du lavage automatique de cerveau, on ne s'inquiète pas, tant leur position de juge et partie éteint toute force argumentaire. Il est plus surprenant de retrouver ce réflexe sous le clavier d'un blogueur émérite, bien connu pour ses autoportraits simiesques et son usage compulsif du smiley, notre camarade Narvic.

Dans Slate, où il intervient comme blogueur invité, Narvic s'inscrit dans le sillage de Finkielkraut, voit «clairement, des accès de populisme» dans les derniers buzz du mois, et estime que «le buzz répond à une question qui n'est pas posée». «Comme dans les cas précédents, le problème n'est de toute façon pas là, et c'est bien ce qui me chiffonne avec ces buzz, écrit Narvic. La question n'est pas de savoir si Roman Polanski est bénéficiaire ou victime de sa notoriété dans l'affaire judiciaire qui le poursuit depuis trente ans. La question n'est pas de savoir si Frédéric Mitterrand est victime d'une manipulation orchestrée par le Front national. La question n'est pas de savoir si Jean Sarkozy n'est pas en train de débuter une grande carrière politique dans le fief de son père... A travers ces buzz et par le levier d'Internet qui entre en résonance avec les médias traditionnels, l'opinion publique prend prétexte d'une actualité pour imposer son propre agenda au monde politique et médiatique.» Suivant la technique éprouvée du radiosophe (qui n'hésite jamais à donner à ses propos de comptoir le ton apocalyptique qui permet à la ménagère de moins de cinquante ans d'identifier l'intellectuel médiatique), le blogueur conclut avec gravité: «la démocratie y survivra-t-elle?»

Lire la suite...

Lynchage, mode d'emploi

«Depuis le déclenchement de cette affaire INFERNALE, je vis dans l'EPOUVANTE. La France est en proie à une véritable FUREUR de la persécution - et il n'y a pas que la France. C'est TOUTE la planète internet qui est devenue comme une immense FOULE LYNCHEUSE.» Ainsi s'exprimait ce matin sur France Inter l'ancien élève de Roland Barthes, le philosophe à transistor Alain Finkielkraut. Lynchage, chasse à l'homme, hurler avec les loups... Chacun peut observer le recours de plus en plus fréquent à ces expressions qui dépeignent la furie populaire, lorsqu'elle s'acharne sur un homme seul, innocent, désarmé.

La "loi de Lynch", du nom de ce juge américain qui décidait au 18e siècle de raccourcir la procédure judiciaire, trop lente à son goût, a rapidement désigné les débordements de haine s'emparant des populations du Sud des Etats-Unis, qui ont conduit à l'exécution sommaire, le plus souvent par pendaison, de plusieurs milliers de victimes, pour la plupart indiennes et noires. Si le terme ne renvoie plus aujourd'hui qu'à une mise à mort symbolique, sa brutalité choisie s'apparente à la violence de la comparaison avec le nazisme ou la reductio ad hitlerum, que la nétiquette sanctionne du célèbre "Point Godwin". Tout comme les commentateurs donnant libre cours à leur animosité sur les sites de presse en ligne, les éditorialistes médiatiques sont bien connus pour la mesure et la nuance de leur expression. Dans leur bouche, l'accusation de lynchage est un exemple de plus de cette hystérie si familière qu'elle a cessé de nous surprendre, et dont la triste rhétorique d'Alain Finkielkraut est l'un des exemples les plus achevés.

Lire la suite...

Eloge de la littérature

Que de délicatesses et de beaux sentiments! Que de souffrances pudiquement tues ou sincèrement cachées! En un mot, que de littérature! Bien plus qu'on en avait vu depuis oncques au JT de TF1. C'était Mitterrand le neveu se défendant des viles attaques de Le Pen la fille, dans ces sequels de la génération d'après dont notre temps a le secret. Fredo avait le brushing altier des hommes blessés. Devant les yeux mouillés de larmes de la vierge préposée à la lucarne, nimbée d'un halo hollywoodien du meilleur aloi, c'était plié.

La littérature, qu'est-ce que c'est? Un truc qu'on ne trouve pas au troquet du coin, ni chez Carrefour, ni au Lavomatic. La littérature, c'est ce petit je ne sais quoi que partagent les gens de goût, les connaisseurs, avec un clin d'oeil en coin, si tu sais pas passe ton chemin. Grâce à la littérature, Baudelaire déjà venait tremper son spleen dans les bouges. La littérature, c'est comme la baguette magique de la fée Clochette: ça transforme tout ce qui est vil et laid en quelque chose de beau et de nimbé, avec un peu de poudre d'or, de musique et de grappes de raisin tout autour. Pour les poètes, la prostitution n'est plus la misère, le sordide et la honte. Elle devient l'archet de la sensibilité, l'écho des voix célestes, la transfiguration des âmes souffrantes.

Lire la suite...

Peut-on aimer internet sous la contrainte?

Devinette. Qui a écrit les billets récents: "Civilité" et "La liberté et Internet"? Il faut se pincer pour les attribuer à leurs véritables signataires, respectivement Denis Olivennes (auteur de: La gratuité, c'est le vol) et Jean-François Copé (auteur de: Promis, j'arrête la langue de bois). Dans les deux cas, il s'agit d'un bel exercice de rétropédalage, après leurs récentes proclamations anti-web, dont l'argumentaire est si simpliste (il y a un bon et un mauvais internet) qu'on a envie de demander à ces brillants esprits pourquoi ils ne s'en sont pas avisés plus tôt.

L'intérêt de ces harangues un peu trop apprêtées pour être honnêtes (la langue qu'emploient ces auteurs quand «la parole est libre» est un peu plus verte) est de témoigner d'une inquiétude nouvelle. On comprend que nos polémistes ont souffert quelques répliques hostiles. Mais de la part de personnages d'habitude aussi arrogants et sûrs de leur fait, de telles chicanes ne suffisent pas à expliquer un revirement si brutal. Tout comme Ségolène Royal avouant dans un souffle la découverte de la puissance du "lobby internet", il semble que ces responsables aient pris brusquement conscience de l'évolution récente de la perception de l'univers en ligne, que je caractérisais par la formule: "le web fait désormais partie de la vraie vie". Plutôt que les injures de quelques commentateurs énervés, il est plus probable que les facteurs de ce changement de pied soient la remarque navrée d'un proche, ou le soupir désolé d'un fils. Malgré leur caractère contraint, ces dissertations sont donc bien la confirmation d'un nouvel équilibre des forces, que même les plus retardataires ne peuvent plus se permettre d'ignorer. Mais on aurait tort de se réjouir de cette apparente victoire. Le ton belliqueux et la promesse de mettre de l'ordre font voir au contraire que les puissants n'ont pas changé d'idée. "Civiliser" internet (entendons: le mettre au diapason de la douce harmonie médiatique) reste l'objectif intangible qu'ils n'auront de cesse d'imposer.

Vue des cuisines

Deux billets récents sur ARHV ont suscité pas mal de trafic et ont été beaucoup cités, sur des sites de presse en ligne ou sur des médias sociaux. Voici le relevé du top 10 des provenances enregistrées depuis le 15 septembre (sur 22.102 visites identifiées), qui permet de se faire une idée de la hiérarchie de la fréquentation des différents sites, sous réserve des erreurs du compteur.

  • Google.fr ——— 1831 visites
  • Rue89 ——— 458 visites
  • Rezo.net ——— 445 visites
  • Ecrans.fr ——— 362 visites
  • Netvibes ——— 185 visites
  • Google News ——— 234 visites
  • Facebook ——— 169 visites
  • Slate.fr ——— 142 visites
  • Twitter ——— 87 visites
  • Wikio ——— 68 visites

Brice, Ségolène et le point Godwin

Influence du dernier Tarantino? Hortefeux et Ségolène se sont croisés la même semaine sur une parodie de La Chute. On se souvient que le premier s'était soulagé d'une vanne 100% pur porc, enregistrée par les caméras de Public Sénat. La seconde a étrenné la nouvelle version de Désirs d'avenir – réalisation sur laquelle Benoît Thieulin a refusé de se prononcer (impossible, de toute façon, vu ses crampes abdominales et zygomatiques). Comme de juste, ces deux dérapages ont trouvé leur punition sur le web, à travers moult réactions, détournements et remix, dont deux versions faussement sous-titrées de la même scène du film de Oliver Hirschbiegel ("La chute d'hortefeux" 13/09; "Royal Führer", 15/09; voir également sur Internet & Opinion(s)).

Côté Hortefeux, on a assisté à un creuser de piscine assez extraordinaire. Voir ministres et syndicats policiers entonner comme un seul homme l'air du "WTF" (en français: quoi, quesskya, si on peut plus déconner), avec une décontraction toute lepéniste, faisait encore plus froid dans le dos que la saillie initiale. Ce n'était là qu'amuseries, et l'on a vite atteint un degré d'hystérie rare avec la diversion anti-web, inaugurée par l'inévitable Jean-François Copé. Jadis victime de l'effet Dailymotion, c'est Alain Duhamel qui a fermé le ban de ce grand défoulement dans Libération, en nous assurant du «despotisme de la transparence».

Sous le gouvernement le plus à droite de la Ve République, avec des contre-pouvoirs réduits comme peau de chagrin, un parlement au pas cadencé, une opposition évaporée, un syndicalisme en phase terminale, des médias aux ordres, le despotisme, c'est internet. La fin de la démocratie, c'est le web. Le danger totalitaire, c'est la vidéo amateur. On connait la loi de Godwin, selon laquelle, plus une discussion en ligne s'allonge, plus on a de chance de voir surgir la comparaison avec le nazisme ou la reductio ad hitlerum. Je propose de la compléter par la loi de Duhamel, qui veut que plus le sujet de la controverse est grave, plus grandes sont les chances d'en incriminer le web.

Lire la suite...

Les vidéos de l'INA deviennent citables

Pendant que l'Assemblée nationale se prépare à confirmer la loi Hadopi, fermement soutenue par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand, le site de vidéos de l'INA intègre enfin le système de lecture exportable popularisé par YouTube, qui permet de citer les contenus sur un blog en recopiant un code html.

L'annonce officielle précise que «L'Institut National de l'Audiovisuel donne dorénavant la possibilité à toute personne, bloggeurs ou sites web d'utiliser librement les vidéos présentes sur son site», ce qui exclut toute limitation de rediffusion au nom du copyright. Conforme à l'usage en ligne (mais non aux dispositions légales), le recours à la lecture exportable que propose l'INA correspond bien à une extension du droit de citation, qui constitue formellement une entorse aux us de la propriété intellectuelle. Cette innovation témoigne d'une adaptation bienvenue aux nouvelles pratiques du web, et confirme que la véritable valeur d’une image est désormais d’être partageable.

Toutefois, cette application reste "à la française": plutôt que de fournir librement le code, comme sur YouTube, son obtention est subordonnée à un enregistrement en bonne et due forme – avec déclaration des centres d'intérêt et inscription optionnelle à la newsletter de l'institut. La taille de la fenêtre, quant à elle, n'est pas modifiable directement, mais seulement par l'intermédiaire d'un bouton à deux positions (320x240 ou 512x384 px). Encore un petit effort, et l'on pourra enfin citer les précieuses ressources de l'INA comme toutes les vidéos disponibles en ligne.

Extrait: "A quoi rêve von Braun", Cinq colonnes à la une, 03/08/1959 (10:00).

Calme plat sur le front des blogs savants au mois d'août

image C'est à ARHV qu'échoit ce mois-ci le privilège de publier en avant-première le classement des blogs sciences de Wikio de septembre. On se souvient que celui-ci, créé en février 2008, avait occasionné quelques passes d'armes entre Olivier Ertzscheid et moi, à l'époque où nous nous disputions les premières places du classement.

Cette agitation n'est pas de mise au sortir de la torpeur estivale. J'ai moi-même été particulièrement paresseux, puisque le mois d'août n'a enregistré qu'un seul billet et quelques signalements. Comme ARHV conserve son habituelle troisième place, j'en déduis que mes collègues n'ont pas été beaucoup plus actifs que moi. Le reste du classement reproduit lui aussi quasi à l'identique l'ordre du mois précédent. Technologies du langage, de Jean Véronis, conserve son indéboulonnable première place. Baptiste Coulmont gagne un rang, Langue sauce piquante en perd deux, Tom Roud remonte de trois cases... Bref, pas de quoi réveiller Aphatie.

Lire la suite...

Un fautoreportage qui dit vrai

image A l'occasion du grand prix Paris Match 2009, Guillaume Chauvin et Rémi Hubert, étudiants aux arts déco de Strasbourg, ont soumis un photoreportage prétendument consacré à la dégradation des conditions de la vie étudiante. Copie conforme du catalogue des idées reçues médiatiques, leur projet accumule, dans un noir et blanc misérabiliste, les vues de jeunes gens obligés de se nourrir dans les poubelles ou poussés à la prostitution pour payer leur scolarité (voir illustration). Témoignant de la parfaite adéquation de cette proposition avec l'entendement journalistique, qui voit l'université comme un repaire de SDF, le jury a décerné le premier prix à ce bel exercice d'agit-prop, publié avec les honneurs dans le numéro de cette semaine (n° 2533 du 25 juin 2009).

Faux reportage, cette critique en acte du photojournalisme est d'une décapante justesse. Elle démontre le caractère conventionnel de la construction de l'actualité, tributaire de schémas caricaturaux, et prouve que les codes du photojournalisme sont parfaitement identifiables et reproductibles. Elle montre aussi comment la pratique quotidienne du journalisme visuel a inversé le schéma revendiqué d'un enregistrement objectif de l'événement. Au contraire, les images des deux strasbourgeois sont bel et bien construites comme les illustrations gravées du XIXe siècle, c'est à dire comme des projets iconiques, supports d'un récit préalable. La majorité de l'imagerie médiatique relève en réalité de ce modèle, et non du soi-disant témoignage sur le vif. Dépité de s'être fait prendre à son propre piège, l'organe de propagande du sarkozysme a finalement annulé le concours. Pour une démonstration aussi impeccable, pour leur humour et leur inventivité, le Lhivic décerne au contraire à Chauvin et Hubert les palmes avec félicitations du jury!

Donnez-nous aujourd'hui notre feuilleton quotidien

Intéressant billet de Guillermo sur Radical chic, qui souligne la floraison de commentaires accompagnant les théories pour expliquer l'accident du vol AF 447. «Ainsi au début, quand les médias nous servaient la foudre, on se battait pour savoir si les avions modernes faisaient cage de Faraday ou non, et on s'élevait contre les matériaux composites! Ensuite il a bien fallu constater que la recherche des boites noires serait ardue, sinon impossible, permettant à un commentateur de proposer des "boites noires éjectables et insubmersibles" (sic). Enfin maintenant que la mesure de vitesse est sur la sellette, on s'emporte contre un dispositif inventé au XVIIIeme siècle, et pourquoi pas par GPS comme pour ma bagnole (ah, ça existe déjà), et qu'est c'qu'ils foutent les ingénieurs?»

Résumons. Quinze jours après l'accident, on ne sait toujours pas quelles en sont les causes. La marche "à vide" de la machine médiatique dans les premiers jours qui ont suivi le crash n'en apparaît qu'avec plus de clarté. Nombreux, sur le net, ont souligné le malaise suscité par l'application aveugle des réflexes interprétatifs à un cas où l'on ne disposait pas d'informations suffisantes pour les étayer. Du point de vue de la critique des médias, il aurait mieux valu jouer profil bas, être plus mesuré ou plus modeste dans le commentaire. Mais sur un plan d'observation anthropologique, la disproportion entre l'information pertinente et un traitement surabondant a produit une expérimentation grandeur réelle du système médiatique, permettant de souligner des traits habituellement moins apparents.

Lire la suite...

Réflexions autour du débat "La médiatisation du mouvement universitaire"

image

Le débat "La médiatisation du mouvement universitaire", animé par André Gunthert (EHESS), s’est déroulée en deux temps. Le premier volet a été consacré à un examen des conditions et modalités de la médiatisation du mouvement universitaire, réflexion à laquelle étaient conviés un certain nombre de journalistes des médias nationaux (Luc Cédelle pour Le Monde, Ixchel Delaporte pour l’Humanité, Sylvestre Huet pour Libération) et d’un nouveau média diffusé sur internet (Jade Lindgaard de Mediapart), auxquels s’étaient joints une universitaire (Valérie Robert de SLU) et un enseignant-chercheur de l’EHESS (Cyril Lemieux). Il s’agissait de faire retour sur les difficultés et les insatisfactions à la fois des membres de la communauté universitaire mais également des journalistes eux-mêmes au sujet de la couverture médiatique du mouvement universitaire. Le second volet, auquel ont pris part deux universitaires (Sophie Pène et Olivier Ertzcheid) a permis de dresser un premier bilan de la montée en puissance, parmi la communauté universitaire, de l’usage des nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC), à des fins d’échanges d’informations et de coordination des actions que le caractère décentralisé du mouvement anti-LRU rendait nécessaire et comme un moyen d’expression autonome de la communauté universitaire mobilisée sur des questions qui la concernent au plus près. (On trouvera les principaux extraits des interventions audio des participants cités sur le site SLRU-EHESS à la rubrique "podcasts". Un des intervenants a présenté sa propre analyse du débat. A consulter également l’article de Régis Soubrouillard, de Marianne.)

Lire la suite...

Les sorciers de l'info

image Narvic a fermé son blog quelques jours trop tôt. Avec le vol AF 447, on voit très bien que l'idée du lien entre journalisme et information est une croyance étrange. L'information pertinente, dans le cas de la disparition de l'Airbus, tenait hier en peu de mots. Beaucoup moins que les tombereaux d'avis, enquêtes, flashes et interviews de toutes sortes qui ont envahi les JT, dont l'Ashram de Swâmi Petaramesh propose un relevé sans complaisance.

C'est dans un commentaire de ce blog qu'apparaît l'explication de cette avalanche de balivernes. «On n'a rien à montrer: pas d'épave, de corps, rien de rien. C'est ce vide qui est insupportable et que l'on cherche à combler, pas seulement parce qu'il faut "vendre du papier" mais aussi que la perte de sens pour une tragédie est foncièrement intolérable», explique Enikao pour justifier l'hystérie. Ce qui ne contredit en rien le billet de Swâmi. Non, il n'y avait aucune information utile dans cette boulimie d'air en conserve. Et pourtant, l'exercice a bien une utilité sociale tout à fait cruciale. Consacrer 30 minutes à brasser du vide est inexplicable si l'on juge uniquement du point de vue de l'info. Mais devient parfaitement compréhensible au regard du rituel qu'est devenu le spectacle de l'information. A quoi bon étendre à l'infini une information si ténue qu'elle tient en quelques phrases? Nous l'avons vécu en direct le 11 septembre. A ce moment, la télévision sert à rassembler le groupe. Elle devient une grande église, un lieu du partage de la souffrance, où l'on ressasse le traumatisme, en psalmodiant des prières. Qui croit encore que ce rituel a quelque chose à voir avec l'info? Il est le geste par lequel la nation s'incline. Sa durée n'a rien à voir avec la quantité d'informations que les journalistes ont à délivrer, mais est rigoureusement proportionnelle à l'ampleur symbolique de l'événement.

Ce journalisme du deuil dit l'essentiel de ce que sont devenus les médias. Quelque chose qui a peu à voir avec la gestion rationnelle d'une information objective. Plutôt une instance de production de rituels collectifs. Répondre à la peur du vide a du sens. Un sens que connaissent bien les spécialistes des sociétés primitives. Il s'agit d'une conjuration magique, d'une danse autour du totem. Le jour où les journalistes prendront conscience de ce rôle-là, ils auront enfin compris à quoi ils servent.

Vie et mort du buzz

Après le tsunami "Susan Boyle", le clip dénudé de Make The Girl Dance a relancé la question du buzz. Que désigne-t-il exactement? Est-il ou non spécifique à internet? Peut-on parler de vrai ou de faux buzz? Que signifie le recours à ce terme dans les médias?

Si l'on s'en tient à l'étymologie, façon Wikipedia, la question est vite réglée: issu du monde du marketing, le mot "buzz" (bourdonnement) désigne la propagation rapide d'un signalement par des moyens non institutionnels - typiquement: le bouche à oreille. Selon cette origine, le buzz est donc forcément plurimédia et ne concerne pas exclusivement internet, qui n'est qu'un canal de diffusion parmi d'autres.

Lire la suite...

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 >