Patrick qui?
Par André Gunthert, vendredi 11 juillet 2008 à 22:22 (536) :: Médias
J'admire Christian pour avoir consacré un billet malin au départ de PPDA. Pour ma part, je suis au regret de le constater, trente ans d'exercice d'un pape de la médiasphère n'ont pas produit chez moi la plus petite trace susceptible de motiver le moindre avis. Triste destin que celui de l'animateur de JT qui, en dépit d'une exposition quotidienne, ne laisse qu'une si faible empreinte. A tout le moins son départ donne-t-il l'occasion de mesurer les véritables effets de l'existence médiatique. Et comme pour le cas Bétancourt, c'est encore grâce à internet qu'on perçoit le mieux la disproportion entre l'hypertraitement sélectif de la machine médiatique et la perception réelle de ces événements.
PS. Ah oui, je n'avais pas encore évoqué ici la libération d'Ingrid. On peut faire court. Mesuré à l'aune de la croyance en un système de l'information rationnel, la démesure du traitement médiatique a pu apparaître choquante, excessive ou vaine. Je pense tout le contraire. Ce sont de tels événements qui nous dévoilent l'inanité de cette mythologie, et manifestent dans toute sa limpidité la mission du journalisme. Celle-ci n'a guère varié depuis Homère: nous faire trembler, gémir, pleurer ou rire tous ensemble, accomplir la purgation des émotions par le récit partagé. Plutôt que l'instrument d'une démocratie éclairée, le journalisme est un art social qui s'ignore.




Trois mois après le lancement du 


En discutant l'autre jour des évolutions du photojournalisme avec une étudiante canadienne, je constatais une fois encore que le point de départ de l'analyse est le prototype de l'image d'information, où à un événement ponctuel et bien identifié correspond son iconographie légitime et nécessaire. Mais si ce modèle fonctionne pour une catégorie bien particulière d'événements – du type 11 septembre – il représente en réalité l'exception plutôt que la règle. Il suffit de feuilleter n'importe quel journal, n'importe quel magazine, pour s'apercevoir que la majeure partie de son iconographie relève d'un autre modèle: celui de l'illustration, où le rapport à l'événement n'est pas dicté par la fonction informative de l'image, mais plutôt par ses fonctions décorative ou narrative.
Quels garnements, ces journalistes! Par devant, ils vous assassinent crânement le journalisme citoyen, coupable de tous les maux, incapable de produire une information de qualité. Par derrière, ils courent résolument après le train de la privatisation de la mise en scène de l'information.
L'arrivée de Denis Olivennes à la tête de l'Obs va, selon lui, contribuer à “

