Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Un an après…

Alors que l'on commémore le premier anniversaire de la faillite de Lehman Brothers, il convient de prendre un certain recul. Les économistes médiatiques, que l'on ne citera pas par charité se sont discrédités par les diverses palinodies que nous avons pu entendre depuis 2007 (cf. F. Lordon, "Les Disqualifiés", Miméo). Souvenons nous de cet économiste, fréquemment invité à la télévision et qui se permet de conseiller les socialistes français, qui déclarait à l'été 2007 que la crise était purement celle du marché hypothécaire américain et qu'elle était de toute manière sous contrôle… Il sévit encore, là ou toute personne honnête serait allé cacher sa honte au plus profond d'une forêt.

Pourtant, cette crise, un certain nombre d'économistes l'avaient vue venir, et parfois de très loin. Ce ne sont cependant pas eux que l'on entend le plus, que ce soit dans les médias ou la communauté académique. Comprenne qui pourra…

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Une icône prédigitale

Peu après le décès du King, les serveurs tombèrent en carafe. Twitter et TMZ se turent l'espace d'un instant, l'accès à Wikipedia fut bloqué pour de longues minutes et de nombreux blogs people durent fermer pour cause de surfréquentation. Michael Jackson aura été plus vivant le jour de sa mort qu'il ne le fut au cours des vingt dernières années. Même les cinquante derniers concerts prévus et les millions de tickets vendus n'auraient pas produit un come-back d'une telle ampleur.

Ce n'est qu'avec sa disparition que Michael Jackson aura été poussé vers un medium dont le développement lui avait échappé. Depuis environ le milieu des quatre-vingt-dix, il a vécu essentiellement sur l'aura de son succès de la période analogique, sans jamais franchir le pas vers l'ère digitale. Autoplaste passionné, il aura cru sa vie durant à son statut d'exception – tout en étant la popstar la plus imitée, doublée, copiée ou parodiée. Son potentiel web 2.0 n'était pas contestable. Mais la peur d'une perte de contrôle dans les méandres du réseau électronique lui fit préférer le Nobodyland. Son célèbre soulevé des valseuses ne pouvait se concevoir qu'accompagné des cris du public, élevé au rang mythologique de prise du sceptre royal. En version Youtube, il y avait de quoi inquiéter, subir l'affront du signalement, voire être tout bonnement rayé de la playlist.

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Une autre révolution est en marche

Chers amis, vous n'êtes pas sans connaître les événements incroyables qui ébranlent l'Iran à l'heure actuelle. Désormais on compte plus d'un million de personnes dans la rue pour manifester et braver les violences policières/militaires (ainsi que les milices) contre le résultat des élections présidentielles (il est capital que d'autres villes que Téhéran comme Tabriz ou Ispahan se soient aussi soulevées). De plus en plus d'éléments portent à croire qu'il y aurait bien eu des fraudes organisées par l'appareil gouvernemental devant la menace de voir un "réformiste" (Moussavi) arriver au pouvoir - un élan populaire et un taux de participation sans précédent l'ont laissé présager durant toute la campagne. Moussavi représentait le dernier espoir d'une petite libération politique et sociale dans la dictature déguisée où l'Iran se trouve depuis la Révolution islamique de 1979.

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Cinq leçons d'une élection

image Les élections européennes du 7 juin ont été remarquables au moins autant par leurs résultats que par l’aveuglement des commentateurs. Ces derniers ont ainsi mis en avant la «vague conservatrice» à laquelle on aurait assisté. Mais, celle-ci a été des plus relatives face à l’abstention, elle réellement historique, que l’on a connu dans ces élections. Il convient, avec le recul nécessaire, de comprendre ce que ces élections ont révélé. Au-delà des premières réactions, il est probable que nous avons assisté au début de la fin de la construction européenne telle que nous la connaissons.

1. Le rejet de l’Europe fédérale

On l’a dit, l’abstention a été énorme, et pas seulement en France. C’est chez les nouveaux entrants qu’elle a été le plus spectaculaire avec moins de 30% de votants en République Tchèque et à peine plus de 18% en Slovaquie. La France, avec à peine 40% de votants enregistre ici l’un de ses taux les plus faibles de participations. À peine plus d’un électeur sur trois s’est ainsi déplacé en Europe pour aller voter. Ce phénomène est tellement massif qu’il doit être expliqué en priorité.

On peut analyser cette faible participation comme le résultat combiné de plusieurs facteurs.

  • Les électeurs européens ont à l’évidence sanctionné une Europe qui s’avère incapable de les protéger de la crise et de ses conséquences. Il n’y a pas de "plan de relance" européen et l’addition des plans nationaux représente ainsi à peine 1% du PIB de l’Europe. De plus, cette dernière a été incapable, par ses règles bancaires, de prévenir la contamination issue de la crise américaine. Il y a pire. L’Europe, par ses directives, enracine cette crise et détruit progressivement tous les instruments dont on pouvait disposer au niveau national pour s’y opposer. De ce point de vue, l’application du Traité de Lisbonne ne changera en rien la situation. Ce traité ne fait que consolider les régressions économiques et sociales de ses dernières années.

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L'autonomie veut dire la mise au pas des universitaires

Dans votre dernier livre, "Conditions de l'éducation", vous mettiez l'accent sur la crise de la connaissance. Le mouvement actuel dans l'enseignement supérieur n'en est-il pas une illustration?

L'économie a, d'une certaine manière, dévoré la connaissance. Elle lui a imposé un modèle qui en fait une machine à produire des résultats dans l'indifférence à la compréhension et à l'intelligibilité des phénomènes. Or, même si c'est une de ses fonctions, la connaissance ne peut pas servir uniquement à créer de la richesse. Nous avons besoin d'elle pour nous aider à comprendre notre monde. Si l'université n'est plus du tout en position de proposer un savoir de cet ordre, elle aura échoué. Or, les savoirs de ce type ne se laissent ni commander par des comités de pilotage, ni évaluer par des méthodes quantitatives.

N'est-ce pas pour cela que la question de l'évaluation des savoirs occupe une place centrale dans la crise?

Alors que les questions posées par les modalités de l'évaluation sont très complexes, puisqu'elles sont inséparables d'une certaine idée de la connaissance, elles ont été réglées de manière expéditive par l'utilisation d'un modèle émanant des sciences dures. Ces grilles d'évaluation sont contestées jusque dans le milieu des sciences dures pour leur caractère très étroit et leurs effets pervers. Mais, hormis ce fait, ce choix soulève une question d'épistémologie fondamentale : toutes les disciplines de l'université entrent-elles dans ce modèle? Il y a des raisons d'en douter.

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Ces artistes fantômes que sont les rappeurs français

Selon certains médias, je suis "le rappeur qui veut faire tuer Eric Zemmour". Voilà pour les présentations. Mes papiers? J'en ai quelques-uns, comme ceux que nous avons reçus cette semaine: une notification d'avocat signifiant qu'une plainte a été déposée par M. Eric Zemmour et ses avocats auprès du procureur de la République pour "des faits de menaces de crimes" et "d'injure publique". Ces accusations visent le texte d'un de mes titres récemment paru sur la Toile.

Revoilà donc le spectre terrifiant du rap aux valeurs morales crapuleuses et aux invectives criminelles. C'est le retour du hip-hop qui terrorise. Ennemi sanguinaire des institutions les plus honorables de ce pays. Les monstres sont revenus. La psychose nous rattrape. Quoiqu'elle ne nous ait jamais vraiment quittés.

Encore une fois, un rappeur est placé au centre de la polémique. Il faudra le clouer au pilori ou le faire passer à la barre. C'est seulement à cette condition que l'ordre social, médiatique et surtout moral retrouvera son harmonie. Cette fois-ci, la foudre m'a choisi.

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Le long terme, le court terme et la bonne foi…

Réponse à mes contradicteurs sur la question du protectionnisme.

Comme il fallait s’y attendre, la crise a – enfin – permis au débat sur le protectionnisme de s’ouvrir. Ayant défendu, avec d’autres comme J-L Gréau, E. Todd et H. El-Karoui, la thèse du protectionnisme, mais l’ayant fait aussi au titre d’universitaire, il est logique que mes positions suscitent la critique.

Un véritable débat devrait avoir pour but de définir soigneusement les arguments utilisés par les uns et les autres pour en tester la pertinence et dégager, progressivement, ce qui peut être retenu de ce qui doit être abandonné. Mais, un véritable débat doit éviter la caricature et l’usage d’arguments de mauvaise foi. Dans le cas du protectionnisme, ce n’est – hélas – pas toujours le cas car ce thème semble toucher à des domaines qui ressortent de l’émotif, voire de l’inconscient.

Ces critiques se concentrent sur mon article récent dans Le Monde Diplomatique. En réalité ce texte vient à la suite de publications nombreuses sur ce sujet, dont la première fut l’ouvrage La Fin de l’Eurolibéralisme (2006). Si l’on veut critiquer de manière sérieuse et honnête mes positions, le matériau ne manque pas. Il devrait permettre à mes lecteurs critiques de se faire une opinion assez juste de ce que j’ai dit, et n’ai pas dit, sur la question du protectionnisme. Force cependant m’est de constater qu’ils ont eu, hélas, la mémoire courte et la lecture sélective.

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Christine Albanel lutte pour l'emploi

On sait Christine Albanel très impliquée dans la lutte contre le piratage, au point que certains se posent la question de son indépendance. On a beau être habitué à tout, sa dernière proposition, limiter les points Wifi publics à une liste blanche de sites autorisés arrive à nous surprendre.

Il y aurait plus de 150.000.000 de sites internet dans le monde selon les évaluations les plus fiables. En tout cas, il y en a beaucoup, ce dont la ministre de la Culture se doit d’être consciente.

Petit problème: sachant qu’il faut environ deux minutes à un être normalement constitué pour comprendre si un site permet ou non le téléchargement (et, pendant qu’on y est, contient ou non des images pédophiles, révèle ou non la manière de fabriquer une bombe nucléaire dans sa cuisine ou bien, plus grave encore, se montre désagréable ou non avec Frédéric Lefèbvre), prenant en compte le temps nécessaire pour trouver les sites internet à évaluer (il n’existe pas d’annuaire exhaustif de l’internet, mais c’est probablement le prochain chantier du ministère de la Culture); combien faut-il de temps pour constituer cette «liste blanche», en prenant des semaines de travail de 35 heures (on ne compliquera pas avec des heures supplémentaires) et cinq semaines de congés payés?

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Pourquoi une grève?

Cette semaine l’assemblée générale de ma faculté, l’UFR de sciences économiques, de gestion de mathématiques et d’informatique, a voté à l’unanimité une motion contre le projet de décret Pécresse. Pourquoi?

Il n’est pas de mon rôle de dire pourquoi chacun est venu, pourquoi chacun a voté. Je peux au moins dire pourquoi je m’y associe. J’ai 45 ans, suis professeur d’université, je suis universitaire. Je fais un métier qui pour beaucoup se limite à enseigner quelques heures par semaine. Sa réalité est la suivante.

J’ai participé cette année à une douzaine de soutenances de thèse, j’aurai présenté au doctorat deux de mes étudiants avec lesquels je partage depuis plusieurs années tous les affres de la recherche - identifier un problème, le formuler théoriquement et trouver le terrain juste qui permette d’en démontrer les propositions, mes collègues m’ont confié la tâche d’évaluer une vingtaine d’articles, je participe à deux ou trois ateliers doctoraux, j’ai donné une dizaine de conférences auprès de publics d’entreprise, fait signer un accord en Indonésie, participé à trois où quatre conférences internationales. Dans les avions je lis les articles que je n’ai pas encore lu, je ne compte plus les réunions avec des partenaires possibles pour lancer de nouveaux terrains d’enquêtes, conseiller des actions, j’ai lancé un programme de Master, dont j’assure en grande partie le secrétariat - dans nos universités les secrétaires sont rares! Je ne compte pas les jurys de soutenance de mémoire où l’on s’assure que les maîtres de stage soient présents pour assurer de l’emploi à nos étudiants, par ailleurs depuis peu j’ai accepté d’être l’adjoint du doyen de ma faculté pour stimuler les échanges internationaux, des programmes Erasmus et d’autres encore, un double diplôme avec une université allemande, celle de Mayence, un programme de développement d’un cours à distance avec l’université d’Essex, celle de Budapest une autre à Wismar, accessoirement je participe à un groupe de travail sur la communication de l’UFR. Quoi d’autre? Maintenir des cours sur mon blog, les donner en réalité bien au-delà de la charge prescrite (j’assure environ 350 heures d’enseignement quand la charge prescrite est de 128H), assumer la correction des examens, recevoir les étudiants, et écrire, quand même, encore. J’aurais eu le plaisir avec un excellent collègue d’être un des rares français publiés dans une revue américaine de premier rang dans ma spécialité.

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EHESS: quelle politique pour préserver la recherche?

image Un nouveau président de l’EHESS, ou une nouvelle présidente, sera élu(e) le 7 mars 2009. Face aux difficultés de plusieurs ordres que l’Ecole va avoir à surmonter, il est indispensable que les candidats se déclarent suffisamment tôt pour pouvoir se prononcer sur le débat concernant la place et la politique de notre établissement durant la prochaine mandature. En effet, de lourdes menaces pèsent sur les institutions, les activités et les personnels de la recherche en France. Les réformes actuelles dessinent un projet général qui transforme en profondeur l’enseignement supérieur et la recherche, tant dans leur fonctionnement que dans leurs fondements intellectuels, ce dont l’Ecole ne peut pas se désintéresser. La loi LRU ne la laissera pas de côté, et les conséquences de son application signifieront une dénaturation de notre travail. Si les incertitudes sont grandes quant aux objectifs concrets que le gouvernement vise précisément, nous en savons cependant assez pour voir à l’œuvre derrière ces réformes une logique économique et managériale d’ensemble incompatible avec un certain nombre de principes qui sont à la base de notre activité, notamment l’autonomie des chercheurs et la collégialité.

La prochaine présidence de l’Ecole aura, selon toute vraisemblance, à faire face à des initiatives de plus en plus autoritaires du gouvernement pour imposer ce nouveau paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons identifié cinq thèmes liés entre eux, pour lesquels des évolutions sont d’ores et déjà perceptibles, sur lesquels de nouvelles offensives sont à craindre, et qui déterminent le contexte de l’élection. C’est pourquoi il nous semble important que les candidat(e)s à la présidence prennent position sur ces questions, en présentant les principes généraux qui fonderont leur action et la stratégie qu’ils comptent adopter sur les différentes questions qui préoccupent les enseignants-chercheurs, chercheurs et ITA, à l’Ecole et plus largement. Nous demandons que ces thèmes soient intégrés au débat qui s’est ouvert dans notre établissement.

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Note sur le décret de révision du statut des enseignants-chercheurs

Dans le contexte des débats actuels sur les réformes de l'université, ARHV reproduit ci-dessous avec son autorisation une note d'Olivier Beaud, datée du 5 décembre 2008, rédigée pour QSF (Association pour la Qualité de la science française, reproduite sur leur site en pdf). Olivier Beaud est professeur des universités en droit public à l’université Panthéon-Assas (Paris II).


Note de Qualité de la Science Française (QSF) sur le projet de décret (oct. 2008) modifiant le décret du 6 juin 1984 «fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des Universités et du corps des maîtres de conférences».

Le projet de décret ici étudié[1] modifie le statut particulier des universitaires[2], tel qu’il est régi par le décret du 6 juin 1984. Il résulte du chantier de réformes engagé par le ministre de l’enseignement supérieur, dans le prolongement de la loi relatives aux libertés et responsabilités des universités» (loi dite désormais LRU) du 10 août 2007. Lors de sa conférence de presse du lundi 20 octobre 2008, Mme Pécresse a rappelé les objectifs qu’elle avait fixés au chantier relatif aux personnels: «améliorer l’attractivité des métiers et des carrières, donner aux universités les leviers liés à la loi du 10 août 2007 pour exercer leur autonomie et intégrer, dans la relation entre les universités et les organismes de recherche, les incidences du Pacte pour la recherche». Pour mener à bien cette réforme importante, le ministère a fait appel à une Commission d’experts, présidée par le conseiller d’Etat Rémy Schwartz[3]. Cette Commission de réflexion sur l’avenir des personnels de l’Enseignement supérieur a procédé à de nombreuses auditions et s’est réunie pendant près de six mois. QSF a été auditionnée par elle au mois de mars 2008. Elle a rendu son imposant et intéressant rapport en juin 2008. Dans sa conférence de presse du 20 octobre, Mme Pécresse indique qu’elle s’en est «largement inspirée» pour proposer la réforme globale du statut des personnels de l’Université. Sa réforme, qui vise à attirer les meilleurs éléments en France, et à empêcher la fuite des cerveaux, repose sur le diagnostic qui pointe trois «difficultés» majeures dans l’actuel système:

- «L’enseignement n’est pas reconnu à sa juste place: les enseignants-chercheurs ne sont évalués que sporadiquement sur leur activité scientifique, lorsqu’ils sollicitent une promotion, tandis que la mission d’enseignement n’est ni évaluée, ni valorisée.
- «La mission de recherche est partagée entre les universités et les organismes de recherche, elle apparaît cloisonnée entre des établissements multiples, alors qu’au sein des laboratoires eux-mêmes, ceux qui font la recherche se préoccupent peu des statuts et des affectations ; seuls comptent le résultat et la reconnaissance de la communauté.
- «Les missions relevant de la sphère administrative et technique ne sont pas suffisamment valorisées au côté de l’enseignement et de la recherche, bien qu’elles soient tout simplement indispensables au fonctionnement et au développement des établissements.»

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2009: récession ou dépression?

Les effets de la crise financière se font désormais sentir dans le « secteur réel » tant aux Etats-Unis que dans les pays de l’Europe occidentale où 2009 devrait être caractérisée par une récession d’ampleur variable suivant les pays. Ces effets restent, par contre, moins sensibles dans certains des pays dits « émergents ». Le groupe des BRIC (Bresil-Russie-Inde-Chine) devrait ainsi connaître une croissance supérieure à 6%. D’autres pays émergents pourraient par contre subir plus gravement les effets de cette crise, en raison de leur forte dépendance des marchés des pays occidentaux.

Les dynamiques de transmission de la crise sont aujourd’hui complexes. Si les effets des désordres financiers sur le secteur réel des économies sont aujourd’hui bien identifiés, les effets de rétroaction du secteur réel vers la sphère financière restent largement sous-estimés. Ceci contribue à entretenir une vision qui, encore aujourd’hui, est indûment optimiste quant à la profondeur et la durée de la crise actuelle. La possibilité d’un glissement d‘une logique de récession vers une logique de dépression existe et ne doit pas être ignoré. C’est en réalité tout l’enjeu de 2009 et des politiques publiques qui seront mises en oeuvre durant cette année.

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Le Web, forcément coupable

image Le gouvernement actuel et sa majorité ont une obsession constante: museler Internet, un outil qu’ils ne comprennent pas mais surtout qu’ils ne peuvent pas maîtriser, comme ils le font de la télévision publique voire de certains grands journaux. Toutes les idées sont donc bonnes pour mettre à bas les sites qui ne leur plairaient pas.

La dernière attaque s’est déroulée au mois de novembre au Sénat, qui a voté une proposition de loi qui doit encore être entérinée par l’Assemblée Nationale. Il s’agit d’allonger de trois mois à un an le délai de prescription de la diffamation, des injures ou provocations pour les propos publiés sur le web. La spécificité de ce mode de communication est mise en avant. Il présenterait en effet une triple particularité: «Il est à la disposition de tout un chacun, entraînant ainsi une augmentation exponentielle des informations diffusées; la sphère de diffusion des messages dont il est le vecteur est considérable; la durée de diffusion de ces messages n’a d’autres limites que celle que lui assigne leur émetteur. Elle devient, potentiellement, indéfinie.»

Pourquoi pas, après tout, même si l’on pourrait légitimement affirmer qu’il est beaucoup plus facile de retrouver une diffamation sur Internet (et donc de la porter devant la justice) grâce aux moteurs de recherches ou aux alertes Google par exemple, alors qu’un article de journal peut tout à fait passer inaperçu.

Mais le scandale est ailleurs. Conscients que la presse écrite est la plupart du temps également publiée en ligne, les sénateurs ont prévu une exception aux petits oignons, qui exclut de ce délai la diffusion sur Internet de contenus également publiés sur support papier. Bref, il y aura deux poids, deux mesures. La même information, éventuellement diffamatoire, publiée sur le site d’un journal papier ou sur un site uniquement Internet sera soumise à deux régimes différents. La proposition de loi explique en effet, sans honte, que le contraire «serait mal compris des entreprises de presse». Il faut lire bien sûr: ferait de la peine aux Arnaud Lagardère ou Serge Dassault.

Si elle était adoptée, cette proposition de loi devrait, selon toute logique, être censurée par le Conseil Constitutionnel, tant elle rompt de manière évidente l’égalité des citoyens devant la loi. Encore faudrait-il trouver 60 députés qui s’y opposent. Or, le parti socialiste, qui se voit un jour comme parti de gouvernement, l’a votée, et le parti communiste s’est seulement abstenu. Une bien belle unanimité. On n’en dira pas plus, de peur d’être attaqué pour diffamation.

Illustration: affiche du film "Invasion of the Saucer-Men" (USA, Edward L. Cahn, 1957), extrait du site Wellmedicated.

Extension du domaine de la recherche vidéo...

...ou l'avènement de la voie remontante

D’après un rapport de ComScore, YouTube était dès le mois d’août 2008 devenu le deuxième plus important site générateur de trafic de recherche du net grillant la politesse à Yahoo! et se positionnant dans la roue de son grand frère Google.

Mais voilà, au cours de la nuit du 4 au 5 décembre 2008, YouTube a enclenché le turbo-boost et a déployé ce qui s’avère être le plus important portail de recherche vidéo au monde voire le plus important portail de recherche tout court en termes de reach (l’estimation de cette assertion reste à faire).

Pas de révolution majeure dans l’ergonomie du site pour arriver à ce résultat. YouTube a simplement incorporé dans l’ensemble des lecteurs exportables de sa plateforme un champ de recherche vidéo.

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Aaaliens. Des blogueurs, pas des moteurs!

image "Ce que n’avaient pas prévu les auteurs de Science-Fiction c’est que les aaaliens arriveraient en bêta. Le web était passé par là…"

Aaaliens est constitué d’une fédération de blogueurs souhaitant mutualiser (partager et co-enrichir) leurs veilles et leurs recommandations. C’est un outil - voir un postmedia - de "blogger ranking" ou de "linkjournalism" (une "agence de presse de liens"?).

Aaaliens est maintenant disponible dans une version "zéro". Le site sera en permanence actualisé. En fonction de vos souhaits. Dès la semaine prochaine.

Pensé à partir d’une page blanche (ou presque) par des fous à lier, aaaliens répond cela dit à une vraie stratégie d’audience, pensée pour contrer Digg et Google (en se nourrissant de nos Delicious) et comme nous semblant être le bon bout de la chaine de valeur: le noeud par lequel passent et passeront de plus en plus les usages, la recommandation.

Ici le "fil humain" n’est jamais cassé. Aaaliens est composé de ceux que vous lisez déjà (et jamais assez) ou plus exactement du meilleur de leurs lectures et de leur veille - et en aucun cas de leur propres productions.

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