Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le gréviste, l'instituteur et le journaliste

Contrairement à l'image un peu primitive qu'en proposent ces temps-ci les médias, le fonctionnaire a plus d'un tour dans son sac. Qu'on en juge: voici la poésie que fait apprendre aujourd'hui l'instituteur à mon fils en classe de CM1.

Le Cochon, la Chèvre et le Mouton

Une chèvre, un mouton, avec un cochon gras,
Montés sur même char, s'en allaient à la foire.
Leur divertissement ne les y portait pas;
On s'en allait les vendre, à ce que dit l'histoire.
(...) Dom Pourceau criait en chemin
Comme s'il avait eu cent bouchers à ses trousses:
C'était une clameur à rendre les gens sourds.
Les autres animaux, créatures plus douces,
Bonnes gens, s'étonnaient qu'il criât au secours:
Ils ne voyaient nul mal à craindre.
Le charton dit au porc: “Qu'as-tu tant à te plaindre?
Tu nous étourdis tous: que ne te tiens-tu coi?
Ces deux personnes-ci, plus honnêtes que toi,
Devraient t'apprendre à vivre, ou du moins à te taire:
Regarde ce mouton; a-t-il dit un seul mot?
Il est sage. - Il est un sot,
Repartit le cochon: s'il savait son affaire,
Il crierait comme moi, du haut de son gosier;
Et cette autre personne honnête
Crierait tout du haut de sa tête.
Ils pensent qu'on les veut seulement décharger,
La chèvre de son lait, le mouton de sa laine:
Je ne sais pas s'ils ont raison;
Mais quant à moi, qui ne suis bon
Qu'à manger, ma mort est certaine.
Adieu mon toit et ma maison.”

Dom Pourceau raisonnait en subtil personnage:
Mais que lui servait-il? Quand le mal est certain,
La plainte ni la peur ne changent le destin;
Et le moins prévoyant est toujours le plus sage.

Jean de La Fontaine, Fables.

Le déménagement de l'EHESS sonne-t-il le glas des sciences humaines?

image Une tribune signée par quelques savants de renom, publiée le 26 octobre sous le titre "Menace sur les sciences humaines", a relancé la polémique à propos du déménagement de l'EHESS et de l'EPHE. Cet épisode ne convaincra pas les spectateurs éloignés de l'institution de son désir de renouvellement. Malgré les profonds bouleversements du paysage médiatique, ce sont toujours les colonnes du Monde qui donnent le signal de l'émoi intellectuel. ARHV avait (évidemment) informé ses lecteurs, de façon précise et équilibrée, dès le 25 septembre – un mois plus tôt. Aucun élément factuel nouveau n'est intervenu dans l'intervalle qui modifie la description proposée.

Au moment où l'on évoque de plus en plus sérieusement le démantèlement du CNRS, l'article du Monde surfe complaisamment sur les peurs de la communauté académique. Il émane de la faction opposée au déménagement, auteur de la pétition et du site satirique Braudel's Nightmare. La veille, le Nouvel Observateur montrait qu'on pouvait avoir une lecture sensiblement différente du même scénario. D'autres contributions, comme celle de Baptiste Coulmont, sont venues entretemps enrichir la discussion et rappeler la diversité des points de vue.

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Soutenance de thèse "L'illustration photographique", par Thierry Gervais

image La thèse de doctorat d'histoire de l'art L'Illustration photographique. Naissance du spectacle de l'information, 1843-1914 présentée par Thierry Gervais à l'EHESS sera soutenue le mardi 6 novembre 2007, de 9h à 13h, en salle Vasari, à l'INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.

Jury: André Gunthert (directeur de thèse, EHESS), Dominique Kalifa (président, université Paris 1), Anne McCauley (université de Princeton), Michel Poivert (rapporteur, université Paris 1), Christophe Prochasson (co-directeur, EHESS).

Résumé

Entre 1843 et 1914, la photographie devient en France le principal mode d’illustration dans la presse et donne forme à de nouveaux objets. La production photographique se massifie, la reproduction photomécanique permet d’associer les caractères typographiques aux images argentiques et la presse s’empare de ce nouveau tandem pour illustrer ses pages. Du journal L’Illustration créé en 1843 à La Vie au grand air qui se développe à la Belle Epoque, la photographie passe du statut de support iconographique pour le graveur au vecteur principal de l’illustration de l’information. La publication d’images se multiplie dans la presse et, sous la houlette d’un directeur artistique qui agence texte et photographies, le récit de l’actualité en image se déploie sur l’espace de la page, transformant le journal illustré en magazine. Entre ces deux dates, les protocoles de l’illustration photographique sont établis et produisent une information visuelle spectaculaire.

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Berkeley en Tube

L'université de Berkeley (dont je vous parlais déjà ici), vient de créer sa propre chaîne sur YouTube. C'est tout naturellement qu'elle y déposera donc les sessions filmées de la plupart des cours qui y sont dispensés, dont le remarquable cours sur les moteurs de recherche avec (entre autres) S. Brin, H. Varian comme professeurs.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 04/102007.
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EHESS: un déménagement de trop?

image Pris au piège du durcissement des obligations de santé publique, l'EHESS doit faire face aujourd'hui à de graves interrogations sur sa localisation. En juillet 2006, un rapport d'expert indique que le désamiantage de l'immeuble du 54, bd Raspail, prévu pour être effectué en site occupé, sur la base d'une rotation des bureaux, présente des risques sanitaires et ne peut être réalisé dans les délais imposés par la loi. Cette circonstance imprévue oblige à revoir de fond en comble la programmation du plan quadriennal 2006-2009. La durée du chantier de désamiantage – plusieurs années pendant lesquelles les locaux devront être évacués – mais aussi les besoins criants de locaux et l'éparpillement des sites parisiens de l'EHESS incitent la direction de l'Ecole à envisager une reconfiguration immobilière de grande envergure.

Dès la rentrée 2006, le scénario d'une nouvelle implantation à la lisière d'Aubervilliers et de Saint-Denis est envisagé, non sans susciter une forte opposition, orchestrée par quelques caciques du 54, peu désireux de quitter leurs bureaux du 6e arrondissement. Une longue série de discussions internes se poursuit tout au long de l'hiver 2006-2007, établissant progressivement les contours d'un projet ambitieux, qui comprend la construction d'un immeuble de 25.000 m2, pour un montant de 65 millions d'euros. Ce programme sera inscrit le 23 mars 2007 au contrat de projet Etat-région 2007-2013, avec un apport des deux tiers promis par la région Ile-de-France. Après une assemblée générale houleuse le 31 mars, le conseil scientifique adopte le 9 mai une résolution précisant les souhaits de l'Ecole, dans le cadre d'une nouvelle Cité des Humanités et des Sciences Sociales, vouée à accueillir divers pôles ainsi qu'un campus étudiant.

Mais le 3 septembre dernier, un courrier de la présidente de l'EHESS informe les personnels que la dérogation attendue pour mettre ces plans à exécution a été refusée par la préfecture, obligeant à commencer au plus vite le chantier de désamiantage et à libérer le 54 dès la rentrée 2008, à un moment où le futur immeuble ne sera pas encore livré. Un autre bâtiment, situé sur la parcelle 521, prévu pour accueillir l'EPHE (Ecole pratique des hautes études), devra héberger à ses côtés dans des conditions provisoires les équipes de l'EHESS et de la MSH (Maison des sciences de l'homme). Cette annonce a réveillé toutes les inquiétudes. Ce nouveau déplacement préfigure-t-il l'abandon du premier projet d'implantation? Le partage d'un immeuble de 19.000 m2 entre trois institutions ou ce calendrier précipité constituent-elles des hypothèses réalistes? Une pétition a rapidement surgi pour demander l'interruption du processus, appuyée sur un blog qui, sous le titre Braudel's Nightmare, dévoile des photographies d'un environnement encore inhospitalier. La discussion, vive, se poursuit sur la mailing-list de l'Ecole. Une assemblée générale de tous les personnels est appelée aujourd'hui mardi 25 septembre à 12h dans le hall du 54, bd Raspail pour examiner l'ensemble de ces questions.

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Création du prix Roland Barthes

Communiqué: Le Point du Jour/Centre d’art et l’Institut mémoires de l’édition contemporaine (IMEC) s’associent pour créer le Prix Roland Barthes pour la recherche photographique. Ce prix, doté de 5.000 €, récompense des mémoires francophones de niveau master, quelque soit la discipline, portant sur la photographie.

Les candidats doivent être auteurs d’un mémoire rédigé en français de niveau master, soutenu entre le 1er septembre 2005 et le 15 décembre 2007. Le dossier d’inscription et les pièces correspondantes devront être envoyées avant le 30 décembre 2007. Le prix ne sera décerné qu'à un seul lauréat. Le jury pourra toutefois distinguer, par des mentions spéciales, deux autres mémoires ayant particulièrement retenu son attention.

Le jury réunit deux représentants du Point du Jour et de l'IMEC et quatre personnalités qualifiées: André Gunthert, directeur de la revue Etudes photographiques, maître de conférences à l'EHESS, Olivier Lugon, professeur à la faculté de lettres de l'université de Lausanne, Michel Poivert, président de la Société française de photographie, professeur en histoire de l'art contemporain à l'université Paris 1 et Gilles Saussier, artiste.

  • Calendrier 2007/2008: inscriptions du 15 octobre au 30 décembre 2007; annonce de la présélection au printemps 2008; annonce du lauréat à l'hiver 2008.
  • Information et inscription: Le Point du Jour/Centre d’art, 109, avenue de Paris, 50100 Cherbourg-Octeville, tél. 02.33.22.99.23 – fax 02.33.22.96.66, e-mail: lepointdujour3(à)wanadoo.fr.
  • Règlement complet (pdf): www.lhivic.org/documents...; dossier de presse: www.lhivic.org/documents...

Champagne pour la recherche en histoire visuelle

image Aucun doute: les jurés de la bourse de recherche Louis Roederer pour la photographie sont des lecteurs assidus d'Etudes photographiques. Après nos camarades Paul-Louis Roubert et Thierry Gervais, lauréats 2006, c'est cette année Myriam Chermette et Claude Estebe, auteurs de deux excellents articles dans les deux dernières livraisons de la revue (n° 19 et 20), qui ont été distingués.

Doctorante en histoire à Saint-Quentin en Yvelines, membre du comité de rédaction d'Etudes photographiques, spécialiste de l'histoire de la presse illustrée, Myriam Chermette a reçu 10.000 € pour son projet de recherche autour des images du journal L’Aurore, au département des estampes et de la photographie ("Images de la presse quotidienne: inventaire et mise en valeur du fonds Le Journal – L’Aurore, 1900-1980").

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Education nationale: ôtez 11000 postes, reste Sarkozy

image Ayant appris par la blogosphère que Nicolas Sarkozy avait adressé un courrier à tous les enseignants, je m'inquiétais ce matin de ne pas le trouver dans ma boîte aux lettres. C'est qu'un président a des moyens plus modernes à sa disposition, et pas de temps à perdre. A 12h20, c'était i-Télé qui jouait le rôle du facteur, en diffusant en direct de Blois l'adresse présidentielle. Lu par un chef de l'Etat souriant, le texte révélait rapidement son auteur, trahi par son goût de l'anaphore. On allait enfin savoir ce qu'Henri Guaino pense de l'éducation nationale... “C'est la première fois qu'un président de la République écrit aux éducateurs”, énonçait – oralement – Nicolas Sarkozy à propos d'une missive que je n'ai pas reçue, et qui n'est pas une lettre mais un discours. i-Télé avait du mal à s'y retrouver, apposant pendant toute la séquence le sur-titre "Discours de N. Sarkozy sur l'éducation", qui venait dissimuler le panneau du pupitre: "Lettre aux Educateurs".

Guaino n'hésite jamais devant une porte ouverte. Dès les premières minutes de la lettre-discours-manifeste, on tombait à pieds joints sur l'antithèse nature-culture, appuyée sur l'opposition jadis-désormais. “L'homme remonte à la plus haute Antiquité” écrivait déjà Vialatte. Moi qui fait la guerre aux étudiants pour qu'ils expulsent de leurs introductions le balancement autrefois-aujourd'hui, qui est à l'argumentation ce que le ravioli est à la cuisine – un fourre-tout où l'on glisse n'importe quoi... Dans cette première partie, rythmée par des jugements frappés au coin du bon sens (“Chaque époque suscite des attentes qui lui sont propres”; “Souvent il faut recommencer pour parvenir au but”; “Il y a chez chaque enfant un potentiel qui ne demande qu'à être exploité”, etc...), l'enseignant a pu avoir l'impression que le chef de l'Etat s'adressait à lui comme aux Africains dans son discours de Dakar. Après Tintin au Congo, voici Nicolas au pensionnat de Chavagnes.

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La réforme des universités en débat sur Dailymotion

C'est l'été. La réforme des universités est un sujet bien trop ennuyeux pour qu'on en débatte sur les plateaux de télévision. Qu'à cela ne tienne: Dailymotion joue son rôle de média parallèle. C'est sur ce canal qu'on peut dès à présent apercevoir les rushes du film en préparation de Thomas Lacoste, "Universités: le grand soir". Une production de L'Autre campagne (à qui l'on doit la série des " Réfutations"), en association avec SLR-Paris.

Le film "Université en danger" constitue le premier volet du long métrage "Université : le grand soir" à paraître fin septembre 2007. Pour soutenir cette initiative, vous pouvez dès à présent pré-acheter le DVD (10 euros) sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque à l'ordre de : L'Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris.

Lire également: "Quelles réformes pour l’enseignement supérieur et la recherche?", Sauvons la Recherche, 26/06/2007.

Giovanni Careri élu directeur d'études à l'EHESS

image Giovanni Careri, directeur du Centre d’histoire et théorie des arts (CEHTA), a été élu le 30 juin 2007 aux fonctions de directeur d'études de l'EHESS. Nos plus vives félicitations à l'heureux impétrant!

Né en 1958 à Rome, Giovanni Careri consacre en 1989 son doctorat d'histoire de l'art au Bernin, sous la direction de Louis Marin. Il est élu maître de conférences à l'EHESS en 1997 et prend la succession de Daniel Arasse à la direction du CEHTA en 2001. Il est également professeur à l’école des Beaux Arts de Lyon. Ses recherches portent sur l’histoire et l’anthropologie de l’affectivité, les affects et les représentations dans l’Europe moderne.

Principales publications:
- Envols d’amour. Le Bernin montage des arts et dévotion baroque, Usher, Paris, 1990; traduction italienne, Voli d’Amore. Architettura, pittura e scultura nel bel composto di Bernini, Laterza, Roma, Bari, 1991; traduction anglaise par Linda Lappin, Bernini, Flights of Love, the Art of Devotion, The University of Chicago Press, 1995.
- Baroques, Citadelles & Mazenod, Paris 2002; Princeton University Press, 2003; Le Lettere, Florence 2003.
- Gestes d’amour et de guerre. L'image-affect. Poésie, peinture, théâtre et danse dans l’Europe du Tasse, Paris, éd. de l’EHESS, 2005.

Soutenance de thèse "Sophie Calle", par Cécile Camart

La thèse de doctorat d'histoire de l'art "Une esthétique de la fabulation et de la situation. Sophie Calle, 1978-2007", présentée par Cécile Camart à l'université de Rennes 2, sera soutenue le mercredi 4 juillet 2007 à partir de 14h30 en salle des thèses (bâtiment de la présidence).

Jury: Jean-Marc Poinsot (directeur de thèse, université Rennes 2), Laurence Bertrand-Dorléac (université de Picardie, rapporteur), Michel Poivert (université de Paris 1, rapporteur), Françoise Coblence (université de Picardie), Elisabeth Lebovici (critique d'art).

Paul-Louis Roubert élu maître de conférences à Paris 8

image Paul-Louis Roubert, docteur en histoire de l'art, chercheur associé au Lhivic, a été classé premier au terme du concours pour le poste de maître de conférences en théorie de la photographie ouvert à l'université Paris 8. Il rejoindra dès la rentrée le fameux département photo, une des pépinières de l'histoire de la photographie, qui a jadis accueilli Clément Chéroux, Vincent Lavoie, Thierry Gervais et où j'ai moi-même enseigné de nombreuses années. Toutes nos félicitations à l'heureux impétrant!

Né en 1967, Paul-Louis Roubert a consacré en 2004 son doctorat à L'Introduction du modèle photographique dans la critique d'art en France, sous la direction d'Eric Darragon. Il en a tiré son premier ouvrage, publié en 2006: L'Image sans qualités. Il est étroitement associé à la Société française de photographie, où il a assuré les fonctions de rédacteur en chef du Bulletin de 1999 à 2004 et d'intendant depuis 2001. Il est également membre fondateur du comité de rédaction de la revue Etudes photographiques depuis 1996. Il conservera le pilotage du projet de base de données intégré des collections de l'association, réalisé en collaboration avec la fondation Hartung-Bergman. Il a enseigné l'histoire de la photographie à Paris 8, Paris 1 et à l'EHESS. Il a été en 2006 le premier lauréat de la bourse de recherche Roederer. Chercheur invité à la Bibliothèque nationale de France, il y prépare actuellement une exposition en collaboration avec Sylvie Aubenas sur le thème des "Nouveaux Primitifs".

Principales publications:

  • L'Image sans qualités. Les beaux-arts et la critique à l'épreuve de la photographie, 1839-1859, Paris, Monum, 2006.
  • "Le daguerréotype en procès", Le Daguerréotype français. Un objet photographique (cat. exp.), Paris, Musée d’Orsay/RMN, 2003, p. 119-131.
  • "1859. Exposer la photographie", Études photographiques, n° 8, novembre 2000, p. 4-21.

Séminaires images à l'EHESS en 2007-2008

On peut consulter dès à présent la liste prévisionnelle des séminaires 2007-2008 de l'EHESS sur le thème "image" à l'adresse: http://enseignements.ehess.fr.... Les indications de lieu et d'horaire devront être vérifiées à la rentrée sur les programmes définitifs.

Séminaire "La photographie familiale à l'époque numérique", par Irène Jonas

image Dans le cadre du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle/La légende des amateurs", le Lhivic a reçu Irène Jonas, sociologue indépendante, le 15 mars 2007, pour une présentation de ses recherches sur la photographie familiale à l'époque numérique. La séance a fait l'objet d'un enregistrement audio, disponible en ligne (durée 2 h):


Téléchargement fichier mp3 (68 Mo).

Résumé. Les usages de la photographie familiale ont beaucoup évolué depuis l'enquête de Bourdieu (Un art moyen, Minuit, 1965). Les images montrent de moins en moins de rôles sociaux, mais beaucoup plus de moments d'intimité. La pratique photographique est centrée sur le personnage de l'enfant. Le numérique entraîne d'abord un changement quantitatif: la production photographique est multipliée environ par cinq. Il y a peu de cas de cohabitation argentique/numérique. Le numérique démystifie la pratique photographique. Malgré un emploi accru de la télévision comme outil de monstration, le tirage papier semble rester la forme idéale des images. La demande porte sur l'internalisation des pratiques (acquisition d'une imprimante couleur). La question du choix et de la sélection des images devient une interrogation aigue. Irène Jonas insiste sur les variétés d'usage en fonction des différences de genre et de génération. La frontière entre homme et femme dans la relation à l'outil photographique est marquée par le rapport à la technique. Pour les enfants, le numérique a changé radicalement la donne. Du côté des personnes âgées, la photographie est souvent l'activité qui les motive à se mettre à l'ordinateur. A de rares exceptions près, les connaissances techniques mobilisées restent des plus sommaires.

Do you speak logiciel de bibliographie? (atelier 3)

image Lorsque je consulte ma version d'EndNote, je constate que le premier copyright du logiciel date de 1988. Si je compte bien, cela fera vingt printemps l'an prochain. Au même moment sortaient les premières versions de Powerpoint ou d'Excel pour Windows. Que s'est-il passé? Certes, EndNote est probablement l'un des plus anciens logiciels de gestion de références bibliographiques – ou logiciel de bibliographie. Mais tout de même. Ce n'est qu'en 2006 que l'EHESS, en partenariat avec l'INIST, a souscrit une licence à son concurrent en ligne Refworks. En 2007, si je regarde autour de moi, aucun de mes étudiants, aucun de mes collègues proches n'utilisent couramment cet outil. Du reste, je n'y recours moi-même que depuis septembre dernier, et encore: seulement en archivage. Je n'ai encore écrit aucun article en me servant des fonctions de génération automatique de liste de références d'EndNote.

Ce retard s'explique malheureusement, dans mon domaine de recherche, d'une façon très simple. Si Refworks ou Zotero viennent à peine d'être francisés, EndNote 10 continue à ne parler que la langue de Shakespeare. Plus grave, à l'exception de Refworks, qui sait communiquer avec les catalogues de la BNF, pas plus les bibliothèques que les portails de revues électroniques francophones ou Hal-SHS ne sont compatibles avec ces instruments.

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