Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Flickr annule la frontière entre photo et vidéo

0c10d345f87e7dd4500348552df0cb8d.jpg Flickr continue de révolutionner les usages des images. La plate-forme de partage de photographies a ouvert aujourd'hui sa nouvelle fonctionnalité d'hébergement vidéo aux comptes pro. Avec une contrainte drastique: une limitation de durée à 90 secondes. Définie après de longs débats au sein du groupe des beta-testeurs, cette limite est issue d'une analyse fine des usages actuels des plates-formes. Aujourd'hui, l'iconographie créative est surtout représentée par l'image fixe, alors que l'image animée est principalement utilisée pour faire circuler des copies de contenus télévisés.

Impossible en une minute et demie de reproduire la dernière chanson des Tokio Hotel. En excluant la fonction d'archive, qui représente aujourd'hui l'usage majoritaire sur YouTube, Flickr règle par la même occasion la délicate question des droits d'auteur. Et fait le pari que cette limite encouragera la production d'un corpus vidéo conforme aux habitudes revendiquées de la plate-forme, qui favorisent une iconographie amateur de qualité. Pourtant, dès ce matin, les premiers exemples de téléchargements réels s'écartent des cartes postales modèles opportunément fournies par les beta-testeurs, et montrent le goût du jeu et du détournement des flickeriens.

Il va falloir patienter un peu pour constater la réponse inventée par les usagers face à cette contrainte peu banale. On peut s'attendre à la voir alimenter un nouveau genre de vidéo créative. Elle favorisera aussi les captations brèves au téléphone portable. Mais la vraie nouveauté réside dans le mélange dans un même espace des iconographies fixe et animée. Présentée dans un format de meilleure qualité que ceux utilisés par YouTube ou Dailymotion, la vidéo sur Flickr ne se distingue en rien des photographies, et va pouvoir être soumise aux mêmes usages et intégrée aux mêmes circulations. Cette rencontre étroite de contenus que les canaux traditionnels ont maintenus jusqu'à présent dans des univers séparés est une véritable révolution, qui traduit enfin l'unité technique sous-jacente des outils. Rendez-vous dans quelques semaines pour en observer les effets.

Nota bene: article initialement publié sur Le Flipbook.

Recherche française: la planète des singes?

Sur la planète des singes, les derniers hommes pleurent la disparition de ce qui fut leur civilisation. Telle pourrait être l'image préfigurant le devenir des chercheurs français en sciences humaines et sociales, qui seront peut-être les derniers d'un monde autrefois florissant.

Ce n'est pas d'hier qu'on annonce la mort des SHS. Aussi bien s'agit-il d'un processus engagé de longue date. Mais les dernières évolutions de la discussion au sein du CNRS pourraient précipiter l'issue fatale. Répondant à la feuille de route imposée par Valérie Pécresse, la présidente de l'institution, Catherine Bréchignac, a confié jeudi 27 mars à l'intersyndicale qu'elle «ne se battrait pas (contre le ministère) pour conserver les SHS au sein du CNRS».

Selon une source syndicale: «La situation semble être la suivante: le gros de la section 31 (les préhistoriens, pour faire bref) rejoindraient (malgré eux!) le nouvel institut du développement durable, tandis que le nouvel institut des SHS regrouperait les instituts français à l'étrangers, l'archéologie (avec une redéfinition du périmètre par rapport à l'INRAP), et les très rares labos SHS qui ont du gros équipement; tout le reste partirait dans les universités. (...) Sachant que la LRU a établi la libre modulation des services par le conseil d'administration, sachant que le rapport Attali a clairement dit qu'il fallait supprimer le statut de chercheur, et sachant enfin que le plan licence créée un volume d'enseignements supplémentaires sans création de postes, il n'est pas difficile de voir ce qu'il adviendra des chercheurs CNRS reversés dans les universités: on leur collera des heures de cours, dans le seul objectif de faire des économies budgétaires (particulièrement visées s'agissant de disciplines fondamentales, non professionnalisantes, donc largement inutiles aux yeux du ministère).»

La conclusion coule de source: «Sachant que les SHS, ce sont au CNRS 3600 personnes, autant dire que nos disciplines ne recruteront plus pour au minimum la décennie à venir, tous les besoins d'enseignement étant largement couverts. Autant dire qu'il ne fait pas bon être doctorant SHS aujourd'hui, et qu'il n'y en aura plus demain, faute de toute perspective de carrière. Or une discipline qui ne se renouvelle pas dans son personnel est une discipline qui meurt.»

Chère Catherine...

Valérie Pécresse a envoyé à la direction du CNRS une lettre de mission précisant les grandes orientations et évolutions attendues de l'organisme. Copie ci-dessous.

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Comment faire un commentaire d'images (Spencer Platt)

Parmi les sujets soumis cette année à mes étudiants de master figurait cette proposition: “Analysez la photographie lauréate du World Press Photo 2007: Spencer Platt, “Young Lebanese Driving Through Devastated Neighborhood of South Beirut“, 2006 (Getty images)”. Les résultats de cet exercice, globalement décevants, suggèrent de revenir sur la mécanique du commentaire d'images.

Ce qui paraîtra le plus logique au débutant, c'est de commencer par décrire la photographie. Qu'est-ce qu'on y voit? Que font ces gens? Etc. Erreur. La description d'une image est déjà un travail qui en oriente la lecture – et dans ce cas précis plus encore, car tout le problème que pose cette photographie tient précisément à son interprétation. La plupart des étudiants se lancent dans la description comme on se jette à l'eau. Sans voir que toute description referme et rétrécit l'image, sélectionne le sens avant même qu'on sache ce qu'il importe de voir. Sans comprendre qu'une image n'est jamais un ensemble objectif de formes au devant duquel il suffit de se porter, mais toujours un dispositif construit par son contexte d'énonciation, déterminé par les voies qu'il a suivi pour arriver jusqu'à nous.

Appliquons-nous la même lecture à une reproduction à l'encre quadrichromie en double page sur papier glacé, qui nous est arrivée dans les mains par l'intermédiaire du libraire, qu'à un tirage aux sels d'argent sur papier mat déchiqueté, sélectionné par nos soins dans la boîte à chaussures de l'archive photographique familiale? En réalité, face à une image, nous nous servons spontanément et sans même nous en apercevoir d'une grille d'interprétation sophistiquée, fruit d'une culture visuelle sauvage acquise depuis l'enfance. Le sens d'une image est d'abord défini par la façon qu'on a de la regarder, qui dépend des intentions prêtées à son auteur ou son diffuseur, généralement déduites de son apparence et du canal emprunté.

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Le déménagement de l'EHESS prévu pour 2009

image Après de longues négociations et de houleuses discussions internes, l'avenir immobilier des prochaines années de l'EHESS a pris une figure plus assurée avec l'assemblée générale du 8 février, qui a entériné le déménagement dans le courant de l'année universitaire 2008-2009 de l'administration et d'une bonne partie des centres de l'Ecole dans un bâtiment loué par la mairie de Paris, situé 11, rue du Pré, à proximité de la porte de la Chapelle (cliquer sur l'image pour d'autres aperçus). La plupart des enseignements resteront localisés au 105, bd Raspail.

Rappel des épisodes précédents: alors que la direction de l'EHESS planchait sur le scénario d'un déménagement de l'Ecole sur le futur site dit "cité des Humanités et des Sciences Sociales" à Aubervilliers à l'horizon 2012, le durcissement des obligations de santé publique a précipité l'obligation de quitter la Maison des sciences de l'homme, localisation historique de l'EHESS depuis 1975 au 54, bd Raspail, pour procéder à son désamiantage. La date butoir pour libérer ces locaux est fixée à la rentrée 2008. Cette échéance étant incompatible avec le scénario "cité des Humanités", une première localisation tampon est alors proposée par le ministère de la recherche, à Aubervilliers, sur la parcelle 521. Cette proposition suscite une forte opposition au sein de l'Ecole, manifestée par plusieurs prises de position dans la presse, qui soulignent l'état d'impréparation du site et ses difficultés d'accès. L'assemblée générale des enseignants du 17 novembre 2007 se prononce à l'unanimité contre ce projet, et donne mandat à la présidente, Danièle Hervieu-Léger, d'explorer d'autres pistes, notamment en liaison avec la mairie de Paris.

Au cours du mois de janvier se concrétise l'hypothèse de reloger les bureaux de l'Ecole sur le site du 11, rue du Pré, actuellement occupé par l'administration postale. Outre des dimensions compatibles avec cet hébergement, celui-ci présente l'avantage d'une desserte par le métro. Il reste toutefois plusieurs problèmes, notamment celui du déménagement des bibliothèques des centres, ainsi qu'une présence d'amiante (sous forme encapsulée, et donc neutralisée). Ces dossiers doivent faire l'objet d'examens complémentaires. Estimant qu'aucune meilleure proposition n'est susceptible de se présenter, l'assemblée des enseignants s'est prononcée le 8 février en faveur de cette option de relogement provisoire. En raison des difficultés matérielles soulevées par un déménagement d'une telle ampleur, il est probable que celui-ci aura lieu dans le courant de l'année universitaire 2008-2009. L'assemblée a également émis le voeu d'un retour au 54, bd Raspail, après l'achèvement du désamiantage, évoquant une "trilocalisation" de l'Ecole à l'horizon 2012 (site Aubervilliers, site Raspail, site Jourdan).

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Le Lhivic crée son groupe sur Facebook

Note chronologique. le Lhivic vient de créer son groupe sur Facebook. Il y a aujourd'hui 10 étudiants inscrits par ailleurs membres de FB – cet état de fait permet de mettre à profit dès maintenant la plate-forme, sans attendre la mise en place de l'ENT (Environnement de travail numérique) de l'EHESS (prévu pour la rentrée 2008). Le groupe devrait pouvoir servir d'outil de signalement rapide pour tout contenu en ligne, particulièrement les vidéos ou les contenus illustrés, pour lesquels l'interface de FB est bien plus conviviale que celle de Del.icio.us. Les outils de discussion pourront également être mis à profit.

(Dans le même temps, je me rends compte du côté paradoxal du processus pour l'installation de l'ENT à l'Ecole. Mis à part les listes de diffusion, nous ne nous servons pas encore, ou à peine, d'outils informatiques collectifs dans le cadre académique. Pour mettre en place l'ENT, il faut élaborer un cahier des charges pour définir les fonctionnalités et leur interaction. Mais il est très difficile d'imaginer a priori le cadre des besoins, ce qui va vraiment être utile, ou ce qui va vraiment être utilisé. Ma pratique des outils du web 2.0 a toujours été celle de l'essai prospectif: on ouvre un compte et on regarde comment on va pouvoir s'en servir. C'est à partir de ces expériences qu'on peut se rendre compte des usages effectifs – qui dépendent souvent de détails minimes dans la présentation d'une interface. Evidemment, mes expérimentations sur Flickr, Del.icio.us ou Facebook sont regardées d'un oeil soupçonneux par l'administration, qui préfère la voie du bon vieux centralisme démocratique. Rendez-vous dans quelques années pour vérifier quelle méthode aura été la plus efficace...)

Quand les séminaires sur la photo font des photos

image Comment en vient-on à faire des photos en séminaire? En études visuelles, de plus en plus d'étudiants sont munis d'appareils compacts ou de photophones, avec lesquels ils n'hésitent plus à mitrailler l'écran en plein exposé. J'abuse moi-même du procédé, car il n'y a pas meilleur carnet de notes en matière visuelle. Cela dit, obtenir des images lisibles avec la faible lumière du vidéoprojecteur tient parfois du casse-tête, c'est pourquoi je recours souvent à un reflex – plus encombrant et surtout plus bruyant – pour de meilleurs résultats. Profitant de mon statut de spécialiste, j'ignore les regards noirs qui me foudroient – il faut parfois savoir se sacrifier pour établir un usage.

Au Lhivic, cela fait maintenant un an ou deux que la présence de caméras est devenue familière. La disponibilité des outils crée de nouvelles opportunités iconographiques. Depuis quelques séances, lors de la session de rattrapage désormais rituelle, à l'atelier de recherche Aux Bons Crus, mon appareil circule de main en main. Au prétexte de tester la machine, les chercheurs se shootent les uns les autres comme des ados de retour du ski. Il est amusant de constater une amélioration progressive de cette production collective improvisée, qui suggère l'émergence d'un genre, encore en gestation: la photo créative de séminaire. Je parie un paquet de carambar que ce nouveau sport ne fait que commencer.

Post-scriptum. Encore une micro-expérience notable. Jeudi dernier, une connaissance de Facebook, qui se décrit elle-même comme "allergique à la fac", est venue assister au séminaire de son propre chef. Si j'ai bien compris, c'est parce qu'elle trouvait les photos de nos activités sur Flickr "sympathiques". Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais c'est probablement la première fois qu'on vient à mes cours sur la base d'un impetus iconographique. Etrange combinaison (blog + Facebook + Flickr), qui semble produire son effet par accumulation d'informations, jusqu'au geste réel. Moralité: continuons les photos!

Walter Benjamin et les petits mickeys

Cours hier à l'INHA sur le célèbre article de Walter Benjamin, "L'Oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique" (1e version, 1935). Après la remise en contexte et les premiers éléments de commentaire, je projette deux extraits de films de Charlie Chaplin et Walt Disney: deux références mobilisées par Benjamin, qui sont au coeur de sa démonstration (parties XVI-XVII).

Cela faisait longtemps que j'avais envie d'associer ces projections à l'explication de "L'Oeuvre d'art..." Je n'avais pas encore eu l'occasion de le faire, notamment parce que, si la vidéographie de Chaplin est aisément accessible, l'édition de Disney ne se présente pas du tout de la même manière. Tombé récemment sur un Mickey Mouse, les années couleur (édition collector), dans un second-hand (ce n'est évidemment pas l'EHESS qui me paye des fournitures aussi douteuses... ), j'avais cette année les outils pour proposer le doublé. Comme d'habitude, je m'y suis pris au dernier moment, et j'ai choisi à peu près au hasard les extraits ("The Immigrant", 1915, et "Mickey's Fire Brigade", 1935), sans même avoir le temps de les caler. C'est donc en direct, avec les étudiants, que j'ai vraiment pu mesurer la pertinence de cette comparaison, dans le contexte des années 1930.

«Les films burlesques américains et les films de Disney provoquent un dynamitage thérapeutique de l'inconscient», écrit Benjamin, en produisant une association qui, aujourd'hui encore, ferait hurler un Finkielkraut. Il fallait mettre côte à côte ces deux extraits pour apercevoir l'étonnante proximité stylistique de ces petits films, animés tous deux par une sorte de violence primitive et joyeuse.

Je suis bien content d'avoir pu réaliser cette micro-expérience, qui confirme et éclaire la lecture de Benjamin: «L'aspect distrayant du film a lui aussi en premier lieu un caractère tactile, en raison des changements de lieux et de plan qui assaillent le spectateur par à-coups. Le cinéma a ainsi délivré l'effet de choc physique de la gangue morale où le dadaisme l'avait en quelque sorte enfermé. Dans ses oeuvres progressistes, notamment chez Chaplin, ces deux effets de choc se confondent à un niveau inédit.»

Références

  • Walter Benjamin, "L'Oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique" (1e version, 1935), trad. de l'allemand par Maurice de Gandillac, revue par Rainer Rochlitz et Pierre Rusch, Gallimard, coll. Folio, 2000, p. 67-113.
  • Guy Cogeval, Bruno Girveau, Pierre Lambert, Dominique Païni (dir.), Il était une fois Walt Disney. Aux sources de l'art des studios Disney (cat. exp.), RMN, 2006.

Y aura-t-il de l'histoire de l'art à l'école?

Le 14 décembre dernier, Eric Gross rendait le rapport qui lui avait été commandé par les ministres de l'Education nationale et de la Culture. Nous avions signalé à l'époque la curieuse formulation de la lettre de mission qui laissait mal augurer du résultat. Les conclusions du rapport Gross sont effectivement ambiguës et décevantes. D'abord parce que l'on y parle sans arrêt d'enseignement artistique et culturel, une dénomination beaucoup trop vague. Ensuite parce que s'il suggère de rendre obligatoire l'histoire des arts à l'école, c'est aussitôt pour indiquer que la création d'un horaire effectif dans cette matière n'est pas envisageable, et pour proposer qu'elle soit systématiquement prise en compte par les professeurs des autres disciplines.

Par Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 02/01/2008.
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Séminaire "Frontières et territoires de l’histoire du cinéma"

Après une année de travaux préparatoires au colloque "L’auteur de cinéma: histoire et archéologie d’une notion", le séminaire "Histoire culturelle du cinéma" revient à des questions épistémologiques et méthodologiques pour tenter de cartographier une discipline – l’histoire du cinéma – avec les outils de l’historien. Il ne s’agit pas de tracer des frontières pour défendre un pré carré, mais au contraire de perméabiliser l’histoire du cinéma en la faisant dialoguer avec les disciplines voisines (cette année: l’histoire de l’art, l’histoire du théâtre, l’histoire de la photographie), et d’envisager son territoire comme celui d’une appropriation du cinéma comme objet historique.

  • 16 janvier 2008: Christophe Gauthier, Dimitri Vezyroglou, séance introductive.
  • 13 février 2008: François Albera (Lausanne) et Philippe Dagen (Paris I), Frontières I - Histoire du cinéma et histoire de l’art.
  • 12 mars 2008: Antoine de Baecque (Editions Complexe), Territoire I - Les formes cinématographiques de l’histoire.
  • 26 mars 2008: Pascale Goetschel (Paris I, sous réserve) et Chantal Meyer-Plantureux (Caen), Frontières II - Histoire du cinéma et histoire du théâtre.
  • 16 avril 2008: Sylvie Lindeperg (Paris III), Territoire II - Le film dans l’histoire.
  • 14 mai 2008: André Gunthert (EHESS) et Olivier Lugon (Lausanne), Frontières III - Histoire du cinéma et histoire de la photographie.
  • 4 juin 2008: Christian Delage (Paris VIII, EHESS), Territoire III - L’image comme preuve.

Séminaire animé par Christophe Gauthier et Dimitri Vezyroglou, salle Walter Benjamin, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, 18h-20h.

Comment illustrer son cours d'extraits de films

image Fiche pratique. En discutant avec des collègues ou des étudiants, je m'aperçois que l'idée de recourir à des extraits de films pour illustrer un cours ne va pas encore de soi. Au mieux, on utilise l'ordinateur portable pour lire des DVD, qu'on a pris soin de caler, par le biais d'une lecture préalable, au moment voulu. Il est pourtant possible, avec un minimum de moyens, d'isoler et de présenter proprement une série de séquences animées.

Disclaimer #1: on se bornera ici à l'environnement Mac (une description équivalente dans un environnement PC/Linux est la bienvenue en commentaire).
Disclaimer #2: je renonce à évoquer l'aspect juridique du problème. A vrai dire, personne n'y comprend plus rien. Et tout le monde se débrouille en faisant fi des dispositions inapplicables du ministère. A minima, s'agissant d'extraits, on s'appuiera tout simplement sur le droit de citation.

Il n'est évidemment pas question d'envisager ici des instruments de copie ou de montage complexes. Un prof ou un étudiant n'aura recours à l'extrait filmé que si ces moyens sont simples et utilisables avec des outils courants. Mon expérience m'a fait renoncer à la copie de DVD, qui suppose un crackage préalable – c'est interdit – et surtout une longue procédure de recopie intégrale, avant de pouvoir accéder au contenu et de le tronçonner en extraits. Encore envisageable lorsqu'il s'agit d'analyser une oeuvre et une seule, cette méthode devient très peu pratique dès qu'on veut comparer plusieurs films. Il existe un moyen beaucoup plus efficace: un petit logiciel de copie d'écran, très simple à utiliser: SnapzProX, d'Ambrosia Software. Cet outil est payant: 29 $ dans sa version de base, téléchargeable en ligne, utilisable 15 jours en démonstration. Je l'utilise depuis des années, il est fiable et fonctionne parfaitement dans tous les environnements OSX, PPC ou Intel, Tiger et Leopard.

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Compte rendu de la première assemblée générale des collectifs SLU et SLR

L’assemblée générale qui s’est tenue à Paris (Jussieu), jeudi 29 novembre, organisée par les collectifs "Sauvons l'Université!" (SLU) et "Sauvons la Recherche" (SLR), a réuni 350 personnes. Une trentaine de sites universitaires étaient représentés par des collègues participant à titre individuel ou mandatés par leur université: sciences dures et sciences humaines, universités de province et de Paris, grandes écoles, CNRS. Des ATOSS étaient également présents.

Les enseignants présents ont d’abord apporté leur soutien aux revendications des étudiants, condamné les épisodes récents de répression policière et analysé les mesures annoncées par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, estimant que celles-ci n’apportaient rien de neuf.

La loi LRU a été analysée par les présents qui en ont signalé tous les dangers: reculs de la démocratie à l’université, pouvoirs exorbitants du président et d’un CA non représentatif, risques d’arbitraire dans les modalités de recrutement des enseignants-chercheurs, etc.

Une analyse détaillée des 1,8 milliards affectés à l’enseignement supérieur et à la recherche a fait apparaître également la supercherie consistant à annoncer des augmentations substantielles de budget: une fois défalqués les dégrèvements fiscaux du crédit impôt recherche, les dépenses liées à la consolidation de la situation des personnels, le paiement des arriérés de l’Etat et l’inflation il ne reste que 105 millions d'euros (démonstration sur le site de SLR). Il a été également rappelé que pour la première fois depuis plusieurs décennies aucune création de poste n’interviendra cette année.

Une discussion s’est engagée sur les modalités d’action, et notamment sur les moyens de se faire entendre par des médias plutôt sourds: lettres ouvertes à la presse, conférences de presse, et l’arme classique de la démonstration de force, en allant très nombreux manifester. Une motion réclamant l’abrogation de la loi (un débat suivi d’un vote a eu lieu sur: abrogation ou suspension) tout en admettant la nécessité de la réforme, mais d'une autre réforme, a été votée (voir ci-dessous).

Une journée d’action aura lieu le 6 décembre avec appel à informer, à manifester et éventuellement à faire grève.

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Appel pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche

“L’enseignement et la connaissance sont importants parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles, a fait de nous des humains, et non parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale”, ainsi s’exprimait récemment D. Faust, présidente de l’université de Harvard. Comme l’université française a assumé depuis vingt ans un quasi-doublement des effectifs étudiants sans moyens suffisants pour accompagner cette évolution, elle se trouve aujourd’hui en grande difficulté pour remplir les missions de production et de transmission des connaissances qu’implique une telle vision. Pour améliorer cette situation, de nombreuses propositions ont été formulées par la communauté scientifique. Mais le gouvernement les a ignorées et a tiré argument des difficultés réelles de l’université pour transformer complètement, brutalement et sans réelle concertation, l’ensemble du dispositif national de recherche et d’enseignement supérieur, afin que celui-ci puisse être géré comme une entreprise, afin qu’un objectif majeur de l’enseignement supérieur soit la professionalisation immédiate, et que la recherche soit avant tout finalisée et à court terme.

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Appel de l'université de Paris 8 Vincennes-St Denis

Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs et membres du personnel de l’université affirmons notre opposition catégorique à la loi dite LRU, notre soutien plein et entier à la mobilisation étudiante et notre participation à ce mouvement. Sous couvert "d’autonomie" (de gestion, mais ni intellectuelle ou scientifique) et afin notamment de favoriser la constitution de "pôles d’excellence" susceptibles d’améliorer la place des universités françaises dans le dérisoire palmarès de Shanghai (ou dans la course pour attirer les meilleurs "cerveaux"), cette réforme, d’inspiration manageriale, vise à amplifier la concurrence entre établissements du service public d’éducation et de recherche, laquelle risque à terme de transformer la majorité d’entre eux en "collèges" universitaires limités au niveau de la Licence, ainsi qu’à déléguer à ces établissements le soin de gérer le désengagement croissant de l’Etat concernant leur financement.

Attac France, 17/11/2007.
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Je hais les journalistes

image Que peuvent les blogs? Depuis la dernière campagne présidentielle, nous le savons: pas grand chose. Presque rien. Peut-être juste ceci: sauver l'honneur. Hier, en avance à un rendez-vous, je suis passé par hasard devant mon ancienne fac, Paris III-Censier, au moment où débutait l'assemblée générale de reconduction du blocage. Et ce que j'y ai vu différait du tout au tout de l'image produite par les "reportages" télévisés.

Dans les JT, une AG, c'est un affrontement violent de deux groupes fanatisés, les boqueurs et les anti-bloqueurs, qui s'insultent en attendant les CRS. Dans le monde réel, c'est un rassemblement calme et serein où l'on discute sérieusement de problèmes complexes. Où les universitaires, qui ne sont pas brusquement décérébrés, continuent à faire avec intelligence leur travail d'analyse. Dans le respect du dialogue et des opinions diverses. En assistant à une AG, on apprend plein de choses. D'abord, on voit que l'amphi est comble. La thèse de la manipulation par des groupuscules ultra-gauchistes apparaît pour ce qu'elle est: une pauvre farce. Et puis, si l'on écoute ce qui s'exprime, on comprend pourquoi ils sont tous là. Oui, cette loi pose des problèmes graves et nombreux, à tous les étages. Réduire ça à une discussion sur les droits d'inscription ou à un prurit anti-sarkozyste revient juste à écrire noir sur blanc: je suis un sinistre con, j'en suis fier et je signe. C'est pourtant si facile. Il suffit de venir voir. A entendre la teneur des discussions, le poids des arguments, on comprend immédiatement que ce mouvement ne fait que commencer.

Je suis sorti de là apaisé, de voir les étudiants si maîtres d'eux, d'observer la réalité du dialogue entre eux et la présidence, les professeurs ou les personnels administratifs, qui ne sont pas oubliés. Et aussi furieux, de constater de mes yeux le degré de caricature atteint par ce qui ne mérite plus depuis longtemps le nom de journalisme. S'en souviendra-t-on lorsque ces tristes sires nous trompèteront leur prochaine leçon de déontologie sur les blogs ou Wikipédia? Lorsqu'ils viendront pleurer pour qu'on sauve leurs journaux de la faillite? Cela fait déjà longtemps qu'il n'y a plus rien qui mérite d'être sauvé.

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