Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

"Pratiques des images dans la société de l'information", 4e Ecole doctorale d'été

L’EHESS et TELECOM et Management SudParis (ex-INT) organisent en partenariat leur quatrième Ecole doctorale d’été à Porquerolles (Var), du 7 au 11 septembre 2009, sur le thème "Pratiques des images dans la société de l'information et de la connaissance". Destinée pour parts égales aux doctorants inscrits dans l'un des deux établissements, cette session de réflexion et de formation spécialisée peut accueillir éventuellement de jeunes chercheurs et des étudiants en master (si leur profil le justifie) dans la limite des places disponibles.

L'EHESS, à travers sa collaboration avec Telecom et Management SudParis, a voulu proposer chaque année, depuis 2006, à tous ses doctorants une école d'été sur "La société de l’information et de la connaissance". Cette école d'été est ouverte à dix étudiants de l'EHESS sélectionnés par un jury composé d'enseignants de l'EHESS et présidé par le responsable de la Direction de l'Informatique. Toutes les candidatures sont les bienvenues émanant des doctorants de l'Ecole sans discrimination.

Le dossier doit comporter un curriculum vitæ, une lettre de motivation, un résumé du sujet de recherche et une lettre de recommandation du directeur de recherches ou du tuteur du candidat. Il doit être adressé avant le lundi 22 juin 2009 à Francis Zimmermann.

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Le numérique au service de la recherche et de l’enseignement à l’EHESS

Une journée d’information proposée par le Cléo/Revues.org et la Direction informatique de l’EHESS, le mardi 26 mai 2009.

À la rentrée 2009, l'EHESS proposera un Environnement numérique de travail (ENT) permettant à l’ensemble des personnels et étudiants de disposer d’outils performants pour mieux communiquer, s’informer, se documenter et travailler en collaboration. De son côté, le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo) s’est engagé depuis plusieurs mois dans une diversification éditoriale le conduisant à proposer une plateforme d’édition électronique complète constituée d’espace de publication de collections de livres et de carnets de recherche, autant que de revues et d’annonces d’événements scientifiques.

La DISC et le Cléo s’associent pour présenter cette double actualité concernant des services et outils très complémentaires. La journée se déroulera en deux parties. La matinée articulera une présentation de ces outils à une réflexion sur l’instrumentation numérique du travail de recherche en sciences humaines et sociales. Elle se déroulera dans l’amphithéâtre. L’entrée est libre, mais l’inscription obligatoire. L’après-midi, des ateliers seront organisés en salle informatique pour ceux qui le souhaitent, où des démonstrations et exercices de manipulation seront organisés, aussi bien sur les outils proposés par la DISC au sein de l’ENT, que ceux proposés par le Cléo, en particulier sur sa nouvelle plateforme de carnets de recherche (Hypothèses). L’inscription aux ateliers est obligatoire et limitée à 18 places.

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Grand Débat: "La médiatisation du mouvement universitaire"

CNU 22 janvier 2009 Dans le cadre des Grands Débats de l'EHESS.

Jeudi 14 mai, 14h-18h, auditorium de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), galerie Colbert, 2 rue Vivienne/6, rue des Petits Champs, 75002 Paris (métro: Bourse).

Débat animé par Pascale Dubus (université Paris 1) et André Gunthert (EHESS). Avec la participation de Luc Cédelle (Le Monde), Ixchel Delaporte (L'Humanité), Olivier Ertzscheid (Universités en lutte), Sylvestre Huet (Libération), Cyril Lemieux (EHESS), Jade Lindgaard (Médiapart), Sophie Pène (université Paris 5), Valérie Robert (université Paris 3/SLU).

Depuis janvier 2009, l'université française est secouée par la plus grave crise qu’elle ait traversée depuis des décennies. Peut-on estimer que le grand public a été correctement informé de l'ampleur et des motifs du conflit? Une grande partie des médias a été critiquée pour son traitement superficiel de l'événement, au point de susciter des comportements inédits, comme un mouvement de boycott à l'encontre du journal Le Monde. Le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, a de son côté connu une audience très supérieure au quotidien qui l'héberge. Comment analyser la réserve de la presse? Peut-on y remédier? Il convient également de tirer le bilan de l'usage des médias alternatifs. A l'ère des blogs et des réseaux sociaux, le mouvement universitaire fournit un cas concret pour observer les pratiques effectives et mesurer le pouvoir d'influence des outils en ligne. Un débat entre acteurs du mouvement, journalistes et spécialistes du web 2.0 pour tirer les leçons de la crise (entrée libre).

MàJ: album.

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Un nuage dans mon Powerpoint, svp!

image Les historiens d'art de ma génération ont accueilli avec soulagement les logiciels de présentation visuelle type Powerpoint. La lecture malaisée des diapositives, les inévitables interversions ou inversions, les longues séances de reclassement, les images perdues ou abîmées, l'encliquetage du carrousel, les hoquets et cafouillages divers des projecteurs ont laissé à chacun son lot de disgrâces en direct, dont on n'aime pas réveiller le souvenir. Face à ces défauts, la facilité de sélection des images, la sureté de la projection, la possibilité de légendage ou de comparaison d'images, l'encombrement restreint offerts par les nouveaux outils ont constitué autant d'avancées bienvenues. Encore fallait-il s'assurer de la disponibilité d'un vidéoprojecteur, et que celui-ci soit d'une définition suffisante et correctement réglé - facteurs qui étaient loin d'aller de soi il y a encore trois ans dans les universités et autres lieux de culture français. Aujourd'hui, ne pas disposer de cet équipement est devenu exceptionnel.

Pourtant, un Powerpoint n'est pas forcément le meilleur support pour l'enseignement. Initialement pensé pour les présentations brèves dans un cadre entrepreneurial, le logiciel impose une linéarité intangible, bien adaptée à un discours soigneusement rôdé qu'on n'interrompt pas avant la fin. Mais il manque vite de souplesse devant des étudiants un tant soit peu réactifs, et devient d'autant moins pratique qu'on aime à susciter le dialogue. Un cours est heureusement un espace plastique, plus ouvert à l'interaction qu'une démonstration de produit. En séminaire, combien de fois revient-on en arrière ou se déplace-t-on vers l'avant pour retrouver l'image appropriée? Quand on ne sort pas carrément du diaporama, pour aller chercher sur son disque dur ou sur internet la ressource manquante. Combien de fois aurait-on aimé pouvoir raccourcir ou au contraire allonger tel développement, en ajustant en temps réel le nombre d'images? Dans chacun de ces cas, on rêve à une interface plus malléable, dont la manipulation de l'iPhone donne à peu près l'idée. Représenter sous forme de nuages les groupes d'images d'une photothèque ne devrait pas être d'une insurmontable difficulté. Un tel outil, où l'on pourrait choisir du doigt le visuel adapté, serait l'instrument idéal du conférencier du XXIe siècle. Qui mettra un nuage dans mon Powerpoint?

La culture visuelle s'invite à Neuchâtel

14 heures d'enseignement répartis sur deux jours représentent sans nul doute une épreuve pour les étudiants. Pour le professeur, l'exercice revient à emprunter le rythme du marathon tout en essayant de maintenir pour chaque séquence la qualité du sprint. Une performance physique dont je suis sorti épuisé, mais ravi. Invité par Luc Debraine, journaliste au Temps, à inaugurer le premier cours de culture visuelle proposé par le nouveau master en journalisme et gestion des médias de l'université de Neuchâtel, j'étais partie prenante du programme original concocté par Vincent Kaufmann, qui compte parmi ses intervenants invités Catherine Bertho-Lavenir, Edwy Plenel ou Francis Pisani.

Elaboré a priori, mon plan de bataille a subi quelques modifications en cours de route. La confrontation avec un public neuf, éveillé et réactif, mais doté de points de repères différents de ceux auxquels je suis accoutumé au sein de mon labo, imposait une souplesse et la capacité d'adapter l'offre en temps réel. Au moment où une certaine technocratie nous chante les louanges de l'e-learning, entendue comme la réponse idéale à la pénurie organisée des formateurs, cette expérience m'a rappelé à quel point le rapport concret avec une classe est la condition essentielle de ce dialogue subtil, où l'on mesure par quelques signes discrets – un oeil qui s'allume, un rire, un bâillement, un soupir... –, la réaction de son auditoire à l'enseignement proposé.

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Le Monde passe aux aveux

image Un magnifique cas d'école. Le 1er avril dernier, le sociologue Jérôme Valluy, militant de la première heure du mouvement des enseignants-chercheurs, diffusait sur la liste de discussion de la coordination universitaire un appel à boycotter le journal Le Monde, sous la forme ironique d'une "Charte de bonne conduite" (voir ici-même: "Adieu, Monde cruel"). On a pu lire, notamment sur le blog de Luc Cédelle, l'expression de la stupeur incrédule qui a saisi le boulevard Blanqui devant cette atteinte aux droits imprescriptibles du journalisme "de référence". Non, était-il opposé en substance, Le Monde n'avait rien à se reprocher, sa couverture de la crise était juste et équilibrée. On préférait botter en touche, déplorant le mauvais goût de cette persécution antimédiatique, pure manifestation du terrorisme intellectuel ultragauchiste.

Trois semaines après la diffusion de la "Charte", c'est Jérôme Valluy qui a gagné. Le 22 avril, le quotidien a publié un dossier approfondi de 8 pages, qui répond sans rire aux questions essentielles: "Qui sont les acteurs de la crise?", ou encore: "Quels sont les points du litige?" ...pas moins de trois mois après le début du conflit. Ce record de promptitude journalistique a suscité l'hilarité de quelques confrères peu charitables ("Incroyable: Le Monde découvre l'existence d'un conflit dans les facs"). Mais cet exercice de rattrapage tardif est aussi un aveu qui donne rétrospectivement raison à ceux qui critiquaient la couverture du quotidien. Car la restitution des raisons du conflit est cette fois bien plus en faveur des enseignants-chercheurs, qui ne sont plus présentés comme un troupeau borné hostile à la magie réformatrice, mais comme des professionnels en butte à l'incohérence des pouvoirs publics. Il reste bien sûr des erreurs factuelles, qui témoignent du peu de familiarité des journalistes avec le mouvement («Derrière la mobilisation, deux moteurs: le Snesup, syndicat majoritaire chez les universitaires, et les différentes coordinations nationales» affirme par exemple un "chapô". Alors que c'est bien la coordination nationale des universités, secondée par les associations SLU, SLR et QSF, qui a lancé et organisé la mobilisation. Mentionner le Snesup, autrefois proche du parti communiste, en première place des "moteurs" trahit le réflexe du Monde de gauchiser le mouvement).

On ne saura probablement jamais combien de désabonnements ont conduit le quotidien à cette spectaculaire volte-face. Y apercevra-t-on la preuve de l'indépendance tant vantée du journalisme? Ou plutôt celle de l'efficacité de la pression du lobbying, seul levier susceptible de peser désormais sur l'industrie médiatique? Telle a bien été la perception immédiate de la "Charte" par la direction du quotidien. Puisse cette interprétation du poisson d'avril de Valluy ramener au bercail les lecteurs égarés.

  • Réf.: Dossier "Universités", Le Monde daté du 23 avril 2009, p. I-VIII.

L'autonomie veut dire la mise au pas des universitaires

Dans votre dernier livre, "Conditions de l'éducation", vous mettiez l'accent sur la crise de la connaissance. Le mouvement actuel dans l'enseignement supérieur n'en est-il pas une illustration?

L'économie a, d'une certaine manière, dévoré la connaissance. Elle lui a imposé un modèle qui en fait une machine à produire des résultats dans l'indifférence à la compréhension et à l'intelligibilité des phénomènes. Or, même si c'est une de ses fonctions, la connaissance ne peut pas servir uniquement à créer de la richesse. Nous avons besoin d'elle pour nous aider à comprendre notre monde. Si l'université n'est plus du tout en position de proposer un savoir de cet ordre, elle aura échoué. Or, les savoirs de ce type ne se laissent ni commander par des comités de pilotage, ni évaluer par des méthodes quantitatives.

N'est-ce pas pour cela que la question de l'évaluation des savoirs occupe une place centrale dans la crise?

Alors que les questions posées par les modalités de l'évaluation sont très complexes, puisqu'elles sont inséparables d'une certaine idée de la connaissance, elles ont été réglées de manière expéditive par l'utilisation d'un modèle émanant des sciences dures. Ces grilles d'évaluation sont contestées jusque dans le milieu des sciences dures pour leur caractère très étroit et leurs effets pervers. Mais, hormis ce fait, ce choix soulève une question d'épistémologie fondamentale : toutes les disciplines de l'université entrent-elles dans ce modèle? Il y a des raisons d'en douter.

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Valérie Pécresse, ministre de la liquidation de l'université?

image Petit problème de logique. Affirmer: 1) qu'on a tenu compte des "inquiétudes" des universitaires et réécrit le décret statutaire; 2) que la "grogne" est calmée; 3) que les quelques "perturbations" restantes sont le fait d'une petite minorité manipulée par l'ultra-gauche. Ce qu'ont répété Pécresse et Darcos tout le mois de mars. Comment passer de cette description apaisante à l'idée que «l'année universitaire sera menacée» si les cours ne reprennent pas après les vacances de Pâques, ainsi que le signifie la ministre depuis début avril? Car de deux choses l'une, ou bien la contestation se limite à quelques UFR fanatisées, auquel cas on ne voit pas bien comment cette impéritie locale serait susceptible de mettre en danger tout le système universitaire – ou bien la menace est réelle, auquel cas il faut se résoudre à penser que la mobilisation contre les projets gouvernementaux est large et vivace.

Cette dramatisation du conflit dans la bouche de Pécresse, immédiatement relayée par les médias soudain angoissés par la dégradation de "l'image des universités", est en réalité la première marque de reconnaissance de l'ampleur du mouvement par le ministère. Après la période des négociations en trompe-l'oeil et les annonces victorieuses de "sortie de crise" (dont la relecture un ou deux mois plus tard n'est pas sans effets comiques involontaires) est venu le temps des exhortations et des menaces. Sans reprise des cours et passage des examens, vous nuisez à la crédibilité de l'université et prenez le risque d'une fuite des étudiants dès la rentrée prochaine, dit en substance la ministre.

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Tourner avec la Ronde des obstinés

Je participerai demain soir à la Ronde infinie des obstinés, qui tourne depuis 14 jours sans interruption sur le parvis de l'Hôtel de Ville, en signe de protestation contre les réformes de l'enseignement supérieur. Rendez-vous à tous ceux qui souhaitent discuter recherche, politique et histoire visuelle (20h-24h, album).

Réf. http://rondeinfinie.canalblog.com

Lettre aux membres du comité de visite de l'AERES

image A Mesdames et Messieurs les évaluateurs de l’AERES, membres du comité en charge de l’évaluation de l’EHESS

Mesdames, Messieurs, chers Collègues,

Une visite d’évaluation de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales est prévue les 27-30 avril 2009. Nous souhaitons vous faire savoir par cette lettre que nous ne considérons pas cette procédure comme légitime, que nous ne croyons pas en son utilité, et que nous pensons que les règles explicites ou implicites de sa réalisation entrent en contradiction avec l’éthique scientifique qui préside à nos travaux. La spécificité de notre Ecole ne peut en outre qu’être dissoute par des critères standardisés qui privilégient en réalité les démarches les plus conformistes.

Beaucoup d’entre nous ont déjà assisté, dans leurs centres, à des visites de comités d’experts de l’AERES. Dans la très grande majorité des cas, l’impression dominante a été celle d’une grande pauvreté des échanges intellectuels. À leur place a été développé un discours platement managérial, informé et structuré par une grille pré-établie supposée s’adapter à toutes les situations, toutes les institutions et toutes les recherches.

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Qu'est-ce qui buzze chez les enseignants-chercheurs?

image Dix jours après sa mise en ligne, l'intérêt suscité par la vidéo "Du processus de Bologne à la L.R.U, une catastrophe annoncée" ne se dément pas. Avec plus de 12.000 vues, elle talonne le clip "Nanterre en tables", lui aussi mis en ligne le 26 mars, en tête des vidéos issues du mouvement des enseignants-chercheurs avec 14.000 vues. Apparemment modestes, si on les compare aux audiences des hits de Youtube ou Dailymotion, ces scores sont à rapporter à la pratique encore embryonnaire des outils du web 2.0 par la communauté universitaire française. Si l'on considère qu'il s'applique, non à un clip musical de quelques minutes, mais à une très sérieuse conférence de plus d'une heure, ce chiffre est tout à fait remarquable.

Filmée le 23 mars, la passionnante communication de Geneviève Azam à l'université de Toulouse-Le Mirail pose de la façon la plus claire l'antagonisme entre la rationalité néolibérale et l'héritage émancipateur issu des Lumières. Cet antagonisme est bien la clé pour comprendre la vigueur et la durée du mouvement universitaire, fondé, non sur une grogne passagère ou sur de simples revendications corporatistes, mais sur une perception rationnelle des limites de l'application du dogme du marché aux domaines du service public, de l'éducation ou de la recherche. Ce sont les échecs du modèle concurrentiel, mais aussi la fuite en avant forcenée de ses partisans, incapables de produire une analyse ou une critique de ses dysfonctionnements, qui permettent de décrire cette position comme une croyance ou, comme l'explique Geneviève Azam, «un nouvel obscurantisme».

L'économiste dévoile l'ampleur du projet mis en place avec les processus de Bologne et de Lisbonne, qui font de l'éducation un «investissement stratégique». Théorisée par un puissant lobby patronal dès 1991, la "formation tout au long de la vie", préconisée par de nombreux partis politiques, n'a rien d'un programme philanthropique, mais est au contraire définie comme le socle d'une nouvelle industrie, conditionnée par la libéralisation des services que promeut l'Union européenne.

Danièle Hervieu-Léger démissionne du comité de la recherche et de l'innovation

image Nommée en octobre 2008 présidente du "Comité de pilotage pour une stratégie nationale de la recherche et de l'innovation", Danièle Hervieu-Léger avait dû subir en direct la désastreuse intervention de Nicolas Sarkozy du 22 janvier. Celle qui était alors présidente de l'EHESS avait qualifié ce discours de «brutal et chargé de mépris». Pourtant, malgré l'interrogation de nombreux collègues, elle avait choisi de ne pas quitter le comité de pilotage, ne souhaitant pas mettre Valérie Pécresse en difficulté.

Avec la fin de son mandat à la direction de l'Ecole et l'élection de son successeur, François Weil, le 7 mars dernier, Danièle Hervieu-Léger a retrouvé sa liberté de chercheuse. Prenant acte de l'échec de la mission du comité, dont les travaux sont interrompus, elle a présenté sa démission de ses fonctions à la tête de cette instance. Un geste qui met fin à la fiction d'une définition d'une "stratégie nationale de la recherche et de l'innovation" par un gouvernement visiblement incapable d'en apprécier les enjeux.

Pourquoi nous occupons l'AERES

image Communiqué du collectif occupant l'AERES, ce matin 18 mars.

«Les établissements doivent s’engager à mettre en place des procédures pour améliorer la qualité de leurs formations, de leurs diplômes et de leur recherche. C’est une culture du management de la qualité qu’il convient d’instaurer. La stratégie, la politique et les procédures visant à l’amélioration continue de la qualité doivent avoir un statut officiel au sein des établissements et des organismes. Plus autonome, chaque université doit prendre en main sa politique et les moyens de sa mise en œuvre, et, d’une logique de moyens, elle doit passer à une logique de résultats. Chacune doit pouvoir mesurer sa performance, assurer et manager la qualité de sa recherche et de son offre de formation et les situer au plan international.» Editorial de Jean-François Dhainaut, président de l’AERES.

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Le poker menteur de Valérie Pécresse

image Les enseignants-chercheurs avaient-ils des craintes sur les dérives du présidentialisme promu par les lois et projets du gouvernement? Comme pour mieux les en convaincre, Valérie Pécresse a choisi d'incarner jusqu'à la caricature tous les défauts possibles de la gouvernance qui attend les établissements post-LRU. Absence d'écoute et de dialogue, pilotage autoritaire, double langage, manipulations médiatiques: tels sont quelques-uns des traits saillants qu'a fait apparaître la gestion ministérielle de la crise.

Le décret sur le nouveau statut des enseignants-chercheurs a été rédigé sans la moindre concertation. Il comprend pourtant plusieurs décisions explosives. Dans un contexte de gel des postes statutaires et d'inflation des tâches administratives, exigées par la logique de fonctionnement sur projet, la perspective de modulation d'une charge d'enseignement déjà trop lourde ne pouvait que mettre le feu au poudres.

Dès le 22 janvier 2009, la réunion d'une Coordination nationale des universités, suivie par une manifestation d'une ampleur sans précédent le 10 février, qui fait descendre dans la rue plusieurs dizaines de milliers d'enseignants, chercheurs, personnels et étudiants, formaient autant de symptômes d'une protestation historique. Loin de rechercher le dialogue, Valérie Pécresse opte dès ce moment pour une gestion strictement politicienne de la crise, en accumulant des opérations de diversion et de communication qui s'adressent, non à la communauté universitaire, mais prioritairement à l'opinion publique.

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Daniel Cohn-Bendit, Bruno Latour et les mystères de la science

image L'affiche paraissait alléchante: 40 ans après, à l'occasion de la mobilisation universitaire, l'ancien leader étudiant retrouvait le chemin des amphis. C'était Daniel Cohn-Bendit lui-même qui avait souhaité manifester son soutien au mouvement des enseignants-chercheurs, dans le cadre de sa campagne pour les européennes. Pour ne pas risquer de voir le symbole cannibaliser le message, il avait préféré l'EHESS à la Sorbonne.

Pourtant, alors que la veille, une visite de Dany le rouge au squatt du collectif Jeudi Noir avait mobilisé une cohorte de journalistes, sa présence dans les anciens bâtiments de la faculté des sciences n'a pas suscité le moindre intérêt de la presse – dûment alertée par son équipe. Aucun photographe pour immortaliser le retour de l'enfant prodigue, pas la moindre télé pour capter les déclarations du député vert.

Sur place, l'intervention de l'ancien étudiant en sociologie paraissait pour le moins en décalage avec le sentiment d'urgence manifesté par les autres orateurs à la tribune. La sympathie abstraite que ressentait Cohn-Bendit pour le mouvement universitaire se dissolvait dans un brouillard de considérations très éloignées du terrain.

C'est en écoutant le député européen que je me suis mis à soupçonner qu'il fallait réviser la thèse classique de Bruno Latour, selon laquelle la science est une activité comme une autre. Dans un article récent du "Monde", le sociologue ravive sa critique d'une supposée «autonomie de la science», qui se confond selon lui «avec la tour d'ivoire, avec le corporatisme, avec le mandarinat de droit divin, voire avec la simple paresse.»

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