Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Comment illustrer son cours d'extraits de films

image Fiche pratique. En discutant avec des collègues ou des étudiants, je m'aperçois que l'idée de recourir à des extraits de films pour illustrer un cours ne va pas encore de soi. Au mieux, on utilise l'ordinateur portable pour lire des DVD, qu'on a pris soin de caler, par le biais d'une lecture préalable, au moment voulu. Il est pourtant possible, avec un minimum de moyens, d'isoler et de présenter proprement une série de séquences animées.

Disclaimer #1: on se bornera ici à l'environnement Mac (une description équivalente dans un environnement PC/Linux est la bienvenue en commentaire).
Disclaimer #2: je renonce à évoquer l'aspect juridique du problème. A vrai dire, personne n'y comprend plus rien. Et tout le monde se débrouille en faisant fi des dispositions inapplicables du ministère. A minima, s'agissant d'extraits, on s'appuiera tout simplement sur le droit de citation.

Il n'est évidemment pas question d'envisager ici des instruments de copie ou de montage complexes. Un prof ou un étudiant n'aura recours à l'extrait filmé que si ces moyens sont simples et utilisables avec des outils courants. Mon expérience m'a fait renoncer à la copie de DVD, qui suppose un crackage préalable – c'est interdit – et surtout une longue procédure de recopie intégrale, avant de pouvoir accéder au contenu et de le tronçonner en extraits. Encore envisageable lorsqu'il s'agit d'analyser une oeuvre et une seule, cette méthode devient très peu pratique dès qu'on veut comparer plusieurs films. Il existe un moyen beaucoup plus efficace: un petit logiciel de copie d'écran, très simple à utiliser: SnapzProX, d'Ambrosia Software. Cet outil est payant: 29 $ dans sa version de base, téléchargeable en ligne, utilisable 15 jours en démonstration. Je l'utilise depuis des années, il est fiable et fonctionne parfaitement dans tous les environnements OSX, PPC ou Intel, Tiger et Leopard.

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Compte rendu de la première assemblée générale des collectifs SLU et SLR

L’assemblée générale qui s’est tenue à Paris (Jussieu), jeudi 29 novembre, organisée par les collectifs "Sauvons l'Université!" (SLU) et "Sauvons la Recherche" (SLR), a réuni 350 personnes. Une trentaine de sites universitaires étaient représentés par des collègues participant à titre individuel ou mandatés par leur université: sciences dures et sciences humaines, universités de province et de Paris, grandes écoles, CNRS. Des ATOSS étaient également présents.

Les enseignants présents ont d’abord apporté leur soutien aux revendications des étudiants, condamné les épisodes récents de répression policière et analysé les mesures annoncées par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, estimant que celles-ci n’apportaient rien de neuf.

La loi LRU a été analysée par les présents qui en ont signalé tous les dangers: reculs de la démocratie à l’université, pouvoirs exorbitants du président et d’un CA non représentatif, risques d’arbitraire dans les modalités de recrutement des enseignants-chercheurs, etc.

Une analyse détaillée des 1,8 milliards affectés à l’enseignement supérieur et à la recherche a fait apparaître également la supercherie consistant à annoncer des augmentations substantielles de budget: une fois défalqués les dégrèvements fiscaux du crédit impôt recherche, les dépenses liées à la consolidation de la situation des personnels, le paiement des arriérés de l’Etat et l’inflation il ne reste que 105 millions d'euros (démonstration sur le site de SLR). Il a été également rappelé que pour la première fois depuis plusieurs décennies aucune création de poste n’interviendra cette année.

Une discussion s’est engagée sur les modalités d’action, et notamment sur les moyens de se faire entendre par des médias plutôt sourds: lettres ouvertes à la presse, conférences de presse, et l’arme classique de la démonstration de force, en allant très nombreux manifester. Une motion réclamant l’abrogation de la loi (un débat suivi d’un vote a eu lieu sur: abrogation ou suspension) tout en admettant la nécessité de la réforme, mais d'une autre réforme, a été votée (voir ci-dessous).

Une journée d’action aura lieu le 6 décembre avec appel à informer, à manifester et éventuellement à faire grève.

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Appel pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche

“L’enseignement et la connaissance sont importants parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles, a fait de nous des humains, et non parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale”, ainsi s’exprimait récemment D. Faust, présidente de l’université de Harvard. Comme l’université française a assumé depuis vingt ans un quasi-doublement des effectifs étudiants sans moyens suffisants pour accompagner cette évolution, elle se trouve aujourd’hui en grande difficulté pour remplir les missions de production et de transmission des connaissances qu’implique une telle vision. Pour améliorer cette situation, de nombreuses propositions ont été formulées par la communauté scientifique. Mais le gouvernement les a ignorées et a tiré argument des difficultés réelles de l’université pour transformer complètement, brutalement et sans réelle concertation, l’ensemble du dispositif national de recherche et d’enseignement supérieur, afin que celui-ci puisse être géré comme une entreprise, afin qu’un objectif majeur de l’enseignement supérieur soit la professionalisation immédiate, et que la recherche soit avant tout finalisée et à court terme.

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Appel de l'université de Paris 8 Vincennes-St Denis

Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs et membres du personnel de l’université affirmons notre opposition catégorique à la loi dite LRU, notre soutien plein et entier à la mobilisation étudiante et notre participation à ce mouvement. Sous couvert "d’autonomie" (de gestion, mais ni intellectuelle ou scientifique) et afin notamment de favoriser la constitution de "pôles d’excellence" susceptibles d’améliorer la place des universités françaises dans le dérisoire palmarès de Shanghai (ou dans la course pour attirer les meilleurs "cerveaux"), cette réforme, d’inspiration manageriale, vise à amplifier la concurrence entre établissements du service public d’éducation et de recherche, laquelle risque à terme de transformer la majorité d’entre eux en "collèges" universitaires limités au niveau de la Licence, ainsi qu’à déléguer à ces établissements le soin de gérer le désengagement croissant de l’Etat concernant leur financement.

Attac France, 17/11/2007.
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Je hais les journalistes

image Que peuvent les blogs? Depuis la dernière campagne présidentielle, nous le savons: pas grand chose. Presque rien. Peut-être juste ceci: sauver l'honneur. Hier, en avance à un rendez-vous, je suis passé par hasard devant mon ancienne fac, Paris III-Censier, au moment où débutait l'assemblée générale de reconduction du blocage. Et ce que j'y ai vu différait du tout au tout de l'image produite par les "reportages" télévisés.

Dans les JT, une AG, c'est un affrontement violent de deux groupes fanatisés, les boqueurs et les anti-bloqueurs, qui s'insultent en attendant les CRS. Dans le monde réel, c'est un rassemblement calme et serein où l'on discute sérieusement de problèmes complexes. Où les universitaires, qui ne sont pas brusquement décérébrés, continuent à faire avec intelligence leur travail d'analyse. Dans le respect du dialogue et des opinions diverses. En assistant à une AG, on apprend plein de choses. D'abord, on voit que l'amphi est comble. La thèse de la manipulation par des groupuscules ultra-gauchistes apparaît pour ce qu'elle est: une pauvre farce. Et puis, si l'on écoute ce qui s'exprime, on comprend pourquoi ils sont tous là. Oui, cette loi pose des problèmes graves et nombreux, à tous les étages. Réduire ça à une discussion sur les droits d'inscription ou à un prurit anti-sarkozyste revient juste à écrire noir sur blanc: je suis un sinistre con, j'en suis fier et je signe. C'est pourtant si facile. Il suffit de venir voir. A entendre la teneur des discussions, le poids des arguments, on comprend immédiatement que ce mouvement ne fait que commencer.

Je suis sorti de là apaisé, de voir les étudiants si maîtres d'eux, d'observer la réalité du dialogue entre eux et la présidence, les professeurs ou les personnels administratifs, qui ne sont pas oubliés. Et aussi furieux, de constater de mes yeux le degré de caricature atteint par ce qui ne mérite plus depuis longtemps le nom de journalisme. S'en souviendra-t-on lorsque ces tristes sires nous trompèteront leur prochaine leçon de déontologie sur les blogs ou Wikipédia? Lorsqu'ils viendront pleurer pour qu'on sauve leurs journaux de la faillite? Cela fait déjà longtemps qu'il n'y a plus rien qui mérite d'être sauvé.

Le gréviste, l'instituteur et le journaliste

Contrairement à l'image un peu primitive qu'en proposent ces temps-ci les médias, le fonctionnaire a plus d'un tour dans son sac. Qu'on en juge: voici la poésie que fait apprendre aujourd'hui l'instituteur à mon fils en classe de CM1.

Le Cochon, la Chèvre et le Mouton

Une chèvre, un mouton, avec un cochon gras,
Montés sur même char, s'en allaient à la foire.
Leur divertissement ne les y portait pas;
On s'en allait les vendre, à ce que dit l'histoire.
(...) Dom Pourceau criait en chemin
Comme s'il avait eu cent bouchers à ses trousses:
C'était une clameur à rendre les gens sourds.
Les autres animaux, créatures plus douces,
Bonnes gens, s'étonnaient qu'il criât au secours:
Ils ne voyaient nul mal à craindre.
Le charton dit au porc: “Qu'as-tu tant à te plaindre?
Tu nous étourdis tous: que ne te tiens-tu coi?
Ces deux personnes-ci, plus honnêtes que toi,
Devraient t'apprendre à vivre, ou du moins à te taire:
Regarde ce mouton; a-t-il dit un seul mot?
Il est sage. - Il est un sot,
Repartit le cochon: s'il savait son affaire,
Il crierait comme moi, du haut de son gosier;
Et cette autre personne honnête
Crierait tout du haut de sa tête.
Ils pensent qu'on les veut seulement décharger,
La chèvre de son lait, le mouton de sa laine:
Je ne sais pas s'ils ont raison;
Mais quant à moi, qui ne suis bon
Qu'à manger, ma mort est certaine.
Adieu mon toit et ma maison.”

Dom Pourceau raisonnait en subtil personnage:
Mais que lui servait-il? Quand le mal est certain,
La plainte ni la peur ne changent le destin;
Et le moins prévoyant est toujours le plus sage.

Jean de La Fontaine, Fables.

Le déménagement de l'EHESS sonne-t-il le glas des sciences humaines?

image Une tribune signée par quelques savants de renom, publiée le 26 octobre sous le titre "Menace sur les sciences humaines", a relancé la polémique à propos du déménagement de l'EHESS et de l'EPHE. Cet épisode ne convaincra pas les spectateurs éloignés de l'institution de son désir de renouvellement. Malgré les profonds bouleversements du paysage médiatique, ce sont toujours les colonnes du Monde qui donnent le signal de l'émoi intellectuel. ARHV avait (évidemment) informé ses lecteurs, de façon précise et équilibrée, dès le 25 septembre – un mois plus tôt. Aucun élément factuel nouveau n'est intervenu dans l'intervalle qui modifie la description proposée.

Au moment où l'on évoque de plus en plus sérieusement le démantèlement du CNRS, l'article du Monde surfe complaisamment sur les peurs de la communauté académique. Il émane de la faction opposée au déménagement, auteur de la pétition et du site satirique Braudel's Nightmare. La veille, le Nouvel Observateur montrait qu'on pouvait avoir une lecture sensiblement différente du même scénario. D'autres contributions, comme celle de Baptiste Coulmont, sont venues entretemps enrichir la discussion et rappeler la diversité des points de vue.

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Berkeley en Tube

L'université de Berkeley (dont je vous parlais déjà ici), vient de créer sa propre chaîne sur YouTube. C'est tout naturellement qu'elle y déposera donc les sessions filmées de la plupart des cours qui y sont dispensés, dont le remarquable cours sur les moteurs de recherche avec (entre autres) S. Brin, H. Varian comme professeurs.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 04/102007.
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EHESS: un déménagement de trop?

image Pris au piège du durcissement des obligations de santé publique, l'EHESS doit faire face aujourd'hui à de graves interrogations sur sa localisation. En juillet 2006, un rapport d'expert indique que le désamiantage de l'immeuble du 54, bd Raspail, prévu pour être effectué en site occupé, sur la base d'une rotation des bureaux, présente des risques sanitaires et ne peut être réalisé dans les délais imposés par la loi. Cette circonstance imprévue oblige à revoir de fond en comble la programmation du plan quadriennal 2006-2009. La durée du chantier de désamiantage – plusieurs années pendant lesquelles les locaux devront être évacués – mais aussi les besoins criants de locaux et l'éparpillement des sites parisiens de l'EHESS incitent la direction de l'Ecole à envisager une reconfiguration immobilière de grande envergure.

Dès la rentrée 2006, le scénario d'une nouvelle implantation à la lisière d'Aubervilliers et de Saint-Denis est envisagé, non sans susciter une forte opposition, orchestrée par quelques caciques du 54, peu désireux de quitter leurs bureaux du 6e arrondissement. Une longue série de discussions internes se poursuit tout au long de l'hiver 2006-2007, établissant progressivement les contours d'un projet ambitieux, qui comprend la construction d'un immeuble de 25.000 m2, pour un montant de 65 millions d'euros. Ce programme sera inscrit le 23 mars 2007 au contrat de projet Etat-région 2007-2013, avec un apport des deux tiers promis par la région Ile-de-France. Après une assemblée générale houleuse le 31 mars, le conseil scientifique adopte le 9 mai une résolution précisant les souhaits de l'Ecole, dans le cadre d'une nouvelle Cité des Humanités et des Sciences Sociales, vouée à accueillir divers pôles ainsi qu'un campus étudiant.

Mais le 3 septembre dernier, un courrier de la présidente de l'EHESS informe les personnels que la dérogation attendue pour mettre ces plans à exécution a été refusée par la préfecture, obligeant à commencer au plus vite le chantier de désamiantage et à libérer le 54 dès la rentrée 2008, à un moment où le futur immeuble ne sera pas encore livré. Un autre bâtiment, situé sur la parcelle 521, prévu pour accueillir l'EPHE (Ecole pratique des hautes études), devra héberger à ses côtés dans des conditions provisoires les équipes de l'EHESS et de la MSH (Maison des sciences de l'homme). Cette annonce a réveillé toutes les inquiétudes. Ce nouveau déplacement préfigure-t-il l'abandon du premier projet d'implantation? Le partage d'un immeuble de 19.000 m2 entre trois institutions ou ce calendrier précipité constituent-elles des hypothèses réalistes? Une pétition a rapidement surgi pour demander l'interruption du processus, appuyée sur un blog qui, sous le titre Braudel's Nightmare, dévoile des photographies d'un environnement encore inhospitalier. La discussion, vive, se poursuit sur la mailing-list de l'Ecole. Une assemblée générale de tous les personnels est appelée aujourd'hui mardi 25 septembre à 12h dans le hall du 54, bd Raspail pour examiner l'ensemble de ces questions.

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Création du prix Roland Barthes

Communiqué: Le Point du Jour/Centre d’art et l’Institut mémoires de l’édition contemporaine (IMEC) s’associent pour créer le Prix Roland Barthes pour la recherche photographique. Ce prix, doté de 5.000 €, récompense des mémoires francophones de niveau master, quelque soit la discipline, portant sur la photographie.

Les candidats doivent être auteurs d’un mémoire rédigé en français de niveau master, soutenu entre le 1er septembre 2005 et le 15 décembre 2007. Le dossier d’inscription et les pièces correspondantes devront être envoyées avant le 30 décembre 2007. Le prix ne sera décerné qu'à un seul lauréat. Le jury pourra toutefois distinguer, par des mentions spéciales, deux autres mémoires ayant particulièrement retenu son attention.

Le jury réunit deux représentants du Point du Jour et de l'IMEC et quatre personnalités qualifiées: André Gunthert, directeur de la revue Etudes photographiques, maître de conférences à l'EHESS, Olivier Lugon, professeur à la faculté de lettres de l'université de Lausanne, Michel Poivert, président de la Société française de photographie, professeur en histoire de l'art contemporain à l'université Paris 1 et Gilles Saussier, artiste.

  • Calendrier 2007/2008: inscriptions du 15 octobre au 30 décembre 2007; annonce de la présélection au printemps 2008; annonce du lauréat à l'hiver 2008.
  • Information et inscription: Le Point du Jour/Centre d’art, 109, avenue de Paris, 50100 Cherbourg-Octeville, tél. 02.33.22.99.23 – fax 02.33.22.96.66, e-mail: lepointdujour3(à)wanadoo.fr.
  • Règlement complet (pdf): www.lhivic.org/documents...; dossier de presse: www.lhivic.org/documents...

Education nationale: ôtez 11000 postes, reste Sarkozy

image Ayant appris par la blogosphère que Nicolas Sarkozy avait adressé un courrier à tous les enseignants, je m'inquiétais ce matin de ne pas le trouver dans ma boîte aux lettres. C'est qu'un président a des moyens plus modernes à sa disposition, et pas de temps à perdre. A 12h20, c'était i-Télé qui jouait le rôle du facteur, en diffusant en direct de Blois l'adresse présidentielle. Lu par un chef de l'Etat souriant, le texte révélait rapidement son auteur, trahi par son goût de l'anaphore. On allait enfin savoir ce qu'Henri Guaino pense de l'éducation nationale... “C'est la première fois qu'un président de la République écrit aux éducateurs”, énonçait – oralement – Nicolas Sarkozy à propos d'une missive que je n'ai pas reçue, et qui n'est pas une lettre mais un discours. i-Télé avait du mal à s'y retrouver, apposant pendant toute la séquence le sur-titre "Discours de N. Sarkozy sur l'éducation", qui venait dissimuler le panneau du pupitre: "Lettre aux Educateurs".

Guaino n'hésite jamais devant une porte ouverte. Dès les premières minutes de la lettre-discours-manifeste, on tombait à pieds joints sur l'antithèse nature-culture, appuyée sur l'opposition jadis-désormais. “L'homme remonte à la plus haute Antiquité” écrivait déjà Vialatte. Moi qui fait la guerre aux étudiants pour qu'ils expulsent de leurs introductions le balancement autrefois-aujourd'hui, qui est à l'argumentation ce que le ravioli est à la cuisine – un fourre-tout où l'on glisse n'importe quoi... Dans cette première partie, rythmée par des jugements frappés au coin du bon sens (“Chaque époque suscite des attentes qui lui sont propres”; “Souvent il faut recommencer pour parvenir au but”; “Il y a chez chaque enfant un potentiel qui ne demande qu'à être exploité”, etc...), l'enseignant a pu avoir l'impression que le chef de l'Etat s'adressait à lui comme aux Africains dans son discours de Dakar. Après Tintin au Congo, voici Nicolas au pensionnat de Chavagnes.

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La réforme des universités en débat sur Dailymotion

C'est l'été. La réforme des universités est un sujet bien trop ennuyeux pour qu'on en débatte sur les plateaux de télévision. Qu'à cela ne tienne: Dailymotion joue son rôle de média parallèle. C'est sur ce canal qu'on peut dès à présent apercevoir les rushes du film en préparation de Thomas Lacoste, "Universités: le grand soir". Une production de L'Autre campagne (à qui l'on doit la série des " Réfutations"), en association avec SLR-Paris.

Le film "Université en danger" constitue le premier volet du long métrage "Université : le grand soir" à paraître fin septembre 2007. Pour soutenir cette initiative, vous pouvez dès à présent pré-acheter le DVD (10 euros) sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque à l'ordre de : L'Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris.

Lire également: "Quelles réformes pour l’enseignement supérieur et la recherche?", Sauvons la Recherche, 26/06/2007.

Giovanni Careri élu directeur d'études à l'EHESS

image Giovanni Careri, directeur du Centre d’histoire et théorie des arts (CEHTA), a été élu le 30 juin 2007 aux fonctions de directeur d'études de l'EHESS. Nos plus vives félicitations à l'heureux impétrant!

Né en 1958 à Rome, Giovanni Careri consacre en 1989 son doctorat d'histoire de l'art au Bernin, sous la direction de Louis Marin. Il est élu maître de conférences à l'EHESS en 1997 et prend la succession de Daniel Arasse à la direction du CEHTA en 2001. Il est également professeur à l’école des Beaux Arts de Lyon. Ses recherches portent sur l’histoire et l’anthropologie de l’affectivité, les affects et les représentations dans l’Europe moderne.

Principales publications:
- Envols d’amour. Le Bernin montage des arts et dévotion baroque, Usher, Paris, 1990; traduction italienne, Voli d’Amore. Architettura, pittura e scultura nel bel composto di Bernini, Laterza, Roma, Bari, 1991; traduction anglaise par Linda Lappin, Bernini, Flights of Love, the Art of Devotion, The University of Chicago Press, 1995.
- Baroques, Citadelles & Mazenod, Paris 2002; Princeton University Press, 2003; Le Lettere, Florence 2003.
- Gestes d’amour et de guerre. L'image-affect. Poésie, peinture, théâtre et danse dans l’Europe du Tasse, Paris, éd. de l’EHESS, 2005.

Paul-Louis Roubert élu maître de conférences à Paris 8

image Paul-Louis Roubert, docteur en histoire de l'art, chercheur associé au Lhivic, a été classé premier au terme du concours pour le poste de maître de conférences en théorie de la photographie ouvert à l'université Paris 8. Il rejoindra dès la rentrée le fameux département photo, une des pépinières de l'histoire de la photographie, qui a jadis accueilli Clément Chéroux, Vincent Lavoie, Thierry Gervais et où j'ai moi-même enseigné de nombreuses années. Toutes nos félicitations à l'heureux impétrant!

Né en 1967, Paul-Louis Roubert a consacré en 2004 son doctorat à L'Introduction du modèle photographique dans la critique d'art en France, sous la direction d'Eric Darragon. Il en a tiré son premier ouvrage, publié en 2006: L'Image sans qualités. Il est étroitement associé à la Société française de photographie, où il a assuré les fonctions de rédacteur en chef du Bulletin de 1999 à 2004 et d'intendant depuis 2001. Il est également membre fondateur du comité de rédaction de la revue Etudes photographiques depuis 1996. Il conservera le pilotage du projet de base de données intégré des collections de l'association, réalisé en collaboration avec la fondation Hartung-Bergman. Il a enseigné l'histoire de la photographie à Paris 8, Paris 1 et à l'EHESS. Il a été en 2006 le premier lauréat de la bourse de recherche Roederer. Chercheur invité à la Bibliothèque nationale de France, il y prépare actuellement une exposition en collaboration avec Sylvie Aubenas sur le thème des "Nouveaux Primitifs".

Principales publications:

  • L'Image sans qualités. Les beaux-arts et la critique à l'épreuve de la photographie, 1839-1859, Paris, Monum, 2006.
  • "Le daguerréotype en procès", Le Daguerréotype français. Un objet photographique (cat. exp.), Paris, Musée d’Orsay/RMN, 2003, p. 119-131.
  • "1859. Exposer la photographie", Études photographiques, n° 8, novembre 2000, p. 4-21.

Séminaires images à l'EHESS en 2007-2008

On peut consulter dès à présent la liste prévisionnelle des séminaires 2007-2008 de l'EHESS sur le thème "image" à l'adresse: http://enseignements.ehess.fr.... Les indications de lieu et d'horaire devront être vérifiées à la rentrée sur les programmes définitifs.

Séminaire "La photographie familiale à l'époque numérique", par Irène Jonas

image Dans le cadre du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle/La légende des amateurs", le Lhivic a reçu Irène Jonas, sociologue indépendante, le 15 mars 2007, pour une présentation de ses recherches sur la photographie familiale à l'époque numérique. La séance a fait l'objet d'un enregistrement audio, disponible en ligne (durée 2 h):


Téléchargement fichier mp3 (68 Mo).

Résumé. Les usages de la photographie familiale ont beaucoup évolué depuis l'enquête de Bourdieu (Un art moyen, Minuit, 1965). Les images montrent de moins en moins de rôles sociaux, mais beaucoup plus de moments d'intimité. La pratique photographique est centrée sur le personnage de l'enfant. Le numérique entraîne d'abord un changement quantitatif: la production photographique est multipliée environ par cinq. Il y a peu de cas de cohabitation argentique/numérique. Le numérique démystifie la pratique photographique. Malgré un emploi accru de la télévision comme outil de monstration, le tirage papier semble rester la forme idéale des images. La demande porte sur l'internalisation des pratiques (acquisition d'une imprimante couleur). La question du choix et de la sélection des images devient une interrogation aigue. Irène Jonas insiste sur les variétés d'usage en fonction des différences de genre et de génération. La frontière entre homme et femme dans la relation à l'outil photographique est marquée par le rapport à la technique. Pour les enfants, le numérique a changé radicalement la donne. Du côté des personnes âgées, la photographie est souvent l'activité qui les motive à se mettre à l'ordinateur. A de rares exceptions près, les connaissances techniques mobilisées restent des plus sommaires.

Do you speak logiciel de bibliographie? (atelier 3)

image Lorsque je consulte ma version d'EndNote, je constate que le premier copyright du logiciel date de 1988. Si je compte bien, cela fera vingt printemps l'an prochain. Au même moment sortaient les premières versions de Powerpoint ou d'Excel pour Windows. Que s'est-il passé? Certes, EndNote est probablement l'un des plus anciens logiciels de gestion de références bibliographiques – ou logiciel de bibliographie. Mais tout de même. Ce n'est qu'en 2006 que l'EHESS, en partenariat avec l'INIST, a souscrit une licence à son concurrent en ligne Refworks. En 2007, si je regarde autour de moi, aucun de mes étudiants, aucun de mes collègues proches n'utilisent couramment cet outil. Du reste, je n'y recours moi-même que depuis septembre dernier, et encore: seulement en archivage. Je n'ai encore écrit aucun article en me servant des fonctions de génération automatique de liste de références d'EndNote.

Ce retard s'explique malheureusement, dans mon domaine de recherche, d'une façon très simple. Si Refworks ou Zotero viennent à peine d'être francisés, EndNote 10 continue à ne parler que la langue de Shakespeare. Plus grave, à l'exception de Refworks, qui sait communiquer avec les catalogues de la BNF, pas plus les bibliothèques que les portails de revues électroniques francophones ou Hal-SHS ne sont compatibles avec ces instruments.

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Séminaire "Pratiques photographiques" EHESS-Marseille

Dans le cadre du séminaire "Pratiques photographiques", animé par Frédéric Joulian, une journée thématique "Produire, lire et exploiter les images" sera proposée le 11 mai 2007 à l'EHESS-Marseille, Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité, Marseille.

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Le Politic'Show, laboratoire de la télévision de demain

image Nicolas Voisin et Julien Villacampa, fondateurs du Politic'Show, étaient jeudi les invités du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle" à l'INHA. En proposant la première expérience française de webTV citoyenne, ils ont inventé une forme de communication inédite, bousculé les habitudes du journalisme spécialisé et contribué à faire bouger les lignes de la médiation politique.

Agé de 28 ans, Nicolas Voisin est un communicant tombé dans la marmite du journalisme citoyen: blogueur précoce et prolifique (Biologikpolitik, octobre 2004, Nuesblog), rédacteur d'Agoravox, membre du réseau des Freemen, il fonde en septembre 2006 le webmagazine Le Monde citoyen (avec notamment Guy Birenbaum, Thierry Crouzet, Sébastien Fontenelle, Bernard Langlois, Agnès Maillard, John-Paul Lepers, Jean Véronis). Agé de 27 ans, Julien Villacampa est réalisateur, auteur de clips, publicités, courts-métrages et documentaires souvent alimentaires, créateur du collectif de jeunes cinéastes les Malfaiteurs indépendants. Autodidactes, dépourvus de carte de presse, ils puisent leur légitimité dans la vertu citoyenne issue du web. La présidentielle offre une occasion rêvée et l'idée naît en mars 2006 de produire une série d'interviews vidéos des candidats. Un projet pleinement politique, au sens premier du terme: il s'agit pour deux citoyens-blogueurs d'aller à la rencontre de leurs représentants, puis de mettre gratuitement à disposition, sans restrictions de droits, le résultat de leurs entretiens. Une expérimentation, aussi, de leurs capacités techniques et logistiques à mettre en oeuvre une telle entreprise, dont ils escomptent des retombées à titre personnel: “Nous avons tous les deux un métier, et réalisons ces contenus sur notre temps libre, par passion. Nous aspirons à vivre de cette activité, autant être explicites.”

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Le web 2.0 ou la netophilie (atelier 2)

image Qu'est-ce que le web 2.0? A-t-il seulement une définition précise? A l'heure où l'on commence à entendre parler du web 3.0, certains semblent en douter. "Le web 2.0 n'existe pas" affirment les plus péremptoires, en s'appuyant sur le flou des notions recouvertes. Pourtant, avant même de parler d'outils collaboratifs ou de réseaux sociaux, il est possible de produire des distinctions claires basées sur l'architecture technique des systèmes.

Le world wide web, inventé en 1990 par Tim Berners-Lee, est une application du réseau internet, où il cohabite avec plusieurs autres protocoles de transfert de données (TCP/IP pour la connexion au réseau, SMTP pour les e-mails, FTP pour les transferts de fichiers, etc.). Il repose sur trois composantes fondamentales: la définition d'un système universel d'adresses (ou URL); un protocole de communication spécifique (HTTP); enfin un langage informatique (HTML) qui permet d'écrire et de visualiser des fichiers sous forme de pages. L'articulation de ces trois éléments permet de créer des liens hypertexte qui autorisent une circulation simple et élégante parmi les ressources disponibles. Un lien est un code écrit en langage HTML qui permet au navigateur d'afficher une adresse via le protocole HTTP.

Dans sa version initiale, le web est un média à consommation passive, comme la radio ou la télévision. L'émetteur, propriétaire du site, produit une page web grâce à un éditeur de contenus, puis la met en ligne par l'intermédiaire d'une application FTP. L'internaute peut consulter cette page, mais ne peut pas la modifier.

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