Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Archives du XXIe siècle

image Depuis sept ans, à Paris, Didier Roubinet scrute avec une extraordinaire minutie les signes d’une urbanisation qui marque l’ensemble de la planète. Foules, lieux, non lieux, éclatement ou recomposition des sociabilités, métissages, mondialisation, déracinements, enracinements, "Archives du XXIe siècle" dresse un premier inventaire en images du monde que nous avons sous les yeux. Loin des effets de mode, cette série d’images d’une éblouissante rigueur, tout à la fois inquiète et enthousiaste, conduit notre oeil au coeur des paysages urbains qui, aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire, nous ressemblent et nous fabriquent.

Vernissage le vendredi 7 septembre 2007 à 19h au Placard à balais, rue des Mineurs 9/11, 4000 Liège (10h-16h jours ouvrables jusqu'au 28 septembre).

Lartigue explore l'espace-temps

image Dans la série "Que font les blogs pendant l'été?", saluons le choix de Mots d'images de revisiter quelques grands classiques de la photographie. Après la jeune Afghane par Steve McCurry, après "Migrant Mother" par Dorothea Lange, Béat Brüsch commente "Grand Prix" par Jacques Henri Lartigue (en s'appuyant notamment sur l'analyse détaillée proposée en 2000 par Clément Chéroux dans le catalogue Photographies/Histoires parallèles du musée Nicéphore-Niépce).

Que voit-on sur cette image? Un ensemble de déformations étranges, qui semblent défier la logique et la perception: les corps ou les objets immobiles situés sur le bord de la route sont affectés d'une déformation oblique qui semble les faire pencher vers la gauche de façon tout à fait invraisemblable, tandis que les roues du véhicule ont troqué leur forme circulaire pour un ovale qui s'oriente vers la droite de l'image.

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Explosion à New York: les journalistes cherchent les images parasites

image L'explosion d'une conduite de vapeur dans le quartier de Grand Central hier vers 17h50 (23h50, heure de Paris) n'est qu'un vulgaire accident. Mais les habitants de Manhattan ont bien cru revivre le 11 septembre. L'événement confirme une fois de plus le réflexe du témoignage citoyen, dans des dimensions toujours croissantes. Mais les journalistes ont eux aussi pris le pli des nouveaux usages, et sont désormais capables d'interroger les bases de photographies amateurs comme Flickr en temps réel. Selon une recherche effectuée par Hughes Léglise-Bataille, l'une des images les plus spectaculaires a déjà été vendue à CNN, tandis qu'un journaliste du Figaro laissait un commentaire sous une autre. A vos moteurs pour une enquête en direct!

Illustration: Arvind Grover, "Multitechtasking", photographie numérique diffusée sur Flickr, licence CC.

Le dino, le dragon, la poule et l'oeuf

Soit un documentaire (1) qui veut à toute force nous démontrer que les représentations figurées de dragons, de la vie des saints aux temples aztèques, s'inspirent des fossiles de dinosaures. La question est-elle correctement posée? Mettons de côté les confusions bénignes, comme celle du classement zoologique, qui force l'hydre, la manticore ou le griffon à s'assembler en une seule et même espèce, nonobstant leurs différences d'origines et d'attributs. Une erreur plus intéressante montre l'absence de réflexion en termes d'histoire visuelle. Il s'agit de l'effet de décontextualisation qui isole la figure du dragon parmi le riche bestiaire des monstres des civilisations antiques – minotaure, sphinx, licorne, gorgone et autres divinités à forme animalière. Cette décontextualisation permet: 1) de ne pas se poser la question de savoir si nous disposons d'une archive fossile pour chacun de ces êtres fantastiques; 2) de voir dans toutes les représentations de dragons une image objective, une sorte de photographie qui nous indiquerait à coup sûr les caractéristiques de la chose reproduite.

Pourtant, il existe bien une proximité formelle entre dragons et dinos. Mais celle-ci ne suit pas la généalogie proposée par le documentaire. Depuis Jurassik Park (1993), une foultitude d'animations en 3D toutes plus réalistes les unes que les autres ont fait des dinos des créatures plus familières que les vaches ou les cochons. Et nous ont fait oublier que personne n'a vu de ses yeux un dinosaure vivant. Comme en témoigne l'invention du terme "dinosaure" (terrible reptile) par Richard Owen en 1842, ce sont en réalité les représentations de dragons qui ont fourni le principal repère visuel permettant de s'imaginer et plus tard de reconstituer ces animaux. Ce ne sont pas les images de dragons qui descendent des dinos, mais bien les images de dinos qui procèdent des dragons imaginaires. Une filiation logique pour l'histoire visuelle – encore faudrait-il songer à y recourir.

1. "A la recherche du dragon", réal. Carl Hall, production France 5/Parthenon Entertainment Ltd., 2004, diffusé le 15/07/2007 sur France 5.

Illustration: Griffon, enluminure flamande (v. 1350) du Der Naturen Bloeme, histoire naturelle en vers néerlandais écrite vers 1266 par Jacob van Maerlant, La Haye, Koninklijke Bibliotheek.

Martin Parr est-il un amateur?

image Le billet "Libé s'illustre pour pas cher", qui relevait l'usage par le site du quotidien de photographies diffusées sur Flickr, a suscité des commentaires nourris et contradictoires. Aujourd'hui, on trouve dans la version papier du journal un exemple apparemment inverse, et pourtant similaire: l'utilisation à titre d'illustration d'une image de Martin Parr, l'un des plus célèbres auteurs contemporains, qui est certes membre de Magnum, mais dont l'oeuvre (et notamment cette photographie de 2003, très connue) est désormais exposé dans les musées et les galeries d'art de par le monde.

L'usage de cette image est clairement un usage d'illustration (au sens classique d'un usage essentiellement décoratif, en l'absence d'une relation nécessaire de l'image au texte), attesté par la non-mise en valeur du nom de l'auteur (en vertical et en petits caractères sur le bord de l'image) et par la superposition partielle du titre de l'article. Ainsi présentée, cette image n'est plus une oeuvre de Martin Parr, mais un matériel iconographique indifférencié sollicité pour ce qu'il représente: des touristes qui bronzent sur des transats. S'agit-il d'un cas si différent du réemploi hors contexte des photographies de Flickr? Il me semble que non. Là aussi, les images étaient anciennes et utilisées sans rapport direct avec l'actualité, choisies principalement pour leur contenu et accessoirement pour leur style (et non pas pour des raisons économiques, ainsi que nous l'expliquait Florent Latrive en commentaire).

La question du photo-journalisme, toujours agitée à l'endroit de la légitimité des photographies d'amateurs, n'est en réalité pas le bon cadre de discussion pour ces images. Lorsqu'on feuillette attentivement un journal ou un magazine, on se rend compte qu'il y a finalement assez peu d'images qui relèvent du photojournalisme proprement dit (au sens d'une photographie ayant enregistré l'événement précis qui fait le sujet de l'article). Bien plus nombreuses sont les images d'illustration, qui n'ont qu'un rôle décoratif et non informatif (quelle information comporte le portrait de Jack Lang en couverture de Libé aujourd'hui, ou encore la photographie par Sébastien Calvet de Lang et Hollande, datée du 16 septembre 2006?). C'est donc bien à partir de ce contexte qu'il faut reprendre la question de l'usage des images d'amateurs dans la presse, en admettant qu'elles se trouvent placées strictement sur le même plan qu'une photographie de Martin Parr – je veux dire comme une option décorative parmi d'autres, dont le choix relève du goût et de la décision du picture éditor.

L'iPhone fait (aussi) des photos

image Une bonne partie de la blogosphère est occupée par les réactions à la commercialisation du nouvel iPhone d'Apple. A la recherche des premières images réalisées avec ce portable, on doit se contenter pour l'instant d'un bilan maigrichon. Alors que Flickr n'a pas encore ajouté l'appareil à sa base de données technique, seuls les groupes d'usagers permettent de se faire une idée de ses capacités iconographiques. On y voit plus de photos de l'outil – ou des queues pour l'acquérir – que des résultats qu'il produit. Le groupe dédié iPhone Camera Shots ne compte pour le moment que 70 images publiques. Quelques témoignages en disent un peu plus: voir notamment le remarquable compte rendu de Kenny Irwin, très éclairant.

PS. Sans images pour l'instant (et pour cause), mais à ne pas manquer: le récit des déboires de Thomas Hawk pour obtenir sa connexion au service par l'intermédiaire d'AT&T, qui fait froid dans le dos.

Illustration: "My first iPhone photo", 30/06/2007, photo numérique diffusée sur Flickr, © et courtesy Kenny Irwin.

L'image parasite refait surface, s'installe et dure

adresseimage A moins de dix jours d'intervalle, deux vidéos diffusées sur des canaux parallèles ont provoqué une réaction publique au sommet de l'Etat. Reprise d'une séquence diffusée le 8 juin sur la RTBF, la vidéo "Sarkozy au G8", d'abord ignorée par les médias et les services de l'Elysée, a fini par faire l'objet d'un démenti de la part du chef de l'Etat en personne lors de son interview télévisée sur TF1 le 20 juin dernier. L'audience cumulée de cette vidéo dépassant alors les quinze millions de vues, personne ne s'est étonné qu'un grand journaliste mentionne devant Nicolas Sarkozy des images qui n'avaient encore été montrées par aucun jounal télévisé[1] et qui n'avaient par conséquent pas le caractère d'un fait d'actualité reconnu.

Aujourd'hui, c'est le dérapage de Patrick Devedjian[2] qui entraîne, plus rapidement cette fois, une réaction du président de la République, diffusée dès la mi-journée du vendredi 29 juin par les journaux télévisés, en même temps que ceux-ci donnaient connaissance de la vidéo.

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L'envers du décor. Promenade en RER D

image Non, ce ne sont pas des images de la Roumanie sous Ceausescu. Cela fait bien longtemps, depuis que j'habite en banlieue sud, que j'ai envie de faire un sort à la litanie des non-lieux qui s'étire entre Corbeil et Paris, sur la ligne du RER D. Friches industrielles, usines abandonnées, barres en stock, terrains si vagues, arrières-cours improbables, zones en décomposition: ce décor qui n'a jamais été construit, et qu'on aperçoit pourtant, ces anti-paysages que personne ne veut voir, mais qu'on n'a pas songé à cacher, cette agression sauvage, à laquelle on est quotidiennement exposé. On pourrait en faire un exercice d'art, tant se manifestent ici par leur absence les règles paysagères des environnements urbains. Pour ma part, malgré toute ma culture pop, je ne peux pas me défaire d'un sentiment d'accablement devant cette négation du visuel, cet oubli de l'humain, cet insondable mépris. Loin des zones piétonnes, toujours plus coquettes, loin des autoroutes, toujours plus glamour. Et pour ceux qui empruntent ce trajet, comme tant d'autres en France, deux fois par jour, ce spectacle misérable, ce rappel permanent de ce que la société leur réserve. L'envers du décor. Ouvert tous les jours, 5 € le trajet simple, n'oubliez pas le guide.

Please do not turn off your cellphone

imageFriday 6/8/07, first day of the pocket film festival (international film festival done with camphones). When arriving some sort of "portable trees": mobile phones pending from enlightened transparent plastic trees welcome everybody. In these cellphones one is able to watch different short films randomly and at personal pace. These films are divided into 4 categories: small screen (52), moving images (49), mobile memory (35), and mobile series (41). (Anyway, I did not quite understand the reason of this division).

But soon the atelier-debate starts and I have to rush into the small amphitheatre (la petite salle du centre Pompidou). We might be around 40 persons. The first speaker is Titus Bicknell, Head of Mobile Technologies at Discovery Communications LLC. His paper is very interesting. His question is rather simple but very smart: "how can we think about screens?" Nowadays, after the cinema, after the television, after this computer that we are looking at, probably right now while you are reading this article, more and more we are watching a fourth screen: the one in our portable phone. By comparing the small screen and the big screen, cinema and television and then with computers and finally to portable phones, he also makes a distinction between the ways people's habits are changing. We used to be surrounded by image and sound; now we are used to being on the move. It is for that reason that we are no longer absorbed by the content, now we've got many different points of view. Bicknell talks about space as anamorphous, a metaphor I'd like to understand better... if anyone has any hint...

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Fuji Finepix F31fd: le bloc-notes idéal (atelier 4)

image De la reproduction d'archives à la documentation d'entretiens en passant par la capture d'images en séminaire: les services que peut rendre un bon appareil photo numérique à un chercheur en sciences sociales sont nombreux. Pour les études visuelles, c'est un outil indispensable. Problème: il est difficile de trouver le bon compromis entre un reflex, qui permet de réaliser d'excellentes photographies, mais reste encombrant et trop visible, et un compact, discret et léger, mais dont les images laissent souvent à désirer. Pour ma part, muni d'un Canon 400D qui me donne toute satisfaction, cela faisait longtemps que je cherchais cet autre compagnon: le petit point & shoot qui se glisse dans la poche. J'ai examiné de près de nombreux candidats, comme le Ricoh GRD, trop cher, le Lumix DMC-LX2 ou le Canon G7, trop bruités en basse lumière. Jusqu'à ce que je tombe sur le compte rendu par Simon Joinson du Fujifilm Finepix F31fd – l'un des rares compacts à se voir décerner le label "Highly Recommended" sur DP Review.

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Du cinéma en 2007

image Un petit enfonçage de portes ouvertes? C'est parti. Samedi au mois de juin, en banlieue, c'est anniversaire. Tous les anniversaires des mômes sont décalés et fêtés à partir du 15 mai, ce qui permet de les envoyer au jardin. Donc, avec les miens, munis de l'invitation rituelle, on se rend au préalable au magasin de jouets du coin, histoire de ne pas venir les mains vides. Et là, je fais le constat que les critiques de cinéma sont à l'évidence asexués, pédophobes ou octogénaires. En tout cas pas munis du lardon de 7 à 14 ans, qui les aurait fait se pencher sur le prix de ces merveilles, sagement alignées sous la banderole "Spiderman 3", qui oscillent en moyenne entre 19,90 et 49,90 euros, soit au minimum trois fois le montant d'une place de cinéma pour enfant. Je me souviens avoir lu une critique du blockbuster dans Libé, d'où il ressortait vaguement pas grand chose, sinon qu'on était bien obligé de faire comme les collègues. Et que Sam Raimi tournerait des Spiderman tant qu'il aurait quelque chose à dire sur le personnage (ou alors c'était dans le journal du Mac Donald, je ne sais plus).

Même pas besoin d'aller voir le 3 (une grosse daube, mis à part l'homme-sable, très poétique, mais bon, ça fait dix minutes sur deux heures de baston high-tech sans une once de justification scénaristique). Promenez vous dans n'importe quel Toys "R" us, et vous comprendrez tout de suite que, idées ou pas, Sam, mon coco, tu me finis le 4 fissa, parce qu'il reste un gros rab de Water Blaster Triple Jet à 19,90 euros, prix promo, un point c'est tout! D'accord, Lucas, Disney & Co – rien de neuf sous le soleil... N'empêche qu'une machine industrielle comme celle-là n'a plus rien à voir depuis longtemps avec le cinéma. Et qu'on pourrait parler de la même façon de la plupart des films pour mômes (le rayon d'à côté, c'était les accessoires de Pirates des Caraïbes 3). Vous imaginez bien que je n'ai rien, mais alors rien du tout contre les critiques de cinéma. Mais ils seraient plus crédibles s'ils prenaient quelques cours d'éco, histoire de nous narrer le vrai pitch de ces sagas pour supermarchés.

Le portrait du président

De haut en bas et de gauche à droite: Adolphe Thiers (1871-1873), Raymond Poincaré (1913-1920), Paul Deschanel (1920-1924), Alexandre Millerand (1920-1924), Albert Lebrun (1932-1940), René Coty (1953-1959), Charles de Gaulle (1959-1969, photo: Jean-Marie Marcel), Georges Pompidou (1969-1974: photo: François Pages), Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981, photo: Jacques-Henri Lartigue), François Mitterrand (1981-1995, photo: Gisèle Freund), Jacques Chirac (1995-2007, photo: Bettina Rheims), Nicolas Sarkozy (2007, photo: Philippe Warrin), © La Documentation française.
Voir la série complète des portraits des présidents de la République sur le site de La Documentation française.

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Dans 46 ans, les images d'Hergé

image Pourquoi la photo d'un Rubik's cube pour célébrer le centenaire d'Hergé? Pour être juste, ce n'est pas un vrai Rubik's cube, mais une imitation, d'assez mauvaise qualité. Inventé en 1974 par Ernő Rubik, professeur d'architecture, ce jeu est protégé en 1975 par un brevet hongrois. J'ai découvert le Rubik's cube à l'adolescence, c'était un objet fascinant. Aujourd'hui, Ernő Rubik est bien vivant. Son cube a 33 ans. N'importe qui a le droit de réutiliser ce dispositif et le cas échéant de le mettre en vente. L'invention du professeur appartient à tout le monde.

Les albums de Hergé ont bercé mon enfance. Certains de ses dessins sont enfoncés si profondément dans mon cerveau qu'ils n'en disparaîtront jamais. Et pourtant, ces images, même pour célebrer leur créateur, je n'ai pas le droit de vous les montrer. Hergé est mort à Bruxelles en 1983. Cela fait 24 ans qu'il ne peut plus profiter des revenus de son oeuvre, aujourd'hui propriété de la société privée Moulinsart. D'après les dispositions du droit d'auteur, il faudra attendre encore 46 ans pour que ses images reviennent au patrimoine public. J'espère être encore parmi nous ce jour-là.

"Tous photographes", anthologie des nouveaux usages de la photographie

image Comment témoigner de la révolution occasionnée dans les usages amateurs par l'arrivée de la photographie numérique? L'exposition "Tous photographes!" constitue la première tentative muséale pour répondre à cette question. Une réponse intelligente et productive, qui évite d'emblée plusieurs écueils. Celui d'un aplatissement de la pluralité des pratiques, qu'aurait pu produire une application brutale du dispositif d'exposition. Mais aussi ceux de la personnalisation ou du palmarès, qui pouvaient facilement découler du tamis de la cimaise, alors même que les nouveaux enjeux sont ceux de l'anonymat, de l'appropriation ou de la circulation virale.

La première réponse est le choix d'un dispositif non univoque. C'est par ses différents reflets que la production amateur est diffractée plutôt que cernée, multipliée plutôt que synthétisée. Les manifestations autonomes de la forme amateur, sous l'espèce des illustrations du magazine militant JPG, ouvrent le bal. De nombreuses oeuvres d'artistes sont ensuite convoquées, qui citent ou interrogent les images privées. Leurs usages dans la presse, sous la forme du citizen journalism, de divers concours ou encore du journalisme trash sont également illustrés. Le volet technique n'est pas oublié, avec un mur composé de pages de manuels. Divers rappels historiques ponctuent de même le parcours: quelques appareils anciens, une série de vintages – dont l'incontournable Atget – plusieurs albums, des vues astronomiques ou médicales. Mais le clou de l'exposition est composé par deux dispositifs de flux symétriques, qui se répondent, au dernier étage et au sous-sol du musée.

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Des violons pour Sarkozy. Dernières notes sur les vidéos de campagne

Durant l'entre deux-tours, la charge des vidéos politiques a poursuivi sa croissance: plus de 1500 nouveaux contenus identifiés par le Vidéomètre ont été postés depuis le 22 avril. Quelques remarques sur les nouveautés de cette séquence.

Victoire de la communication 2.0. Qui a vu, commenté ou entendu parler des clips de campagne de second tour? Alors que le phénomène "vidéos de campagne" a pris de la consistance et suscité de nombreux articles dans la presse (le Vidéomètre n'est pas totalement étranger à cette attention), les clips traditionnels n'ont pas éveillé le moindre intérêt. Comme les affiches ou les tracts, cette forme de communication a pris un sérieux coup de vieux durant la campagne 2007. C'est d'autant plus frappant qu'il y a eu de véritables efforts de réactivité: les clips des deux candidats ont réussi la gageure, compte tenu des conditions de réalisation, d'intégrer certains éléments en rapport avec l'actualité du débat. Peine perdue. Mise en concurrence avec les formes brutes de l'expression politique et avec des modalités de consultation libres, cette communication trop formatée, à la diffusion obligatoire, ne fait plus recette. Pour compléter l'observation, on notera en revanche que, selon tous les responsables politiques, les meetings n'ont jamais été aussi pleins. Ce n'est donc pas l'ancienneté qui est sanctionnée, mais le type de relation au politique. Le public a plébiscité les formes favorisant la participation et l'interaction. Les campagnes de 1995 ou de 2002 avaient été confisquées par les agences de publicité. 2007 aura été la campagne de la réappropriation par les militants de la communication politique. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle.

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