Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Martine fait des histoires

image Je découvre à mon tour le "Martine cover generator" et rejoins l'appréciation générale: cet outil, dont il faut saluer la qualité de réalisation, est tout simplement irrésistible. Pas seulement, comme l'écrit justement David Abiker, parce qu'il nous permet de faire un pied de nez à la lourde ambiance de pédo-criminalité dans laquelle ont sombré nos journaux télévisés. Son principal ressort illustre un problème théorique fondamental, dont on a déjà beaucoup discuté sur ce blog: la polysémie de l'image. Ici, l'effet comique naît de la possibilité paradoxale d'imposer ce principe dans un contexte déterministe, où il n'était jusque-là pas applicable. Se réapproprier le sens de l'image, faire exploser, à chaque nouvelle légende, la contrainte proposée par le dessin de Marlier est un plaisir aussi jouissif que de faire un croc-en-jambe au surveillant de l'internat. En même temps, on n'a jamais démontré de manière aussi pédagogique le caractère flottant de la signification des images. A tester sans modération. (Le site a fermé sa section de partage des parodies, pour cause de trop grande affluence, mais on peut réaliser de fausses couvertures et les recopier. Rien n'empêche de créer un groupe Flickr pour les remettre en circulation.)

Site: Martine cover generator (via Mots d'images).

Guy Môquet, la propagande ressucitée

image Aujourd'hui, 22 octobre, jour fixé pour la commémoration officielle de Guy Môquet, je ne suis pas fier de mon pays. En regardant "La lettre", clip de François Hanss pour France Télévisions, je suis triste de voir l'histoire ainsi foulée aux pieds, mise au service d'un pathos de bas étage. Mais surtout, j'ai honte de voir la France ressuciter la propagande d'Etat. De la pire manière. Par l'obligation cérémonielle, par la mobilisation de la jeunesse, par l'imposition d'une image ridicule, d'où toute signification historique a été chassée, au profit d'une fiction sulpicienne, une bondieuserie de supermarché.

Je suis parfaitement convaincu de la bonne foi d'Henri Guaino. Comme je suis convaincu de la profonde bêtise de cet homme, lui qui paraît si incapable de comprendre ce qu'il fait. Goebbels aussi aimait son pays, d'un amour sincère. Voilà ce que nous apprend l'histoire, la vraie, celle qui nous montre qu'il est sage de se tenir à distance des manipulations mémorielles, de l'élévation sentimentale et de la sacralisation. Même Nicolas Sarkozy l'a compris, qui a abandonné toute participation à cette manifestation, laissant son conseiller spécial endosser seul la responsabilité de ce qui risque bien d'apparaître comme une monumentale erreur.

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Merveilles de la tecktonik

Depuis la Techno Parade 2007, la tecktonik est le sujet à la mode dans les rédactions de news et de féminins branchés. Comme d'habitude, les plus de vingt-cinq ans, même à Bakchich, tordent le nez. Mais pourquoi s'en remettre à l'humeur, forcément bilieuse, des éditorialistes (qui ont tous plus de vingt-cinq ans...), alors qu'il est aujourd'hui si facile de se faire son opinion par soi-même? La meilleure source d'information sur les moeurs de la jeunesse actuelle est disponible en libre accès, proposée par nos plates-formes visuelles préférées, où il suffit de taper le mot magique dans le moteur – et en voiture, Simone!

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Un mâle sanglot

image Il y a des blogueurs fan de rugby. Ceux qui me font l'amitié de passer régulièrement par ici le savent: le sport sur canapé n'est pas mon truc. Je ne m'intéresse aux activités masculines en maillot que pour les images qu'elles peuvent produire. Hier soir, le fiasco du XV de France devant l'Angleterre en a livré une à glisser dans la galerie de nos icônes contemporaines. Non pas une image de bonheur, de succès ou de consécration – devenues banales dans l'environnement néo-libéral où nous évoluons. Mais l'image surprenante d'un échec, d'une surprise et d'un désarroi – qui n'était pas sans rappeler le dénouement de la finale du Mondial 2006.

En cette fin de match, la défaite de l'équipe française s'incarnait tout entière dans les épaules tressautantes de Sébastien Chabal, anéanti par le coup de sifflet final, agenouillé la tête dans les mains. Celui qui, quelques secondes plus tôt, jetait avec rage ses 116 kilos dans la mêlée, celui qui avait mérité les surnoms d'Attila, du Mangeur d'enfants ou de l'Homme des cavernes, celui qui personnifiait la puissance virile et faisait frémir les plus endurcies, celui-là avait le corps secoué de sanglots comme un petit garçon.

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Une image qui vole en éclats

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Chacun se souvient de l'extraordinaire mise en scène familiale qui avait marqué l'intronisation du nouveau président de la République, le 16 mai dernier. Abondamment reprise par les journaux et les télévisions, cette image d'une famille recomposée modèle avait donné le la de la "rupture" selon Sarkozy, bien décidé à prendre ses distances avec les pesanteurs républicaines de ses prédécesseurs.

Selon les informations diffusées aujourd'hui par le quotidien suisse La Tribune de Genève (doublé dans 24 Heures), confirmant les rumeurs de séparation qui circulaient dans la blogosphère depuis une semaine (ne cherchez pas dans la presse française: Libé a démenti), cette exhibition d'un bonheur familial sans faille n'aurait été qu'une fiction de circonstance. N'en déplaise à Laurent Joffrin, ce n'est pas internet qui nous fait régresser au XIXe siècle, mais bien le goût sulpicien des services de la présidence, amateurs d'images emblématiques dans la grande tradition du dessinateur Job. Après le film légendaire H.B. Human Bomb, la figure de l'intronisation rejoint les allégories de l'histoire officielle du régime. Un récit qu'il devient de plus en plus difficile de conjuguer avec le réel.

Google: mettez YouTube dans votre pub

Les fonctions économiques des plates-formes visuelles se précisent. Selon un article du New York Times, Google lance un nouveau service intégrant YouTube à sa régie publicitaire. Les vidéos originales d'une centaine de "YouTube content creators" volontaires sont diffusées par l'intermédiaire du système AdSense, en fonction de l'analyse contextuelle automatique qui évalue la pertinence du rapport entre un contenu et un site. Sans en préciser la répartition, Google indique que les revenus seront partagés avec les auteurs. “Nous inaugurons une distribution incrémentale pour nos créateurs de contenus”, estime Christian Oestlien, directeur de produit pour AdSense. Mais selon un concurrent, cette possibilité n'intéressera que les sites à audience réduite.

Référence: Miguel Helft, "Google to Put YouTube Videos on Its Ad Network", New York Times, 9/10/2007.

Des images légendaires

image Selon Walter Benjamin, la légende devait devenir “l'élément le plus essentiel du cliché”. À Paris-Match, on prend le philosophe au mot. Quitte à passer de la description aux contes pour enfants. Au terme d'un procès intenté à l'hebdomadaire, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné le magazine à 5000 € de dommages et intérêts pour sanctionner, non une “photo arrangée”, mais une légende trompeuse, ce qui est à ma connaissance une première.

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Les vidéos faites sur YouTube: un nouveau genre cinématographique?

Plusieurs familles de vidéos se disputent les plates-formes comme YouTube ou Dailymotion: les compilations d’actions sportives, les gags d’animaux, les images piratées des télés, etc… Et certaines misent sur le bouton «avance rapide». Comme celle de Charlie Mars, un technicien audiovisuel français, qui a résumé 500 jours de sa vie (et 70 heures de rush) à 4 minutes. Son film, publié le 10 août 2007 sur Dailymotion, a déjà été vu près de 81.000 fois. Dès le début de la séquence, l’auteur annonce la couleur: «janvier 2006: sans trop savoir pourquoi, je sors mon caméscope et je filme. Un peu chaque jour. Je me filme, moi ou bien cette cagoule stupide que je porte parfois…». Au final: un aperçu de sa vie quotidienne, entre vaisselle qui s’accumule dans l’évier et trajets en train, rythmée par les accélérations.

Par Alice Antheaume, 20minutes.fr, 04/10/2007.
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Quand les mots font défaut

Apparue dans le sillage du décès de Jacques Martin, une photographie fait actuellement l'objet de nombreuses reprises sur le web (par exemple ici, ici ou ici) et circule également par voie d'e-mail. La plupart de ceux qui reproduisent cette image, comme La Télé libre de John Paul Lepers, qui ne l'assortit d'aucune indication ni légende, n'en ont pas identifié la source: sa publication dans le n° 3044 de Paris Match du 19 septembre 2007, où elle est très précisément décrite: "Le 18 septembre 1984, les Martin reçoivent les Sarkozy. Cécilia tient Judith, née le 22 août. Sur les genoux de sa mère, Marie-Dominique, Pierre Sarkozy, né le 24 août".

Attribuée dans les colonnes du magazine à un(e) certain(e) "M. Le Tac", celle-ci ressemble à une image d'amateur plus qu'à une photographie d'agence. Il est intéressant de noter que la variante reprise sur la toile ne correspond pas à une copie de la version publiée. Comparée à celle-ci, l'image en ligne est plus claire, présente plus de détails dans les ombres, mais aucune trace de la trame quadri de la reproduction sur papier. Un léger défaut de positionnement dans le scan initial, qui fait pencher la photo de quelques dixièmes de degré dans le sens horaire – et que l'on retrouve sur toutes les reprises en ligne – apporte la preuve d'une origine unique. On peut supposer que sa mise en circulation est le fait de quelqu'un qui a eu accès, soit à la photographie originale, soit à une copie de travail, au sein de la rédaction.

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Ceci n'est pas Auschwitz

image Le Mémorial de l'Holocauste à Washington a rendu public le 20 septembre dernier un album de 116 photographies de 1944 ayant appartenu à un adjudant du camp d'Auschwitz, Karl-Friedrich Höcker.

Il existe peu d'images privées réalisées par les gardiens des camps de concentration allemands. L'exposition "Mémoire des camps" dirigée par Clément Chéroux en 2001 avait présenté plusieurs groupes de photographies amateur, issues de Treblinka ou de Buchenwald. A chaque fois, le contraste est choquant entre ce qu'on sait de ces univers de torture et de mort et la vision d'une vie ordinaire étalée avec insouciance. Les titres des journaux ont cultivé ce paradoxe: "Fröhliche Stunden neben der Gaskammer" (Heures joyeuses près des chambres à gaz, Der Spiegel); "Les photos de la vie heureuse des tortionnaires d’Auschwitz" (Le Monde). La consultation des photographies, disponibles en ligne, confirme le caractère peu informatif d'un corpus qui pourrait être issu d'une garnison quelconque.

Mais à vrai dire, comment aurait-il pu en être autrement? S'attendait-on à la consignation des souffrances des prisonniers ou des remords de l'adjudant? Outre l'interdit strict qui pesait sur la mise en image des conditions de l'extermination, la forme même du recueil privé incitait à l'évacuation de tout détail fâcheux. Sont-ils plus fidèles, nos propres albums, qui sélectionnent eux aussi les sourires, les vacances et les anniversaires, et omettent soigneusement les accidents, les conflits ou les enterrements? Récit de vie esthétisé, soumis à de puissants codes formels et sociaux, bien décrits par Bourdieu, l'album est le support rituel d'un petit théâtre du bonheur plutôt que le reflet de la réalité. L'album Höcker montre comment la photographie, malgré son caractère d'empreinte, peut manquer le réel. Sans retouche, ni trucage. Simplement, en regardant à côté.

Références

Une nouvelle image de la France

Il va falloir s'y faire. Alors que les démagogues n'ont d'yeux que pour le contrôle de l'immigration, présentée comme le problème numéro un de la population française depuis l'apparition du chômage de masse, les démographes ont fait une découverte autrement préoccupante. Le nombre de Français établis à l'étranger serait en forte croissance, de l'ordre de 40% sur la période 1993-2002. Hervé Le Bras a tenté d'estimer la réalité d'une perte de population que les organismes officiels s'efforcent de dissimuler. “En résumé, les prétendues "omissions nettes" ont occulté un puissant mouvement démographique qui s'est lentement construit depuis la fermeture des frontières, un mouvement d'émigration des jeunes hors de France” ("La France, pays d'émigration", Les Quatre Mystères de la population française, Paris, Odile Jacob, 2007, p. 73-74).

A cette vision nouvelle, une campagne de la Fondation pour la recherche médicale donne pour la première fois une image, celle de la fuite des cerveaux, dans un spot réalisé bénévolement par l'agence RMG Connect. Appuyée sur un diagnostic qui vaut pour l'ensemble de la recherche publique, cette campagne alerte sur la crise des vocations provoquée par une politique de la recherche désastreuse, et appelle à soutenir les jeunes chercheurs.

Télécharger le dossier de presse (pdf).

Pour un droit à la critique des images

image S'il existait un compteur de l'emploi du mot "décryptage", nul doute qu'il aurait atteint en cette rentrée des sommets historiques. Directeurs de programmes, journalistes et Paul Amar ne jurent que par lui. A ce terme qui fleure bon la théorie du complot, je préfère personnellement celui, moins sexy, d'analyse. Mais au-delà du vocabulaire, la décryptolalie témoigne d'un appétit bien réel pour l'interprétation des signes du quotidien. Ce dont on ne peut que se réjouir. Il faut cependant souligner une anomalie. Alors que la loi permet, lorsqu'on étudie un texte, de mentionner le passage qui fait l'objet de l'analyse, en vertu du droit de citation, ce droit n'existe pas en matière d'images fixes. Il s'agit d'une particularité française: les Etats-Unis ou le Canada recourent au fair use, ou usage équitable, et l'Allemagne dispose d'un droit de citation en bonne et due forme protégeant l'argumentation scientifique (voir: "Le droit aux images et la publication scientifique").

En l'absence d'une telle disposition, les candidats au décryptage ne peuvent publier les images sur lesquelles ils travaillent sans l'autorisation expresse de leurs auteurs ou ayants-droits. Cette obligation peut devenir un obstacle infranchissable. Le numéro 17 d'Etudes photographiques proposait par exemple une étude de Marie Bottin consacrée à la réception française de l'oeuvre de Nan Goldin. Réalisé dans les conditions désintéressées et indépendantes de la recherche universitaire, cet article ne prend pas de gants pour décrire les paresses mythographiques d'une certaine critique et ébrèche une légende patiemment construite. Voilà qui n'était guère prudent puisque, pour illustrer cette contribution, encore fallait-il que la rédaction recueille l'accord de l'artiste. Après avoir requis de prendre connaissance du texte, ses représentants ont décidé de nous refuser cette autorisation. L'article a été publié sans aucune illustration.

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La censure sur Flickr: scandale ou nouveau sport?

image Photographe et blogueur, Thomas Hawk est connu pour l'affection sourcilleuse qu'il porte à la plate-forme visuelle Flickr. Les cas de censure injustifiés trouvent en lui un héraut toujours prêt à la croisade. Dans un billet daté du 21 septembre, il évoque l'image d'un jeune enfant, retirée du site sous prétexte que celui-ci a une cigarette à la bouche. Hawk ne précise ni l'auteur de l'image ni sa source, mais illustre son billet d'une célèbre photographie de 1969 par Joseph Szabo (voir ci-contre). Et livre à la vindicte la notification envoyée par le service: “Images of children under the age of 18 who are smoking tobacco is prohibited across all of Yahoo's properties. I've gone ahead and deleted the image from your photostream. We appreciate your understanding.” (Les images d'enfants de moins de 18 ans fumant du tabac sont interdites sur tous les sites de Yahoo. En conséquence, j'ai effacé cette image de votre flux. Merci de votre compréhension.)

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Gmail: le nouveau visage de la pub

En ligne depuis quinze jours sur YouTube, le clip a déjà été consulté plus de 3 millions de fois – une progression qui n'est pas près de se ralentir. Comme la vidéo "Dove Evolution", dont il vient d'être question ici-même, il s'agit d'une publicité virale pour le service de messagerie Gmail, propriété de Google. Mais plutôt qu'une production autonome, la séquence a été réalisée en sollicitant la collaboration des internautes, sur la base d'un canevas simple: la progression d'une enveloppe marquée d'un "M". Le clip final est un montage d'une sélection parmi les 1146 vidéos proposées au cours du mois d'août.

A l'instar de "Dove Evolution", "Gmail: Behind the scenes" illustre une transformation fondamentale de l'économie publicitaire. Plutôt qu'un parasite du canal, un message imposé dont le postulat implicite est qu'il nous ennuie ("Skip this ad"), la pub se transforme ici en un produit autonome qui fait envie. Non pas un message qui suscite le désir pour un autre produit, mais un clip qui devient lui-même un objet du désir, et qui encourage à son tour les reprises et les commentaires (d'où le buzz). Ni Dove ni Gmail ne nous disent: courez vous acheter un savon ou un compte de messagerie. Ils travaillent au second degré, en proposant gratuitement un objet-message attractif, rapide, ludique, simple et lisible, qui joue habilement des modes et des codes. Renforcez votre estime de vous-même. Voyez comment on peut fabriquer, grâce à votre aide, la première vidéo collaborative à l'échelle mondiale. C'est fun. C'est sympa. Tout le monde aime ça.

C'est là qu'il convient de regarder de plus près les règles de composition du film. Chez Dove comme chez Gmail, pas de dialogues: on laisse parler l'image – seulement soutenue par la bande-son. Mais pas n'importe quelle image: une image travaillée, ouvragée, augmentée. Et travaillée notamment par la gamme des effets et manipulations permis à tout un chacun par l'ordinateur. Dans le clip Gmail, l'efficacité du principe du déplacement latéral autorise toutes les variations et produit des effets particulièrement loufoques. Un marabout-bout de ficelle visuel, qui fait penser aux premiers trucages de Méliès découvrant les joies du montage – ou la règle archétypale du cinéma comme ressort d'un projet collaboratif 2.0. Sauf qu'en 2007, le recours à ces effets connote moins la cinéphilie que l'image amateur, dans un rythme familier aux spectateurs de vidéo-gag. Ce qui frappe au final, c'est la maîtrise de tous ces effets de proximité, remarquablement assimilés. La nouvelle pub arrive. On n'a encore rien vu.

La barbe

image L'existence d'un nouvel enregistrement vidéo d'Oussama Ben Laden a été rendu public hier soir par les agences de presse, en même temps que la réponse de George Bush. Selon l'AFP, la totalité du message n'est connue que par une transcription communiquée via un institut privé de veille antiterroriste. Le site de l'institut ne diffuse toutefois pour l'instant ni la vidéo, ni le texte du message. Un extrait de 3 minutes, posté vers 22h par Le Figaro, peut être consulté sur Dailymotion.

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