Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le web inspire les Simpsons

image En France, les Guignols de l'info croient que Chirac est toujours président, les intellectuels pensent qu'Alain Finkielkraut est spécialiste d'internet, et le journal Le Monde vient de découvrir que Facebook n'est pas une agence de presse. Aux Etats-Unis, le 16 décembre dernier, un épisode des Simpsons a rendu hommage à la vidéo culte de Noah Kalina, déjà présentée sur ce blog.

Parodiant l'accélération temporelle d'"Everyday", le 9e épisode de la 19e saison du célèbre dessin animé présente un hilarant condensé de la vie de Homer Simpson. Souffrant d’une perte de mémoire, Homer se croit coupable d’avoir frappé sa femme et veut retrouver la mémoire à l’aide d’une machine à remonter dans le temps pour connaître la vérité. Devant l'insuccès de cette technologie, il décide de recourir à la bonne vieille méthode pour mettre fin à sa culpabilité: le suicide. Sautant d’un pont, le personnage perçoit un flash-back, calqué sur les principes d'"Everyday" et qui reprend la musique originale de Carly Comando. La séquence se termine sur une image du site de YouTube avec le titre "Homer se prend en photo pendant 39 ans".

Cette citation d'un fleuron du web 2.0 par un des principaux carrefours d'audience de la télévision traduit l'intégration du nouveau médium au sein de la culture populaire de la société américaine. A son tour copié sur Youtube, l'extrait y a rapidement suscité un nouveau buzz, agrémenté de variations et remixes, qui sont autant de manières de contourner la protection des copyrights.

The public story of a Facebook photograph

Not really liking my former Facebook portrait photo, I decide to post another shot. This new one is softer, with a view of the back of my nude torso submerged in an orange grainy light. My face is recognizable and my expression reflects an intimate moment snapshot. Subtly hot in content and warm in colour, you see one of my nude shoulders – no more, no less. The left open eye entices the viewer in an accomplice-like smile. A black rectangle in the background, hors champ, is suggestive of an invitation to another space.

To be honest, I did not reflect on this change in advance… I just did it. Then, due to the repercussion the change induced, I decided to analyse what had happened – similar to how any researcher would analyse facts in an empirical experience.

I received comments from my friends and some invitations from people I do not know. Pokes, no, no pokes nor any other of the new “X Me” applications at all. The personal mails were from friends I already had in my list and were only written by my female friends. Did they feel embarrassed or intimidated by the photo? No, I believe they were just winks and smiles of complicity. Men’s auto censorship? Usually we, women are supposed to post non committed photos, “beware of web-harassments, watch out”… The photograph I chose is possibly the opposite of what most women post. Generalizing, when women change their portrait pic it is for one where you can hardly see their face and body, something kind of “I wanna be mysterious”.

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Il y a une vie après le séminaire

image La science n'est pas toujours morose. Après le séminaire, on se retrouve Aux bons crus, pour refaire le match autour d'un muscat sec (j'espère que le patron aura l'amabilité de nous offrir une tournée générale pour cette publicité gracieuse). Hier soir, tout y est passé: de Marin à Simondon, Facebook et poke, et bien sûr Laure et Carla. Ce conciliabule d'anthologie méritait bien quelques photos souvenirs.

Faute de disposer d'une connexion pendant la période des vacances, je me vois dans l'obligation de suspendre l'alimentation de ce blog jusqu'au début de l'année prochaine (commentaires validés jusqu'à ce soir, après il faudra attendre). En souhaitant de très bonnes fêtes à mes lecteurs, un père Noël généreux et un repos réparateur. Rendez-vous en 2008 pour des billets encore plus éblouissants, des analyses encore plus fines, des images encore plus belles (et maintenant, arrêter le muscat).

Speaking of pictures. Le baiser de l'hôtel de ville

Quelle différence y a-t-il entre une mise en scène publicitaire et une photographie de reportage? L'exemple célèbre du "Baiser de l'hôtel de ville" nous montre que la distance a pu être moins grande que ce qu'on imagine communément. Robert Doisneau (1912-1994) est en 1950 un photographe confirmé, membre de l'agence Rapho, dont les activités vont des portraits de vedettes de cinéma aux vues de la banlieue parisienne en passant par les reportages industriels. Un vaste éventail auquel Doisneau imprime sa marque de fabrique: le sceau de la "photographie humaniste", une esthétique où prime la dimension humaine. C'est en toute connaissance de cause que le magazine américain Life lui passe commande d'une série de photographies destinées à former la partie visuelle d'un reportage.

La charmante impudeur des jeunes couples parisiens qui s'embrassent dans la rue forme un sujet folklorique et pittoresque. Tout est inventé dans cette double page: des photographies, faux instantanés composés à dessein, aux légendes, qui donnent prétendument la parole au photographe (“My camera exposure was five seconds. The kiss took somewhat longer”; le temps d'exposition de l'appareil était de cinq secondes. Le baiser aura duré un peu plus longtemps). Pourtant, à l'évidence, la rédaction n'y a pas vu malice. Pour le grand magazine illustré, il s'agit d'un traitement éditorial ordinaire. La réalisation d'un véritable reportage sur un thème aussi léger aurait demandé un temps disproportionné et soulevé d'insurmontables problèmes de droit à l'image. Doisneau sait que Life refuserait de vrais instantanés, dont la publication risquerait d'avoir des suites juridiques. Il met donc à profit sa maîtrise des images sur le vif pour en recréer fidèlement les conditions et l'aspect, avec ses flous de mouvement et ses détails inattendus.

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Tristesse du readymade

Les pratiques de citation et de détournement de Richard Prince ont suscité de nombreux débats depuis 1977. Intitulé "If the copy is an artwork, then what's the original?" (si la copie est une oeuvre d'art, alors qu'est l'original?), un article récent publié par le Herald Tribune a relancé la discussion. De la pire manière. “Que pensent les auteurs des images originales des photographies de leurs photographies, magnifiées en oeuvres d'art, mais sans que leur nom apparaisse nulle part?”, s'interroge le quotidien, en suivant les pas de Jim Krantz visitant la rétrospective actuellement proposée par le Guggenheim de New York. Photographe ayant produit des publicités pour Marlboro, Krantz est l'un de ceux dont les images ont été reprises par Prince. Les prix récemment atteints par les oeuvres du plasticien ("Untitled (Cowboy)" avait été la première photographie a dépasser le million de dollars en vente aux enchères en 2005) ont jeté de l'huile sur le feu – mais pas autant que la crise de l'édition musicale face au téléchargement, qui encourage une vision restrictive et policière de la création artistique.

L'article du Herald Tribune met en scène avec talent la souffrance d'un auteur spolié, qui réclame “reconnaissance et compréhension”. Comment ne pas s'émouvoir au récit de la tristesse du modeste artisan, qui se clot sur ces mots: “Ce n'est pas courant de voir un artiste qui n'est pas le créateur de sa propre oeuvre, et je ne comprends pas la frénésie tout autour. (...) Si je recopiais Moby Dick, est-ce que ça deviendrait mon oeuvre? Je ne sais pas. Mais je ne le pense pas.”

Pourtant, qu'aurait-on dit d'un article relatant la souffrance de Louis Duval, obscur concepteur chez Jacob Delafon d'un modèle d'urinoir, injustement dépossédé par Duchamp de son droit à la propriété intellectuelle et à la reconnaissance devant l'histoire? Quelle différence, à dire vrai, entre cet objet industriel devenu le paradigme de l'art du XXe siècle et une commande publicitaire dûment rémunérée, transformée par Prince en oeuvre?

Dans un débat rapidement devenu nauséabond, il faut saluer le courage d'un Thomas Hawk, photographe qui ose prendre la défense du plasticien sur son blog: “Je pense vraiment que le monde est meilleur avec Richard Prince et son merveilleux travail plutôt que si nous en étions privés.” Et Hawk d'inviter quiconque à faire usage de ses photographies dans un cadre créatif: “Si quelqu'un veut utiliser mes photos comme une partie de son propre processus créatif, qu'il le fasse.” Un point de vue libertaire et généreux devenu rare en matière artistique.

Le Swiss Press Photo reconquiert le glacier d'Aletsch

C'est le blog Diplomatie Ouest-indienne qui nous l'apprend: le prix Swiss Press Photo 2007 a été attribué au photographe zurichois Michael Würtenberg, pour une "interprétation" (à droite) d'une installation de l'américain Spencer Tunick, réalisée le 18 août 2007 en collaboration avec Greenpeace pour attirer l'attention sur le réchauffement planétaire (à gauche).

Je n'ai aucun goût pour ces mises en scène à grand spectacle, et je trouve plutôt affligeant de voir l'exercice photographique postmoderne, d'Arthus-Bertrand à Tunick, se réduire à quelques gimmicks facilement identifiables pour la presse magazine. Mais le choix du jury suisse n'en reste pas moins des plus curieux. Würtenberg est en effet l'auteur des deux photos ci-dessus: celle, officielle, de l'installation de Tunick (à gauche), tout comme la seconde, parue dans la NZZ am Sonntag, à laquelle il appose sa propre signature, cette fois comme concepteur (à droite). Plus conforme au style des cartes postales ou des calendriers, cette "interprétation" présente l'avantage de remplacer les peu esthétiques bas-ventres par le galbe plus affriolant des fessiers, et de restituer à la montagne sa jolie couleur bleue. Mais on ne peut s'empêcher de se demander si, tel Tintin plantant le drapeau de la FERS au sommet de l'aérolithe (L'Etoile mystérieuse), le Swiss Press Photo ne se sert pas de cette image pour reconquérir le glacier d’Aletsch – y réapposer symboliquement la marque de fabrique locale, de préférence à l'envahissement cosmopolite occasionné par Tunick. Après l'affaire de l'affiche du mouton noir de l'UDC, faut-il voir dans cette étrange attribution un "touche pas à mon glacier" typiquement helvétique? On attend les explications du jury, qui n'a fourni pour l'instant qu'une argumentation peu convaincante.

Ingrid Betancourt: photo ou vidéo?

Buzz garanti pour la version en ligne de la vidéo d'Ingrid Bétancourt, annoncée comme enregistrée le 24 octobre, diffusée ce matin par le gouvernement colombien et accueillie avec satisfaction par l'Elysée. Premier webmédia français à en commenter les images, De Source Sûre semble douter de la véracité de la "preuve de vie": “Les otages américains parlent et bougent alors qu'Ingrid Betancourt reste fixe (il semble qu'elle remue faiblement la tête au début, mais cela pourrait être un mouvement de caméra). Le visage amaigri et triste, la Franco-colombienne semble enchaînée par une main et reste tête baissée. Alors, photo filmée ou véritable preuve?”

Malgré la mauvaise qualité des images, on distingue nettement un mouvement de tête au début de l'enregistrement, puis un mouvement tournant de la caméra, enfin plusieurs clignements d'yeux en fin de séquence, éléments qui militent en faveur de l'enregistrement vidéo, même si l'immobilité de la prisonnière, pendant près d'une minute, est troublante. D'autres photographies de la même scène semblent en confirmer la véracité.

Deux vidéos contredisent la version officielle de l'accident de Villiers-Le-Bel

image Le Bondy Blog a publié ce matin à 9h le témoignage enregistré en vidéo d'un voisin présent sur les lieux aussitôt après l'accident qui contredit la version officielle, reprise jusqu'à présent par la presse (vidéo republiée sur Dailymotion à 14h sous le titre "Villiers Le Bel: le témoin gênant"). Il s'agit du même témoin que celui dont Libération a rapporté quelques propos dans son édition d'hier. Celui-ci explique notamment avoir vu la moto à terre, éloignée d'une quarantaine de mètres de la voiture des policiers, à un emplacement qui suggère un choc frontal plutôt que latéral. Il raconte également avoir été interviewé par plusieurs équipes de journalistes, notamment TF1, qui n'ont pas tenu compte de son témoignage.

Un article mis en ligne aujourd'hui à 11h15 par Le Monde.fr fait état d'une autre vidéo amateur, examinée par les journalistes, tournée par un témoin une quinzaine de minutes après l'accident, où l'on constate que la voiture de police n'a pas été vandalisée après coup, comme l'affirme la version de l'IGPN, mais qu'elle était bien dans l'état montré par les photographies publiées. La violence du choc suggéré par ces images ne semble pas compatible avec les vitesses ni les positions de la version officielle.

Projection sur la période khmer rouge au Angkor Photography Festival

image La plupart des jeunes cambodgiens n’ont jamais vu de photos ou de documentaires sur la période khmer rouge.
Lors du calage du video-projecteur l’après-midi en projetant le documentaire de Rithy Pan S21 (sur les tortures et les exécutions de masse dans la prison de Tuol sleng à Phnom Penh), le personnel cambodgien du restaurant Carnet d’Asie a observé avec fascination cette part de leur histoire qui leur est pratiquement inconnue.

Reportages par Roland Neveu, Benoit Gysembergh, Romain Clergeat, John Vink, Stuart Isett, Christine Bouteiller, Florence Brochoire, Justin Mott. Documentaire par Rithy Pan. Le 21 novembre à Carnets d’Asie (Angkor Photography Festival).

La photo qui n'avait rien à voir

image Chronique des usages désinvoltes de l'image (suite). Après Libération, voici Le Monde pris en flagrant délit de laisser-aller décoratif. Pour illustrer la version en ligne d'un article évoquant, dans l'édition datée du 21 novembre 2007, une conférence sur "le sens de l'humour chez Descartes" au Théâtre du Rond-Point, l'iconographe a choisi une photographie du théâtre qui referme comme les deux moitiés d'un fruit les entrelacs arachnéens de la toiture, troués par un contre-jour, sur l'embrasement rougeoyant des fauteuils d'orchestre. Une bien belle image, légendée: “Vue non datée de l'intérieur du théâtre du Rond-Point, à Paris. D. R.”

Vue non datée? Droits réservés? On pouvait trouver dès ce matin la solution de l'énigme sur le blog de François Bon: “Là, sur la photo, je me dis: ben dis donc, pour un truc sur le rire au Rond-Point, y a pas grand-monde... Pourtant, ce qui m’étonnait, c’est que j’avais reconnu la grande salle du Rond-Point avant même de lire l’article. Et je comprends: là, dans Le Monde, c’est ma pomme en train de faire atelier d’écriture, avec les enseignants du rectorat de Versailles... il y a exactement trois ans!”

Certes, précise l'écrivain, cette photographie de Philippe De Jonckheere était disponible en copyleft sur son site, le Tiers Livre, mais il aurait été plus correct de la part du journal d'informer l'auteur de son usage et d'indiquer sa source.

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Libé n'a plus d'yeux pour les étudiants

image Une manif a mille visages. Phénomène polymorphe aux contours imprécis, elle offre à la vue tout l'éventail des comportements – et au photographe une vaste gamme de traitements. Selon l'angle retenu, on peut la montrer nombreuse ou anémique, souriante ou morose, dynamique ou amorphe. C'est dire si le choix d'une image est ici significatif. Significatif, non de l'événement, mais du regard qu'on porte sur lui.

En mars 2006, lors de la crise du CPE, Libération, fidèle à son histoire, s'était rangé du côté des manifestants. La grille de lecture visuelle était clairement la référence à mai 68. Volontiers éclairées par la lueur chaude d'un fumigène, les images chantaient l'ode à la jeunesse, au dynamisme et à la liberté. Un an et demi plus tard, beaucoup de choses ont changé. Joffrin a remplacé July à la tête du journal. Sarkozy a remplacé Villepin à la tête du pays. Sous le losange rouge, pour la première fois, les manifestations étudiantes ont perdu leur air de fête.

Sur la couverture du 9 novembre 2007 (voir ci-contre), foin des jeunes filles souriantes de jadis, trois jeunes gens occupent l'espace. On distingue quelques têtes à l'arrière-plan, mais la vue est en contre-plongée: impossible de savoir s'ils étaient dix mille ou deux cent – va savoir pourquoi, on n'a pas l'impression qu'ils étaient bien nombreux. Les couleurs sont froides et sombres, l'horizon bouché. Pas un brin de ciel bleu, qui signifie l'espoir. Surtout, ces trois étudiants sont entre eux: pas un coup d'oeil vers nous, pas un regard en avant, ni vers l'extérieur. Ils sont tout entiers à leur préoccupation du moment. Qui n'a pas l'air des plus aimables. Le personnage central, la bouche ouverte sur un cri, a les yeux presque clos. Une attitude reprise par son compagnon de gauche, dont le bas du visage est coupé. Comme les deux oreilles qui encadrent la scène, à gauche et à droite de l'image, et la referment à la manière d'un flipper. Le tout forme un bloc grimaçant et bizarre, sorte d'évocation moderne du Laocoon.

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Au fond du jardin, ma consolation

En manière d'hommage à ce joli blog découvert par hasard, Animaregard – et aussi parce que pas le temps aujourd'hui (soutenance de thèse demain) – voici un petit échantillon visuel "à la manière de Hélène M." (à ne pas manquer chez elle: le cairn aux chewing-gums, la photo numérique jamais vue, sans oublier l'incroyable typo en "étron de caniche").

image De quoi qu'est-ce? Indice n° 1: j'ai été absolument fasciné, il y a quelques années, par la lecture de La Vie est belle (Points Seuil, 1991-2004, en anglais: Wonderful life: the Burgess Shale and the nature of history). Stephen Jay Gould est un de mes auteurs préférés, dont j'admire la profondeur autant que le sens du récit. La Vie est belle reste pour moi un livre magique, parce qu'il fait toucher du doigt, avec la faune de Burgess (-525 millions d'années), l'étrangeté absolue de formes vivantes qui ne sont comparables avec aucune espèce connue. Indice n° 2: je suis un historien dont le regret le plus sincère est que la machine à remonter le temps ne soit qu'un rêve à tout jamais inatteignable.

Je ne verrai jamais de mes yeux la faune de Burgess, et ça, que voulez-vous, quand j'y pense, ça me met au coeur le plus affreux des chagrins. C'est pour ça qu'on me voit parfois errer, au fond du jardin, les mains dans les poches et les yeux dans le vague. Et qu'y a-t-il donc, au fond du jardin? Au fond du jardin, il y a un bac à compost, où s'entassent les épluchures et les restes des repas. Dans cet humus, on aperçoit des merveilles: des oligochètes, ou lombrics, descendants directs des annélides du Cambrien, les plus anciens animaux pluricellulaires, des oniscides, plus communément appelés cloportes, crustacés terrestres qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux arthropodes primitifs. Une vermine grouillante et prodigieuse, qui s'ébat et fouille et tripaille. Ma machine à remonter le temps du pauvre.

La valise rouge, ou le hors champ

Déjà signalé sur ce blog, le buzz d'une image fixe est beaucoup moins facile à évaluer que celui d'une vidéo. En l'absence de carrefours d'audience tels YouTube ou Dailymotion, sans compteur de vues ni situation chronologique, la surveillance de la circulation d'une photographie reste une affaire qui relève du connoisseurship plus que d'une approche méthodique. En la matière, toutefois, un signe ne trompe pas. La rapidité de sa reproduction en des lieux divers est un indicateur fiable de son caractère viral.

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Le campement rue de la Banque évacué

image Le campement des mal logés de la rue de la Banque a encore été évacué ce matin vers 11h, après une première intervention des forces de l'ordre hier vers 6h, lors de laquelle toutes les tentes avaient été confisquées. Après une nuit pénible, une nouvelle intervention musclée ce matin, au cours de laquelle plusieurs personnes ont été blessées, a délogé complètement les familles, repoussées plus loin dans la rue. Un peu plus tard, Josiane Balasko et Emmanuelle Béart viendront apporter leur soutien, après Guy Bedos et Richard Bohringer avant-hier et Depardieu hier.

Ici, Emmanuelle Béart au micro de RTL dans la rue de la Banque, face au cordon de CRS après l'expulsion.

Par Hughes Léglise-Bataille, photo légendée sur Flickr, album "Droit au logement", 1er novembre 2007.

La diplomatie, ça sert d'abord à faire la guerre

image Le torchon brûle entre Diplomatie ouest-indienne et Actualités de la recherche en histoire visuelle. Alors que j'avais discrètement proposé un relevé d'enquête concernant les auteurs de ce site, ceux-ci ont décidé de répliquer ouvertement par un billet illustré, mettant l'affaire sur la place publique.

Pour ceux qui n'ont pas suivi les précédents épisodes du feuilleton, rappelons que ce blog spécialisé dans les cosmétiques avait été accusé à juste titre par Daniel Schneidermann d'activité propagandiste en faveur de Loréal. J'étais intervenu dans cette controverse, estimant que mon rôle était de prendre la défense des nouveaux venus. Mal m'en a pris puisque, après m'être brouillé avec l'éminent fondateur d"Arrêt sur images", me voici publiquement mis en cause. Drapés dans un internationalisme de bon aloi, "le fou" et "la dame" me taxent maintenant d'ethnocentrisme – ce qui prouve simplement qu'ils utilisent des termes dont ils ne connaissent pas le sens.

Bien décidé à ne pas laisser salir ma réputation, j'en appelle à mes collègues blogueurs. Il va falloir choisir son camp. Dans la sphère visuelle, je pense pouvoir compter sur la loyauté d'Afrique in visu, dont j'ai révélé l'existence ici même, de Iconique.net, que je cite régulièrement tous les six mois, de Lunettes rouges, à qui j'ai payé un café, de Ouinon.net, dont j'aime beaucoup les autoportraits, de la Tribune de l'Art, dont je connais bien le directeur, ainsi que de ViteVu, puisque c'est moi qui le pilote. Si je n'ai pas encore eu l'occasion de renvoyer explicitement aux excellents la Boîte à images et Design & Typo, ils figurent dans ma blogroll et sont des modèles de chaque instant: j'espère qu'ils se joindront à ma juste croisade. Evidemment, les interventions de Fotostoria ou de Art History Newsletter seraient les bienvenues, dans un contexte où la dimension internationale fait débat. Ensemble, nous apprendrons le respect dû aux anciens à ces "diplomates" bien mal nommés. En comptant sur votre aide et vos commentaires.

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