Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Small is beautiful (ou du nouveau dans les usages)

image Campagne présidentielle et nouveaux médias, notes d'un citoyen ordinaire (suite). Jeudi soir: séminaire à l'INHA. Je rentre chez moi après le JT, fatigué, et me couche de bonne heure. Ce matin, tôt levé, lecture de mes fils RSS. Je découvre avec le billet de Daniel Schneidermann sur le Big Bang Blog qu'il y a eu une interview de Nicolas Sarkozy sur TF1 hier soir, en réponse à celle de Ségolène Royal dimanche sur le même canal. Je n'ai vu aucune des deux interventions, ni suffisamment prévisibles ni suffisamment importantes pour mobiliser la procédure d'enregistrement vidéo. Ce qui m'interdit d'accéder à une information de flux qui n'est en principe disponible qu'en temps réel - sauf conditions particulières. Il y a trois ans, lorsque nous avions souhaité, avec Christian Delage, analyser un épisode télévisuel de la présidentielle de 2002 (cf. ci-dessous), nous avions été bien heureux de bénéficier de la disponibilité toute neuve du service d'enregistrement continu des chaînes françaises, accessible sur les consoles informatiques de l'Inathèque à Tolbiac. Encore fallait-il disposer d'une carte de lecteur de la BNF, d'un hébergement en région parisienne et d'une information suffisamment pointue pour recourir à cet outil. Aujourd'hui, sans bouger de chez moi, je tape "Dailymotion" sur Google, puis "Ségolène" et "Sarkozy" sur le moteur de recherche interne de la plate-forme (réponses triées par l'item: "les plus récentes"), ce qui me permet d'accéder en une poignée de secondes aux enregistrements des deux interviews, mises en ligne par des partisans des candidats.

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La vidéo d'Angers: un tournant de la culture médiatique française

image Le 8 novembre 2006, un diffuseur anonyme poste sur Dailymotion une séquence vidéo de 2 minutes dans laquelle Ségolène Royal effectue une proposition iconoclaste: “la révolution des 35 heures” pour les professeurs de collège. Au cours des jours suivants, le "buzz" autour de cette séquence va enfler dans des proportions jusqu'alors inconnues dans le paysage médiatique français. Le mardi 14 novembre, l'expression "Ségolène Royal Vidéo" atteint la première place du classement des requêtes enregistrées par le moteur de recherche Technorati. Une semaine après sa mise en ligne, la séquence aura été visionnée un million de fois dans ses différentes copies sur Dailymotion: un score encore jamais atteint sur la plate-forme française de vidéos, à plus forte raison dans un espace de temps si bref (à titre de comparaison, la séquence qui occupait jusque-là la première place, un extrait de la série d'animation Southpark, avait été consultée près de 900.000 fois en 10 mois). En-dehors de l'interprétation politique de son contenu, quels ont été les ressorts de cette réception exceptionnelle?

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Ségolène et les pirates

image Ca se confirme: la campagne électorale va fournir un excellent laboratoire pour mesurer l'évolution des interactions entre anciens et nouveaux médias. A en juger par l'ampleur et la rapidité de sa reprise par la presse traditionnelle, la vidéo de Ségolène Royal suggérant un service de 35 heures aux professeurs de collège (voir ci-contre) a fait un tabac. Un peu plus de 48 h séparent la mise en ligne du document sur Dailymotion, mercredi 8 novembre, probablement en fin d'après-midi, de son commentaire par la principale intéressée, interrogée vendredi 10 novembre dans l'édition nationale du 19/20 sur FR3. La maladresse d'une remarque venant chatouiller le coeur de cible de l'électorat socialiste, diffusée immédiatement après le dernier débat des trois candidats à la candidature, avait évidemment un caractère hautement explosif. Repérée dès le mercredi soir par Versac, discutée sur Nuesblog, la vidéo est signalée sur le site du Monde.fr le jeudi soir, puis par l'AFP le vendredi matin.

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Grands médias, petites phrases; petits médias, grands discours

image Avec la désignation prochaine du (ou de la) candidat(e) socialiste à la présidence de la République prendra fin la première phase d'une précampagne déjà riche en rebondissements. L'un des éléments de bilan de cette période est un nouveau partage du rôle des médias. Pendant que les principaux représentants du gouvernement - Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Nicolas Sarkozy - occupaient le terrain des grands médias selon la formule traditionnelle de la petite phrase, de l'intervention ciblée ou de la proposition ponctuelle, on a vu les challengers installer un autre format grâce à l'espace offert par les médias alternatifs: télévision numérique terrestre ou web TV.

Frappé a priori d'illégitimité par les décideurs du marketing médiatique, le temps réservé à l'expression politique n'avait fait que se restreindre, se disperser ou se diluer dans la période récente. Aussi est-ce avec une certaine surprise qu'on a pu observer la réapparition de ce facteur inattendu: la durée, dans les prestations des candidats non-gouvernementaux, avec la série de débats du trio socialiste Fabius-Royal-Strauss-Kahn retransmis sur la Chaîne parlementaire (LCP), ou encore l'entretien de deux heures et demie accordé par François Bayrou à l'équipe du PoliTIC'Show. Assurément, ces formats pas plus que ces contextes de diffusion ne sont destinés à toucher la plus large part de l'électorat. Mais parce qu'ils s'adressent à sa partie la plus politisée, ils n'en pèseront pas moins de façon déterminante sur la suite de la campagne.

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France Culture questionne le droit des images

image Le vigoureux débat public qui a accompagné en France la discussion sur la loi DADVSI a témoigné d'une large prise de conscience par l'opinion, en dépit de l'aridité de la matière, des enjeux liés à l'encadrement juridique des nouvelles pratiques électroniques. Fort de cette leçon, France Culture a osé consacrer hier soir une émission - certes tardive - à la question des évolutions récentes du droit des images dans le contexte numérique.

Invités par Jean-Baptiste Soufron à "Minuit/dix", quotidienne animée par Laurent Goumarre, Jean-Paul Bessières-Orsoni, chef de l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux (RMN), Didier Rykner, directeur de la revue en ligne La Tribune de l'art et votre serviteur ont entrepris de défricher les broussailles qui entourent la conjonction de la photographie numérique et d'internet. Ce n'est pas sans plaisir que je participais à une rencontre directement issue de la discussion entamée ici même, dans les commentaires du billet "Daguerre et Wikipedia (fin)".

Volontiers placé par la pente de la conversation en situation d'accusé, le représentant de la RMN défend avec conviction une position d'ouverture et de respect des missions de service public. L'objectif de l'agence, explique-il, n'est pas de faire des bénéfices, mais seulement d'assurer le financement des campagnes de reproduction des collections patrimoniales (18.000 à 20.000 reproductions effectuées en moyenne par an), en vertu de quoi la plus grande tolérance est requise à l'endroit de projets non commerciaux. Mais on sent parfois Bessières-Orsoni gêné aux entournures. En soulignant les dysfonctionnements des méga-agences, Getty et Corbis, il donne l'impression de botter en touche. Pressé de questions sur les usages en ligne, le représentant de la RMN fournit une précision intéressante: les 365.000 images disponibles sur le site de l'agence (en 650 pixels de côté) sont considérées comme librement copiables pour les usages non commerciaux en ligne. Il y a toutefois loin entre cette permission tacite et la position officielle d'un pays comme les Etats-Unis, qui a inscrit dans la loi le caractère public de toute image réalisée dans le cadre d'un programme fédéral (comme par exemple les photographies de la NASA, mais aussi de la Farm Security Administration ou de nombreux fonds de la bibliothèque du Congrès).

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Daguerre et Wikipedia (fin)

A mon grand désappointement, l'affaire Daguerre vs Wikipédia se clôt par un fiasco. Rappel des épisodes précédents: en novembre dernier, consultant les articles "Daguerre" et "Daguerréotype" de l'encyclopédie en ligne, je constate qu'il sont illustrés par une reproduction du "Cabinet de curiosités", incunable de 1837 appartenant à la Société française de photographie (SFP). Une mention de copyleft explique que cette image relève du domaine public “en raison de la date de mort de son auteur” (Daguerre est mort en 1851). Cette justification pose à mes yeux un problème intéressant. Parmi les familiers des collections de la SFP, nous sommes quelques-uns à savoir que le daguerréotype en question s'est presque complètement effacé et présente aujourd'hui l'aspect d'un miroir. Cette photographie n'a plus été exposée depuis le début du XXe siècle. D'après mes vérifications, la seule reproduction en circulation est celle effectuée à partir d'une copie de 1925, en noir et blanc, par l'archiviste Georges Potonniée. Je décide alors de tirer argument de la différence d'aspect visible à l'oeil nu entre l'état actuel de l'original et la reproduction de 1925 (voir ci-dessus) pour interpeller Wikipédia sur ce blog et publier pour la première fois une image de l'aspect contemporain du "Cabinet". Fin du premier acte.

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Daguerre et Wikipedia (suite...)

image J'avais signalé en novembre dernier que l'encyclopédie en ligne Wikipedia, qui utilisait une reproduction du "Cabinet de curiosités", célèbre daguerréotype de 1837, pour illustrer ses articles "Daguerre" et "Daguerréotype", ne pouvait recourir à l'argument de la date de la mort de son auteur (en 1851), pour conclure au caractère libre de droits de l'image. Celle-ci diffère en effet du tout au tout de l'aspect de la plaque existante, conservée dans les collections de la Société française de photographie, aujourd'hui presque totalement effacée (voir ci-contre). Pour mettre à l'épreuve la réalité des circulations du réseau, je m'étais abstenu de soumettre directement cette objection à Wikipédia, et avais décidé d'attendre que l'information trouve seule son chemin. Il aura fallu patienter près de neuf mois – un délai un peu long compte tenu de l'instantanéité revendiquée des outils électroniques – mais ma bouteille à la mer est finalement arrivée à bon port. Hier, les rédacteurs de la version francophone de l'encyclopédie ont pris en compte mes arguments et estimé qu'il était préférable de retirer cette image des articles concernés.

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Le portrait de la reine

image On se souvient de l'ouvrage d'Ernst Kantorowicz, Les Deux Corps du Roi (Princeton, 1957; trad. fr. Gallimard, 1989), qui avait inspiré à Louis Marin son magistral Portrait du Roi (Minuit, 1981). En résumé, dans un contexte classique, l'exercice de la représentation ne renvoie pas au personnage réel mais à la fonction politique, dont le portrait est un attribut constitutif. Tel est encore le fonctionnement du portrait officiel des présidents de la république français, affiché dans toutes les mairies. Bien sûr, l'exercice médiatique moderne a fait évoluer ce cadre figuratif. Sans pour autant abolir la frontière entre corps privé et image de la fonction. Le président d'une démocratie élective peut-il avoir un corps? Qu'avons-nous le droit de connaître du corps réel - corps érotique, corps de désir - de nos représentants? Les réactions récentes à la publication des photographies de Ségolène Royal à la plage, ou encore à l'exposition du buste "présidentiel" d'Hillary Clinton montrent qu'il n'est pas si simple de répondre à ces questions. Et qu'elles se posent en termes nouveaux lorsque le corps en question est un corps de femme.

Deux magazines, Closer (n° 60) et VSD (n° 1511), ont publié respectivement les 7 et 11 août des photographies de Ségolène Royal en casquette et bikini turquoise, réalisées sans autorisation. A l'inverse du futur candidat à la présidentielle de l'UMP, amateur d'interdictions, de pressions et autres limogeages quand son image est en cause, la présidente de Poitou-Charentes a indiqué qu'elle n'attaquerait pas ces journaux en justice, même si elle y a vu, selon l'AFP, une «atteinte à sa vie familiale». La presse nationale et internationale s'est largement fait l'écho de ces publications. Les réactions ont généralement souligné «l'effritement du tabou» pesant sur la vie privée du personnel politique français; certains ont insinué que ces clichés «pourraient être des fausses photos de paparazzi». La blogosphère, quant à elle, a volontiers repris de manière sarcastique l'épisode, qualifié de non-événement.

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L'affaire Adnan Hajj: première manipulation emblématique de l'ère numérique

Pendant plus d'une dizaine d'années, pour montrer les manipulations permises par l'image numérique, les manuels de visual studies n'ont eu recours qu'à une seule illustration: l'altération du visage d'O. J. Simpson en couverture de Time. Remontant à 1994, cet exemple canonique était bien antérieur à l'essor de la pratique de la photographie numérique, à partir de 2003. Pourtant, malgré l'annonce répétée d'une marée d'images retouchées, les exégètes n'avaient eu jusqu'à présent que quelques cas bien innocents de rafistolages cosmétiques à se mettre sous la dent. A en juger par les effets produits par l'affaire Adnan Hajj, nous disposons maintenant du premier exemple emblématique de manipulation de l'ère de la photographie numérique.

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Zidane, la photographie absente

Qu'est-ce qu'une photographie absente? Notion incontournable de la pratique de la presse illustrée, l'image absente est par définition difficile à apercevoir. Elle est celle qu'on aurait souhaité publier, mais dont on ne dispose pas, et qu'on remplace faute de mieux par une autre – dans un contexte où il serait insupportable de ne pas produire d'image. Elle est la première raison de l'intrusion des enregistrements d'amateurs dans les grands médias – ersatz que seul légitime le défaut sur place de professionnels compétents.

Une photographie absente est difficile à repérer, sauf quand la planète entière a vu l'image manquée. Munis d'appareils coûteux et de téléobjectifs dernier cri, des centaines de reporters spécialisés encadrent le terrain d'une finale de la coupe du monde. Ainsi qu'en atteste l'édition du 12 juillet de Paris Match, pas un d'entre eux n'a réussi à reproduire correctement le fatidique coup de boule de Zidane, vu par deux milliards de téléspectateurs. Une seule photographie, par J. Macdougall (AFP), a fourni une image supportant la reproduction en grand format – une demi-seconde trop tard, au moment où Materazzi va toucher le sol, en grimaçant de douleur. A côté, en petit format, deux extraits de la vidéo du match, siglés Sipa, décomposent en deux temps le geste du footballeur français, sous l'espèce d'agrandissements flous et pixellisés, qui témoignent que la rédaction n'a pas eu mieux à se mettre sous la dent. Sans doute, l'attaque surprise de Zidane était-elle distincte du jeu proprement dit. Mais à quoi bon tant de moyens si c'est pour laisser échapper la seule action véritablement importante de la partie? Quoique placé sous le plus panoptique des regards, un événement planétaire peut donc se soustraire à la vigilance des meilleurs photographes et de milliers d'appareils. Une leçon qui confirme s'il en était besoin le caractère inattendu de l'altercation – mais aussi que la "bonne" photographie, l'image que l'on attend, est toujours un petit miracle étroitement dépendant des conditions de l'événement.

Requiem pour Libération

image Une page se tourne. Hier soir, on apprenait par un billet de l'Express que le patron historique de Libé, Serge July, était poussé vers la porte par le principal actionnaire du journal, Edouard de Rothschild.

Pour les lecteurs du quotidien, ce n'est pas tout à fait une surprise. Qui n'avait tiqué sur cette incroyable page de titre en forme d'aveu, réalisée pour l'édition du jour de l'an 2006: Adieu mélancolie... Vivement lundi! Banlieues en feu, revers référendaire, flop olympique et délocalisations... La France tourne la page d'une année plombée sur un succès: l'exposition "Mélancolie" au Grand Palais. Le premier article s'intitulait: "Douze mois moroses s'achèvent pour la France, qui a accumulé les revers. Revue de déprime". L'éditorial de Patrick Sabatier: "Humeur noire". Et comme pour mieux démentir la fausse gaieté de ce "Vivement lundi!", une illustration par Guillaume Herbaut, le photographe de Tchernobyl, d'Auschwitz et de Hiroshima, d'une femme masquée par un bouquet de roses. Une image qui hésite entre bons voeux et condoléances - ou plutôt: une image qui superpose à la figure imposée du jour de l'an, à la façon d'un pressentiment, une scène d'enterrement crépusculaire. La mélancolie ne fait que commencer.

Chères images

image La photographie numérique entraîne avec elle une évolution rapide des usages. Illustration aussi simple que saisissante: voici l'image d'un cours d'histoire de la photographie en 2006 - il s'agit en l'occurrence des étudiants canadiens et américains du "Photographic Preservation and Collections Management Program" (Ryerson University/George Eastman House), en visite à la Société française de photographie. Pour avancée que soit cette représentation, elle donne une assez bonne idée de ce que seront les cours d'histoire de l'art des prochaines années, où l'on voit dès à présent les étudiants multiplier les prises de vues pendant les diaporamas numériques.

Pendant ce temps, au Sénat, les législateurs entérinent la fin de la gratuité pour les usages pédagogiques des contenus visuels. On se demande s'il faudra interdire les appareils numériques en cours, où faire payer les étudiants à la sortie...

Emballements médiatiques autour des nouveaux usages de l'image

image Deux faits divers récents témoignent d'un symptôme similaire: un effet d'emballement médiatique qui prend sa source dans les nouveaux usages de l'image. Le 12 avril, Joe Van Holsbeeck est poignardé par deux agresseurs dans le hall de la gare centrale de Bruxelles. Mais ce n'est qu'à partir de la diffusion par le parquet belge, le 21 avril, d'extraits des enregistrements de vidéosurveillance à fins d'identification (voir illustration), que cette affaire sera mentionnée dans la presse française. L'émotion suscitée est intense: le dimanche 23 avril, une marche organisée en hommage à la victime réunit 80.000 personnes à Bruxelles. Certains s'interrogent déjà sur la disproportion entre la cause et les effets. Dès le 25, les auteurs sont identifiés, et la justice demande le retrait ou le floutage des vidéos reproduites sur internet, car les suspects sont mineurs. Mais les images n'en continuent pas moins d'être reprises par les journaux télévisés, illustrant une chasse à l'homme qui se poursuit jusqu'au 27 avril. Selon Michel Weemans, chercheur au CEHTA, l'importance conférée par les médias à cette affaire comme sa surévaluation dans l'opinion publique sont dues essentiellement à l'existence et à la diffusion répétée des vidéos une semaine durant.

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Occupation de l'EHESS: remise en état

image Après une visite méthodique de l'ensemble des locaux du 105, boulevard Raspail, ces derniers jours avec tous les collègues concernés, nous pouvons établir, en fonction de l'inventaire précis en préparation, qu'au-delà des premières impressions de dévastation et malgré le second constat, réconfortant, de la conservation des bibliothèques, heureusement situées pour l'essentiel dans les étages les plus élevés et les moins durablement occupés, le bilan des déprédations est en définitive très lourd, d'abord par la dégradation des murs, ensuite par la destruction systématique de l'ensemble des portes et huisseries, enfin par une très grande quantité de vols informatiques de toutes natures (en dépit des matériels mis à l'abri), le tout élevant la facture, telle que nous l'avons exposée cette semaine à nos tutelles, à 600.000 euros au minimum. A cela s'ajoutent les frais de gardiennage, eux-mêmes considérables, malgré nos efforts pour réduire le plus rapidement possible les effectifs de surveillance. Nos tutelles nous ont garanti un premier soutien, qui est toutefois encore loin de couvrir l'ensemble de ces dépenses.

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Etat des lieux après occupation

image La police a procédé ce matin à l'évacuation du 105, bd Raspail, occupé depuis lundi. Les lieux sont dans un état de désolation indescriptible, mais les archives et les bibliothèques semblent avoir été préservées. Voir ainsi des locaux qui accueillaient il y a une semaine encore séminaires et conférences est un crève-coeur. Mais il convient d'y insister: il n'y a pas eu de volonté de saccage systématique de la part des occupants. Dès lors, l'ampleur des dégradations doit être imputée principalement à la durée de l'occupation. Une comparaison entre les photographies prises il y a deux jours et celles de ce matin montre clairement l'envahissement des tags et autres dégâts causés par le fait de vivre, dormir, boire ou manger dans un endroit guère prévu à cet effet. La question principale reste donc celle du retard de l'intervention des forces de l'ordre.

Afin de permettre la sécurisation et l'état des lieux par les autorités judiciaires, il est impossible d'accéder pour l'instant au bâtiment. La réintégration et la réhabilitation des lieux se fera progressivement. Jusqu'à nouvel ordre, les étudiants et les personnes non-accompagnées extérieures à l'établissement n'ont pas accès aux locaux du 54 ni du 96, boulevard Raspail. La présidente de l'EHESS effectuera un point-presse à 14h, dans le hall du 54.

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