Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le musée achéménide à l'honneur

image Il y avait foule pour écouter la présentation du Musée achéménide par son créateur, Pierre Briant, mercredi 28 février à l'INHA, à l'occasion de la rencontre-débat "L’image, l’histoire de l’art et le web". Unique en son genre, cette ressource en ligne propose l'accès aux reproductions en haute définition de plus de 8000 objets d’époque achéménide (550 à 330 avant J.-C., entre Indus et Méditerranée), conservés dans des dizaines de musées dans le monde (Bibliothèque Nationale de France, British Museum, glyptothèque de Munich, etc.). Une interface remarquable permet de procéder à une observation détaillée des pièces et de conserver la mémoire de ses recherches sur le site. “Un cabinet d’étude plus encore qu’un musée”, selon la formule de Corinne Welger-Barboza qui, par une heureuse coïncidence, consacre au même moment un article détaillé à ce programme exceptionnel dans les colonnes de l’Observatoire critique (également présent à la rencontre-débat). L'application mise au point par José Paumard (Paris XIII), sous l'égide du Collège de France et du CNRS, sera bientôt disponible en libre accès pour servir à d'autres projets.

Référence: http://www.museum-achemenet.college-de-france.fr/

Le catalogue des films du PCF accessible en ligne

image Le catalogue des films du PCF et du mouvement ouvrier et démocratique, fonds d'archives des années 1920 à nos jours géré par l'association Ciné-archives est accessible sur son site (http://www.cinearchives.org). La consultation des films sur place est gratuite pour les chercheurs.

Contact: Julie Cazenave, Joëlle Malberg, tél: 01 40 40 12 48/50.
Via Marc-François Deligne.

Droits de reproduction des oeuvres (suite)

"Reproduction Charges: Metropolitan to scrap fees for scholars" (The Art Newspaper, January 2007).
New York: The Met (…) will drop charges this spring for the reproduction of selected images in scholarly publications with small print runs (possibly less than 2,000 copies). Commercial publications will continue to charge as usual.
Two thousand pictures will be available from www.art.stor.org, an image service launched by the Mellon Foundation.
A spokeswoman from the Met (…) said: “We hope to expand the number of images but to begin, we are offering images already digitized for our website which have been selected by our curators.”

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Conférence "L'archive et le portrait" à la MEP

image Je présenterai mercredi prochain à la MEP un premier état de mes recherches dans les fonds photographiques personnels conservés à l'abbaye d'Ardenne:
"L'archive et le portrait. Les fonds photographiques de l'IMEC"
Cycle de conférences de la Société française de photographie
Auditorium, Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy 75004 Paris.
Le 7 février 2007 à 18h (entrée libre).

Le droit aux images à l'ère de la publication électronique

image En février 2005, le portail Persée, spécialisé dans l'édition numérique rétrospective, ouvrait ses colonnes au public [1]. Parmi les collections disponibles en libre accès figurait une cinquantaine de numéros de la Revue de l'art (1988-1999). Un sort particulier avait été réservé à la plus prestigieuse publication française du domaine. Au lieu de l'abondante illustration accompagnant les numéros papier, les pages en ligne arboraient de vastes espaces blancs, des légendes renvoyant à des cadres vides. Aurait-on admis de voir une revue de littérature dépouillée de ses citations, une revue de mathématiques caviardée de ses équations? Nul ne s'interroge alors sur le symptôme inquiétant que représente une revue d'histoire de l'art débarrassée de l'objet même de ses travaux: son iconographie.

Devant le durcissement du dispositif légal concernant la publication sur internet, la rédaction de la revue Etudes photographiques prenait en juin 2006 la décision de renoncer à son édition en ligne[2]. Créée en 1996, la seule revue francophone consacrée à la recherche en matière de photographie avait ouvert dès 1997 un site permettant d'accéder gratuitement à une sélection d'articles, avant de rejoindre en 2002 le portail d'édition électronique Revues.org. Ce nouvel avertissement est l'indication d'une évolution préoccupante. Alors que l'entreprise de numérisation généralisée des textes du domaine public se poursuit à bride abattue sur tous les continents, alors que le libre accès à des centaines de milliers d'ouvrages sur internet fait désormais toucher du doigt le vieux rêve de la bibliothèque universelle, la situation des images semble aujourd'hui dans l'impasse. Qu'il soit pictural, photographique ou cinématographique, le patrimoine visuel fait partie des trésors les mieux gardés du monde contemporain. Réduit par les usages à l'état de marchandise, quand bien même il devrait dépendre du domaine public, il est aujourd'hui exclu des voies où se construit le bien commun de l'humanité. Quelles sont les raisons de cette situation paradoxale?

Selon un article du Chronicle of Higher Education, «si les publications scientifiques comportaient une liste des espèces menacées d'extinction, les essais en histoire de l'art devraient figurer au premier rang[3]». La première explication de ce pronostic alarmiste, du côté de l'édition classique, tient à la merchandisation croissante du domaine des images, à la hausse ininterrompue des droits de reproduction depuis quinze ans, mais aussi au renforcement du contrôle et à la multiplication des procès. Aujourd'hui, aux États-unis, où les auteurs payent de leur poche l'iconographie de leurs livres, il n'est pas rare de voir un spécialiste de la Renaissance débourser 10 000 ou 15 000 dollars pour assurer l'illustration d'un ouvrage dont l'éditeur ne vendra que 500 exemplaires. Comme l'explique l'éditeur Susan Bielstein, des presses de l'université de Chicago: «Entre la diminution des ventes et l'augmentation du coût des droits de reproduction, ce segment de l'édition est désormais si sévèrement compromis que la monographie d'art est sérieusement en danger et pourrait très bien dépasser le vairon argenté dans sa course à l'extinction[4]».

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La pétition contre la merchandisation des collections des musées français fait des vagues

image Les remous suscités par la pétition pour "le maintien de l’intégrité des collections des musées français", lancée par notre confrère La Tribune de l'Art et signée par près d'un millier de personnes, ont franchi l'Atlantique. Avant même la dépêche de l'AFP publiée jeudi dernier, le New York Times avait signalé dès le 1er janvier la mobilisation des historiens d'art français contre le prêt des oeuvres du Louvre à Atlanta et les projets de circulation des collections à Lens, Abou Dhabi ou Shanghaï. Les réactions antagonistes à cette initiative sur les blogs La Boîte à images et surtout Amateur d'art (et leurs commentaires) permettent de prendre connaissance de la plupart des arguments du débat. Ce matin encore, Le Figaro et Libération consacrent plusieurs pages à cette polémique. "Délocalisations", "clonage" ou "pétrodollars": l'examen des titres montre qu'elle doit son intensité à une forte composante fantasmatique. Plus encore que la crainte de la dilapidation des trésors nationaux, ce débat révèle la profonde inquiétude de nos sociétés face aux dérives de la mondialisation et de l'immixtion de l'économique dans les domaines non marchands.

Références:

Illustration: Fragonard, "Le verrou", huile sur toile, 73 x 93 cm, Paris, musée du Louvre (reproduction: RMN, D. Arnaudet, statut: domaine public).

Clément Chéroux, nouveau conservateur du Centre Pompidou

image A compter du 1er janvier 2007, Clément Chéroux occupera le poste de conservateur pour la photographie au Centre Pompidou (MNAM-CCI). Il y remplace Quentin Bajac, qui prendra lui-même la succession d'Alain Sayag à la direction du département. Ancien élève de l'école nationale de la photographie d'Arles, Clément Chéroux s'est orienté vers la recherche historique, d'abord à Paris 8, où il consacre son DEA à la photographie scientifique de la fin du XIXe siècle, puis à l'université de Paris 1, où il soutient en 2004 sa thèse de doctorat d'histoire de l'art, sous la direction de Philippe Dagen, intitulée: Une généalogie des formes récréatives en photographie, 1890-1940. Il sera visiting research fellow à l’université de Princeton puis pensionnaire à l’Académie de France à Rome.

A ce parcours universitaire, Clément Chéroux adjoint une activité nourrie d'organisation d'expositions, parmi lesquelles il faut retenir: "Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d'extermination nazis, 1933-1999" à l'Hôtel de Sully en 2001 (avec Pierre Bonhomme) et "'Le Troisième œil. La photographie et l’occulte" (avec Andreas Fischer), présentée à la Maison européenne de la photographie en 2004 puis au Metropolitan Museum of Art en 2005. Associé à l'aventure de la Société française de photographie, il devient secrétaire de rédaction de la revue Etudes photographiques en 1997, puis rédacteur en chef adjoint depuis 2000. Avec Michel Poivert, il édite entre 2001 et 2004 une collection de monographies de photographes contemporains. Membre fondateur du Lhivic à l'EHESS, il a enseigné l'histoire de la photographie à l’université de Paris 1, Paris 8 et à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, avant d'être élu en 2006 maître-assistant à l'université de Lausanne (pôle histoire des représentations).

Clément Chéroux explore la photographie d'un regard aigu et singulier. Dans Fautographie. Petite histoire de l'erreur photographique (2003), il estimait que c'est dans ses ombres: ses ratés, ses accidents et ses lapsus que la photographie se livre le plus et s'analyse le mieux. Dans son compte rendu de cet ouvrage, Sylvie Aubenas soulignait que ceux qui craignent de voir l'histoire de la photographie peu à peu absorbée par l'histoire de l'art jusqu'à perdre de vue la nature singulière de son objet, ont ici de quoi se rassurer. Nos plus vives félicitations à l'impétrant!

Principaux ouvrages:

  • Le Troisième œil. La photographie et l’occulte (dir.), Paris, Gallimard, 2004 (édition américaine).
  • Fautographie. Petite histoire de l’erreur photographique, Crisnée, Yellow Now, 2003.
  • Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d’extermination nazis, 1933-1999 (dir.), Paris, Marval, 2001 (édition italienne et espagnole).

Bibliographie: http://www.lhivic.org/....

Illustration: Fautographie de Clément Chéroux par André Gunthert, université de Princeton, 6 octobre 2005, licence CC.

Dix-neuf daguerréotypes inédits dans les collections de la Bibliothèque polonaise de Paris

image Conférence: Miroir de visages, visages de miroir. Les daguerréotypes dans les collections de la Bibliothèque polonaise
Par Małgorzata Grąbczewska, historienne d'art
Bibliothèque Polonaise de Paris, 6 quai d’Orléans, 75004 Paris (M° Pont-Marie)
Samedi 9 décembre 2006, 15h-16.

Cette conférence présentera les dix-neuf daguerréotypes inédits découverts dans les collections de la Bibliothèque polonaise de Paris. L'idée de la création d’une collection de photographies au sein de la bibliothèque apparaît dès avant la guerre. Mais ce n’est que récemment que le véritable travail de constitution a commencé. Une première phase, consacrée à la restauration des daguerréotypes, sous la direction de Jérôme Monnier, maître de conférences à l’INP, s'est achevée en janvier 2006. Il est temps à présent de faire découvrir cette collection.

Cet ensemble de dix-neuf oeuvres est une découverte importante pour l’histoire de la photographie et l’histoire de l’émigration polonaise en France. Plusieurs d'entre eux ont été réalisés par des photographes français, dont deux proviennent du premier atelier de Louis-Auguste Bisson. Il s'agit de portraits de grands hommes polonais (par exemple le poète romantique Adam Mickiewicz, sa femme Celina, le général Wojciech Chrzanowski, cartographe fameux ou encore Aleksander Grabowski, un docteur renommé de Dijon), ainsi que des personnages aujourd’hui anonymes. Pour le public français, l’image probablement la plus intéressante est le portrait de l’historien Jules Michelet, photographié à Paris en 1847 (voir illustration).

Cette conférence est la première présentation des trésors photographiques de la Bibliothèque polonaise de Paris. Elle pose des problèmes nouveaux pour ce lieu traditionnellement orienté vers la recherche. Le nombre important d’étiquettes et de traces conservées avec les daguerréotypes donne de l’espoir pour retrouver les identités des photographes et d'en apprendre davantage sur les débuts de la photographie.

Le V&A renonce aux droits de reproduction pour les publications académiques

image En réponse aux appels des historiens d'art à débloquer la question du copyright sur les oeuvres du domaine public, un mouvement semble s'amorcer parmi les grandes institutions muséales anglo-saxonnes. Après le Metropolitan Museum of Art de New York, c'est maintenant le Victoria and Albert Museum de Londres qui vient d'annoncer son intention de renoncer dès l'an prochain à la facturation de droits pour les publications à caractère académique. Selon The Art Newspaper, le V&A compte avoir une définition extensive du périmètre concerné, qui comprendrait les presses universitaires, mais aussi les manuels scolaires, certains catalogues et magazines spécialisés. Le musée estime qu'il va perdre environ la moitié des 250.000 £ que lui rapportaient chaque année la commercialisation des droits. Le journal conclut que “cette décision, en créant un précédent susceptible d'être suivi par d'autres musées britanniques, pourrait avoir des conséquences majeures sur la publication d'essais sur l'art”.

Illustration: "Textile Archive in the Victoria & Albert Museum, London - August 2006", photo, © et courtesy: Mariam Gadelrab.

Reference:

Flickr: quels appareils pour quelles photos?

image Parmi la disponibilité de trois nouvelles fonctions, Flickr, notre plate-forme préférée de partage d'images, annonce la mise en place d'un outil de recherche sur les appareils photo. Appuyé sur le vaste corpus hébergé par le site (plus de 300 millions d'images téléchargées à ce jour), construit à partir des données Exif, celui-ci fournit diverses statistiques par marque ou par modèle. On peut ainsi savoir quelles sont les caméras les plus utilisées sur Flickr, comparer les tendances sur douze mois, mais aussi observer les photographies produites avec chacun des modèles (voir par exemple les dernières photos réalisées sur Leica M8). Les graphes sont fournis en pourcentages sans échelle chiffrée, mais on peut retrouver les données brutes classées par marques. Ces chiffres confirment par exemple que les utilisateurs de Flickr sont en majorité des amateurs exigeants, munis d'un matériel haut de gamme, plutôt que de simples usagers. Nul doute que les fabricants vont observer avec appétit cette base de données. Quant aux chercheurs, il est tout bonnement incroyable de pouvoir accéder à de telles indications, qui ouvrent à l'analyste imaginatif un vaste horizon de vérifications et d'interrogations.

Libé: tu ne cliqueras point

image Ce matin dans Libération, un article intitulé "Un clic et il était une fois la pub...". On y décrit un site web (qui) propose de redécouvrir le meilleur de la création publicitaire depuis 1968, avec quelques 75.000 images. Alléchant. Malheureusement, Libé, comme toujours fâché avec les références web, indique le nom de la ressource sans le moindre http://... ou le plus petit www. Reproduite telle que sur le site du journal, la mention interdit de procéder au clic annoncé (il faut recourir au couper-coller, puis corriger l'url). Pour faciliter la vie de l'internaute, restituons la bonne adresse: http://www.leclubdesad.org/. De prime abord moins affriolant que ce que pouvait laisser penser l'article (avec notamment une bonne partie des reproductions en noir et blanc), l'outil s'avère finalement plutôt efficace, notamment dans ses fonctions de recherche par année ou par période.

Willumsen sur LTA, ou le retour à Diderot

Notre confrère La Tribune de l'Art consacre un article à l'exposition Willumsen actuellement présentée au musée d'Orsay, sous la plume de Jean-David Jumeau-Lafond. Cette critique est précédée d'un avertissement qui explique que: Willumsen, étant mort en 1958, n'est pas tombé dans le domaine public. Seules deux photographies peuvent être publiées sans régler de droits aux héritiers, via l'ADAGP, et celles-ci doivent être retirées après la fin de l'exposition, faute de quoi il est nécessaire de payer pendant toute la durée de la mise en ligne, c'est à dire jusqu'à la fin éventuelle de La Tribune de l'Art. C'est pourquoi la revue a choisi de renoncer à illustrer cet article et recourt à un système de liens renvoyant aux reproductions des oeuvres présentées sur les sites du musée d'Orsay ou du J. F. Willumsens Museum.

Suivant de peu la mise en berne du site d'Etudes photographiques pour des raisons similaires, cet exemple témoigne à son tour de l'absurdité d'un système résolument inadapté aux circulations du web. Que signifie-t-il? En premier lieu, que les règles du jeu en vigueur favorisent l'accompagnement promotionnel, au détriment de la critique proprement dite. À condition de se limiter au matériel du dossier de presse, les agendas culturels qui fleurissent sur le web peuvent présenter une illustration accorte et gratuite. Il en va tout autrement lorsque l'on veut choisir librement le corpus des images à commenter, ou lorsque l'objet de l'analyse sort du cadre de l'actualité des expositions.

L'option habile de La Tribune de l'Art démontre aussi les limites du flicage des sources iconographiques. A moins d'interdire les liens hypertexte pointant sur des images, on voit mal comment le droit pourrait empêcher cette forme d'illustration par délégation, qui tire la langue à la loi DADVSI. Ce système trouve toutefois sa limite dans l'impossiblité de s'assurer de la pérennité des sources mobilisées. La critique d'art au sein des outils les plus avancés de l'édition du XXIe siècle en sera alors réduite à revenir à la forme aveugle pratiquée par Diderot dans ses Salons. Est-ce vraiment ce qui est souhaitable?

Illustration: timbre danois reproduisant "Une alpiniste", huile sur toile de Jens Ferdinand Willumsen, 1904 (source: www.artstamps.dk).

Une fenêtre sur les archives de l'Ina

image Depuis maintenant plus d’un mois, l’Institut national de l’audiovisuel met en ligne une offre dite “grand public” de près de 100.000 émissions numérisées, soit 10.000 heures d'archives télévisuelles et radiophoniques. D’ici à trois ans, l’Ina espère pouvoir doubler le nombre de programmes consultables sur son site (www.ina.fr).

Cette politique s’inscrit dans un contexte plus large de sauvegarde et de mise à disposition des archives de l’institut, qui se traduit d’abord par une longue et patiente opération de contretypage, sur des supports pérennes, de l’intégralité des archives, dans le cadre d’un contrat d’objectifs et de moyens signé entre l’État et l’Ina. À l’horizon 2015, l’institution annonce ainsi que la totalité de ses fonds sera numérisée. Les professionnels disposaient déjà de l’accès à une sélection d’archives sur la base www.inamedia.com, qui devrait s’élever, en 2009, à un volume de 500.000 heures.

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Parution de "La Photo-carte", de François Boisjoly

Les éditions Lieux Dits annoncent la parution de La Photo-carte. Portrait de la France du XIXe siècle, par François Boisjoly.

Parallèlement à cette publication, il faut signaler la disponibilité de la base de données en ligne réalisée par l’Institut des sciences de l’homme et le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, deux unités du CNRS, à partir de la collection de l'auteur, qui comprend quelque 20.000 photo-cartes. La partie visible du site, dont le développement se poursuivra jusqu'à la fin de l'année, dénombre actuellement près de 10.000 documents photographiques scannés recto-verso. Les possibilités d'interrogation sont multiples: par nom, par thème, par patronyme des personnages lorsque celui-ci est connu, par mot clé, etc. Sans code d'accès, trois images seulement sont accessibles par photographe, soit un accès limité à environ 5000 images. Cet ensemble est accompagné d'un index de près de 12.000 photographes, qui recense les adresses, date de naissance et de décès, successeurs et autres renseignements disponibles.

Photographe et collectionneur, titulaire d'un master consacré à la photo-carte, François Boisjoly prépare actuellement une thèse sur la diffusion du procédé photographique en France dans la deuxième moitié du XIXe sous la direction de Jean-Luc Pinol à l'université Lumière-Lyon-II.

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Marey en ligne

image La BIUM (Bibliothèque interuniversitaire de médecine et d'odontologie), en collaboration avec le Collège de France et l’Académie nationale de médecine, annonce la mise à disposition gratuite sur son site de l'essentiel de l'oeuvre publiée d'Etienne-Jules Marey. Cette collection rassemble 240 documents: livres, articles, communications à l’Académie des sciences, etc., soit un ensemble de quelque 13.500 pages. On relèvera particulièrement la présence de cinq des précieux "Albums Marey", dont les originaux, réalisés entre 1882 et 1889, sont constitués par des tirés à part d’articles de Marey ou de ses proches collaborateurs à la Station physiologique, entrelardés de tirages originaux de photographies effectuées lors des travaux. Selon Jean-François Vincent, responsable du projet, l'objectif de cette publication est triple: Contribuer à modifier auprès du public cultivé la figure de Marey, et lui rendre la stature de grand scientifique que la connaissance de ses travaux photographiques a distordue; donner des matériaux nombreux aux spécialistes qui continuent à travailler sur Marey; en permettre une meilleure connaissance à l’étranger, par la numérisation des œuvres traduites qu’il a été possible de récupérer.

Cet ensemble d'une richesse exceptionnelle est complété par des articles de présentation par Simon Bouisset (Université Paris-Sud), Claude Debru (Ecole normale supérieure), Thierry Lefebvre (Université Paris 7). S'y ajoutera en 2007 la reproduction d'environ 450 plaques de verre, numérisées par le Collège de France et appartenant à ses collections. Ces plaques feront l’objet d’une présentation par Marta Braun (Ryerson University, Canada).

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