Rémy Besson, premier allocataire du Lhivic
Par André Gunthert, jeudi 3 juillet 2008 à 16:30 (430) :: Recherches - Archives, collections
L'école doctorale de l'EHESS est très mal pourvue en allocations de recherche, ressource allouée aux meilleurs étudiants de master pour leur permettre de se consacrer pleinement à leur thèse de doctorat (1.650 euros brut/mois, soit 1,29 fois le Smic pendant trois ans). C'est avec d'autant plus de satisfaction que nous saluons leur attribution à Rémy Besson, dont le dossier a été classé premier parmi les candidats de la mention histoire.
Rémy Besson a soutenu le mois dernier son mémoire de master, intitulé: "Approche historienne de la mise en récit du film de Claude Lanzmann: Shoah", sous la direction de Christian Delage. Grâce à l'étude attentive des transcriptions des rushes conservées aux archives du musée de l'Holocauste à Washington, il démontre que le coeur de l'oeuvre est élaboré à partir du montage sonore et d'un surprenant travail de tissage et de recombinaison des entretiens des témoins. Selon le chercheur, «l'absence de voix off dans Shoah ne correspond pas à un effacement du réalisateur, mais au développement d'un autre mode de narration à travers le montage.» Ce premier résultat de recherche annonce une thèse d'une grande portée, qui permettra de poursuivre l'interrogation du rapport de l'image au témoignage, qui a notamment été au centre de l'ouvrage majeur de Georges Didi-Huberman, Images malgré tout (Minuit, 2003).
Initiateur de "Paroles d'images", association consacrée à l’éducation aux images qui organise régulièrement projections et rencontres, Rémy Besson en a également conçu le blog et a apporté son concours à la réalisation de celui de l'Atelier du Lhivic. Toutes nos félicitations à l'heureux lauréat!









Ca devait arriver. Taggé par 
La France a inventé le Minitel, Tim Berners-Lee le web. Est-ce pour cette raison que, au pays de Molière, toute innovation en ligne doit d'abord essuyer un violent tir de barrage? Après Google ou Wikipédia, dont les auteurs français nous ont puissamment démontré le caractère pernicieux, néfaste et vain, la mode littéraire de la rentrée est au Facebook-bashing.
On se souvient de ces fortes paroles de Walter Benjamin, récitées comme un mantra dans toutes les salles des ventes: “A la plus parfaite reproduction il manquera toujours une chose: le hic et nunc de l'oeuvre d'art – l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve. C'est cette existence unique pourtant, et elle seule, qui, aussi longtemps qu'elle dure, subit le travail de l'histoire. Nous entendons par là aussi bien les altérations subies par sa structure matérielle que ses possesseurs successifs. (...) Le hic et nunc de l'original constitue ce qu'on appelle son authenticité” ("L'Oeuvre d'art...", 1935, Oeuvres III, Folio, 2000, p. 71).



