image Ce n'est plus un président de la République, c'est Polichinelle. Je l'avais dit dès novembre (au moment où le JDD saluait encore "le maître de monde"), l'arrivée d'Obama ôte à peu près tout espace à Nicolas Sarkozy sur la scène internationale. Ce qui le met évidemment dans tous ses états. Avant-hier, le voilà obligé de menacer de claquer la porte du G20 pour qu'on s'aperçoive de sa présence. Aujourd'hui, à Strasbourg, il faisait pitié à force de vouloir être sur la photo – rappelant la blague du type à côté du pape. Plus difficile à dire qu'à faire. Même les journalistes ne marchent plus dans la combine. Et à côté d'Obama, peine perdue, ses sourires sont autant de grimaces.

Notre président fait tout à l'envers. Comme une lavandière, il croit que ce qui compte, c'est d'être à la une. Mais pour un personnage politique, figurer en couverture résulte de l'action qu'on mène ou de l'image dont on dispose. Quand plus personne ne vous fait crédit, apparaître sur la photo suscite plutôt la gêne ou le sarcasme. Désormais, le destin médiatique de Nicolas Sarkozy sera celui du Tourist Guy. Comme ce faux touriste associé à l'image du 11 septembre, un personnage dont l'image est plaquée sur l'événement, en dépit de toute incidence réelle sur son déroulement.