image "Analyser les rassemblements à l’aide - ou à partir - de matériaux sonores et visuels: enjeux et résultats", appel à contributions de la revue Ethnographiques.org

Le rassemblement, c’est-à-dire la coprésence de plusieurs personnes en un lieu donné, peut prendre diverses formes : manifestation politique ou religieuse, réunion sportive ou artistique, foule piétonnière… Il se caractérise en revanche dans tous les cas par sa dimension de performance publique. Le rassemblement est le lieu et le temps de mises en scène et de représentations, dont les tonalités et les ambiances, propres à l’événement, sont liées tant aux décors, aux rythmes, aux sons et aux publics qui s’y expriment, qu’à une dramaturgie dans laquelle la multiplicité des acteurs s’engagent dans des séquences d’interaction, la plupart du temps structurellement réglées.

Si les travaux se proposant d’étudier ce type de «comportement collectif» à l’aune des discours (écrits et oraux) qu’il suscite ont tout leur intérêt, les récits ex post ne permettent pas de rendre compte de tout ce qui se passe in situ. Or les dynamiques propres aux rassemblements ne sont pas réductibles à la mobilisation des ressources nécessaires à leur déclenchement ou à leurs effets sur les publics et les cibles. Dans une approche critique des travaux des théoriciens du collective behavior, des chercheurs (on pense en particulier aux travaux de Clark McPhail) ont montré que quelque chose se passe dans l’action, dont il convient par conséquent d’observer la morphologie, le fonctionnement, le temps de la mise en rythme, en forme, en cœur. Des notions telles que l’imitation, l’adhésion, l’émotion collective ou la ritualisation se trouvent réinterrogées à nouveaux frais grâce à l’observation minutieuse des séquences d’interactions et du déroulement des situations.

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