image L'affiche paraissait alléchante: 40 ans après, à l'occasion de la mobilisation universitaire, l'ancien leader étudiant retrouvait le chemin des amphis. C'était Daniel Cohn-Bendit lui-même qui avait souhaité manifester son soutien au mouvement des enseignants-chercheurs, dans le cadre de sa campagne pour les européennes. Pour ne pas risquer de voir le symbole cannibaliser le message, il avait préféré l'EHESS à la Sorbonne.

Pourtant, alors que la veille, une visite de Dany le rouge au squatt du collectif Jeudi Noir avait mobilisé une cohorte de journalistes, sa présence dans les anciens bâtiments de la faculté des sciences n'a pas suscité le moindre intérêt de la presse – dûment alertée par son équipe. Aucun photographe pour immortaliser le retour de l'enfant prodigue, pas la moindre télé pour capter les déclarations du député vert.

Sur place, l'intervention de l'ancien étudiant en sociologie paraissait pour le moins en décalage avec le sentiment d'urgence manifesté par les autres orateurs à la tribune. La sympathie abstraite que ressentait Cohn-Bendit pour le mouvement universitaire se dissolvait dans un brouillard de considérations très éloignées du terrain.

C'est en écoutant le député européen que je me suis mis à soupçonner qu'il fallait réviser la thèse classique de Bruno Latour, selon laquelle la science est une activité comme une autre. Dans un article récent du "Monde", le sociologue ravive sa critique d'une supposée «autonomie de la science», qui se confond selon lui «avec la tour d'ivoire, avec le corporatisme, avec le mandarinat de droit divin, voire avec la simple paresse.»

Lire la suite...