Et oui, Messieurs-dames! Alors que toutes les plateformes de vidéos en ligne se posent la question de savoir comment mettre de la pub dans la vidéo (avant, après, par-dessus, à côté, en bas, à gauche…) notre JMM national lui, il s’en fout, il choisit un player qui en met partout et cadeau bonus pour certaines vidéos, il insère un logo JMM.com pour bien montrer que c’est lui qui l’a trouvé sur l’Internet.

Alors, petite conversation imaginaire entre JMM et moi:

«JMM. — Ben quoi. C’est quoi ton problème avec ça, il faut bien monétiser mon bloug (traduction: "Il faut bien payer mes stagiaires-intermittents du spectacle"). C’est pas si grave au final, mon public y s’en fout de la pub: je suis le 1er blog francophone média du monde.

Moi. — Oui mais, JMM, et je sais que tu vas dire que je suis pinailleur, les vidéos que tu diffuses, elles ne t’appartiennent pas. Par exemple la vidéo de Nadine Morano qui danse sur One More Time au campus UMP c’est une vidéo du Parisien.

JMM. — Attends! Le Parisien, ils l’ont mis sur Kewego, on peut la partager, c’est le web 2.0, on s’échange, on viralise, on buzze et au final ça arrange tout le monde. C’est toi, petit con, qui m’a appris cela avec ton pote l’intellectuel de l’EHESS. L’exclusivité c’est fini, ce qui compte c’est la diffusion, la circulation, l’augmentation incrémentale des couches méta-informationnelles d’un document.

Moi (contrit devant tant de perspicacité webistique). — Euh oui, JMM, mais pourquoi tu effaces le logo de Le Parisien de la vidéo avec un carré gris tout pourri qui s’affiche qu’à moitié, c’est de la malhonnête intellectuelle, de la supercherie, du vol quoi… Le bénéfice de la diffusion virale et du buzz ont pour pré-requis que l’émetteur du message puisse être identifié afin qu’il bénéficie d’une incitation à produire ces contenus… comme dans le journalisme… Et là je parle à ton cœur et ton âme de journaliste… Tu te dois de citer tes sources… Tu t’es déjà fait taper sur les doigts pour cela par de nombreux journaux en ligne… De plus il me semble que tu es beaucoup plus clément avec les vidéos de télé-réalité de TF1 que tu publies avec le player Wat.TV… Le méchant Nonce t’aurait-il réprimandé ou bien disposes-tu d’un petit contrat d’animation communautaire de la part d’Endemol afin de créer le buzz sur Secret Story et consorts?»

Alors voilà, devant tant d’opportunisme, on sent bien que les pratiques du web 2.0 sont mises à rude épreuve par les free-riders du Net qui peuvent compter sur des solutions comme Rentabiliweb pour transformer petit à petit internet en une immense pub pour des Casinos en ligne et ainsi donner raison à Philippe Val, Nadine Morano, Alain Finkielkraut et mon père…

En poussant de plus en plus loin le parasitage de contenu et la monétisation, la logique vertueuse de la diffusion des contenus à l’heure du web 2.0 perd de son sens et de sa substance indépendamment des problématiques de copyright et de droit d’auteur.

Un peu à l’image de "Tout est possible", il y a de cela 15 ans, JMM pousse sans aucun état d’âme l’internet dans ses retranchements structurels et fonctionnels, comme il a dans le passé poussé TF1 dans ses retranchements de chaîne privatisée concurrencée par feu La 5. Alors avant que la blogosphère et les média sociaux ne se voient obligés de se fourvoyer dans une quête de sens, soyons vigilants. Apprenons à connaître nos ennemis…

C’est pour cela que tous les matins, je lis jeanmarcmorandini.com.