Editeur de Revues.org, Calenda et l'Album des sciences socales, le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo) propose sous l'intitulé de "Carnaval des carnets de recherches en sciences humaines et sociales" une sélection régulière des meilleurs blogs. ARHV a l'honneur d'y figurer aux côtés des excellents Langue sauce piquante, La feuille, Affordance.info, Open access blog et Figoblog.

De la part de l'équipe auprès de qui j'ai appris les rudiments du web 2.0, cette mention me fait le plus grand plaisir. Je me souviens encore du jour où, penaud, j'annonçais sur la liste de Revues.org la création de mon premier blog sous Blogger, m'attendant à une volée de bois vert. 700 billets et près de trois ans plus tard, la métamorphose n'est pas encore achevée, mais elle a clairement dépassé le stade de l'irréversibilité. Prolongement idéal du séminaire de recherche, le blog est un merveilleux outil scientifique, une mémoire de travail et un accélérateur de recherches comme je n'en ai jamais eu. Il produit un nouveau point d'équilibre entre la formalisation de la chose publiée et la prise de note, le brouillon ou l'expérience. Il renouvelle la dynamique de l'échange entre pairs grâce au partage sur la place publique. Il développe l'imagination et encourage à tester les limites. Mais ce qu'il apporte, il le fait en douceur, au rythme de chacun, sans obligation, avec beaucoup de tolérance pour les essais et les erreurs. C'est peut-être pour cette raison, parmi toutes les autres, qu'il s'adapte si bien à la pratique de la recherche. Face à d'immenses défis, l'institution savante est soumise à une inflation vertigineuse de ses dispositifs et de ses procédures. Instrument d'une science à visage humain, le blog contribue à rééquilibrer le rapport entre l'institution et le véritable producteur des connaissances: le chercheur. Je suis certain que c'est exactement de cela dont nous avons le plus besoin aujourd'hui.