Georges Marchais a finalement gagné. On apprend aujourd'hui que Jean-Pierre Elkabbach sera remplacé dès la semaine prochaine à la tête d'Europe 1 par Alexandre Bompard, patron des sports du groupe Canal+ et ancien collaborateur de François Fillon (ce qui ne devrait pas modifier beaucoup la ligne politique de la station). Un départ sans gloire, après l'annonce prématurée de la mort de l'ami des mémés. Parmi les innombrables agressions que l'intervieweur réservait avec constance aux syndicalistes, aux représentants des partis de gauche et autres fonctionnaires, je retiendrai celle adressée un matin à un chercheur du CNRS. Il s'agissait de confronter le scientifique avec le comble de l'ignominie libérale: le bénéfice d'un «poste à vie». Cher Jean-Pierre, toi que j'ai toujours entendu causer dans le poste depuis ma tendre enfance, toi qui l'a conservé jusqu'au bel âge de 70 ans, n'as-tu pas été heureux de pouvoir faire ton métier, celui que tu aimes et que tu as choisi, jusqu'au bout – et même au-delà? Alors tu comprendras qu'un chercheur reprenne en guise de salut ce voeu historique: tais-toi, Elkabbach!

(Un voeu qui n'est pas près de se réaliser, car dans le privé, les postes à vie s'étendent largement au-delà des limites usuelles: le journaliste le plus décrédibilisé du PAF devrait conserver son interview politique du matin sur Europe 1. En bonne logique manageriale, la tête de turc de la blogosphère devrait également se voir confier la direction de Lagardère News, structure vouée à mettre en valeur les contenus numériques du groupe. Cherchez l'erreur.)