La France a inventé le Minitel, Tim Berners-Lee le web. Est-ce pour cette raison que, au pays de Molière, toute innovation en ligne doit d'abord essuyer un violent tir de barrage? Après Google ou Wikipédia, dont les auteurs français nous ont puissamment démontré le caractère pernicieux, néfaste et vain, la mode littéraire de la rentrée est au Facebook-bashing.

Exemple-type: à l'instar de Finkielkraut consacrant tout un livre à une matière qu'il ignore[1], un quidam, après avoir passé quelques heures sur le site, se fend d'un article sur Agoravox pour nous assurer que “Facebook n’a aucun intérêt” (sauf les groupes). Bon samaritain, il nous alerte: “Derrière Facebook, il y a un business, de l’argent à faire. D’où mon interrogation sur le devenir de toutes ses informations que l’on va entrer dans Facebook, leur exploitation, enfin leur pérennité”. Et conclut, impavide: “Alors Facebook, un futur geôlier?”

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