Encore Guy Môquet? Préalable: je comprends parfaitement et partage à plus d'un titre l'agacement exprimé par Versac. A ceci près qu'il y a dans le déversement qu'il souligne un phénomène qui devient caractéristique de la réception des affaires politiques dans ce pays. Faut-il, comme le suggère Thierry Crouzet, traiter tout emballement médiatique par le mépris? Je ne le crois pas. D'abord parce qu'il y aurait désormais trop de choses à passer sous silence (et mon petit doigt me dit que le paquet ne va faire que s'alourdir). Et puis, pourquoi laisser au seuls journalistes, qui ont suffisamment prouvé leurs limites, le privilège de dicter le sens de lecture? Etant moi-même un adepte résolu de la contre-programmation, je pense avoir suffisamment montré que je choisissais mes objets en fonction de mes préoccupations. Pas la peine, donc, de commenter en m'expliquant “qu'on s'en fout”. Le lecteur, qui a tout loisir de passer son chemin, doit admettre que si je parle d'un sujet, c'est parce qu'il m'intéresse, pas parce qu'il figure à l'agenda médiatique.

L'affaire Guy-Môquet a sa place marquée dans la chronique du régime. Elle offre un puissant révélateur de certains mécanismes de fond. Première initiative publique du président nouvellement élu, elle se présente comme un message patriotique consensuel, appuyé sur l'histoire de France: le rappel mémorial, par l'intermédiaire de sa lettre d'adieu, du sacrifice d'un jeune résistant, victime de la barbarie nazie. Comment un schéma aussi simple a-t-il pu se transformer en chemin de croix, suscitant l'une des plus vives polémiques du début de l'ère Sarkozy? Revue de détail des bugs qui ont miné le plan com' de l'Elysée.

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