image Aujourd'hui, 22 octobre, jour fixé pour la commémoration officielle de Guy Môquet, je ne suis pas fier de mon pays. En regardant "La lettre", clip de François Hanss pour France Télévisions, je suis triste de voir l'histoire ainsi foulée aux pieds, mise au service d'un pathos de bas étage. Mais surtout, j'ai honte de voir la France ressuciter la propagande d'Etat. De la pire manière. Par l'obligation cérémonielle, par la mobilisation de la jeunesse, par l'imposition d'une image ridicule, d'où toute signification historique a été chassée, au profit d'une fiction sulpicienne, une bondieuserie de supermarché.

Je suis parfaitement convaincu de la bonne foi d'Henri Guaino. Comme je suis convaincu de la profonde bêtise de cet homme, lui qui paraît si incapable de comprendre ce qu'il fait. Goebbels aussi aimait son pays, d'un amour sincère. Voilà ce que nous apprend l'histoire, la vraie, celle qui nous montre qu'il est sage de se tenir à distance des manipulations mémorielles, de l'élévation sentimentale et de la sacralisation. Même Nicolas Sarkozy l'a compris, qui a abandonné toute participation à cette manifestation, laissant son conseiller spécial endosser seul la responsabilité de ce qui risque bien d'apparaître comme une monumentale erreur.

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