Successeur à peine modifié du F30, bien connu des spécialistes, le F31 hérite de son excellent capteur: le Super CCD HR de 6,3 millions de pixels réels de 1/1,7 pouce (2848 x 2136 pixels). On sait que le ratio entre la taille du capteur et le nombre de photosites est un facteur crucial de la qualité des images produites (voir la bonne synthèse: "Quel capteur se cache dans votre appareil?", dans Le Chasseur d'images, n° 291, mars 2007). Pour satisfaire à la course marketing aux mégapixels, les fabricants de compacts augmentent le nombre de photosites sur des capteurs toujours plus petits, diminuant d'autant leurs capacités d'enregistrement. Sur un format similaire de quelque 5,3 mm sur 7,2 mm, Canon ou Panasonic alignent 10 mégapixels, là où Fuji n'en met que 6 (le Super CCD HR est d'ailleurs prévu pour fournir des images de 12,3 mégapixels à la prochaine génération de machines). Or, 6 mégapixels sont plus que suffisants pour la plupart des usages. Ainsi que le note Simon Joinson, le F31 est probablement le dernier compact à présenter ce ratio avantageux, gage d'une bonne qualité des images et d'un bruit supportable y compris en basse lumière.

Quoiqu'il ne fasse pas partie de la catégorie des appareils bijoux, le F31 est petit. A peu près du format de la gamme Ixus, dépourvu d'aspérités, il se glisse aisément dans une poche, d'où il ressort tout aussi facilement. A vrai dire, il est si petit et étroit que sa manipulation deviendrait presque malaisée sans la dragonne. Les reproductions photographiques de l'appareil montrent un parallélépipède un peu terne: on est heureusement surpris, lors de la prise en main, de la qualité de sa finition et de son aspect. Simple et classique, l'ergonomie tombe sous le sens – un enfant peut s'en servir immédiatement sans la moindre difficulté.

Les fonctionnalités de l'appareil sont des plus banales: un zoom équivalent 36-108 mm ouvrant à f:2.8, un mode vidéo 640 x 480 pixels, une fonction macro à 5 cm, un stabilisateur. A quoi s'ajoutent quelques détails intéressants, comme une option "diapo", censée restituer un petit air de Fujichrome aux images, en boostant la saturation, ou encore une série de modes "scènes", dont un mode "musée", qui coupe automatiquement le flash et les sons de l'appareil et optimise la prise de vue pour les basses lumières, ou un mode "texte", qui accentue le contraste pour le reproduction de documents écrits. Le réglage d'exposition automatique est correct et peut faire face à des écarts de luminosité relativement importants. Le mode manuel permet de régler rapidement la sensibilité ou encore de limiter l'automatisme à 400, 800 ou 1600° ISO. Bref, l'appareil est particulièrement complet et équilibré. La batterie assure. Si l'on cherche le détail qui fâche, ce sera l'usage des cartes mémoire Xd, un format peu usité et onéreux (compter environ 40 euros pour une carte d'un gigaoctet).

Le F31 peut monter jusqu'à 3200° ISO. A ce niveau, comme à 1600°, il ne faut pas attendre grand chose. Mais à 400°, voire à 800°, la qualité d'image reste remarquable, ce qui permet d'affronter sans flash un grand nombre de situations. Le petit Fuji ne délivrera pas les photos d'un reflex: à l'agrandissement et au-delà de 400° ISO, le lissage est nettement perceptible. Mais il permet de réaliser facilement de très bonnes images et offre sans nul doute le meilleur rapport qualité-prix de sa catégorie.

Lancé fin 2006, ce bloc-notes idéal a malheureusement déjà un successeur: le F40, dont le capteur est passé à 8,33 mégapixels et qui, comme on pouvait le craindre, est marqué par une montée sensible du bruit. En rupture chez plusieurs fournisseurs, le F31 est encore disponible à la Fnac, pour 249 euros, ou chez divers revendeurs en ligne (chez Digit-photo à 210 euros, livraison en quatre à cinq jours).

Album Fuji Finepix F31fd, diaporama.