Giovanni Careri élu directeur d'études à l'EHESS
Par André Gunthert, samedi 30 juin 2007 à 19:00 (4552 vues) :: Enseignement, recherche
Giovanni Careri, directeur du Centre d’histoire et théorie des arts (CEHTA), a été élu le 30 juin 2007 aux fonctions de directeur d'études de l'EHESS. Nos plus vives félicitations à l'heureux impétrant!
Né en 1958 à Rome, Giovanni Careri consacre en 1989 son doctorat d'histoire de l'art au Bernin, sous la direction de Louis Marin. Il est élu maître de conférences à l'EHESS en 1997 et prend la succession de Daniel Arasse à la direction du CEHTA en 2001. Il est également professeur à l’école des Beaux Arts de Lyon. Ses recherches portent sur l’histoire et l’anthropologie de l’affectivité, les affects et les représentations dans l’Europe moderne.
Principales publications:
- Envols d’amour. Le Bernin montage des arts et dévotion baroque, Usher, Paris, 1990; traduction italienne, Voli d’Amore. Architettura, pittura e scultura nel bel composto di Bernini, Laterza, Roma, Bari, 1991; traduction anglaise par Linda Lappin, Bernini, Flights of Love, the Art of Devotion, The University of Chicago Press, 1995.
- Baroques, Citadelles & Mazenod, Paris 2002; Princeton University Press, 2003; Le Lettere, Florence 2003.
- Gestes d’amour et de guerre. L'image-affect. Poésie, peinture, théâtre et danse dans l’Europe du Tasse, Paris, éd. de l’EHESS, 2005.


Non, ce ne sont pas des images de la Roumanie sous Ceausescu. Cela fait bien longtemps, depuis que j'habite en banlieue sud, que j'ai envie de faire un sort à la litanie des non-lieux qui s'étire entre Corbeil et Paris, sur la ligne du RER D. Friches industrielles, usines abandonnées, barres en stock, terrains si vagues, arrières-cours improbables, zones en décomposition: ce décor qui n'a jamais été construit, et qu'on aperçoit pourtant, ces anti-paysages que personne ne veut voir, mais qu'on n'a pas songé à cacher, cette agression sauvage, à laquelle on est quotidiennement exposé. On pourrait en faire un exercice d'art, tant se manifestent ici par leur absence les règles paysagères des environnements urbains. Pour ma part, malgré toute ma culture pop, je ne peux pas me défaire d'un sentiment d'accablement devant cette négation du visuel, cet oubli de l'humain, cet insondable mépris. Loin des zones piétonnes, toujours plus coquettes, loin des autoroutes, toujours plus glamour. Et pour ceux qui empruntent ce trajet, comme tant d'autres en France, deux fois par jour, ce spectacle misérable, ce rappel permanent de ce que la société leur réserve. L'envers du décor. Ouvert tous les jours, 5 € le trajet simple, n'oubliez pas le guide.



Hypothèse: et si ASI ("Arrêt sur images", pour les intimes)