Le Monde publie dans son édition datée d'aujourd'hui un droit de réponse de Patrick Amory, qui nie avoir été l'auteur de la photographie de François Mitterrand sur son lit de mort. On se souvient de l'extraordinaire roman signé Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin dans l'édition du 18 janvier dernier, sous un titre que n'aurait pas renié Edgar Allan Poe: "Le mystère de la dernière photo", qui nous faisait revivre les affres de Roger Thérond, pleurer avec Danielle Mitterrand et suivre dans les rues de Paris les traces de l'énigmatique criminel photographe.

Onze ans après, c'est vrai qu'on avait complètement oublié cette affaire et que, pour tout dire, on s'en fichait un peu. Paris-Match n'en était pas à son coup d'essai en matière de photographie volée. Quant à la question pour dissert de philo (fallait-il ou non respecter le voeu de discrétion de la famille?), il faut bien admettre que la dimension de l'homme public non moins que l'hommage spontané d'une foule anonyme la rendaient assez académique. Savoir qui avait appuyé sur le bouton n'était pas franchement une préoccupation cruciale, hors du cercle fermé des Mitterrandophiles pleine peau. Qu'à cela ne tienne, Rouletabille-Bacqué et Sherlock-Chemin nous mettaient en appétit grâce à l'incroyable fiction d'un Minox 35, “l'un des plus petits appareils photo du marché”, préréglé pour réussir automatiquement dans la pénombre d'un intérieur un cliché réalisé à l'insu des présents. J'ai beaucoup d'affection pour le Minox 35 (un Rollei 35 S aurait fait plus chic), mais si vous arrivez dans ces conditions à obtenir une image qui supporte la double page de Match, un conseil: laissez tomber l'école hôtelière et allez directement frapper à la porte du World Press Photo.

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