L'atelier constitue une proposition de réponse concrète et volontariste à cet état de fait. Composé d'un groupe restreint sans autres moyens que ceux dont disposent ses participants, il n'est pas piloté par un informaticien, mais par un enseignant-chercheur, simple usager des outils disponibles. Sa constitution relève d'une logique de l'appropriation et d'une mise en commun des compétences, sur le modèle des clubs d'amateurs chers à l'histoire de la photographie. Considère-t-on qu'il est crucial que les chercheurs s'emparent de ces outils? Alors il convient de ne pas laisser à d'autres le soin de témoigner de l'intérêt qu'on leur porte. Sans doute, devant la complexité du paysage, nul ne peut prétendre maîtriser l'ensemble des outils disponibles. Mais à l'heure du web 2.0, une telle situation n'est pas forcément un inconvénient. Au sein de l'atelier, chacun est considéré comme disposant d'un lot de savoirs, d'expériences et d'interrogations qui ont vocation à former la matière d'un enseignement mutuel. Si l'animateur du groupe a, comme d'autres, quelques compétences à faire valoir, il sera facilement pris en défaut, ce qui paraît bien être une condition pour encourager le dialogue. Plutôt que d'envisager les ressources informatiques comme un savoir fermé, il est utile d'observer nos propres incertitudes comme autant de manifestations de notre rapport au domaine. En cas d'hésitation ou de perplexité, il faudra admettre de reporter la réponse, dans l'attente de compléments d'information.

Règle numéro 1, la plus nécessaire: il n'y a pas de questions idiotes. Le premier matériau de l'atelier doit être apporté par les participants, sous l'espèce de leurs interrogations les plus impérieuses, de leurs soucis les plus urgents. En complément à ces demandes, le groupe se propose l'examen des fondamentaux de l'outil informatique, du web dynamique, enfin des images digitales. Il semble nécessaire de disposer de représentations pertinentes, fussent-elles simplifiées, du fonctionnement des systèmes. L'atelier ne peut fonctionner qu'avec un nombre restreint de participants, mais cette expérience pourra facilement être reproduite. Pour y contribuer, on tentera de procéder régulièrement à des comptes rendus, que leur mise en ligne sur ARHV soumettra au dialogue des commentaires. Le blog s'enrichit dès à présent d'un nouveau tag: "Pratiques" (ci-contre, colonne de droite), qui permettra de suivre et de retrouver les travaux de l'atelier. Le groupe se dote également d'une liste de discussion pour prolonger l'échange entre deux séances.

Un premier tour de table fait le point des matériels et des usages des participants (master et doctorat). Tous disposent d'un ordinateur, avec une majorité de portables Mac. Tous ont des appareils photo numériques compacts, mais plusieurs s'avèrent incapables d'en préciser la marque ou la résolution en mégapixels. A une exception près, tous ont un accès personnel à l'ADSL. L'une des participantes, dans l'attente d'un déménagement, ne peut se connecter en haut débit qu'au cyber-café. Selon plusieurs participants, ce problème est endémique dans la communauté étudiante parisienne. On se transmet l'adresse des Mac Donald disposant d'un accès wifi. Certains arrêts de bus sont prisés pour la même raison. Parmi les participants, deux seulement font usage des flux RSS. Alors même que plusieurs disposent de bonnes connaissances d'applications spécialisées (Photoshop, InDesign, Dreamweaver), un seul recourt à un logiciel de bibliographie (EndNote). Aucun n'emploie d'outil de gestion d'images.

Post-scriptum
Le titre de ce billet ne vise en aucune façon à décrire les compétences des participants de l'atelier, mais constitue bien évidemment une expérimentation destinée à obtenir un meilleur pagerank dans Google.