Les premières soutenances de la rentrée ont donné l'occasion aux jurys de thèse d'expérimenter les nouvelles dispositions régissant le doctorat, discrètement introduites au cours de l'été par l'arrêté du 7 août 2006 (NOR : MENS0602083A). Les principales évolutions figurent aux articles 20 et 21. L'article 20 introduit une modification bienvenue dans le régime des mentions. Dans la période récente, une thèse exécrable était rituellement saluée par la mention "très bien", devenue le lot commun de tous les doctorats, et n'était reconnaissable pour un oeil exercé qu'à l'absence des félicitations du jury. Poursuivant la course à la complaisance entretenue par l'institution académique, cette évaluation autrefois exceptionnelle était elle aussi en train de s'étendre à l'ensemble des thèses, noyant toute capacité de distinguer le meilleur du médiocre. Un légiste bien inspiré a trouvé une façon efficace de freiner cette dérive, en subordonnant l'attribution des félicitations à l'unanimité du jury, manifestée par un vote à bulletin secret, et surtout à l'obligation pour le président de rédiger un rapport supplémentaire justifiant de l'excellence de la thèse. Il y a fort à parier que cette contrainte, plus encore que l'indication ministérielle, tende à restituer aux félicitations leur caractère exceptionnel.

Lire la suite...