Séminaire "Une histoire visuelle de la ville"
Par André Gunthert, vendredi 28 avril 2006 à 07:24 (2109 vues, permalink, rss co) :: Colloques, conférences
Christian Delage (Paris VIII/EHESS), Stéphane Füzesséry (EHESS/Lhivic), Dominique Gauthey (EHESS/Lhivic), Vincent Guigueno (ENPC/LATTS), Philippe Simay (Collège International de Philosophie), Mark Shiel (King’s College).
Du 2 au 4 mai 2006, Ecole nationale des Ponts et Chaussées
Le cinéma — dont l’apparition, à la fin du XIXe siècle, est contemporaine de l’émergence de la métropole moderne — prend aussitôt une place de choix dans l’immense écheveau des représentations de la ville. Cette affinité ne s’explique pas seulement par l’enracinement initial de ses premiers opérateurs et de son public dans la grande ville (Berlin, New York, Lyon): le choix de sujets empruntés aux formes urbaines de la vie moderne trahit aussi la force d’attraction particulière de certains motifs proprement urbains sur les cinéastes — le trafic, l’agitation dans les rues de la grande ville. D’emblée se dessinent ainsi deux des principaux traits propres à la relation ville/cinéma. Le film est urbain: il retranscrit, sous une forme qui lui est propre, le point de vue du citadin, de l’habitant, du passant. La ville est «cinégénique» (comme on dit d’une personne qu’elle est «photogénique»): objet privilégié pour la caméra, elle trouve dans le cinéma un medium particulièrement apte à saisir sa matérialité — sa spatialité comme sa temporalité — et à retranscrire les regards que l’on porte sur elle.
L’histoire culturelle de la ville et du cinéma — qui ne résout pas entièrement à une histoire de la ville au regard du cinéma — a connu un développement sensiblement différent de part et d’autre de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, ville, photographie et cinéma se rencontrent dans l’étude de la "culture visuelle" (visual culture), un champ qui se définit par ses objets de recherche: la vision et ses technologies, la circulation des images, le caractère visuel de l’urbanisation au tournant des XIXe et XXe siècles, et un corpus de textes qui fait une large place aux écrits de Simmel, Kracauer ou encore Benjamin — trois auteurs qui mettent l’accent sur le rôle central des images dans la transformation des catégories de la perception et voient les grandes métropoles (le Paris du XIXe siècle, le Berlin des années 1920) comme les laboratoires privilégiés de ces mutations du visible.
L’objet du séminaire (6 conférences et 3 projections) est de réfléchir à cette approche conjointe des images et des formes urbaines. Il est organisé dans le cadre du master d’urbanisme de l’école nationale des Ponts et Chaussées, en partenariat avec le Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic) de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il se déroule à l’école nationale des Ponts et Chaussées, du mardi 2 mai au jeudi 4 mai 2006, à l’amphithéâtre Navier.
Mardi 2 mai 2006
- 10h-12h Stéphane Füzesséry, "Introduction à une histoire visuelle de la ville".
- 13h-15h Berlin, la symphonie de la grande ville (Walter Ruttmann, 1927).
- 15h-17h Stéphane Füzesséry, "Métropole, Modernité et chocs perceptifs. Berlin au regard du cinéma weimarien".
Mercredi 3 mai 2006
- 10h-12h Christian Delage, "La ville fondatrice: New-York et Scorsese".
- 13h-15h Projection d’un montage d’extraits de films.
- 15h-17h Philippe Simay, "Expérience du choc et construction visuelle de la grande ville chez Simmel, Kracauer et Benjamin".
Jeudi 4 mai 2006
- 10h-12h Dominique Gauthey, "Photographier la ville: déconstruire l'urbain/monter des photographies".
- 13h-15h Zabriskie Point (Michelangelo Antonioni, 1969).
- 15h-17h Mark Shiel, "Le cinéma américain des années 1970 et les politiques de l’espace".
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